Le poisson des glaces
Auteur : Balthazar Kaplan
Éditions : M+ (20 Juin 2024)
ISBN : 978-2382112410
372 pages
Quatrième de couverture
Antarctique, années 2040… Alors que le continent s’enfonce
dans une crise grave, qui fait craindre le pire, Apollon Maubrey est chargé
d’arrêter un jeune leader écologiste, responsable d’une action qui a mal
tourné. Mais pourquoi ce jeune homme semble-t-il soudain intéresser plusieurs
puissances ? Apollon va se retrouver happé dans une enquête dont chaque étape
l’enfoncera davantage dans le chaos et l’horreur à venir…
Mon avis
Un lieu magique et préservé : l’Antarctique, un homme :
Apollon Maubrey responsable de l’ASA (agence de sauvegarde de l’Antarctique),
une année : 2040.
Apollon doit gérer tout le continent mais il ne peut pas
être partout à la fois et se déplace (parfois difficilement vu les conditions
météo) suivant les priorités. Il a deux assistants et c’est bien peu pour couvrir
tout le territoire. Le protocole de Madrid a volé en éclats (il faisait de l’Antarctique,
une “réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ») et la
gouverneure compte sur lui pour essayer d’en maintenir l’esprit.
On pourrait penser que ce lieu, loin de tout et le plus
souvent glacé ne présente que peu d’intérêt à part pour les scientifiques. Pourtant
des touristes viennent et leur attitude est parfois déroutante, pas du tout en
phase avec ce qu’elle devrait être. D’ailleurs, Apollon se trouve confronté à
une situation délicate, une bande de jeunes écologistes qui viennent manifester.
Mal équipés, leur comportement irréfléchi les met en danger et leur action tourne
court. Leur leader est interpelé et tenu « au frais » pour être
interrogé. Il n’a pas l’intention de coopérer et le dialogue semble inutile.
Pourtant il semble intéressé pas mal de monde dont, Brian Zaguine, un
milliardaire qui vient de débarquer dans le coin. Le genre d’homme pourri par l’argent,
qui sait tout, veut tout commander et est tellement imbu de sa personne qu’il
écrase tout sur son passage ! Bien sûr, si on creuse, on peut penser qu’il
a fait beaucoup pour le progrès (notamment le transfert de données) mais est-ce
bien son but ? N’est-il pas mégalomane ? C’est une anguille, il se glisse
où il veut, sait se faire oublier si nécessaire et filer entre vos doigts quand
vous croyez le cerner….
On découvre également Jenny, une jeune universitaire qu’une
grosse structure : Ice Future center, souhaite recruter. C’est l’occasion
pour elle d’avoir un nouveau challenge, motivant et probablement novateur. Mais
au fil du temps, on s’aperçoit qu’elle se pose des questions sur le projet
auquel elle est associée. Est-ce qu’elle a vraiment tous les éléments en mains ?
On suit donc tout ce petit monde et d’autres personnages
dans les cinq parties qui constituent ce roman, sans aucun problème tant l’écriture
de l’auteur est fluide, accrocheuse et captivante. Il a parfaitement intégré
plusieurs sujets, il y a des faits historiques qui nous rappellent l’histoire des
lieux qu’ils décrits, ensuite il nous met en garde sur les prouesses liées à l’intelligence
artificielle et à tout ce qui concerne le numérique et puis, sujet brûlant, il
nous alerte sur le réchauffement climatique et ses dérives en les mettant en
lien avec les précédents sujets.
Mais au lieu de se poser en moralisateur, en donneur de
leçons, il nous invite à réfléchir et sans doute à voir, à notre niveau,
comment agir, grâce à une intrigue très bien construite. Ses protagonistes ont
diverses facettes, ils ont des failles, ils sont humains. Apollon est un
individu qui se démarque car il a besoin de réfléchir et les nouvelles technologies
ne le font pas toujours vibrer. Il prend du recul par rapport à ce qu’il entrevoit
et lance des investigations d’une façon discrète et intelligente. Il me plaît
bien !
J’ai trouvé cette lecture prenante, elle éveille les
consciences car on sait que 2040 ce n’est pas loin et si on oublie d’être
vigilant, certains faits évoqués pourraient se produire (j’ose penser que pour
la fin envisagée dans ce récit, ce ne serait pas possible, croisons les doigts
même si la folie de certains hommes n’a pas de limite …).
Le rythme est bien dosé, l’intérêt ne faiblit pas. De l’action,
de l’émotion et des paysages magnifiquement décrits, une atmosphère sublimée
par l’endroit où se déroulent ces événements (on a l’impression que les images
se succèdent sous nos yeux) offrent une aventure dépaysante pour laquelle on ne
ressent qu’une envie : connaître la suite !
NB pour l’éditeur. Le livre peut-il vendu avec une tapette à mouches ;- )
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