Changer l’eau des fleurs
Auteur : Valérie Perrin
Éditions : Albin Michel (28 Février 2018)
ISBN : 978-2226403049
560 pages
Quatrième de couverture
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville
de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués passent se réchauffer dans sa
loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien
est rythmé par les confidences des visiteurs et la joie des fossoyeurs. Un
jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son
carré de terre, tout bascule.
Mon avis
« Mais comme je
n’ai jamais eu le goût du malheur, j’ai décidé que ça ne durerait pas. »*
Comme indiqué dans le titre que j’ai choisi pour cette
chronique, ce roman est porté par l’optimisme. Pas celui, béat, qui prétend que
tout est pour le mieux dans le monde (alors qu’on sait bien qu’il n’en est
rien). Non, celui qui offre sur chaque événement difficile, douloureux, la
possibilité de puiser au fond de soi, avec ou sans l’aide des autres, la force
d’avancer, de continuer. C’est être optimiste que de se donner une chance de s’en
sortir au lieu de baisser les bras et en ça, Violette, le personnage principal
de ce livre, nous donne une sacrée leçon. Qui plus est, alors qu’elle est
garde-cimetière, elle nous distille une leçon de vie !
Pourtant, elle a mal commencé son existence dès le début, et
elle a tout fait pour s’en sortir. La vie, ce n’est pas qu’une question de
choix, c’est aussi des rencontres, des personnes avec qui on arrive à
communiquer, à se parler en se touchant des yeux, et d’autres avec qui, dès le
départ, il y a maldonne parce les mots, les actes, les gestes sont interprétés
et qu’après il est trop tard….
Dans un récit tendre, doux, bouleversant, Valérie Perrin,
avec une écriture infiniment délicate, à points comptés, nous raconte Violette
mais aussi tous les autres. Ceux que son héroïne a côtoyés, ceux dont elle a
entendu parler. Chaque chapitre est précédé d’une citation. Dans certains,
Violette s’exprime à la première personne, dans d’autres, on découvre des
faits, un journal intime, des dialogues, qui nous éclairent sur le reste.
J’ai eu un coup de cœur pour Violette. Battante, bienveillante,
à l’écoute, prête à donner toujours sans calculer. Elle est « présence »
dans ce recueil, elle l’habite et elle devient très vite quelqu’un qu’on n’a
pas envie de quitter, quelqu’un qu’on veut connaître encore plus. Et c’est ce
que nous permet l’auteur. A petites touches, comme sur un tableau issu du
pointillisme, elle construit le portrait d’une femme tout à la fois simple et surprenante
à qui on ne souhaite qu’une chose : d’être heureuse ici et maintenant.
Page 11
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire