"Garçon manqué : mon aventure avec Kanser Hossein" de Dominique Danton-Rousset


Garçon manqué : mon aventure avec Kanser Hossein
Auteur : Dominique Danton-Rousset
Éditions : Independently published (5 mars 2019)
ISBN : 978-1798706947
236 pages

Quatrième de couverture

- Oui, pourtant, un vrai jeu de massacre, ce moment. Envie de hurler, de pleurer, de me rouler par terre. Au lieu de ça, comme dans les rêves où aucun son ne parvient à sortir, j’ai tout retenu à l’intérieur. Comme d’habitude. J’ai seulement murmuré dans un petit souffle : « À quel stade j’en suis ? » Le pire, tu sais quoi Kanser, j’étais désolée pour la radiologue, qu’elle ait ce vilain rôle à jouer à cause de moi. Ça ne doit pas être facile tous les jours pour elle.

Mon avis

« Nam-myoho-renge-kyo » *

Une visite médicale et puis un verdict… Un de ceux que l’on n’a pas du tout envie d’entendre…. Une boule au sein… Des examens, le mot cancer qui tombe, les choix qu’il faut faire (chimio avant, après, ablation ?) et la vie quotidienne qui est bouleversée…. Le cancer rappelle qu’on n’est pas éternel et que la mort peut nous rattraper …..

Face à la maladie, Dominique a décidé de se battre et d’écrire. Ecrire comme un exutoire (« L’écriture me libère » page 18), mais surtout écrire pour faire le point, revenir en arrière, sur son passé, et essayer de comprendre ce qui a fait d’elle la femme qu’elle est aujourd’hui. En replongeant dans ses souvenirs, elle a puisé la force d’avancer malgré les difficultés. Dans une forme de résilience, elle a mis en exergue ses émotions, ses sentiments …. Elle a sans doute pardonné et elle s’est pardonnée, s’autorisant à être en harmonie…

Dominique Danton-Rousset dialogue avec Kanser Hossein, elle l’oblige à sortir du bois, elle le personnalise pour mieux le mater, pour oser lui tenir tête, pour faire face… C’est une excellente méthode, au fil des pages, il est moins virulent dans ses propos ; -) Ces « discussions » ont beaucoup aidé l’auteur. Et pour le lecteur, cela donne un récit avec des formes plus variées, ce qui évite toute lassitude. J’ai beaucoup apprécié ces dialogues ainsi que les remarques ça et là en italiques qui montrent le cheminement de l’auteur dans ses réflexions personnelles. D’ailleurs, ce n’est pas seulement son combat contre la maladie, c’est également l’analyse de l’histoire de sa vie. Les influences familiales, amicales etc qui l’ont amenée à prendre une route plus qu’une autre.

Dominique est une femme forte, elle s’est construite toute seule, elle a fini par avoir un métier où elle s’est épanouie. Sans nous donner de leçon, avec parfois des pointes d’humour ou d’autodérision, elle rappelle à chacun de nous que l’on peut être maître de son destin. Son écriture est belle, fluide, agréable et son texte est intéressant. Quand on tourne la dernière page, on a envie de lui murmurer à l’oreille : « Maintenant, je vous souhaite le meilleur »…

* « Mettre sa vie en harmonie avec le rythme de la vie de l’univers. »

"Entends venir l'orage" de Denis Labayle


Entends venir l’orage
Auteur : Denis Labayle
Éditions : Glyphe (18 juin 2019)
ISBN : 978-2352851134
238 pages

Quatrième de couverture

Françoise, employée modèle, travaille depuis vingt ans dans une grande firme informatique. Son coéquipier est le onzième salarié à mettre fin à ses jours depuis le début de l'année. Bouleversée, elle décide d'entrer en résistance au sein de son entreprise. Au même moment, la mort brutale de Michel Delvaut, ancien PDG des Turbines Atlantiques, fait la une des médias. Si l'hypothèse du suicide se confirmait, ce serait le sixième PDG à se donner la mort en moins d'un an. Quel lien entre ces faits divers ?

Mon avis

Dans son dernier roman, Denis Labayle s’attaque à deux thèmes très contemporains : les parachutes dorés (prime de départ prenant la forme d'une clause contractuelle entre un dirigeant d'une société anonyme et l'entreprise qui l'emploie) et les variables d’ajustement (employés à qui on demande beaucoup de mobilité, d’adaptation, qui, parfois, sont licenciés pour équilibrer les flux d’entrée et de sortie du personnel) dans le monde du travail. Sujets délicats qu’il a su traiter sans être rébarbatif avec sobriété dans un récit addictif.

Françoise est une employée modèle depuis vingt ans, soumise, docile, elle fait ce qu’il faut pour que son budget se tienne. Sa vie est monotone car elle ne peut pas se permettre le moindre excès. Son collègue et ami, Luc, vient de se suicider. Pourtant, récemment, il avait eu une promotion. Ce n’est pas le seul à avoir agi comme ça. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? En parallèle, un PDG s’est donné la mort et ce n’est pas le premier…. A tous les niveaux, en haut ou en bas de l’échelle, des hommes se tuent. Pourquoi ? S’agit-il vraiment d’actes désespérés ou sont-ils poussés à agir ainsi ? Quelles sont leurs conditions de travail ?

Françoise va rencontrer la veuve de Luc et devant ce qu’elle apprend, elle se décide à agir, à entrer « en résistance ».  Seule, avec ses petits moyens, se disant que si personne n’essaie de faire quelque chose, les choses ne bougeront pas. Elle va commencer à déstabiliser les plus grands et une improbable rencontre lui permettra de se sentir encore plus forte…. Elle n’est plus dans l’acceptation passive mais dans l’action. Elle a un but dans sa vie, ça la motive, elle a l’impression d’exister à nouveau. L’auteur nous rappelle que face à une « overdose » d’injustice, les gens craquent et se mettent à soulever des montagnes pour être reconnus. Les suicides/ appels au secours des ouvriers ne sont pas toujours entendus et en le soulignant, Denis Labayle égratigne nos dirigeants qui « oublient » souvent d’ouvrir les yeux… Son roman nous permet de voir de l’intérieur les échanges entre les dirigeants et c’est édifiant. « Avec tes relations africaines, on aura une source intarissable de main d’œuvre et à bas prix. » Magouilleurs, profiteurs, méprisants, la plupart de ceux qu’ils présentent n’ont pas une once d’humanité…. Peut-être aurait-il été intéressant d’avoir une femme parmi eux (pour la parité ; -) et que les dialogues soient encore plus animés en développant les différents avis (notamment celui de Pierre)?

On va donc suivre Françoise dans ses actes de rébellion et les PDG dans leurs divers questionnements. Sont-ils en train de perdre le pouvoir ? La peur s’incruste, les suicides dans leur milieu alors que tout « roule » financièrement ont un petit quelque chose de pas logique…. Il leur faut mener l’enquête, se servir de leurs relations, de leur puissance pour ne pas se faire piéger… et bon sang, que certains sont exaspérants (et donc bien décrits…)

C’est avec une écriture fluide que Denis Labayle nous présente les événements et les protagonistes.  C’est agréable à lire mais j’aurais aimé une étude psychologique plus approfondie de certaines personnalités et du rôle du policier (qui a eu bien des facilités pour obtenir des résultats…). Le rythme permet de garder le lecteur attentif. De plus Françoise a une certaine « présence » qui la rend attachante et rien que pour elle, une femme modeste qui a osé défier les plus forts, le livre vaut le détour !



"Jeanne Loviton et Robert Denoël Deux amants dans la tourmente" de Tony Jagu


Jeanne Loviton et Robert Denoël
Deux amants dans la tourmente
Auteur : Tony Jagu
Éditions : Passion du livre (20 Juillet 2019)
ISBN : 9791097531362
158 pages

Quatrième de couverture

Après de brèves carrières d’avocate, de journaliste, puis de femme de lettres, Jeanne s’était lancée dans l’édition à la mort de son père. Tandis qu’elle entretenait les mondanités, les invitations, les soupirants et les rencontres de journalistes et d’écrivains, Robert Denoël dépensait une énergie folle à son métier d’éditeur, sans grandes illusions sur ses relations amoureuses.

Mon avis

Talent de chef d’entreprise et physique de séducteur, qui était Robert Denoël ? Il a été reproché à l’éditeur d’avoir publié le sulfureux Louis-Ferdinand Céline au nez et à la barbe des éditions Gallimard, qui, elles, l’avaient rejeté. Cela est-il suffisant pour expliquer son assassinat, le 2 Décembre 1945, mis sur le compte d’un rôdeur ? Il avait douze mille francs en liquide, restés dans sa poche, et des documents, assez compromettants (notamment sur ses finances) qui eux, ont disparu. Bizarre … Les conditions troubles de cette mort et l’enquête peu approfondie qui a pourtant duré longtemps ont entraîné de nombreuses interrogations.

Repartons un peu en arrière. A l’automne 1942, Robert Denoël tombe fou amoureux de Jeanne Loviton. Se sachant décrié, menacé par le comité d’épuration (pour ces choix de publication), il envisage, à la fin de la guerre, de lui céder ses parts pour continuer à diriger dans l’ombre sans être critiqué ouvertement. Sa mort permet à Jeanne de montrer le certificat de cession et malgré de nombreux procès, la femme légitime, Cécile Denoël ne récupère rien… Jeanne, maîtresse de l’éditeur, avocate et écrivain, est considérée comme une croqueuse d’hommes (et de femmes) aux dents longues… Elle sait ce qu’elle veut et ne lâche rien jusqu’à l’obtenir…. A-t-elle comploté ? La mort de Robert Desnoël est-elle un crime passionnel, un coup monté, le résultat d’un mauvais concours de circonstances ?

C’est en se plongeant dans les archives (retrouvées aux Etats-Unis) de cette histoire et de nombreux autres documents que Tony Jagu s’est lancé dans l’écriture de cette biographie. Ses recherches mises en forme donnent un livre intéressant, abouti. C’est même captivant, certainement pour plusieurs raisons. L’une est la période évoquée : avant et pendant la seconde guerre mondiale avec tout ce qui est lié à la politique, à l’antisémitisme, l’occupation, les jalousies, les rivalités entre éditeurs (Les liens que les maisons établissent non rien de cordiaux et chacun vise le profit au maximum. Denoël et Gallimard sont en « guerre » depuis 1929…) ainsi que les accusations de collaboration contre Denoël qui se savait menacé d’un procès (il préparait sa défense avec Jeanne). Une autre raison, et pas des moindres, est la personnalité complexe de Jeanne Loviton. Elle consacre toute son énergie à se hisser vers le cercle des élites, à avancer encore et toujours. Elle se sert de ses charmes, de son charisme comme autant « d’outils » qu’elle met au service de son but… Le lecteur ne peut qu’être fasciné par le caractère, l’attitude de cette femme qui fait preuve de ressources insoupçonnées. Il y a également le contexte historique bien présenté et mis en lien avec les événements présentés et qui explique certaines réactions de ceux dont on parle.

Le sujet traité dans ce recueil et l’écriture de l’auteur sont addictifs. On rentre dans ce récit et la soif de découverte va en augmentant. Les faits se succèdent, les analyses sont approfondies et le regard est acéré. Tout est décortiqué, avec intelligence, sans jugement, en ouvrant sur de nombreuses possibilités et de multiples débats. Où se cache la vérité ?

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a permis de connaître l’histoire des Denoël et puisque Jeanne Loviton était écrivain, pourquoi ne pas se pencher sur ses écrits ?

"La part des choses" de Benoîte Groult


La part des choses
Auteur : Benoîte Groult
Éditions : Grasset (21 Mars 1972)
ISBN : 9782246007067
360 pages

Quatrième de couverture

Neuf personnages qui s'embarquent pour un tour du monde en bateau. Le drame d'une femme vieillissante, qui, par peur de perdre l'homme qu'elle aime, risque de le perdre. Le problème d'un homme de quarante ans qui découvre, à la suite d'un infarctus, qu'il ne supporte plus son métier, sa femme, ses cinq enfants. Le malaise d'un garçon de vingt ans qui fuit Paris. La part des choses, c'est la vie de tous ces personnages qui, sortis de leur cadre familier, révèlent leurs vraies angoisses, leurs réelles raisons d'espérer.

Mon avis

Les sœurs Groult m’ont toujours fascinée par leur propension à parler des choses de la vie, tout simplement, avec une écriture porteuse de sens et surtout dans des textes où tout est soigneusement décortiqué l’air de rien.

Voici quelques couples et d’autres personnes, embarqués sur un bateau pour plusieurs mois pour faire le tour du monde ou presque… Certains veulent faire le point, sauver ce qui peut l’être, d’autres sont là pour des raisons différentes. Marion et Yves sont ensemble à l’âge où, une fois les enfants partis du nid, on se demande ce que va être la vie à deux. A-t-on encore quelque chose à se dire, des envies communes ? Marion écrit dans des cahiers et son ressenti entrecoupe les autres chapitres où nous découvrons de ci, de là, cahin-caha, les personnages.

En peu de lignes, avec des mots bien ciblés, l’auteur nous présente les protagonistes, leurs peurs, leurs espoirs, leur quotidien, leurs maladresses face à la vieillesse qui pointe son nez avec le temps qui passe…. Il y a des références littéraires régulières parsemées dans le récit. Avec ce roman, Benoîte Groult pose des questions, esquisse parfois des réponses et nous captive parce qu’elle sait toucher précisément le lecteur en décrivant l’évolution des sentiments. Ecrire sur l’indicible, l’indescriptible et être capable de trouver les termes justes pour évoquer tout cela, n’est pas aisé. Avec ce livre, Madame Groult y arrive parfaitement !

"Rue des boutiques obscures" de Patrick Modiano


Rue des Boutiques Obscures
Auteur : Patrick Modiano
Éditions : Gallimard (5 Septembre 1978)
ISBN : 978-2070283835
220 pages


Quatrième de couverture
Que reste-t-il de la vie d'un homme ? Une photo, au fond de la boîte ou d'un tiroir, des papiers administratifs, quelque fois une fiche de police ou un nom dans un Bottin. Et aussi les souvenirs de ceux qui l'ont connu ou rencontré. Ils seront de moins en moins nombreux et les souvenirs de plus en plus vagues. Ainsi l'écho d'une vie décroît-elle jusqu'à s'éteindre tout à fait.

Mon avis

Ce roman est un livre d’atmosphère. Un homme sans passé, car il a tout oublié, part à la recherche de celui qu’il a été. Des bribes, glanées ici ou là, l’aident parfois, le déstabilisent aussi et lui permettent d’avancer pas à pas. Ce sont des rencontres, des souvenirs que les interlocuteurs partagent avec lui. Mais quelle est la part de vérité, de non-dits dans ce qu’ils évoquent ? Quand on n’a rien à quoi se raccrocher, qui croire, qu’espérer de l’avenir ? Et où se situe la vraie identité de cet inconnu ? Que va-t-il gagner à mieux se connaître ? Sera-t-il plus serein ? Plus perturbé ? Déçu ? Heureux et fier ? Paris et les années de la seconde guerre mondiale servent de contexte principal à ce recueil. Période trouble et troublée qui ne rend pas les choses plus faciles. Bien au contraire…..

Patrick Modiano, avec une écriture dépouillée, un style laconique, invite chacun se poser des questions sur la destinée, sur le chemin que l’on suit pour être soi. La construction de la personnalité de chaque être humain est liée aux rapports qu’il crée avec les autres, aux événements qui jalonnent sa vie et qui ne dépendent pas toujours de lui.

J’ai apprécié cette lecture. Je crois pouvoir dire que c’est surtout l’ambiance décrite en peu de mots qui m’a le plus intéressée. On ressent une espèce d’errance à laquelle on participe en se demandant bien où tout cela va nous entraîner…

"Un employé modèle" de Paul Cleave (The Cleanner)


Un employé modèle (The Cleanner)
Auteur : Paul Cleave
Traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Benjamin Legrand
Éditions : Sonatine (20 mai 2010)
ISBN : 978-2355840333
432 pages

Quatrième de couverture

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d'être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire.

Mon avis

« Je ne sais pas bien d’où viennent les idées, si elles se contentent de flotter dans une dimension proche, mais pas exactement de ce monde, que nos esprits peuvent atteindre pour les attraper, ou si une série de synapses se déclenchent dans nos esprits transformant des données inertes en possibilités inattendues, ou encore si cela ne se réduit pas plutôt à un simple train de pensées traversant Chanceville. »

Il s’appelle Joe.
Sa vie c’est sa mère, qui l’étouffe, le harcèle à sa façon, le culpabilise.
Sa vie, c’est ses deux meilleurs amis : Cornichon et Jehovah, ses poissons rouges qui ont une place importante dans sa vie.
Sa vie, c’est son travail, une activité routinière, sans intérêt, qui lui permet d’être transparent aux yeux de tout le commissariat où il est homme d’entretien.
Sa vie, c’est Sally, une collègue, qui veut s’occuper de lui parce qu’elle se reproche la mort de son petit frère et en aidant une autre personne, elle expiera peut-être sa faute.
Sa vie, ce sont ses poussées d’adrénaline, qui lui sont indispensables
Sa vie, ce sont ses deux facettes, une extérieure, lisse, de simplet de service « Joe le lent », l’autre intérieure que nous découvrons par ses pensées
C’est lui le tueur, le « boucher »….
Le décor est planté.

L’intérêt du livre ne sera donc pas dans l’enquête pour trouver le tueur principal.
Non, il est ailleurs, nous allons plonger dans les pensées de Joe, comprendre par ses réflexions son mode de fonctionnement et comment il en est venu à commettre de tels actes.
Il ne choisit pas de tuer au hasard, non, dans son esprit, tout est organisé, cloisonné.
Il lui arrive de tuer pour rendre à sa victime « son humanité ».
D’ailleurs il parle, souvent, de son « humanité », la brandissant comme un bouclier pour expliquer ses actes.
Comme si tout ce qu’il fait subir aux femmes qu’il tue, répondait à une logique. C’est presque ça, il a une « logique », une logique de fou, de dérangé, de malade mais une logique ... une logique torturée ...

On peut parfois se sentir mal à l’aise d’être ainsi dans les pensées d’un homme que l’on voudrait dénoncer mais on reste en dehors (heureusement !!!) donc ce n’est pas dérangeant.

L’écriture est cynique, parfois accompagnée d’humour noir et de scènes que je préfère lire plutôt que de les voir au cinéma …
La première moitié nous entraîne dans les méandres du cerveau de Joe le lent, homme de ménage simplet le jour, tueur fou la nuit. Dans la seconde moitié, il y a plus d’événements et le rythme s’accélère, c’est une bonne chose car certaines longueurs commençaient à poindre.

Et on peut presque se poser la question de ces tueurs "d'exception", qui sont finalement diablement intelligents à leur manière ...  Auraient-ils été un autre homme s'ils avaient eu une autre mère ?

Une idée de base originale, un auteur à surveiller, un bon livre.

"Dans la cage" de Kevin Hardcastle (In the Cage)


Dans la cage (In the Cage)
Auteur : Kevin Hardcastle
Traduit de l’anglais (Canada) par Janique Jouin
Éditions : Albin-Michel (29 Août 2018)
ISBN : 978-2226402998
350 pages

Quatrième de couverture

Ancien champion de boxe et de free fight, Daniel a raccroché les gants après une blessure grave et dire adieu à ses rêves de gloire. Devenu soudeur, il mène aujourd'hui une vie tranquille avec sa femme et sa fille, âgée de douze ans, à Simcoe, petite ville d'Ontario dont il est originaire. Difficile pourtant, dans une région minée par le chômage, de joindre les deux bouts.

Mon avis

Daniel a été un grand champion de boxe et de free fight puis il a rangé les gants suite à une grave blessure à l’œil. Il est maintenant marié et père d’une petite file. Il travaille comme soudeur mais les temps sont durs à Simcoe, dans ce coin du Canada, et il arrondit les fins de mois en servant d’homme de main à une ancienne connaissance. Ce n’est pas un bon choix, il le sait mais comment faire autrement ? Peut-être qu’en retournant au gymnase, en retrouvant une super forme physique, les combats pourraient reprendre et l’argent venir plus facilement ? C’est de ça que rêve Daniel…. Mais il est rare que les événements se déroulent comme on les prévoit….

C’est un roman noir, dur, provocant… La violence est pratiquement omniprésente et on a des difficultés à s’attacher aux personnages. J’ai trouvé l’écriture froide, détachée, sans style. Je pense que c’est voulu pour coller au plus près des faits, sans juger, sans mettre une once d’affect…. Mais cela ne m’a pas plu, il m’a semblé que c’était plus lourd à lire. Trop de « Daniel fait ceci, Daniel fait cela… » Il aurait tellement plus agréable de lire : Une heure plus tard, Daniel … ou avec d’autres tournures de phrases. Cette façon d’évoquer les actes ressemble à un compte-rendu policier et n’a pas capté mon attention.

Autant le fond de l’histoire, avec les difficultés pour s’en sortir quand on a été un grand sportif, que le chômage est partout, avait tout pour m’intéresser, autant la forme et le phrasé m’ont pesée, ce qui est bien dommage car je pense sincèrement que les futurs livres de cet auteur peuvent encore me surprendre et sans doute me plaire