"Les cosmonautes ne font que passer" d' Elitza Gueorguieva


Les cosmonautes ne font que passer
Auteur : Elitza Gueorguieva
Éditions : Verticales (25 Août 2016)
ISBN : 978-2070187096
185 pages

Quatrième de couverture

«Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses…» Ce premier roman a trouvé le ton elliptique et malicieux pour conjuguer l’univers intérieur de l’enfance avec les bouleversements de la grande Histoire.

 Mon avis

Désopilant

Le ton est donné dès les premières lignes, une narration originale, inhabituelle à travers le regard d’une petite fille qui va revisiter huit années de l’histoire de son pays. Son grand-père est communiste, un de ceux qui y croient dur comme fer…. Elle, elle rêve d’être cosmonaute comme Iouri Gagarine. Et puis, elle va voir ses rêves qui s’effondrent, comme l’empire soviétique. Son école sera débaptisée, la famille n’est plus d’accord (rester communiste ou pas), son amie lui semble différente …..


Avec une écriture mutine, emplie d’humour et de finesse, Elitza Gueorguieva nous fait pénétrer dans le monde et dans l’esprit de cette petite fille. On découvre l’évolution du pays, l’apparition du Coca Cola, l’apprentissage d’une nouvelle forme de vie.

C’est fin, c’est drôle, c’est tendre. C’est surprenant, intéressant, décalé par rapport à ce qu’on lit habituellement et c’est une réussite. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par le style particulier pour profiter pleinement de cette lecture.



"Transparence / Tome 2 : La manipulation des esprits" de Camille Lonfure


Transparence  / Tome 2 : La manipulation des esprits 
Auteur : Camille Lonfure
Éditions :  Paulo Ramand (31 Mai 2018)
ISBN :  9782754307222
420 pages

Quatrième de couverture

Quatre mois après l'implosion de la ville, Maya doit affronter les tensions qui y règnent. Soupçonnant l'existence de Jane, sa mère biologique, elle va partir, avec Blake et ses amis, à sa recherche hors des limites de la ville. Elle découvrira rapidement qu'elle n'est pas la seule à posséder des capacités surnaturelles et que des individus malintentionnés veulent s'en emparer.

L'avis de Franck

Avant toute chose, il me faut préciser que je n’ai pas lu le premier tome. Je découvre donc l’univers et ses personnages sans à priori, ni influence.

Le style de l’auteur est agréable à lire, sans fioriture ni description alambiquée, ce qui sera aussi un petit défaut (voir plus loin). L’histoire fait suite  au premier tome et de subtils rappels à celui-ci sont faits tout au long du récit. Le personnage principal, Maya possède un pouvoir, la Transparence, qu’elle apprend à maîtriser.

Je trouve que ce roman d’anticipation s’adresse plutôt à un public adolescent. On a beaucoup d’amourettes contrariées, de preux chevalier (Blake) au secours de la belle (Maya), d’histoires amoureuses en parallèle que l’on découvre au fur et à mesure. Cela peut être agréable selon le public lecteur. Pour moi, qui ait fini mon adolescence depuis un certain temps, cela ne m’a déclenché aucune compassion ni émoi trouble.

L’histoire se tient et est très logique dans son développement. L’univers est cohérent et on peut envisager d’autres tomes puisque d’autres pouvoirs surnaturels sont découverts et qu’une explication logique est donnée pour l’apparition de ceux-ci.

Le principal "bémol" que je signalerai est le suivant : l’auteur ne se perd pas dans des descriptions et cette volonté d’aller vite crée des blancs dans l’action ou dans les explications. Deux exemples :
Maya rencontre d’autres personnes ayant un pouvoir. Ses personnes lui enseignent comment maîtriser la Transparence mais nulle part, on a un chapitre consacré à cet enseignement. En quelques lignes, on apprend que Maya maîtrise mieux son pouvoir et c’est tout. Frustrant…
Maya est prisonnière dans un endroit inconnu. Ses amis partent à sa recherche et arrive à proximité du lieu de détention. La tension est à son comble : vont-ils arriver à temps ? Chapitre suivant, Blake (le preux chevalier) libère déjà la belle...  Je suis revenu en arrière pour voir si je n’avais pas sauté un chapitre ! Comment sont-ils entrés ? Comment se sont-ils débarrassés des gardes ?

Cette envie d’aller de l’avant donne l’impression que l’auteur voulait vite terminer la deuxième partie du roman pour passer à autre chose. Avec plus de descriptions, de profondeur dans les personnages, l’histoire aurait été plus étoffée et la deuxième partie aurait pu être un troisième tome. C’est dommage.

En conclusion, Transparence est agréable à lire et se trouve dans la lignée de Hunger Game sans toutefois en être une pâle copie.


"Mystérieuse Préludine" de Catherine Rousset


Mystérieuse Préludine
Auteur : Catherine Rousset
Éditions : Passion du livre ( Juin 2018)
ISBN : 979-10-97531-19-5
150 pages

Quatrième de couverture

« Pas une larme mais les mains figées sur ses yeux comme si elle ne voulait rien voir, étaient les seuls signes donnés par la fillette avant qu’elle ne tombe dans un état inconscient préoccupant ». Mais quel mystère cache cette jolie petite fille retrouvée seule un beau matin d’hiver recroquevillée dans l’atelier d’artistes du château de Fontenay ? Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Une enquête que la capitaine Bourdin va devoir résoudre.

Mon avis

Ce court roman met en lumière le très beau château de Fontenay (en photo sur la couverture). Entouré de vignobles, près de Chenonceaux, il est habité par un couple sans enfant qui, revenant de croisière, découvre une petite fille, dans une de leurs dépendances. Aucune trace à l’extérieur et impossible d’échanger, car la fillette ne parle pas.  Le mystère est donc complet d’autant plus que personne n’a signalé de disparition. Les propriétaires ne seraient-ils pas dans le coup, cachant des informations importantes ? A moins que leur employé un peu sauvage, un peu taiseux ne soit mêlé à tout ça ? Il faudra toute l’énergie du capitaine Bourdin et de ses collègues, la délicatesse d’une infirmière, et une enquête discrète menée de main de maître pour comprendre les événements.  

Dans ce récit, l ’auteur aborde avec doigté des sujets importants : l’illettrisme, le travail du deuil, la violence dans la famille, le poids du passé ….  Elle ne juge pas, elle ne fait pas dans le pathos, elle pose des faits et nous permet de suivre les différents protagonistes ….. Tout se déroule sur quelques jours et dans un périmètre restreint. Les dates et les lieux sont indiqués, les scènes décrites en quelques phrases pertinentes et ainsi le lecteur est au cœur de l’histoire. On s’attache très vite à l’enfant et à tous ceux dont on sent qu’ils lui veulent du bien.

J’ai beaucoup apprécié le policier, il est extrêmement « pointu » dans ses raisonnements, il utilise la parole à bon escient et ne s’embarque pas avec tout un tas d’outils sophistiqués. Il examine, observe, réfléchit, prend de la hauteur et agit.

Je conseillerai ce recueil aux personnes qui veulent découvrir le genre policier. Il n’est pas trop long, bien écrit, avec un style vivant et agréable et peut permettre une belle découverte de ce type de textes.

"Le Turquetto" de Metin Arditi


Le Turquetto
Auteur : Metin Arditi
Actes Sud ( 12 août 2011)
ISBN : 978-2-7427-9919-0
290 pages

Quatrième de couverture

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre - dont la signature présente une anomalie chromatique - soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait "le Turquetto" (le petit Turc) ?


Mon avis

Le format Actes Sud et la couleur un peu jaune des pages conviennent très bien à cet opus atypique qui a su me séduire du début à la fin.
Le tableau dont on voit une partie sur la page de couverture, va apparaître dans ce roman et sera magnifiquement intégré au déroulement de l’histoire.

L’écriture est agréable, rythmée, appliquée par petites touches de couleurs, comme autant d’aplats sur une toile pour offrir au lecteur un superbe « rendu ».

Le « Maître » parlant d’un tableau : « Les émotions, ce sont des vagues qui te balaient sans que tu puisses comprendre ce qui t’arrive. »

L’élève parlant du maître : « Le maître savait décrire les passions et les émotions comme personne. Il ne les apaisait pas. Il les exacerbait. C’était la peinture des passions faite par un homme capable de les dominer. »

« Elie cherchait autre chose. Une peinture qui accueille et rassure.»

Les faits sont décrits nettement et les ressentis des uns et des autres esquissés avec délicatesse.
Quatre parties, deux se déroulant à Constantinople, deux à Venise, quatre mois, quatre années, le tout étendu sur quarante cinq ans à l’époque de la Renaissance.
Quatre « flashes » sur la vie d’Elie, le Turquetto. On quitte un enfant, on retrouve un homme … Quatre moments clés de sa vie, des tournants, des choix à faire et à …. assumer….

Metin Arditi donne une interprétation d’un fait reconnu (Le Titien a-t-il peint ou pas ce tableau ?) en orchestrant magistralement les événements imagés dont il parle.
De plus, parallèlement au récit nous permettant de « suivre » « Le Turquetto », il offre une véritable réflexion sur la vie et les mœurs de l’époque, la place et le pouvoir de la religion, les relations parents/ enfants, le rôle de l’art et la place que lui donne les différentes religions (peut-on tuer au nom de l’art ?), Refuser aux artistes le droit de peindre le « vivant » ? ….
Beaucoup de questions se bousculent, se choquent et s’entrechoquent à travers les différentes situations qui sont évoquées.

Plusieurs choses m’ont interpellée :
La peinture qui divise, qui crée des conflits face aux différentes interprétations des uns et des autres et parfois la peinture qui rassemble …..
Le comportement du Turquetto devant une œuvre terminée, un tableau qui aurait pu être considéré comme l’aboutissement de son art. Il a une attitude détachée alors que c’est « son jour de gloire. » Est-ce ainsi pour les artistes ? Donnent-ils tant et tant qu’une fois l’ouvrage terminé, il ne leur appartient plus ? Ou choisissent-ils de s’en détacher parce qu’ils ne peuvent pas le garder, parce que l’affectif ne doit pas intervenir, parce que c’est un « travail » ?

J’ai apprécié ce roman, non seulement pour la forme mais aussi pour le fond. Il donne la possibilité d’aller plus loin que la lecture en nous ouvrant à des interrogations intéressantes auxquelles il appartient à chacun de trouver ou pas des réponses ….



"Styx Station" de John C. Patrick


Styx Station
Auteur : John C. Patrick
Éditions : Kyklos (10 Août 2018)
ISBN : 978-2-918406-38-9
416 pages

Quatrième de couverture

1er mai 1962. Dans le massif du Hoggar, François Alessandro et un guide targui sont victimes de retombées radioactives accidentelles. Ils ne savent pas qu'un cauchemar les attend.
5 juillet 1962. Oran. Guy Chaussade s'apprête à participer à la manifestation organisée pour fêter la proclamation de l'indépendance algérienne. Il ne sait pas qu'un long calvaire commence. John C. Patrick poursuit, après le premier volet Moïra, sa relecture des événements qui ont marqué la fin des années 60.

Mon avis

John C. Patrick est un de ces écrivains dont on se demande pourquoi il n’est pas plus connu…
Heureusement que quelques éditeurs sont encore à la recherche de pépites littéraires sans chercher à faire du chiffre à tout prix. Cela nous permet de belles et enrichissantes découvertes.

Ce roman est le deuxième d’une série de quatre (ils peuvent se lire indépendamment) qui revisite l’Histoire de 1954 à 1974. Pour ce recueil, ce sont les événements des années 1962 et suivantes qui seront évoqués.  On pourrait croire, à lire la quatrième de couverture, qu’on va se trouver avec un cours d’histoire rébarbatif à la manière de ces professeurs qui débitent ce qu’ils ont à transmettre en oubliant de le faire vivre pour le rendre intéressant…. A lire l’auteur, je suis certaine d’une chose, ses élèves ont dû être captivés par ses interventions.

Le récit est complet, mais pas complexe, car les nombreux personnages, lieux, intervalles de temps sont parfaitement « balisés ».  On sait toujours de qui on parle, ce qui se passe et pourquoi. Les personnages, réels ou imaginaires sont, pour la plupart, des hommes. Espions, militaires, policiers, membres du gouvernement, etc, tous sont parfaitement intégrés au récit, vivants, palpables.  Ce n’est pas pour autant un livre de « mecs », le contenu présenté parlera autant aux hommes qu’aux femmes….
On passe de la France (sur plusieurs régions) à l’Algérie, sur une période allant de 1962 à 1967. On côtoie des hommes de l’ombre, d’autres plus en vue. Chacun se bat, soit pour ses convictions, ce en quoi il croit ou pour des causes plus obscures. Certains sont détestables, d’autres plus attachants (je ne dirai pas quel est mon préféré ;-)

L’écriture est dépouillée, presque « documentaire », l’essentiel pour visualiser une scène, les faits puis les acteurs.  J’aime beaucoup la façon dont l’auteur décrypte ce qui se déroule sous nos yeux, c’est presque « chirurgical », à la fois sobre et d’une précision infinie. Il est documenté et lorsqu’il parle d’actions  dont on n’a jamais entendu parler, on a le souhait de « creuser » encore plus les informations qu’il communique (notamment sur l'accident de Béryl (du nom de code de l'essai), un accident nucléaire qui s'est produit le 1er mai 1962 en Algérie). Si déjà, à l’époque, certaines choses étaient tenues secrètes ou minimisées, qu’en est-il maintenant ? Est-ce qu’on nous leurre encore quelques fois ?

Je trouve courageux de s’attaquer à une telle transmission à travers un roman.  Je trouve merveilleux d’être capable d’employer des termes de qualité, d’écrire un texte abouti au vocabulaire riche mais abordable,  d’être captivant, en  mêlant histoire, espionnage, suspense sans lasser ni perdre le lecteur. Je trouve que John C. Patrick a tout d’un grand et que ça ne se sait pas assez (mais peut-être qu’il ne recherche pas la « gloire »). Je trouve que Kyklos, la voix dissonante de l’édition a  une fois encore tout compris, offrant à ceux qu’elle publie une liberté d’expression bienvenue et à ceux qui lisent leurs publications une ouverture sur le monde, sur la vie, sur l’Histoire, sur l’homme …..

"Une vie plus belle que mes rêves" de Marilyse Trécourt


Une vie plus belle que mes rêves
Auteur : Marilyse Trécourt
Éditions : Librinova (30 Novembre 2018)
ISBN : 9791026226482
188 pages

Quatrième de couverture

Lorsque Louise perd son emploi, elle ne peut compter ni sur le soutien de son compagnon, ni sur ses parents et encore moins sur son chat qui empeste la crevette.
Sa confiance en elle, déjà fragile, s’étiole un peu plus.
Seule son amie Claire se réjouit de cette opportunité qui devrait lui permettre de trouver enfin sa voie.

Mon avis

« Nous sommes tous reliés les uns aux autres et partageons parfois les mêmes inspirations, les mêmes messages de l’univers, même si l’explication nous échappe. » (page 133)

Dans son dernier roman, Marilyse Trécourt met une nouvelle fois e scène des personnages auxquels on peut facilement s’identifier. Cela permet de se plonger dans le récit dès les premières pages et de ne plus le lâcher une fois qu’on l’a commencé.

Marie-Louise, Louise, Marie, c’est selon, elle adapte son prénom à sa vie en quelque sorte. Elle a trente sept ans et vient d’être licenciée, la faute à pas de chance. Elle n’a pas osé se battre pour garder cet emploi qui, de toute façon, ne correspond pas vraiment à ses aspirations. Mais sait-elle vraiment ce qu’elle souhaite ? Son amie Claire lui dit pourtant « de prendre de la hauteur » pour avoir suffisamment de recul sur sa vie mais ce n’est pas si facile…. Ses parents l’ont choyée car elle est presque un miracle de la vie après dix ans d’essais pour le couple et de ce fait, ils continuent d’avoir une attitude ultra protectrice avec elle ce qui ne l’aide pas vraiment (ah, le chantage affectif …).

Elle est en couple avec Sam qui aime agir en protecteur et rêve d’une vie stable, d’un emploi qualifié etc pour sa belle. Mais elle cache une faille… dont elle ne parle pas, jamais et qu’elle a enfoui au fond d’elle-même. Guérit-on un jour de son passé ? A quel prix ? Quel chemin vers la résilience, l’acceptation de soi ? Et comment ressort-on d’un traumatisme vécu à l’adolescence ? Est-ce facile de se construire, d’exister pour soi et non pas à travers ce que l’on pense que les autres projettent pour nous ? Comment être soi sans avoir l’impression de décevoir ceux qui nous aiment ?

Dans ce roman, l’auteur reprend des thèmes chers à son cœur, à savoir le développement personnel, l’estime de soi, le pardon …. Elle développe également une réflexion intéressante sur l’art et le phénomène de création.

Son écritures est toujours aussi agréable, fluide. Elle pose des mots sur les maux et à travers ses protagonistes, elle peut aider chacun de nous à aller mieux.

Feel  Good  Book ? Oui, et alors ? Vous n’aviez pas, vous, une grand-mère qui vous disait « Il n’y a pas de mal à se faire du bien ? »

"Le bonheur au bout du chemin" de Christelle Magnan


Le bonheur au bout du chemin
Auteur : Christelle Magnan
Éditions : Libréditions (3 juillet 2016)
ISBN : 978-2822100199
420 pages

Quatrième de couverture

Booneville, ancienne ville minière du Kentucky, est rongée par la violence et la pauvreté. Une mère et ses deux filles tentent d'y survivre à force de volonté, de courage et en utilisant... certains de leurs charmes. Elles vont connaître les épreuves les plus douloureuses comme les plus exaltantes.
Mon avis

Ne vous fiez pas à la photo de couverture pour vous faire une opinion de ce roman ! *

Nous sommes dans le Kentucky (Etats-Unis), à Booneville, une ancienne cité minière. Après des heures de gloire, cette ville est maintenant la proie de la pauvreté et de la violence. Le quotidien des habitants est difficile d’autant plus qu’il semblerait qu’une mafia bien organisée fasse régner la terreur chez les commerçants en les rackettant. Cette organisation donne l’impression d’être soutenue par certains hommes de pouvoir, politiciens ou policiers…. Que ne feraient pas certains pour un peu d’argent facile…. Alors comment lutter contre un tel fléau ?

 Jenny, Amber et leur mère Rita vivent dans une caravane. La plus âgée n’est pas vraiment un modèle pour ses deux filles et elle ne montre de l’affection qu’à Amber qui est belle, douée au lycée et malheureusement très manipulatrice… D’ailleurs, elle méprise sa sœur et ne lui montre aucun amour. C’est dans ce contexte douloureux que nous allons suivre le chemin de chacune d’elle, les choix qu’elles font, qui ne sont pas toujours les bons, et qui parfois, les projettent dans la souffrance….

Si les personnages ont parfois un aspect un peu caricatural (attention, même avec trois femmes, on n’est pas dans Cendrillon ;-) , il n’en reste pas moins qu’ils sont très intéressants à découvrir dans leur évolution. L’auteur a bien réussi à expliquer les raisons qui peuvent pousser les êtres humains à agir d’une certaine façon puis à changer. Des thèmes graves sont abordés, outre les relations familiales, il y a la dépendance à l’argent, au luxe, les ravages de la drogue, le chômage, la maladie, la corruption …..

L’écriture de Christelle Magnan est fluide, agréable et portée par une orthographe irréprochable. Elle dose bien la part de rebondissements pour ne pas trop en rajouter. L’approche psychologique des protagonistes est légère mais suffisante car le contexte quotidien est chargé. Elle présente avec doigté les difficultés des familles, la peur lorsqu’on n’a plus de travail, plus suffisamment de revenus pour se nourrir, se chauffer, et qu’on est prêts à tout pour un peu de ce qu’on croit être le bonheur…..

C’est un récit qui se lit avec facilité, on est rapidement emporté par le style vif, très visuel (on pourrait faire une adaptation en film) qui permet de se représenter chaque scène. On s’attache à Jenny qui pense toujours aux autre et qui « s’oublie » en voulant semer le bonheur autour d’elle. J’ai passé un bon moment avec ce recueil.


* NB : Peut-être un petit regret (mais ce n’est que mon ressenti) : je trouve que la photo de couverture n’est pas tout à fait en phase avec le contenu. Elle laisse imaginer une romance légère (alors que des sujets sérieux sont abordés), elle ne montre pas non plus qu’il s’agit d’un récit contemporain.