Auteur : Frank Andriat
Éditions : Ker (20 Mars 2026)
ISBN : 978-2875865298
182 pages
Quatrième de couverture
Le quotidien de Maxence bascule quand Manon révèle sa maladie. De cette confrontation à la finitude naissent des échanges d’une rare intensité : sur l’amitié, la responsabilité, la tendresse et le sens de l’existence.
Mon avis
« Cancer », le mot qu’on n’aime ni entendre, ni
prononcer, encore moins lorsqu’on a, logiquement, « toute la vie devant
soi ».
Pourtant, ce matin-là, au lycée, Manon lâche, devant toute
la classe : « J’ai un cancer, […]. Pour éviter les ragots, je préfère
vous apprendre la nouvelle moi-même. »
Chacun réagit comme il peut. Certains pas très à l’aise se taisent,
d’autres posent quelques questions. Maxence, près du radiateur, au fond de la
classe, n’ouvre pas la bouche mais intérieurement, il est bouleversé et il le
dit, au cours suivant, lorsqu’un enseignant l’interroge en lui demandant à quoi
il pense.
À la sortie, Manon et Lilou, sa meilleure amie, interpellent
Maxence, elles veulent comprendre sa réaction lorsqu’il a dit que la santé de
sa camarade le tracassait. Maxence est nature, il ne joue pas un rôle donc il
explique ce qu’il ressent en toute simplicité. Les jeunes filles sont touchées
et petit à petit, un lien fort se tisse entre ces trois-là. Ils sont cibles de
moqueries car cela ne ressemble en rien à Maxence, ni aux deux copines. Mais le
trio n’en tient pas compte, une amitié solide s’installe. Ils peuvent échanger
en toute confiance.
La maladie de Manon l’a fait évoluer de manière fulgurante,
fini les futilités, les envies de concours de beauté. Elle a pris le contrôle d’elle-même,
de ce qu’elle veut, de ce qu’elle est, de ce qu’elle souhaite laisser pour « l’après ».
Elle devient « la sage » du groupe.
« Il faut aller au-delà de soi, contempler la vie
comme un tout et ne pas se centrer sur son nombril. »
Heureusement, Maxence est surprenant, il arrive à
dédramatiser, à évoquer librement le « crabe » et son amie Manon peut
échanger avec lui, quand Lilou craque. Il apporte un peu de légèreté de temps à
autre et se révèle une épaule sûre également.
Manon a besoin de ses deux camarades car elle préserve ses
parents. Eux, ils espèrent, sont en mode déni ou se disent que tout peut
arriver. Alors, ils font « comme si » tout était normal, ils essaient
d’emmener Manon en vacances, l’air vivifiant pourrait bien la remettre en forme,
on ne sait jamais….
Devant l’adversité, Manon a choisi et elle le dit :
« Tout est question de regard : nous pouvons
nous fermer et étouffer ou nous ouvrir et espérer. »
Ce roman aborde avec délicatesse un sujet grave. Il permettra
d’ouvrir des discussions avec des jeunes éventuellement démunis en envisageant
des traitements lourds, la mort… J’ai trouvé le ton très juste, l’auteur a bien
dosé sans trop en faire. Son écriture est fluide, abordable. Il s’est mis dans
la peau de Maxence qui raconte son quotidien. Son vocabulaire, les réactions,
les pensées sont bien celles d’un jeune adolescent. Je pense que ce genre de
livre est important, essentiel pour éviter d’avoir des blocages face à des événements
qui donnent envie de hurler, de se révolter, mais qui font, malheureusement,
partie de la vie.
Une magnifique lecture, parfois les larmes aux yeux.






