"Incendie nocturne" de Michael Connelly (The Night Fire)

 

Incendie nocturne (The Night Fire)
Auteur : Michael Connelly
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin
Éditions : Calmann-Lévy (14 octobre 2020)
ISBN : 978-2702166321
486 pages

Quatrième de couverture

À ses débuts, Bosch a eu un certain John Jack Thompson comme mentor. À la mort de Thompson, sa veuve confie à Bosch un dossier volé par son mari aux scellés avant sa retraite. Il s’agit d’une affaire non résolue : un jeune homme abattu dans une ruelle. Bosch demande l’aide de Renée Ballard, déjà fort occupée au quart de nuit à Hollywood après qu’un sans-abri a été retrouvé calciné dans sa tente.

Mon avis

Dans son dernier roman, Michael Connelly fait intervenir ses trois héros : Harry Bosch, Renée Ballard et Mickey Haller. Le premier est retraité, a été opéré d’un genou, et il est inquiet pour sa fille car des agressions ont lieu sur le campus où elle vit. Il n’est pas très en forme mais il dépanne encore assez souvent pour des enquêtes. La deuxième est dans la police, affectée aux affaires de nuit (suite à une altercation avec un chef qui l’a mise au placard. Finalement, cela ne lui déplaît pas, elle fait du paddle dans la journée. Le troisième est avocat. Bien entendu, cette histoire peut être lue indépendamment des autres mais si on connaît les personnages, c’est mieux car on sait les liens qui les unissent et on a découvert au fil des ans leur évolution.

Lorsqu’il était jeune et débutant, Harry Bosch a eu pour mentor John Jack Thompson. Ce dernier vient de mourir et sa veuve remet à Harry un dossier sur une affaire non résolue retrouvée dans les affaires de son mari à leur domicile. Il est interdit d’emporter des documents chez soi et Bosch ne comprend pas que son ancien ami est agi ainsi. Il s’agissait d’un meurtre datant de plusieurs décennies. Voulait-il mener l’enquête en cachette ou avait-il dérobé ces papiers pour que personne ne les trouve ?

Comme Bosch n’est plus vraiment en activité, il va demander de l’aide à Renée. Quant à elle, elle doit comprendre pourquoi la tente d’un sans abri a pris feu, le tuant par la même occasion. De son côté, Haller assure la défense de Jeffrey Herstadt, accusé d’avoir assassiné un juge. Il est persuadé que son client est innocent et Bosch va l’aider.

Les chapitres vont alterner les points de vue de Bosch ou Ballard, Haller ayant un plus petit rôle, surtout en lien avec Bosch. Bien entendu des ramifications vont permettre d’aller vers les uns ou les autres, de faire rejoindre certaines recherches pour les enquêtes. Il vaut mieux ne pas abandonner ce livre trop longtemps de peur de ne pas retrouver le fil du récit et de ne plus comprendre l’intrigue.

Harry Bosch vieillissant (va-t-il nous dire adieu bientôt ?), on est moins dans l’action, plus dans la réflexion. Il doit anticiper pour compenser son manque de rapidité sur le terrain.  Mais l’esprit est toujours vif, futé lorsqu’il s’agit d’obtenir une information, attentif devant les vidéos, les moindres détails. Renée le complète parfaitement, parfois c’est elle qui le calme, à d’autres moments, c’est le contraire.

Le récit est vraiment travaillé, pour que chaque indice s’emboîte avec les autres et que le tout soit cohérent. C’est vraiment bien fait, bien pensé. Pour moi, ça manque un peu de rythme mais c’est du bon Connelly quand même et ça fait plaisir de retrouver des enquêtes « travaillées ».


"Une petite Brune toute blonde" de Marion Courtier

 

Une petite Brune toute blonde
Auteur : Marion Courtier
Éditions : Yvelinédition  (22 Août 2013)
ISBN : 978-2-84668-444-6
118 pages

Quatrième de couverture

Une petite Brune toute blonde est le récit d’une maman confrontée à la terrible maladie de son enfant. Entre la joie de chaque progrès et l’effroi de la mort si proche, elle dit ses peurs et ses espoirs, sa découverte du monde médical, des ressources de son couple, de son entourage, de sa foi aussi. Sensible mais jamais larmoyant, un témoignage de courage, de dignité et de solidarité dans l’épreuve, d’un amour si fort qu’il devient capable d’affronter la mort. Chacun se sentira touché au plus profond de son humanité.

Mon avis

« Si tout ça est trop dur mon ange, tu peux partir … »

Où les parents puisent-ils la force nécessaire pour faire face à la maladie lorsque leur enfant, celui à qui ils ont donné la vie, luttent pour respirer, vivre tout simplement ?

Comment fonts-ils pour avancer, sourire, croire que demain est un autre jour, que, peut-être, il y aura un mieux, un tout petit mieux auquel s’accrocher pour espérer ?

C’est le quotidien d’une maman, d’une famille face à l’incompréhensible douleur de savoir leur fille gravement atteinte que Marion Courtier nous expose dans ces pages.

Il faut gérer les journées à l’hôpital (« L’hôpital apprend la patience…. »), la grande sœur, le papa… faire des choix, se battre, se taire, enterrer sa colère tout en luttant pour refouler ses larmes de désespoir, d’abattement ….

L’auteur utilise un style simple, des mots de tous les jours pour raconter un peu plus d’un an de la vie de sa fille. Elle parle au cœur de tous les parents. Et si cet écrit a sans doute été pour elle un exutoire, il est pour le lecteur, un témoignage  fort de ces réseaux qui se mettent en place pour soutenir ceux qui sont dans la peine.

Marion a choisi de continuer de sourire à la vie …. J’espère qu’elle continuera de la voir en couleurs….
Merci à elle pour sa force qu’elle communique à travers son livre.


"13 Heures" de Deon Meyer (13 Hours)

 

13 Heures (13 Hours)
Auteur :Deon MEYER
Traduction (anglais (Afrique du Sud)) par Estelle Roudet
Éditions : Seuil Policiers (3 Février 2010
ISBN : 978-2757823040
464 pages

Quatrième de couverture

Le Cap. 5h36 : une Américaine monte la côte de Lion's Head en courant. Elle est jeune, belle, et terrifiée. Parce que traquée. Comme une bête.
5h37 : l'appel réveille l'inspecteur Benny Griessel. Il y a eu meurtre. Une femme la gorge tranchée, à deux pas St. Martin, l'église luthérienne de Long Street.
7h02 : saoule, l'ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage par terre. Et un pistolet juste à côté d'elle.
9h00 : avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend que former une nouvelle génération de flics risque d'être plus compliqué que prévu.
Passé 12h00 : la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar. Et à 15h30, on tire sur Griessel, en plein cœur. Soit treize heures ordinaires dans la vie d'un inspecteur des homicides du Cap.

Mon avis

Amateurs de polars de qualité, c'est-à-dire bien construits mais pas trop prise de tête, préparez-vous !

D’abord, mettez vous dans l’ambiance. Écoutez un ou deux refrains du zoulou blanc, Johnny Clegg, ensuite installez vous confortablement, avec une boisson à proximité, puis choisissez une période où vous aurez le temps de lire et alors lancez-vous !

Dès les premières lignes, c’est sur un rythme échevelé, effréné, que Deon Meyer va nous emmener au Cap, en Afrique du Sud où nous resterons treize heures.

Treize heures, c’est court ou c’est long, c’est selon…

Si on est traqué c’est interminable ….

Nous rencontrerons des personnages marqués, marquants, attachants, parce qu’humains.

Il est fini le temps des policiers bien rangés, lisses, aseptisés, sans aucun défaut. Ce sont des hommes et des femmes ordinaires avec une vie comme la nôtre, parfois un peu compliquée, qu’ils voudraient

« autrement » mais …. on ne maîtrise pas tout n’est ce pas ?

« Une vague de compassion submergea Joubert tandis qu’il observait son collègue, son ami, cet homme qu’il connaissait depuis toujours. La carcasse de Griesel avait toujours été trop petite pour contenir toute son énergie, de sorte que parfois on avait l’impression qu’elle vibrait, comme traversée par des ondes de choc passionnées, tel un tsunami…. »

Ce que maîtrise parfaitement l’auteur par contre, c’est le sens de l’intrigue à plusieurs entrées, avec des rebondissements bien agencés, des faits qui se mêlent, s’entremêlent, des événements qui se croisent, se choquent, se bousculent, s’enchaînent, des « à côtés » intéressants ….. Entendez par là que dans ce livre, au-delà des agissements des uns et des autres, au-delà de l’enquête, vous allez côtoyer une partie de la population du Cap : Afrikaners, Zoulous, Xhosas, etc … et que vous aurez envie d’aller plus loin dans la compréhension des relations entre les ethnies en lisant d’autres livres de Deon Meyer.

Un roman découpé en « tranches horaires » regroupant chacune plusieurs chapitres.

Une écriture au cordeau, parfois seulement quelques mots, un vocabulaire ciblé, bien choisi et une traduction excellente.

« Des livres. Comme chez ses parents. Elle était forcément en sécurité avec quelqu’un qui aimait les livres. »

Vous rentrez immédiatement en contact avec les protagonistes et vous n‘avez qu’une hâte : comprendre, savoir…

Griessel, un des flics qui mène l’enquête, est décidé à tenir la promesse qu’il a fait un homme, à savoir lui ramener sa fille vivante. Il n’aura de cesse d’aller au fond des choses, de ne rien laisser passer pour réussir sa mission.

Il agit peut-être ainsi pour se « racheter » car il regrette certains choix qu’il a fait comme homme, mari, père ….

Les relations avec son ex femme, ses enfants sont évoquées et auraient pu être plus creusées.

Rachel qui fuit toujours, tout le temps … ne faisant confiance à personne …

Que fuit-elle, pourquoi ? De quoi a-t-elle peur ?

Qui peut l’aider, comment …. si elle n’accepte aucun contact ?

Des personnages secondaires de tous bords, qui nous feront découvrir les tensions raciales, la place des uns et des autres dans l’Afrique du Sud post apartheid… Ceux qui pensent avoir trouvé leur place, ceux qui la cherchent …

« Si vous ne vous intégrez pas, personne ne le fera pour vous. C'est ça le problème avec ce pays, tout le monde se plaint, personne ne veut rien faire, personne ne veut oublier le passé. » 

J’ai trouvé cet ouvrage excellent, bien écrit, bien pensé. Il m’a vraiment donné le souhait de découvrir d’autres titres de cet auteur.

Si je devais mettre un bémol, petit bémol d’accord ? Ce serait, que peut-être Deon Meyer aurait pu approfondir les relations entre les différentes ethnies pour une découverte multiculturelle plus profonde, mais c’est simplement parce que j’aurais voulu en savoir un peu plus ….

"A cache-cache" de M. J. Arlidge (Hide and Seek)

 

À cache-cache (Hide and Seek)
Auteur : M.J. Arlidge
Traduit de l’anglais par Séverine Quelet
Éditions : Les Escales (13 février 2020)
ISBN : 978-2365695053
386 pages

Quatrième de couverture

Victime d'un coup monté, Helen Grace est désormais seule face à elle-même.
Parviendra-t-elle à sortir vivante de la prison de Holloway ?

Mon avis

Ce roman est la suite d’Oxygène, du même auteur. On y voit la résolution finale de l’enquête commencé par Helen Grace et son équipe dans le recueil précédent.

Helen est en prison, des preuves irréfutables l’accablent et malgré ses dénégations, rien ne prouve son innocence. Elle est incarcérée en attendant son procès. Elle se trouve dans un établissement pénitentiaire sordide, où des femmes purgent des peines lourdes. Sa situation est difficile, une policière parmi les détenues, ce n’est pas simple. Délicat de se faire des amies, de se confier, de faire confiance. On découvre cet univers dans toute sa noirceur : les clans, les bandes, les passe-droit, la violence, le mensonge, les surveillants sadiques ou bienveillants….et la peur omniprésente qui suinte partout, qui envahit le quotidien, et qui laisse peu de place à l’espoir. Helen lutte pour survivre jusqu’au jugement. De plus, une prisonnière vient d’être retrouvée morte dans des circonstances bizarres dans sa cellule. L’occasion pour Helen de trouver un but : chercher qui agit ainsi, dans l’ombre, protéger de futures victimes et continuer d’avancer….malgré l’atmosphère lourde de suspicion, de méfiance….. Qui peut agir ainsi en toute impunité ? Quelqu’un qui circule librement dans les locaux, mais qui ?

À l’extérieur, la fidèle amie et collègue, Charlie, est persuadée que Helen n’est pas coupable. Alors, en cachette de ses supérieurs, elle mène l’enquête et suit la piste qu’avait suggéré sa patronne. C’est dangereux d’agir seule, elle risque sa place mais elle veut réussir. Alors, obstinée, entêtée, elle fouille, elle cherche sans relâche.

Ce livre est excellent. Il y a du rythme, on passe de l’intérieur, très réaliste et bien décrit, étouffant, de la prison à l’extérieur ou l’atmosphère est tout autant anxiogène. On essaie de comprendre, de suivre des pistes, on se fait berner, on revient, on repart ailleurs jusqu’à un final de grand niveau !

L’écriture de l’auteur est vive, puissante, les chapitres courts maintiennent une bonne cadence. Il y a suffisamment de rebondissements pour que l’on reste l’esprit en éveil. On voudrait souffler mais ce n’est pas vraiment possible et il faudra attendre la dernière page pour respirer plus librement.


"Jusqu'au dernier de Deon Meyer (Dead Before Dying)

 

Jusqu’au dernier
Auteur : Deon Meyer
Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Robert Pépin
Éditions : Points (2 Février 2003)
ISBN: 9782020488975
460 pages

Quatrième de couverture 

Depuis la mort de sa femme, l'inspecteur Mat Joubert, de la brigade de Vols et Homicides du Cap, ne s'intéresse plus à rien. Jusqu'à l'arrivée de son nouveau chef, le lieutenant Bart de Wit, formé à Scotland Yard, qui l'oblige à cesser de fumer, à maigrir et à consulter une psychologue, bref à se respecter et à travailler mieux sur deux enquêtes importantes.

Mon avis

Nom : Joubert

Prénom : Marcus

Surnom : Mat

Profession : Inspecteur de Police, a reçu un avertissement donc « à surveiller »

Poids : 15 kilos de trop

Caractéristique principale : déprime en permanence depuis le décès de son épouse.

Défauts : fume, boit, ne prend pas soin de lui.

Situation familiale : veuf (sans enfant) depuis plus de deux ans, n’arrive plus à avancer, se noie dans sa tristesse, ne sait pas à quoi se raccrocher pour tenir…

Qualités : aime les livres rares, a été excellent nageur, attachant parce que très humain.

Déclic : un nouveau patron : Bart de Wit.

Le chef qui vient d’arriver:

On ne sait pas trop si sa nomination est due à ses qualités mais il est là et il faut faire avec…

Il vient « secouer le cocotier », que ce soit Mat, ou son ami Benny Griesel (qui lui boit beaucoup trop et dont les cures sont des échecs) en priorité et le reste de l’équipe aussi.

Régime, rencontres avec un psychologue, sport, pas de tabac, « un esprit sain dans un corps sain » sont les solutions proposées (imposées ?) par le nouvel arrivant de la brigade pour « redorer » le blason du groupe et améliorer l’image de marque.

Deux directions possibles:

Soit Mat continue, inexorablement, de s’enfoncer.

Soit il tape du pied au fond de la piscine, remonte, nage et décide de réagir.

Le grand patron lui confie deux enquêtes, comme une dernière bouée (restons dans l’eau ;-) à saisir afin de rester à la surface….

C’est peut-être ce qui m’a le plus étonnée dans le livre, Mat décide très vite de se « bouger ».

Bon, d’accord, s’il n’avait pas répondu présent, il n’y avait pas d’histoire ou alors pas avec lui….

Je pense aussi que parfois, faire un choix rapidement, en évitant de réfléchir, évite à la personne de s’appesantir, donc cela peut expliquer que Mat, du jour au lendemain, se prend en mains, nage, pèse sa viande et ses légumes, essaie d’oublier ses cigarettes….

« Quelque part aux abords du sommeil il comprit que la vie voulait revenir. Mais il passa de l’autre côté avant que la peur puisse le vaincre. »

Mat s’est pris en mains et de ce fait il m’a pris par la main, par le cœur.

Cet homme blessé, ravagé par le chagrin, loin du beau gosse, musclé, tatoué parfois, bien propre sur lui, m’a séduite (pourtant je déteste les bedonnants ;-)

J'ai lu avec intérêt son approche des faits, participé à ses états d’âme, j’avais le souhait de l’aider à lutter, de lui redonner le sourire, je voulais profondément qu’il s’en sorte.

Dans ce livre, Deon Meyer nous offre un regard sur l’Afrique du Sud, il ne s’arrête que de temps à autre sur les clivages entre les blancs et les noirs mais il le fait avec clairvoyance. Son propos n’a pas pour but de nous donner un éclairage sur les tensions, mais on assiste avec lui à l’évolution de cette nation en pleine mutation.

Le personnage principal, ses émotions, ses interrogations, ses troubles, son mal-être font part égale avec l’enquête et son avancement. Les deux sont parfaitement, intelligemment, imbriqués et apportent du « caractère » au récit.

Les autres personnes croisées dans le roman ont-elles aussi, des façons d’être bien à elles. On les apprivoise, on cherche à mieux les cerner et ainsi on avance dans la connaissance avec Mat.

 Mat aime son travail lorsqu’on lui laisse un peu de liberté. Trop de discipline lui pèse, il préfère parfois suivre son instinct.

« Chaque affaire était une espèce de montagne qu’il fallait gravir. Parfois les prises pour les mains et les pieds étaient faciles et monter jusqu’au sommet ne présentait aucune difficulté : preuves, mobiles, s’emboîtent ……. Parfois les parois étaient lisses et glissantes ….. Alors on montait et dérapait, remontait et dérapait à nouveau, sans résultat…. »

Il tâtonne, il réfléchit, il extrapole, il envisage encore et encore les différentes possibilités, il explore tout ce qu’il peut sans rien lâcher quitte à retomber plus bas pour repartir…

Sur la fin le rythme s’accélère, l’histoire vous prend de plus en plus aux « tripes » et vous n’avez qu’un souhait : comprendre ….

Pour conclure, une mention particulière au traducteur qui n’a pas fait de faute de goût et a parfaitement su se mettre dans la peau de Deon Meyer pour trouver un vocabulaire adapté aux différentes situations.


"Un jardin en hiver" de Noëlle Marchand


Un jardin en hiver
Auteur : Noëlle Marchand
Éditions : Les 2 encres (6 Octobre 2014 2014)
ISBN :  978-2-35168-683-6
312 pages

Quatrième de couverture

Sophia Kovic, actrice de cinéma en panne de rôle, attend dans sa spacieuse maison vide le coup de fil de son agent : elle espère ardemment le grand scénario à sa mesure, celui qui viendra la relancer. Pleine de doutes, elle cherche à travers les albums photos de sa jeunesse un indice susceptible d'expliquer son déclin. Qui étaient les Kovic ? Pour tout le monde, une famille ordinaire d'immigrés tchèques dont l'aîné des enfants disparut un jour sans laisser de traces. La sœur cadette de Sophia ne révélant guère d'ambition, les espoirs de la mère reposaient sur Sophia, la petite dernière : « Tu seras une super star ma fille ! Tu réussiras là où nous avons tous échoué ! ».
De lourds secrets planent dans la famille, qui vont ressurgir et jeter le trouble dans le destin de l'actrice. Sophia Kovic ignore qu'elle va bientôt devoir jouer un rôle où elle va se surpasser et qui pourrait bien être celui de sa vie…

Mon avis

Prix 2015 du Salon d'Hagondange

C’est un roman très agréable, construit avec finesse et subtilité qu’il m’a été donné de lire.

Tout semble bien réglé dans la famille Kovic. La mère, très influente, qui a eu une courte heure de gloire, essaie de se réaliser à travers ses enfants, espérant qu’il connaîtront le firmament qui lui a échappé. Elle cherche la gloire à travers eux. Elle « programme » sa petite dernière : « Tu seras une star ma fille… » Mais Sophia ne connaît pas toujours le succès, une carrière est faite de hauts et de bas, elle accepte mal les baisses de notoriété et elle ne sait plus où elle en est, elle s’enfonce, elle coule,  avant de peut-être rebondir et briller à nouveau. Est-ce que l’ambition démesurée de sa mère ne lui a pas fait perdre sa jeunesse, son insouciance, son naturel ? Sophia supporte la pression familiale à sa façon mais qu’en est-il de son frère et de sa sœur ? Tout cela est lourd, trop lourd et tous souffriront d’une façon ou d’une autre….

Divers sujets sont abordés dans les quatre parties qui constituent ce livre. La pression des adultes, la rédemption, le besoin d’être reconnu, les secrets familiaux, les rencontres qui changent le cours d’une vie…. L’auteur a su habilement mettre en place les éléments du puzzle pour que la situation s’éclaircisse petit à petit. Plutôt que de nous lasser avec un récit linéaire, elle utilise la lecture des journaux intimes dans une partie, les événements en direct dans une autre, une enquête etc…. Le rythme est soutenu et si la fin se laisse un peu deviner, l’intérêt va croissant pour les personnages tourmentés et attachants.

Le style et l’écriture sont de qualité, les sentiments sont bien retranscrits, et les scènes mises en place avec brio. L’intrigue en elle-même est originale et le tout est parfaitement ficelé.  J’ai envie d’écrire que les protagonistes  ont une « âme » et que celle-ci transparaît entre les lignes. Noëlle Marchand a su utiliser l’intelligence du cœur pour leur donner de la consistance, une vie bien à eux et en faire très vite des familiers pour le lecteur qui les quittera à regret.

"Betty" de Tiffany McDaniel (Betty)

 

Betty (Betty)
Auteur : Tiffany McDaniel
Traduit de l’américain par François Happe
Éditions : Gallmeister (20 Août 2020)
ISBN : 978-2351782453
722 pages

Quatrième de couverture

“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l'histoire qu'il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c'est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s'installent dans la petite ville de Breathed, après des années d'errance, le paysage luxuriant de l'Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu.

Quelques mots sur l’auteur et sur son livre

Voilà presque vingt ans que Tiffany McDaniel a commencé l’écriture de Betty. En 2002, elle a dix-sept ans et la découverte de secrets de famille déclenche son envie d’écrire. En 2003, elle achève une première version, qu’elle envoie à des agents littéraires. Ses interlocuteurs craignent que l’histoire de Betty n’intéresse pas le public : elle est racontée par une femme, elle est sombre, c’est risqué. En 2017, un prestigieux éditeur américain s’intéresse au roman. Tiffany McDaniel continue à faire évoluer son texte. Les ultimes corrections ne seront apportées qu’en mai 2020, à quelques semaines de l’impression. Elle vit dans l'Ohio, où elle est née. Son écriture se nourrit des paysages de collines ondulantes et de forêts luxuriantes de la terre qu'elle connaît. Elle est également poète et plasticienne.

Prix reçus par ce roman

Prix du roman FNAC 2020
Prix America du meilleur roman 2020
Roman étranger préféré des libraires - Palmarès Livres Hebdo 2020
Prix des lecteurs de la Librairie Nouvelle (Voiron)
Prix des lecteurs des librairies Attitude
Sélection pour le Femina 2020

Mon avis

« Raconter une histoire a toujours été une façon de récrire la vérité. »

Ce récit s’étale de 1909 à 1973. C’est Betty qui s’exprime. D’abord petite fille puis elle grandit. Elle raconte l’histoires de sa famille, ses non-dits, ses secrets, ses rêves, ses peurs, ses bonheurs. C’est le passage de l’enfance à l’âge adulte, accompagné par les contes que lui narre son père, les situations qu’il met en place pour garder intacte la capacité d’émerveillement de la tribu mais surtout celle de Betty. Elle est sa « petite indienne », plus typée physiquement que ses frères et sœurs. En ça, elle a plus de difficultés à s’intégrer à l’école, on la rejette pour la noirceur de sa peau, les maladies qu’elle pourrait transmettre, d’ailleurs n’aurait-elle pas une queue sous sa culotte ? C’est encore plus difficile de trouver sa place quand on est une fille, rejet en classe puis petits boulots, soumission, etc. mais les femmes sont des battantes dans la famille McDaniel et l’auteur s’est inspirée de leur vie pour son roman.

« Nous nous raccrochions comme des forcenées à l’espoir que la vie ne se limitait pas à la simple réalité autour de nous. Alors seulement pouvions-nous prétendre à une destinée autre que celle à laquelle nous nous sentions condamnées. »

Face aux difficultés de son quotidien, qui est loin d’être heureux, Betty écrit, elle rédige pour se sauver, pour exister. Elle enferme les feuilles couvertes de son phrasé dans des bocaux qu’elle enterre dans un endroit de leur jardin appelé « le bout du monde ». Et elle échange souvent avec son père. Leur relation est belle, lumineuse, même si cet homme ne voit malheureusement pas tout. Il écoute, il interprète les étoiles, un rayon de soleil ou un éclat de lune, il en fait un poème, un tableau, un songe….

C’est Landon Carpenter, le patriarche qui porte sa famille à bouts de bras. Jardinier, guérisseur, menuisier, sculpteur, homme de tous les métiers pour faire bouillir la marmite de cette grande famille. Capable d’actes qui paraissent insensés (les citrons, les bocaux de sable), mais qui ne sont que des preuves d’amour, il est la force de cette assemblée, le pilier, le roc. C’est un sage aux paroles mesurées, on dirait qu’il ne garde que le beau de la vie, enterrant le reste ou le transformant pour le sublimer en quelque chose de positif. Il aime les siens, d’une façon inconditionnelle, chacun a sa place, chacun est aimé pour ce qu’il est, comme il est quelles que soient ses manques. Il tisse des liens entre ses enfants comme Betty tisse des histoires. Tout ce qui a été abîmé, défait, détruit, est raccommodé, reprisé par l’amour de cet homme. D’un haillon, il fait de la dentelle.

La mère, Alka, est une femme toute en contraste, souffrant des blessures passées, de celles que lui infligent le présent. Régulièrement, ses démons se rappellent à elle, l’envahissant et rien ne semble la rassénérer. Mais son mari est là, présent avec un son amour qui panse chaque meurtrissure.

Porté par une écriture (merci à la traductrice) délicate, poétique, ce texte monte en puissance au fil des pages. Les derniers chapitres sont émouvants, les yeux se mouillent. Le style est puissant et en même temps tout en retenue, laissant chaque émotion s’installer durablement en nous. Tiffany McDaniel a évité l’écueil des clichés sur les indiens, ou sur les femmes. Elle inscrit la vie de sa « Petite Indienne » dans les recueils dont on dit que leur souffle épique en font des coups de cœur.

 

 


"Oxygène" de M. J. Arlidge (Little Boy Blue)

 

Oxygène (Little Boy Blue)
Auteur : M. J. Arlidge
Traduit de l’anglais par Séverine Quelet
Éditions : Les Escales (21 février 2019)
ISBN : 978-2365694001
390 pages

Quatrième de couverture

Dans les tréfonds d'une boîte de nuit, un jeu SM tourne au cauchemar. Un homme est froidement assassiné, asphyxié jusqu'à la mort. Helen Grace, envoyée sur les lieux du crime, peine à contenir son effroi en découvrant la victime : le corps ligoté et bâillonné est celui de Jake, son dominateur. Helen choisit de dissimuler ses relations avec le défunt et se lance à la poursuite du meurtrier. Mais quand ce dernier s'attaque à nouveau à l'une de ses connaissances, tout bascule. Et si Helen était la véritable cible du criminel ? La détective de Southampton comprend qu'un terrible choix s'offre à elle : confesser ses zones d'ombre, au risque de tirer un trait sur sa carrière, ou arrêter au plus vite l'assassin. Quitte à mettre sa propre vie en danger.

Mon avis

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Helen Grace, personnage récurrent de l’auteur. C’est une excellente enquêtrice. Elle a des méthodes souvent « limites » mais comme elle se débrouille bien, on lui pardonne. Sa réussite professionnelle cache une faille. Elle se « punit » lorsqu’elle se sent coupable de ne pas avoir sauvé ceux qui souffrent ou qui sont dans une situation délicate. Elle a alors besoin d’être dominée, battue, voire blessée physiquement pour évacuer son mal-être.

Lorsqu’elle est appelée sur une scène de crime où le mort n’est autre que son « dominateur », elle ne dit pas qu’elle le connaît. Elle ne veut pas qu’on lui retire l’enquête, encore moins parler de ses zones d’ombre… Est-ce une bonne idée ? Est-ce que ce qu’elle tait, en toute conscience, ne risque pas de se savoir ? Doit-elle confesser une partie de la vérité à son supérieur pour se protéger s’il y a une fuite ? En taisant cette partie de sa personnalité, Helen ne sait pas à quoi elle s’expose et lorsque ce sera trop tard, elle ne pourra plus agir.

Les chapitres sont courts. On suit plusieurs personnages, on va de l’un à l’autre. L’écriture de l’auteur est fluide, nerveuse, il y a de nombreux rebondissements. Helen et sa collègue Charlie sont des femmes intéressantes, atypiques.

Si un lecteur veut découvrir cet écrivain, je déconseille ce recueil. D’abord parce qu’il n’est pas « indépendant », il a une suite (ce que j’ignorais en le commençant), ensuite parce qu’il faut bien connaître Helen avant de la découvrir. La présence de quelques extraits de scène SM (sadomasochistes) peut rebuter pour un premier contact. Il y a beaucoup de rythme et on suit sans difficultés tout ce qu’il se passe.

J’aurais souhaité que soit clairement annoncé que l’intrigue avait une suite, même si les événements, dans l’absolu, peuvent rester en l’état.  Mais cette fin ne me convient pas alors, je vais m’empresser de récupérer le titre suivant.


"Kenavo" de Maïwenn Raynaudon-Kerzeho

 

Kenavo ?
Petites choses amusantes et étonnantes sur la langue bretonne et les Bretons !
Auteur : Maïwenn Raynaudon-Kerzeho
Éditions : Blanc & Noir (30 novembre 2020)
ISBN : 979-1093733043
80 pages

Quatrième de couverture

Ceci n'est pas une méthode pour apprendre le breton. Cet ouvrage entend simplement vous expliquer ce qui fait la spécificité du breton, une langue riche, complexe, surprenante, une langue à part qui traduit un regard différent sur le monde et exprime l'originalité de l'état d'esprit des habitants de la région.

Mon avis

L’auteur de ce livre, Maïwenn Raynaudon-Kerzeho, est née à Nantes et cela m’a fait penser à la chanson du groupe de Tri Yann « La découverte ou l’ignorance » où il est écrit, entre autres,
Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non ! Je suis né à Nantes où on n'le parle pas.
Suis-je même breton ???... Vraiment, je le crois...
Mais de pure race !!!...
Et bien elle, elle parle breton et l’enseigne, c’est dire si elle vit la Bretagne en pleine conscience !

Son petit livre, court mais intéressant, nous fait découvrir des anecdotes sur la langue, les habitudes, les façons de faire et d’être de ce coin de France. La langue bretonne n’a pas la même logique, la même construction que la langue française. Est-ce que les bretons pensent différemment ? Peut-être….

Chaque « chapitre » de ce livre présente un « signe particulier » de la langue bretonne. Un mot, une expression, une tournure de phrase etc. C’est amusant, instructif et ça permet de se détendre tout en s’informant sur une belle région française !


"Bouclage à Barcelone" de Xavier Bosch (Se sabrà tot)

 

Bouclage à Barcelone (Se sabrà tot)
Auteur : Xavier Bosch
Traduit du catalan par François-Michel Durazzo et Laurent Gallardo
Éditions : Liana Levi (5 Juin 2015)
ISBN : 9782867467820
272 pages

Quatrième de couverture

Damer le pion à la concurrence avec la une la plus accrocheuse, telle est la mission de Dani Santana, ex-présentateur télé, promu directeur de la rédaction du Crònica. Ce n’est pas les sujets de scoop qui manquent à Barcelone! Prostitution, scandales immobiliers, insécurité, sans parler des trafics de bière sur les Ramblas... Senza, célèbre chef de la rubrique Société, lui fournit des informations de première main grâce à sa liaison secrète et torride avec l’intendante de police Eva Bosch. Et aussi grâce à ses liens avec deux jeunes Syriens qui le tuyautent sur les différents trafics de la ville. En contrepartie, il leur donne des renseignements, sans trop chercher à comprendre. Ce que Senza ne sait pas, c’est qu’il est suivi. Ce que Santana n’a pas compris, c’est qu’il est manipulé. Et ce que Barcelone ignore, c’est qu’un réseau islamiste prépare un attentat dans l’ombre...

Mon avis

Les dessous d’un journal

Avant de parler du roman, quelques mots sur l’auteur.

Xavier Bosch i Sancho, plus connu sous le nom Xavier Bosch, est un écrivain et journaliste Catalan. Il a été directeur du journal Avui (journal quotidien payant d'information généraliste, édité à Barcelone et écrit en catalan) en 2007 et 2008. C’est dire s’il connaît le milieu qu’il évoque dans « Bouclage à Barcelone ».

D’ailleurs, c’est plus dans l’approche du «monde » des rédacteurs que dans l’intrigue policière elle même que réside l’intérêt de ce roman. Le contenu de cet opus nous démontre que l’information peut être manipulée, que les chroniqueurs peuvent être corrompus et que le lecteur ne lit que ce que ce que les pigistes veulent bien leur faire savoir. Enfin, pas vraiment les pigistes d’ailleurs… Jusqu’où la liberté d’expression va-t-elle ? Quel est le rôle d’un directeur de quotidien? Quels sont les liens avec la politique (surtout lorsque des élections sont en ligne de mire), comment s’installent les « trafics d’influence » ? Et pourquoi et comment les électeurs peuvent-ils subir une pression de vote sans s’en rendre compte ? Vous allez me rétorquer : « Mais tout cela, on le sait déjà ! » Bien sûr, mais dans le cas de ce récit, on est vraiment dans le cœur de l’action, des interactions, des réactions de chacun et ça fait froid dans le dos…

Démolir et construire….

Un des protagonistes parle de leur travail en ces termes alors que le nouveau directeur du journal est plutôt un idéaliste, quelqu’un qui veut être honnête, dire la vérité quels que soient les risques et les répercussions (le boomerang lorsqu’il écorche quelqu’un). C’est tout à son honneur mais ce que nous découvrons, c’est qu’il est un pion, un élément choisi avec soin pour des raisons bien précises et il devra prendre des décisions… On s’aperçoit également que beaucoup de personnes jouent « double-jeu » et nagent en eaux troubles lorsque ça les arrange. Qui manœuvre qui et dans quels buts ?

Effectivement, par le biais d’écrits, il paraît très aisé d’asseoir une réputation, de consolider une personnalité ou au contraire de la détruire….

Le directeur de la rédaction aurait-il dû se méfier, avoir tous ses sens en alerte lorsqu’on est venu le chercher et qu’on lui a dit « C’est vous qu’on veut » ? Son ego a-t-il été suffisamment flatté pour qu’il dise oui ou alors n’avait-il pas vraiment le choix ?

J’ai trouvé ce roman habilement construit. On assiste à la lente descente d’un homme qui croit en ce qu’il fait, qui a « des valeurs », et qui cherche à rester intègre face à ce qu’il découvre de corruption, de manipulations, de trafics …. Il y a un passage où les personnages regrettent de ne pas pouvoir dire ce qu’ils savent, ils aimeraient aussi que d’autres qu’eux sachent la vérité …. On s’aperçoit que ce n’est pas aisé de traiter l’information car il n’y a pas que ce qu’on voit mais tout ce que représente la face cachée de l’iceberg ….

J’ai découvert le cadre de la presse par l’intermédiaire de ce roman. Cette lecture m’a donné un autre éclairage sur le « tous les mêmes » que j’aurais peut-être eu tendance à dire trop rapidement. Je crois que rien n’est aisé, ni pour ceux qui écrivent, ni pour ceux qui dirigent car, au-dessus d’eux, encore plus haut, se trouvent les actionnaires et le fait d’investir de l’argent semble leur donner toute puissance….

L’écriture de Xavier Bosch est précise, fluide et agréable. Les chapitres sont bien rythmés. La narration peut surprendre (certains chapitres sont écrits à la première personne lorsque Dani Santana s’exprime, d’autres à la troisième personne pour les autres scènes) mais cela ne m’a pas dérangée.

Une lecture originale par le thème, à découvrir.

"Mémoires du large" de Eric Tabarly

 

Mémoires du large
Auteur: Eric Tabarly
Éditions: de Fallois (4 Juin 1997)
ISBN:9782877062992
366 pages

Quatrième de couverture

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu'il naviguait vers l'Écosse, Éric Tabarly fut frappé par la corne d'une voile au cours d'une manoeuvre et disparut en mer. Il était une légende vivante, le destin lui a donné la mort des héros de légende. Il est mort comme il avait vécu, "une voile au cœur ». En 1997, Tabarly le discret, le silencieux, Tabarly qu'on disait taciturne était sorti de sa réserve, et avait écrit ses mémoires. Il parlait de sa vie, de son enfance, de ses années d'apprentissage.

Mon avis

Eric Tabarly, le taiseux, s’est livré dans ce livre où il a expliqué son cheminement.

Son père l’avait emmené sur le Pen Duick à sept ans, le lui avait offert à sa majorité et l’histoire d’amour entre l’homme et le bateau était née.

Infatigable, créateur de génie dans son domaine, l’homme au bonnet et pull marins, aimait la mer, les marins, la voile, son bateau.

On ne peut imaginer combien cet homme est capable de trouver les mots pour décrire sa passion, vibrant à l’unisson avec les gréements, le vent, les vagues….

Bien sûr, vous pouvez appréhender le vocabulaire technique liée au domaine de la voile mais ce n’est pas gênant tant la ferveur transparaît dans chaque phrase comme une invitation à partager cet attrait pour le grand large… 



"La tête ailleurs" de Nicolas Bedos

 

La tête ailleurs
Auteur ; Nicolas Bedos
Éditions : Points (8 Octobre 2014)
ISBN : 2757837702
305 pages

 Quatrième de couverture

Nicolas Bedos vous invite à passer une année en sa compagnie. Et, pour la première fois, il ne s'agit pas de faire polémique. On découvre dans ce journal un Nicolas Bedos inattendu, sensible, amoureux et parfois même mélancolique, qui partage ses doutes comme ses désillusions. Un témoignage sur le ton de l'autodérision, drôle et touchant, révélant l'homme qui se cache derrière le personnage public souvent mal compris. Garanti sans mensonges.

Mon avis

Peut-on tout dire en se targuant de faire de l’humour ?

Chacun son opinion face à la question : « Peut-on rire de tout ? »

Nicolas Bedos n’épargne rien, ni personne, il ose, il choque parfois, (souvent ?)  mais rien, ni personne,  ne peut le faire taire.

Ce livre est composé de petites chroniques, il parle de sa vie (de ses parents, de son amoureuse du moment, de ses amis, de sa vie professionnelle….), de quelques faits d’actualités ou de célébrités qu’il écorche (surtout si il ne les apprécie pas) etc…..

Il faut lui reconnaître un certain talent pour manier la plume même si de temps à autre, j’ai trouvé qu’il en faisait trop, comme « s’il se regardait écrire » avec un tantinet d’autosatisfaction …

Dans certains textes, les sujets sont abordés avec quelques mots grossiers, voire vulgaires (c’est mon opinion) et cela m’a dérangée, non seulement sur le fond mais aussi sur la forme parce que je trouve qu’il ne devrait pas en parler ou pas de cette façon. On est à la limite de l’irrespect.

D’autres, au contraire, m’ont fait sourire, comme la lettre au Père Noël (et la réponse) que j’ai trouvée plutôt « fine » ou le dialogue (réel ou inventé ?) avec son banquier.

Le fait de changer régulièrement de « cibles » permet de mettre de côté les écrits que l’on apprécie moins et presque de les oublier pour ne garder que ceux qui font travailler les zygomatiques. Il n’empêche que, même s’il faut des irrévérencieux, il y a, à mon sens, des choses à ne pas dire ou pas comme il les dit. On dirait que l’auteur s’amuse, comme les enfants à l’école, à tester les limites. Qu’il agace ou qu’il séduise, finalement, Nicolas Bedos fait parler de lui et c’est sans doute ce qu’il cherche….


"Faites vous-même votre malheur" de Paul Watzlawick (The Situation Is Hopeless but Not Serious: The Pursuit of Unhappiness)

 

Faites vous-même votre malheur (The Situation Is Hopeless but Not Serious: The Pursuit of Unhappiness)
Auteur : Paul Watzlawick
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Carasso
Éditions : Points (12 novembre 2009)
ISBN : 978-2757884324
128 pages 

Quatrième de couverture 

Apprivoiser son malheur est le premier pas vers la joie: le célèbre psychologue Paul Watzlawick, fondateur de l'École de Palo Alto, nous apprend pas à pas à nous réconcilier avec nos névroses les plus banales. Cette étude à l'humour railleur, sous forme de manuel parodique, s'appuie sur des exemples littéraires, philosophiques et historiques. Et révèle au lecteur qu'il tient le bonheur entre ses mains.

Biographie de l'auteur 

Né en 1923 à Villach, en Autriche, Paul Watzlawick obtient un doctorat en philosophie et exerce la psychiatrie à Zurich. En Californie, il devient l'une des figures principales de l'École de psychologie critique de Palo Alto, où il décède en 2007.

Mon avis 

« …. L’homme n’est guère fait pour s’accommoder de la pure béatitude. » 

Un petit livre qui se lit rapidement et dans lequel nous retrouverons certains de nos travers.

Tout ceci présenté d’une façon humoristique, avec parfois un petit côté caustique et l’envie de rire comme si nous n’étions pas concernés, comme s’il s’agissait le plus souvent « des autres » … ce qui n’est pas le cas …

On finit toujours par réaliser, en lisant ces exemples de situations, qu’une fois ou l’autre on a agi « pour notre malheur », dans des moments de notre vie où notre propre comportement a entraîné des événements que nous aurions pu (voulu aussi) éviter…

« …. Que serions-nous, et où en serions-nous, sans notre malheur ? »

A-t-on besoin des coups durs, d’être parfois triste pour comprendre et vivre le bonheur ?

Déjà, apprend-on, les romains disaient:« le destin guide celui qui l’accepte et traîne celui qui le refuse.»

Soyons acteurs de notre vie ! Ne regardons pas en arrière, on ne peut pas changer le passé, voici certains des conseils lus en filigrane de ces récits.

Il arrive qu’on ait une idée, que l’on en fasse une conviction, qu’on la berce, la chouchoute à tel point qu’il nous semble qu’elle est « la réalité ».

Nos questions, dues à un manque de confiance, peuvent aboutir à des réponses qui nous blessent. Demander vingt fois à l’être aimé s’il nous aime pourrait presque le faire fuir … alors qu’on recherche le contraire !

 Les courts chapitres s’enchainent, on y retrouve « Quatre façons de jouer avec le passé », « Pourquoi m’aimerait-on ? », « La vie est un jeu » entre autres.

L’écriture est simple, abordable et d’excellente qualité.

Les conseils pas stupides du tout, et comme on le sait déjà, une piqure de rappel n’a jamais fait de mal à personne ….

Un petit livre qui tient dans la poche, le sac et qui se laisse déguster avec plaisir !

A consommer sans modération pour sourire, réfléchir et vivre … au présent ….

NB: une question: pourquoi une caricature de François Guizot (par Beyle) en couverture?


"L'enfant aux cailloux" de Sophie Loubière

 

L’enfant aux cailloux
Auteur : Sophie Loubière
Éditions : Fleuve (14 avril 2011)
ISBN : 978-2265092570
336 pages

Quatrième de couverture

Elsa Préau est une retraitée bien ordinaire. De ces vieilles dames trop seules et qui s'ennuient tellement - surtout le dimanche - qu'elles finissent par observer ce qui se passe chez leurs voisins. Elsa, justement, connaît tout des habitudes de la famille qui vient de s'installer à côté de chez elle. Et très vite, elle est persuadée que quelque chose ne va pas.

Mon avis

Sophie Loubière a réussi à me captiver dès les premières lignes de son roman et je n’avais aucune envie de le poser.

De plus, dans l’édition que j’ai lue, la police de caractères était bien lisible et de ce fait la lecture confortable.

De l’enfance maltraitée à la difficulté de vieillir seule avec ses souvenirs (qu’on mélange avec le présent) en passant par le rôle des enseignants, des parents et des voisins… plusieurs sujets sont évoqués.

Ils le sont tous avec délicatesse, finesse et pas mal de réalisme.

L’écriture est à la fois profonde et légère ; profonde par le propos, dur parfois, évoquant des situations douloureuses, légère parce que l’auteur n’essaie pas de nous noyer sous un vocabulaire ostentatoire ou des analyses psychologiques trop lourdes.

Tout cela reste très abordable, agréable à lire bien que le fond reste grave.

Un roman que je conseille et un auteur à suivre !


"La proie" de Deon Meyer (Prooi)

 

La proie (Prooi)
Auteur : Deon Meyer
Traduit de l’Afrikaans par Georges Lory
Éditions : Gallimard (13 Août 2020)
ISBN : 978-2072857751
578 pages

Quatrième de couverture

Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d'un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde. À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l'ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape.

Mon avis

« Nous sommes en miettes, nous sommes fragiles, mais nous sommes fondamentalement bons. »

Deon Meyer est un écrivain courageux. Il s’appuie sur ses romans et ses personnages de fiction pour dénoncer les errances du gouvernement de son pays : l’Afrique du Sud. Il évoque la corruption, le racisme, une police coupée en deux : ceux qui sont « pourris » jusqu’à la moelle, ceux qui essaient de tenir tête, de combattre, de trouver du sens à ce qu’ils vivent. Mais ceux-là sont cassés, brisés. Ils portent l’héritage de Mandela, sa lutte est devenue la leur mais que c’est difficile pour eux. Comment continuer à avancer, croire que demain, peut-être, les faits seront différents ? Que les hommes cesseront leurs exactions ? Que faire face à la kleptocratie ?

Ce récit se déroule principalement en Afrique du Sud et à Bordeaux avec un passage par Amsterdam et par Paris.

En Afrique du Sud, un homme a été jeté par la fenêtre d’un train de luxe. Il était consultant en protection personnelle mais avant il travaillait en lien avec la police. Ce sont donc deux anciens « collègues » qui vont être chargés de l’enquête : Benny Griessek et Vaughn Cupido. Deux hommes avec des quotidiens amoureux pas simples mais qui s’épaulent, s’écoutent.

À Bordeaux, un homme, Daniel Darret. Il a été membre de l’ANC Congrès national africain (en anglais : African National Congress), parti qui a permis à Nelson Mandela d’être à la tête du pays. Il s’est installé en France pour se faire oublier, ne pas laisser de trace derrière lui et surtout ne pas permettre à son passé de le rattraper car il était rattaché à la branche militaire de l’ANC. Il sait donc se battre, tuer, fuir et tous ses sens sont aiguisés mais il se fait très discret, transparent, jusqu’au jour où … une femme se fait agresser devant lui et il l’aide à sa façon… On comprend alors que Daniel n’est pas un homme ordinaire. Son passé va nous être dévoilé petit à petit. Pourra-t-il le tenir à distance ?

Daniel, Benny et Vaughn sont des personnages attachants. Chacun se veut fort mais chacun a des passages plus délicats, où le désespoir peut prendre le dessus, où il est nécessaire de trouver une raison pour continuer à avancer. J’aime ces protagonistes emplis d’humanité, prêts à tout pour les causes qui les « habitent », qui parfois se découragent mais trouvent la force de rebondir.

Deux lieux, deux intrigues qui finiront par se rejoindre, s’imbriquer pour ne faire qu’une.
Du rythme, des rebondissements, une fin un peu rapide, sans doute pour maintenir l’intérêt du lecteur mais un texte maîtrisé (bien traduit, merci à Georges Lory), ficelé, cadré.

L’auteur rappelle que la plupart des hommes de pouvoir sont corrompus et compromis quel que soit le niveau où ils interviennent. Ils n’ont plus beaucoup de crédibilité mais ils continuent d’imposer leurs vues car ils sont très nombreux …. Et d’autres luttent pour la liberté car ça n’a pas de prix….

J’ai vraiment apprécié cette lecture. Aucun temps mort, de l’action, un fond « politique » intéressant qui donne de la profondeur à tout ce qu’on découvre. Rien n’est anodin, l’auteur maîtrise la construction d’un polar à double entrée avec deux histoires qui se rejoignent. C’est une organisation au cordeau, parfaite et pour ce qui est de l’aspect politique, il sait parfaitement (et malheureusement) de quoi il parle…. Il y a encore du chemin sur la route du respect, de la tolérance, des droits de l’homme….


"L'écharde" de Paul Wenz

L’écharde
Auteur : Paul Wenz
Éditions : Zulma (Février 2010) (1ère publication en 1931)
ISBN : 978-2843045011
222 pages

Quatrième de couverture

"La journée avait été dure pour John Iredale et pour son manager ; ils avaient fait passer trois mille brebis dans les yards. La poussière poivrée leur avait brûlé les yeux, leurs mains étaient égratignées par les graterons, et le maniement des bêtes récalcitrantes leur avait donné une onglée lancinante qui durait encore. " On est en Nouvelles-Galles du Sud. En plein bush australien. John Iredale, jeune boss de la station de Tilfara, doit songer à remplacer Ah Sin, son cuisinier chinois qui s'apprête à rejoindre sa terre natale. L'arrivée de la nouvelle housekeeper, ambitieuse et jolie, va transformer la vie du homestead et peu à peu faire vaciller tout un univers qui a, sous la plume subtile et rude de Paul Wenz, tous les attraits d'un nouvel Éden.

Mon avis

Écrit en 1931, par un français, ce livre se déroule dans le bush australien. Bien que datant de plusieurs années, le roman semble très actuel (si on fait abstraction des moyens de transport et de communication) : les distances sont toujours immenses, le climat est le même et quelle que soit l’époque, il peut y avoir des personnes en jalousant d’autres.

Il est précisé dans le récit que Susie est « l’écharde »… Plus que Susie, je dirai que la jalousie (aussi présente que le bush) est « l’écharde ». Incrustée sans blesser, elle finit par titiller, se faire sentir, de plus en plus douloureusement et sin on ne l’ôte pas, elle continue de creuser loin loin….devenant une haine tenace qui se nourrit d’elle-même et permet d’exister….

J’ai beaucoup apprécié cette histoire, l’atmosphère de ce bush si bien retranscrite, l’évolution des personnages (Susie la femme parfaite pour tenir la maison de trois célibataires mais….), les interactions entre les uns et les autres décrites sans fioritures mais avec précision pour qu’on s’imagine les événements.

Il y a des petits bouquins, comme ça, qui ne font pas beaucoup parler d’eux mais qui méritent d’être réédités, découverts et lus…



 

"Le cri" de Nicolas Beuglet

 

Le cri
Auteur : Nicolas Beuglet
Éditions: XO (8 Septembre 2016)
ISBN: 9782845638204
500 pages

Quatrième de couverture

  • Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l'aube d'une nuit glaciale, le corps d'un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre...

    Mon avis

    Quelle claque monumentale !

    Voilà un thriller comme les aime, on commence à vingt heures et à une heure du matin, on se couche, le roman fini mais la tête pleine d’ interrogations….

    En toile de fond, le tableau de Munch « Le cri » et cette image devant nos yeux : qui est ce patient décédé, bouche ouverte sur un cri d’effroi ? Sarah, dont la vie personnelle vient de basculer, se retrouve à mener l’enquête et pour continuer d’exister, elle va se donner au maximum. De découvertes en découvertes, elle va voyager d’un lieu à l’autre, croisant la route d’un journaliste d’investigation français avec qui elle va unir ses efforts pour mettre au jour la vérité. Qui sont les hommes sur lesquels des expériences ont été menées et dans quel but leur infliger de telles souffrances ? Il faudra remonter dans le passé pour comprendre l’indicible, lire l’insoutenable révélation….

    Avec une écriture sèche, pointue, rigoureuse et très addictive, l’auteur nous offre un récit qui fait froid dans le dois, surtout lorsqu’on sait que tout cela a été inspiré de faits réels…. La construction du livre fait penser à un film, on passe d’un lieu à l’autre, tout est décrit d’une façon très visuelle et les dialogues sont trépidants ! Il n’y a pas un seul temps mort. Et puis de vraies questions apparaissent en filigrane et elles nous permettent de poursuivre la réflexion au-delà de la lecture…..

     


"Margo – Tome 1 : Second souffle" de Thomas Martinetti

 

Margo – Tome 1 : Second souffle
Auteur : Thomas Martinetti
Éditions : Independently published (7 novembre 2020)
ISBN : 979-8555967237
364 pages

Quatrième de couverture

Dans son village de l’arrière-pays niçois, tout le monde adore Margo. Mais Margo a un secret. Pour commencer, ce n’est pas son vrai nom. Depuis qu’on a usurpé son identité et volé sa vie, elle a dû subtiliser celle d’une autre. Aujourd'hui, Margo a peut-être une chance de redevenir Émeline, en confrontant celle qui lui a tout pris un an plus tôt.

Mon avis

Margo vit dans l’arrière-pays niçois, elle est appréciée de tous et semble heureuse. Aujourd’hui, un ami lui a préparé un anniversaire surprise. Cela ne semble pas la motiver… Pourquoi ne se sent-elle pas heureuse de cette fête ? Tout simplement parce que la date n’est pas la bonne. Margo n’est pas Margo. Dans une autre vie, celle d’avant, elle était Émeline et puis un jour son quotidien a basculé dans le cauchemar.

Émeline avait un petit ami, une activité professionnelle qui lui plaisait et tout pour être heureuse. En demandant des papiers officiels, elle a réalisé qu’elle était victime d’une usurpation d’identité. Devant les difficultés pour rétablir la vérité, après avoir galéré, elle a retourné la situation. Elle a tout abandonné pour se créer une nouvelle vie ailleurs avec un nouveau nom. Elle est devenue une autre, plus droite, plus forte. Cette situation est-elle viable, peut-elle durer ? Quid de la famille, des amis d’avant ? Et ceux de maintenant ? Comment se protéger ?

Dans ce roman, à la couverture magnifique, l’auteur explore la vie d’Émeline / Margo mais aussi celle de l’usurpatrice, pour qu’on comprenne les raisons de son acte. Cela permet d’alterner différents points de vue, de voir comment chaque protagoniste a réagi face aux situations décrites.

Je m’attendais à une histoire assez simple, mais Thomas Martinetti a su étoffer son récit avec, entre autres, une problématique intéressante dont je ne parlerai pas pour ne pas dévoiler le contenu de ce livre. Il lie le passé de personnages qui semblent, dans un premier temps, secondaires, avec les événements du présent et c’est très bien pensé. J’ai trouvé que ça apportait un réel plus dans l’intrigue générale.

J’ai également apprécié les titres musicaux glissés ça et là, une vraie play list intéressante. En outre, de nombreux chapitres se déroulent en Norvège, un pays qui me plaît. C’était bien de retrouver l’atmosphère de ce coin du monde !

Le texte a du rythme, les rebondissements maintiennent l’intérêt du lecteur et on ne s’ennuie pas. La fin est ouverte, parce qu’il y aura un tome deux. J’espère que l’auteur n’en fera pas plus car il risquerait de tomber dans le style « course poursuite » qui lasserait le lecteur. Ce serait dommage car son écriture est fluide, aboutie, son phrasé et son vocabulaire sont de qualité.

J’ai eu du plaisir à cette lecture et j’attends avec impatience la suite !


"Avant d'aller dormir" de S. J. Watson (Before I Go to Sleep)

 

Avant d’aller dormir (Before I Go to Sleep)
Auteur : S. J. Watson
Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides
Éditions : Sonatine (5 Mai 2011)
ISBN : 978-2355840654
420 pages

Quatrième de couverture

À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer.

Mon avis

Alors que je me mets devant le clavier pour écrire mon avis, je sens déjà que ce ne sera pas facile.

Impression en demi-teinte pour ce livre dont j’attendais sans doute trop.

J’aurais presque envie de « lister » les points positifs et négatifs de cet ouvrage pour voir de quel côté la balance se mettrait à pencher.

Ce qui est certain, c’est qu’on rentre vite dans l’histoire, dans le contexte. On a de la compassion pour cette femme qui se réveille chaque matin en pensant qu’elle est plus jeune, en ne se souvenant de rien…

C’est assez récurrent mais prenant malgré tout car les journées sont différentes par leur contenu : rencontres, découvertes diverses etc..

Soudain, son médecin lui conseille d’écrire chaque soir « avant d’aller dormir » le contenu de sa journée, pour garder une trace, savoir ce qu’il s’est passé la veille, l’avant-veille etc et ainsi mieux se connaître et se souvenir de ceux qu’elle côtoie.

Bonne idée, le journal intime étant d’ailleurs bien écrit (heureusement la pauvre malheureuse était écrivain donc elle avait un style correct).

À partir de ce moment-là, le roman oscille entre la relecture du journal intime et le présent.

Présent qui lui pose question étant donné que des flashes de son passé apparaissent, pas toujours entiers et qu’elle ne sait plus ce qui est du domaine de la réalité passée ou de l’extrapolation. Elle ne sait plus à qui faire confiance, qui croire, ce qu’elle note dans son cahier, est-ce fruit de son imagination ou quotidien retranscrit ? L’errance mentale de cette femme est bien retranscrite et l’angoisse monte au fil des pages. Le lecteur est balloté, inquiet, se demandant ce qu’il va advenir de cette situation peu ordinaire. Lui non plus ne sait plus si ce qu’il lit est vérité ou pas.

Mais … Il y a un mais ….

Quelques longueurs à mon sens, il me semble que le roman aurait pu être allégé d’une cinquantaine de pages (et augmenté d’autant si le souhait de l’auteur ou de l’éditeur avait été tel). Disons que S.J.Watson pouvait encore broder, faire apparaître d’autres rappels du passé, d’autres réminiscences … Ce qui fait que l’on a le désir profond d’avancer (pour savoir comment Chris va s’en sorti)r alors qu’on stagne avec elle, (ce qui est voulu, je vous l’accorde…).

Ajoutez à cela quelques incohérences qui m’ont dérangée (des contradictions notamment) et je mets donc un bémol à ce qui aurait pu être un excellent roman. 

Il n’en reste pas moins que, pour une première œuvre, l’auteur s’en sort très bien, abordant avec une écriture incise et précise, des phrases courtes qui créent une ambiance étouffante, le thème, pourtant rebattu de l’amnésie.

Tout cela fait froid dans le dos et comme c’est le but recherché, ne soyons pas trop sévère et passons un peu plus vite sur les « longueurs » ….


"L'avenir nous appartient" de Tamara McKinley (All my tomorrow)

 

L'avenir nous appartient (All my tomorrow)
La saga du bord de mer – Tome 6
Auteur : Tamara McKinley
Traduit de l’anglais (Angleterre) par Danièle Momont
Éditions : L’Archipel (5 Novembre 2020)
ISBN : 978-2809839630
400 pages

Quatrième de couverture

Londres, 1942. Pour fuir les bombardements autant qu'un mari violent, la jeune Ruby Clark est contrainte de quitter la ville. Direction Cliffehaven, sur la côte sud-est de l'Angleterre. Sur place, Ruby tente de se reconstruire et d'oublier l'épisode traumatisant qu'elle a vécu. Par chance, elle trouve vite un emploi d'ouvrière dans une usine d'armement et une chambre chez l'habitant. Mais le couple qui l'héberge n'a rien d'hospitalier, et Ruby craint de vivre un nouveau calvaire.

Mon avis

Ce livre est le sixième de la série « La saga du bord de mer » mais, comme les précédents, il peut être lu indépendamment. Malgré tout, lorsqu’on connaît une partie des personnages, on a plaisir à suivre leur vie, leur évolution et à revisiter à leurs côtés des événements historiques. En effet, l’auteur inscrit son récit sur un fond avec des faits réels, ayant existé. Cela donne de la crédibilité au vécu de ceux que nous suivons sans surcharger le texte. Tout est habilement mêlé. Pour intéresser encore plus, si besoin, le lecteur, on retrouve des protagonistes connus, familiers, attachants et afin d’avancer sans lasser, de nouveaux individus apparaissent et établissent des liens avec ceux que nous connaissons déjà. Chacun aura alors son lot de de soucis, de problèmes mais également de bons moments, d’humour, d’échanges et de partages. Les textes de Tamara McKinley sont toujours porteurs de belles valeurs d’entraide, de soutien, de respect sans pour autant tomber dans la mièvrerie.

Dans ce recueil, nous sommes en 1942, la guerre fait rage. Ruby, aidée par sa mère, quitte Londres et un mari hyper violent.  Elle atterrit, après bien des déboires, dans la pension du bord de mer. Cette maison est tenue par Peggy Riley, une femme volontaire, altruiste, qui croit en la vie, en l’homme au sens large du terme. Elle « s’oublie » souvent pour se mettre au service des autres. Elle accueille de nombreuses locataires, qui ont chacune, une raison d’être là. La bonne humeur règne et tout le monde fait de son mieux pour que tout se passe bien.

Par les yeux de Ruby, sa nouvelle pensionnaire, on découvre la vie des ouvrières, les tensions entre les nouvelles et les plus anciennes, les hommes qui se croient tout permis et tout puissants. Et puis la fraîcheur des jeunes militaires, pas forcément très matures, mais dévoués, prêts à se battre tout en gardant les yeux ouverts, des fois qu’une belle jeune fille croise leur regard….
Ron Riley, le beau-père de Peggy, est également très présent dans ce livre. Il a son franc parler, il est parfois « brut de décoffrage » mais il gagne à être connu car il a un cœur grand comme ça.

L’écriture est limpide, agréable. La traductrice fait un travail remarquable et ça compte énormément pour celui ou celle qui lit car c’est fluide. Le style est vif, il y a de la vie dans les romans de l’auteur. On ne peut pas vraiment parler de rebondissements mais de faits qui s’enchaînent et qui déclenchent certaines conséquences comme dans la « vraie vie ». C’est sans doute pour cela qu’on s’imprègne très rapidement de l’ambiance, et qu’on apprécie d’accompagner sur plusieurs années, les personnes qui nous sont présentées.

Comme les précédents, j’ai beaucoup apprécié cet opus. Tamara McKinley m’accroche dès les premières lignes et reste scotchée aux pages qui défile sous mes yeux.

 


"La nouvelle eau et autres récits" de Valérie Jacq

 

La nouvelle eau et autres récits
Auteur : Valérie Jacq
Éditions : L’Harmattan (29 Septembre 2020)
ISBN : 978-2-343-21182-4
106 pages

Quatrième de couverture

Des personnages attrapés au vol, vivants, réels ou imaginaires. Des histoires pour rire, pour rêver ou regretter... La magie n'est jamais loin. Des mondes parallèles qui cernent le nôtre et parfois s'y mêlent en un pied de nez ou un coup du sort. La mort aussi est là, nous apaise ou nous menace, dessine les contours de nos existences ; même pas peur ! Un immeuble caractériel, un sorcier gourmand, des philosophes polissons, de la volaille diplomatique... et l'amour, lorsqu'il dure même après la fin de l'histoire.

Mon avis

Onze nouvelles, onze histoires d’une belle écriture, avec un style accessible à tous. Les lieux sont variés, les époques également et les personnages sont tous à découvrir. Chaque récit a un point d’ancrage, un petit quelque chose de particulier comme un immeuble, un animal, un humain ou autre. Partant de chaque idée, des ramifications entraînent le lecteur dans le récit. Ce n’est pas très long (normal, on parle de nouvelles) mais bien renseigné pour qu’on pénètre dans l’atmosphère sans problème et qu’on s’intéresse immédiatement aux faits.

Il n’est pas aisé, en quelques pages, de captiver le lecteur et de maintenir son attention. Parfois l’auteur réussit quelques chroniques et rate complètement les autres ou alors il reste dans une « veine » qu’il connaît bien afin d’« assurer » sans prendre de risque.

Valérie Jacq a su dans ses textes, se renouveler, mettant en scènes des protagonistes qu’on a plaisir à découvrir. Le propos peut être léger ou plus grave, abordant en filigrane des sujets de société comme la filiation, le suicide, les études, le travail, le partage… Il y a comme une petite morale que l’on peut tirer de chaque narration mais ce n’est jamais sur un ton de « donneuse de leçons ».

J’ai particulièrement apprécié le fait que l’auteur raconte bien. On peut lire mais on pourrait écouter, retransmettre ce qu’on a découvert à l’infini comme si « La nouvelle eau et autres récits » s’inscrivait dans ce qu’on offre aux générations futures, un peu comme le patrimoine familial afin d’apprendre, de comprendre, de progresser et de vivre mieux ensemble.

J’ai souri devant cet immeuble avec une fuite d’eau qui change le cours de la vie des hommes. J’ai ri devant la disparition des pintades, j’ai serré les poings en constatant ce que faisait le magicien. J’ai tremblé en lisant « Sauver sa peau ». J’ai été ému par Abdou, et pas seulement parce que c’est le prénom d’un de mes élèves mais parce qu’on peut avoir des rêves et s’accomplir autrement…. Chacune des onze histoires a su me « parler » d’une façon ou d’une autre, me procurant de nombreuses émotions. Le phrasé et le vocabulaire sont soignés, le contenu à découvrir.

Le fond, la forme et une jolie couverture pour compléter le tout !


"veuf" de Jean-Louis Fournier

 

Veuf
Auteur: Jean-Louis Fournier
Éditions: Stock (5 Décembre 2011)
ISBN:9782234070899
160 pages

Quatrième de couverture

Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.

Mon avis

On pensera qu’il a tort d’étaler sa vie privée qui n’est pas susceptible de nous intéresser…

On pensera qu’il a raison de partager parce que cela nous aide alors qu’on est dans la même situation …

On pensera que, quand même, il pourrait se passer de certains détails…

On pensera « Est-ce qu’il allait mieux lorsqu’il a eu fini d’écrire ce livre ? »

On pensera « Et moi ? Quel besoin, j’ai eu de lire ça ?... »

On pensera « Il en restera quoi ? »

Etc etc….

Il ne m’a pas déplu de partager l’intimité de Jean Louis Fournier pendant quelques pages. C’était un peu comme s’il se confiait à moi et qu’ainsi je l’aidais…

J’ai apprécié les textes courts, ciblés, sur des faits de tous les jours, passés ou présents.

J’ai eu l’impression que petit à petit, Jean-Louis Fournier se sentait plus solide et que je pouvais alors lui lâcher la main, ce que j’ai fait à la page 157 puisqu’il était prêt à survivre….


"Carnet d'Islande" de Véronique et Aurélien Brusini

 

Carnet d’Islande
Auteurs: Véronique et Aurélien Brusini
Un hiver aux confins du cercle arctique
Éditions: Les deux encres (1 erDécembre 2008)
ISBN: 978 2 35168 101 5
96 pages

Quatrième de couverture

Ce carnet photo[graphique] où crayons et stylet s’invitent sur la même page est le fruit d’une plongée au « pays de glace » par Aurélien et Véronique Brusini, arpenteurs du monde.

Ils nous dévoilent le visage méconnu de l’Islande, au cœur de la nuit polaire, à travers leur univers sensible et didactique, né de rencontres, d’impressions et de récits de sagas fondatrices. On y découvre les racines vikings du peuple islandais, un volcanisme unique au monde, une géothermie intense et maîtrisée, le plus grand glacier d’Europe, un art de l’élevage pour la préservation du cheptel ancestral, une tradition pour la pêche baleinière en suspens...

Mon avis

Photographies originales et hautes en couleur, textes d’écrivains connus ou pas trop, aquarelles, mots des auteurs … une mise en forme sortant de l’ordinaire, jouant sur les nuances, les angles de prises de vue, les tailles et polices de caractères, ce recueil est un véritable carnet de rêves, de poésies, d’émotions devinées….

On sent le soin apporté à choisir chaque représentation (photographies ou peintures), chaque mot placé là où il peut servir l’image et la sublimer… Il y a aussi les pages sans textes car la lumière sur les paysages et ce qu’elle nous offre se suffisent à eux-mêmes.

La graphie a une place prépondérante et donne une dimension différente à ce qu certains n'auraient vu que comme un album photos...

C’est un livre à feuilleter, découvrir, redécouvrir tant les montages peuvent être porteurs d’un sens qui nous échappent au premier abord….

Un opus, qui vous donne des envies de voyage, de photos, de sac à dos, de rencontres….


"Les lisières" d'Olivier Adam


Les lisières
Auteur : Olivier Adam
Éditions : Flammarion ; Noyelles édition (18 août 2012)
ISBN : 978-208128374
460 pages

Quatrième de couverture

Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents « pour une fois », son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place. Dans ce roman ample et percutant, Olivier Adam embrasse dans un même souffle le destin d'un homme et le portrait d'une certaine France, à la périphérie d'elle-même.

Mon avis

Il a fallu que je me préserve, que je ne lui permette pas de s’incruster, de s’insinuer en moi, il a été nécessaire que je le laisse là, au bord, à la lisière…

Il était presqu’attachant ce Paul (tiens encore Paul comme dans « Des vents contraires »…) surtout dans le début du livre. Il est là, il se remet en question comme beaucoup d’entre nous lorsqu’on arrive à ce qu’on croit être à mi parcours de notre existence… Il parle de la vie, de notre vie, on retrouve les interrogations de toute une société. L’écriture est lumineuse, éclairée par le tumulte de l’Océan tout proche… Cet Océan omniprésent, comme un personnage à part entière, si bien décrit, si « vivant » pour moi qui l’aime, le respire par tous les pores de la peau….

«J’affirmais à qui voulait l’entendre que c’était tout le contraire, qu’au bord de la mer je reprenais possession. »

Et puis, par moments, on a l’impression qu’il en fait trop, qu’il se complaît dans cet état de faits, qu’il attire la misère, qu’il fait l’éponge sans se protéger comme si en absorbant toutes les difficultés des autres, il allait oublier les siennes…

Alors, là, on ressent presque l’envie de lui dire « Stop, éloigne-toi de tout ce marasme qui te détruit, qui va nous démolir avec toi car en l’écrivant, à ton tour, tu le déposes sur nos épaules car nous te lisons …» On serait à deux doigts de l’abandonner…..

Et parallèlement, on ressent le besoin de ne pas l’oublier, de rester près de lui jusqu’à ce qu’il s’en sorte. Peut-être pour voir s’il va faire les bonnes rencontres, celles qui redonnent envie et force, celles qui vous poussent à avancer. Peut-être pour se dire que ce n’est pas possible, que demain est un autre jour ……

Je ne sais pas s’il y un peu, beaucoup, énormément d’Olivier Adam dans ce Paul Steiner, romancier… Peu importe sans doute…

« Moi qui me réfugiais dans l’écriture pour vivre… »

Ce qui est certain, c’est qu’il y a beaucoup de l’Homme, des hommes et des femmes qui peuplent notre quotidien, qu’on ne voit pas toujours très nettement parce que ça nous dérange … et que faire l’autruche est plus simple ….

Roman d’une société qui ne va pas très bien, qui souffre, qui se tait, tombe, se relève, ne sait plus pour qui voter, à qui faire confiance …. Bien sûr, tout cela est survolé, le but n’était pas de faire une analyse sociologique….

« Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables. »

Est-ce qu’Adam aurait pu raccourcir ou allonger à l’envi son roman ?… Quel était le bon dosage pour ne pas lasser, pour ne pas entrainer le lecteur dans le pessimisme ou la nostalgie ?

Je pense que, suivant l’état moral de la personne qui découvre cet opus, elle adaptera son rythme de lecture pour le savourer en se l’appropriant comme il lui conviendra, d’une seule traite ou de façon homéopathique.

Même si quelquefois j’ai ressenti des longueurs, la magie de l’écriture d’Olivier Adam a encore opéré sur moi. Tout simplement car je « ressens » ce qu’il veut transmettre te que son style me « parle » comme une poésie tout en musicalité….