Colette Magny Les petites chansons communistes
Auteur : Yann Madé (Scénario, dessins, couleurs)
Éditions : Jarjille (10 Juin 2022)
ISBN : 9782493649003
114 pages
Quatrième de couverture
Collette Magny était une chanteuse engagée et féministe,
elle a côtoyé ou influencé tant d´artistes, de Mouloudji à Orelsan en passant
par Olivia Ruiz, pourtant beaucoup semblent l´avoir oublié. C’est pourquoi, sur
les pas de Pierrot, un de ses plus grands fans, j´ai décidé de vous raconter
qui elle était...
Mon avis
« J’ai fait des erreurs, bien sûr, mais j’ai fait
exactement ce que je voulais, on ne m’a rien imposé, jamais, jamais, jamais ! »
Colette Magny (1926-1997) chanteuse et
auteure-compositrice-interprète française, était une « Léo Ferré au
féminin ». Ce n’est qu’à trente-six ans qu’elle a commencé à chanter et
ses textes engagés n’ont pas toujours été diffusés sur les ondes. Certaines
radios rayaient volontairement ses disques, c’est dire….
Yann Madé a rencontré Pierrot, un admirateur de cette femme
et lui a promis une bande dessinée hommage d’où cet ouvrage complet,
foisonnant, intéressant, publié aux éditions Jarjille qui n’en finissent pas de
me surprendre !
Certains parlaient d’elle en la surnommant « la
chanteuse noire blanche » à cause d’une voix aux tons de jazz et de blues.
Elle a été connue, au départ, pour Mélocoton.
Mais la résumer à un tube serait bien trop restrictif !
Elle ne se destinait pas forcément à chanter et puis elle a
découvert le jazz, en travaillant comme secrétaire à l’OCDE (Organisation de
coopération et de développement économiques), comme quoi une rencontre peut changer
une vie. Ce que j’ai découvert en lisant ce recueil, c’est une femme qui assume
sa vie, ses choix (au point de faire un disque avec une face vierge). Elle fait tomber le masque, met sa vie en
chansons et exprime avec tendresse ou colère ses émotions, ses ressentis. Elle
est la voix de ceux qu’on oublie d’écouter : les immigrés en grève ou en exil,
les ouvriers malmenés, ceux qui luttent et ne sont pas entendus. Elle prend le
relais et elle les représente. Bien sûr, elle dérange, elle fait même fuir un
de ses musiciens qui refuse de l’accompagner sur un de ses textes, mais elle ne
cède pas. Elle a une force de caractère impressionnante !
Quand j’ai découvert tout cela, j’ai pensé : « Mais
comment ai-je pu passer à côté ? », surtout qu’en discutant avec mes
parents, je me suis aperçue qu’ils la connaissaient….
Il y a plusieurs textes de Colette Magny et à chaque fois,
Yann Madé s’inspire d’une bande dessinée existante pour les mettre en exergue.
C’est bien car le lecteur peut chercher le lien et qui a dessiné (et si on ne
trouve pas, c’est écrit en tout petit en bas de page).
Les planches sont en noir et blanc, avec beaucoup de dégradés
et de variantes. Mais la couverture est en couleur et si vous dépliez le rabat,
vous voyez le visage de Colette en entier ! J’ai trouvé le contenu des
bulles très complet en informations ainsi que les notes. La BD est vivante, les
bulles peuvent être à cheval sur plusieurs cases, certains visages sont coupés
comme si on avait « photographié » l’essentiel : un geste, une mimique,
un regard …. Le dessin est vif, toujours en mouvements et les différents
contextes évoqués bien représentés. Cela donne un ensemble aux multiples
entrées tout en restant concentré sur une femme exceptionnelle comme on en
rencontre peu.
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