"Mon désir le plus ardent" de Pete Fromm (If Not for This)


Mon désir le plus ardent (If Not for This)
Auteur : Pete Fromm
Éditions : Gallmeister (5 Avril 2018)
ISBN : 978-2351781609
290 pages

Quatrième de couverture

Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.

Mon avis

Dalt et Mad sont jeunes, ils sont beaux, pleins de vie, d’enthousiasme, ils aiment le sport, faire l’amour, et par-dessus tout descendre les eaux tumultueuses en pleine nature (ah, la belle lune de miel). Ils créent leur petite entreprise : ils promèneront les touristes en rafting sur les rivières du Wyoming et vivront heureux et longtemps….
D’ailleurs, Dalt fait une merveilleuse déclaration :
« On a des décennies devant nous, Mad. Toi et moi, côte à côte, front contre front. Peau contre peau. Une vie entière. »

Sauf que la maladie s’invite. Maddy est touchée par la SEP (la sclérose en plaques). On ne choisit pas, elle n’en voulait pas de cette horreur, de cette vie différente de leurs projets. Il faut bifurquer vers d’autres lieux, plus « sécurisés », une activité professionnelle différente. Et arrivent les premières maladresses, puis les difficultés pour se déplacer, parler, le cerveau qui part en lambeaux… Mais ils s’aiment toujours envers et contre tout, d’un amour qui ne calcule pas, d’un amour exceptionnel, comme celui que l’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie. Vous savez « parce que c’était lui, parce que c’était moi »… Ils font fi des obstacles, ils s’adaptent, plaisantent, ironisent sur les problèmes, restent droits et continuent de se considérer comme des veinards (en fait, ils ont raison, vu comme il sont en phase, ce sont de grands veinards).
« - On aimerait que vous puissiez être aussi heureux, aussi veinards que nous. »

Et pourtant Maddy n’ignore rien de ce qui l’attend :
« Prise dans l’affreux tourbillon du temps, je tournoie sans cesse, sachant qu’aucun sac de sauvetage ne pourra m’atteindre, qu’aucune vague solitaire ne viendra me délivrer du piège. »
De chapitre en chapitre, on découvre des étapes, des tranches de vie, on vieillit avec eux, avec leurs enfants, parfois plusieurs années sont passées. C’est pour cela que j’ai lu seulement un chapitre par jour, comme autant de pas fait à leurs côtés. Il me fallait bien une nuit chaque fois pour digérer, accepter la souffrance de Mad, m’imprégner de leur quotidien, de leur vie pour emprunter leur force, leur optimisme, leurs sourires et essayer de ne retenir que ça. C’est absolument fabuleux de voir que finalement, l’amour de chacun des deux est magnifié par ce que lui offre l’autre. C’est inexprimable tant ça transpire dans ce récit.

Ils ont choisi de « défier le destin, faire comme si de rien n’était. Rien qui puisse nous séparer, jamais. » C’est Maddy qui s’exprime dans le roman. L’auteur, Pete Fromm qui est un homme, s’est glissé dans la peau de cette femme, il parle de son ressenti, de ses émotions, de ses sentiments avec noblesse, avec humour car Dalt et Mad pratiquent la dérision. Le style est poétique, délicat, même les révoltes-colères de Mad ont un petit quelque chose de tendre, de beau. L’auteur sait nous toucher, trouver les mots qui frappent et qui marquent le lecteur. Son phrasé est aérien, magnifique, profond dans l’approche de chaque questionnement évoqué. La traductrice a fait un travail remarquable en le retranscrivant.

C’est un livre qui vous prend les tripes, le cœur, et qui vous emporte, laissant une trace, une larme séchée, car avec Dalt et Mad la vie reste belle malgré tout…


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