Noir Alpha
Auteur : Marco Pianelli
Éditions : du 38 (23 Janvier 2026)
ISBN : 978-2384832743
200 pages
Quatrième de couverture
Depuis qu’il a quitté Genève, Mano Lander avance sans but,
lesté de colère et de solitude. Ancien commando rompu à la guerre, il n’est
plus qu’un fugitif silencieux, porté par l’instinct. Mais sur une route noyée
de pluie, en pleine nuit, sa trajectoire croise celle d’une fillette
terrorisée, pourchassée dans les bois. En la sauvant, il pénètre malgré lui au
cœur d’un drame qui dépasse ce qu’il imaginait.
Mon avis
Des phrases courtes. Des mots qui claquent. Comme ça. Sans
concession, sans fioriture. Comme autant de clous qui s’enfoncent et marquent. Simplement
pour dire ce qui est.
De l’action. Parfois un cri, ou un silence qui contient toute la tension de
chaque instant. On en prend plein les yeux. Plein la tête. Plein le cœur aussi.
Ça fait mouche.
Lorsque je lis Marco Pianelli, je suis en apnée. Je retiens
mon souffle, je serre les poings, je ne fais pas de bruit pour rester immergée dans
le récit. Son style est totalement maîtrisé pour sublimer chaque émotion. On
peut croire, si on feuillette rapidement le livre, que la violence est
omniprésente, que certains ne pensent qu’à se battre mais ce n’est pas ça du
tout. Tout un panel de sentiments explose entre les lignes et les répits, s’ils
sont courts, expriment tout ce qui n’est pas dit par le personnage principal,
tout ce qui n’est pas écrit.
Parce que Mano (cette fois-ci il s’appelle Mano, mais ça
pourrait être Paco ou un autre nom, peu importe, ce qui est important, c’est ce
qu’il est, ce qu’il veut, au plus profond de lui-même) c’est un taiseux, pas le
genre à s’épancher, pas le genre à raconter. On en sait un peu plus sur lui à
chaque tome mais ce n’est pas grand-chose. Une enfance cabossée, à voir
souffrir sa mère sans pouvoir faire quoi que ce soit, un passé dans les forces
spéciales et un besoin exacerbé de justice. C’est même plus qu’un besoin, c’est
vital. Il ne supporte pas les conditions injustes et dans ces cas-là, il agit.
C’est plus fort que lui, il le faut. Il ne peut plus réparer les morts qu’il a
vu souffrir et qu’il aurait voulu aider, alors il répare les vivants. Il les
accompagne jusqu’à ce que justice soit faite et il continue sa route lorsque
tout lui semble correct.
Il sort d’une histoire pas facile Mano. Il a beaucoup donné
de lui, de son énergie. Il a réussi à s’en sortir, à remettre les choses en
ordre. Maintenant il aspire à se poser un peu. Il roule sans but si ce n’est
celui de trouver un coin tranquille. La nuit est froide, pluvieuse, la route noire,
les alentours sombres. Pas âme qui vive, le bitume et l’ondée forte, tenace. Notre
baroudeur roule mais en habitué des situations ardues, il est vigilant,
constamment aux aguets. C’est comme ça qu’il aperçoit une fillette poursuivie
par un homme. C’est tout à fait le genre de fait qui l’insupporte. Il ne peut
pas poursuivre son voyage. Il intervient sans savoir où il met les pieds et les
poings, sans mesurer les conséquences. Je crois, d’ailleurs, qu’il s’en fiche. Ce
qu’il comprend, c’est que ça ne va pas, que certains abusent de leur pouvoir et
que d’autres subissent. Il sait que quelques-uns portent le Mal en eux. Et ce n’est
pas ce qui lui semble équitable, alors il s’en mêle. Pas forcément bien
accueilli par les victimes qui se méfient de ce baraqué qui ne dit rien sur lui,
qui est doté d’une force surhumaine, qui sent, à l’instinct, ce qu’on lui
cache. Ils aimeraient savoir qui il est mais il ne partage rien ou si peu. Il
rencontrera le Mal incarné et devra se battre. Peut-il s’en sortir encore une
fois ?
Je ne suis pas très attirée par les gros costauds, mais Mano
a quelque chose en plus de son physique. Son calme face à n’importe quel
événement, son sens de l’observation, son regard qui assure et rassure, sa
volonté inépuisable de remettre le bien au centre, de chasser le mal sous
toutes ses formes. Il est attachant et je l’aime beaucoup.
Avec son écriture puissante, son rythme rapide sans temps
mort, son intrigue reliée à des faits qui pourraient être d’actualité, ses
protagonistes bien campés, ses rebondissements à bon escient, l’auteur m’a, une
nouvelle fois, scotchée dans mon canapé.
Je ne m’en lasse pas ! C’est quand le prochain ?
NB : bravo pour
les débuts de chapitre avec un design bien pensé !






