"Séquences mortelles" de MIchael Connelly (Fair Warning)

 

Séquences mortelles (Fair Warning)
Auteur : Michael Connelly
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin
Éditions : Calmann-Lévy (10 mars 2021)
ISBN :
452 pages

Quatrième de couverture

L’illustre Jack McEvoy, maintenant journaliste au Fair Warning, un site Web de défense des consommateurs, a eu raison de bien des assassins. Jusqu’au jour où il est accusé de meurtre par deux inspecteurs du LAPD. Et leurs arguments ont du poids : il aurait tué une certaine Tina Portrero avec laquelle il a effectivement passé une nuit, et qu’il aurait harcelée en ligne. Malgré les interdictions de la police et de son propre patron, il enquête et découvre que d’autres femmes sont mortes de la même et parfaitement horrible façon : le cou brisé.

Mon avis

Qu’est-ce que ça fait du bien de lire un bon Connelly ! Un vrai, travaillé, pas superficiel, avec une bonne intrigue et un sujet qui tient la route. Pas de Harry Bos, de Mickey Haller, de Renée Ballard, on retrouve Jack McEvoy, rencontré dans « Le Poète » du même auteur.

Il est maintenant journaliste pour un site de défense des consommateurs. Parfois, ses articles sont repris par de grands quotidiens. Il n’a plus que de loin en loin des contacts avec son ex petite amie Rachel qui était profileuse au FBI.  Un jour, deux policiers débarquent chez Jack et il est interrogé. Une jeune femme a été tuée et il s’avère que, quelque temps auparavant, il a passé la nuit avec elle. Prélèvement d’ADN et tout le tralala, ça ne lui plaît pas du tout à Jack. Il est un tantinet susceptible, un peu vif et soupe au lait. Il sait bien qu’il n’a pas assassiné cette fille qui est morte par DAO (décapitation atlanto-occipitale autrement dit on tord le cou jusqu’à ce que ça casse). Jack va prendre un peu de temps et en creusant l’affaire, il constate que d’autres femmes ont subi la même chose. Toutes avaient envoyé leur ADN à une société d’analyse….

Y-a-t-il un lien entre les tests ADN et les meurtres ? Si oui, pourquoi ? Comment agir ? Jack ne veut pas que l’affaire soit classée. Quitte à déranger la police, il mène une enquête parallèle pour comprendre, d’autant plus qu’il reste un suspect potentiel. Il demande de l’aide à Rachel pour essayer de cerner le profil de celui qui agit dans l’ombre.

Ce récit est vraiment captivant et intéressant. Déjà, il n’y a qu’une intrigue et on ne part pas dans tout un tas de directions, et puis, l’auteur nous offre différents points de vue, ce qui permet d’affiner les personnalités et les faits. Ce que suggère Michael Connelly lorsqu’il parle des études ADN n’est certainement pas improbable et ça fait peur. Peut-on vendre des informations personnelles, les étudier pour les recouper ? L’air de rien, il aborde des sujets graves, le cyberharcèlement, les dérives avec la protection des données et les recherches ADN  …. Jack se lance dans des investigations pointues et précises aidé par une collaboratrice du site et par Rachel. Il a l’intention de dénoncer tout ça et d’écrire plusieurs articles. Il faut savoir que Fair Warning est un site qui existe réellement et qui mérite d’être visité (d’ailleurs Connelly fait partie du conseil d’administration). C’est la preuve que l’auteur s’inspire du vécu pour son contexte. Est-ce que ça rend tout cela plus crédible ? Sans doute.

Le suspense est présent, l’histoire construite avec intelligence, l’enchaînement des événements tout à fait cohérent, bref, je le redis un très bon Connelly. L’écriture est fluide (merci à Robert Pépin !), même les explications sur l’ADN sont digestes. Je n’ai pas vu le temps passer et j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce roman.

 

 


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