Tant qu'il y aura des coquelicots...
Auteur : Cliff Paillé
Éditions : Cairn (17 Avril 2018)
ISBN : 978-2350686288
90 pages
Quatrième de couverture
Paul déchiffrait plutôt bien, mais savait-il lire ? Deux
comédiens pour un Cercle des Poètes Disparus à la française. Un regard
gourmand, profond et plein d'humour sur le bonheur d'être lecteur, la richesse
de le devenir. Regard distancié sur l'enfance, la peur d'apprendre, la joie de
la vaincre. Ray Bradbury affirmait dans Farenheit 451 que la première des
censures consistait à ne pas lire. Loin d'être seulement une question
individuelle, lire serait donc une question de société. Mais comment et pourquoi
devenir lecteur ? Quel est le rôle de la transmission ? Quels en sont les
garants et de quels moyens disposent-ils ? Et si tout n'était pas perdu.
Mon avis
Coup de cœur !
Cette pièce de théâtre est un petit bijou.
« Les adultes, ils font avec l’insouciance des
enfants comme certains paysans avec leurs terres. À force de faire pousser des
trucs dessus ils l’assèchent, ils la rendent stérile. Plus rien ne pousse, et l’enfance
s’en va. »
Deux comédiens, dont Paul le narrateur qui est celui qui s’exprime
le plus. À travers ces quelques pages, on découvre la lecture, les lecteurs. Ce
qui fait aimer ou pas un livre, ce qui (ou ceux et celles qui) donne le goût
des mots.
On peut savoir lire, dans le sens déchiffrer mais ne rien savoir
des livres, de ce qu’ils apportent de connaissances, de rêves, de vie….
« Il faut ouvrir les phrases, les soulever, regarder
derrière. Il est là, le bonheur de lire. »
Un jour, quelqu’un m’a dit : « Je ne suis jamais
seule, j’ai mes livres… »
« Le goût de la solitude. Pour aimer lire il faut
aimer être seul. […] Moi je crois que c’est ça qui empêche plein de gens d’aimer
lire. Le silence qui fait trop de bruit autour du livre. »
Le texte parle aussi de l’écriture.
« Écrire c’est transpirer ses peurs, ses angoisses,
et respirer ses rêves, aussi. Rencontrer ses plus belles espérances. »
Le phrasé est infiniment délicat, porteur de sens. C’est
magnifique et si un jour, je peux voir la pièce, je serai ravie.
