Douze balles pour Marie-Thérèse
Auteur : Paul Beaupère
Éditions : City Edition (28 Janvier 2025)
ISBN : 978-2824626314
370 pages
Quatrième de couverture
Honorable veuve, Marie-Thérèse mène une vie en apparence
irréprochable. Elle joue de l’orgue à la messe du dimanche, écoute de la
musique baroque et adore le Scrabble. Ce qui ne l’empêche pas de jurer comme un
charretier, de fumer comme un pompier et d’apprécier une bonne partie de
chasse.
Lors d’une sortie en forêt, elle est témoin d’un viol. Elle abat l’agresseur
d’une balle en pleine tête avant de rentrer discrètement chez elle. Mais le
commissaire Berg, qui est chargé de l’enquête, retrouve sa trace. Il lui
propose alors un marché : si elle élimine douze salopards qu’il n’a pas réussi
à faire condamner, il ne la dénoncera pas. Un mort par mois, pendant un an.
Mon avis
Contexte
L’Est de la France, les Vosges, un village montagnard. Les
hivers y sont rudes. Les habitants du cru sont « rugueux » mais
s’entraident si besoin. La nature est présente, de grandes forêts où on peut se
promener avec ou sans fusil. Un endroit tranquille, au rythme paisible.
Portraits
Marie-Thérèse ou MT, veuve, âgée, indépendante, dans sa
maison, fumeuse compulsive, excellente chasseuse, très précise au tir. Elle
joue de l’orgue, chante avec ses copines à l’église et aime la musique baroque.
Elle joue au scrabble avec un voisin, en observe un autre. Elle adapte son
vocabulaire en fonction des interlocuteurs. Pas très grande, un chignon serré,
roule (parfois dangereusement) avec une vieille Lada et veut mener sa vie comme
elle l’entend. Délicieusement improbable, impertinente, imprévisible,
impatiente.
Le commissaire Berg. Il est très très laid, il prendra sa
retraite dans un an. Une carrière bien remplie. Un regret : ne pas avoir
coincé tous les malfrats qui le méritaient. Un souhait : régler tout ça
avant de partir en grandes vacances. Sa route croise celle de Marie-Thérèse
pour une enquête.
Les voisins de la vieille dame. Deux hommes avec qui elle
discute, sans toutefois tout leur dire. Ils peuvent lui donner un coup de main
si elle le souhaite.
Intrigue
Notre mamie « Calamity Jane » dégomme, avec sa
carabine, un violeur récidiviste. Elle était là pour un cerf mais quand elle a
aperçu ce que faisait (ou plutôt ce qu’allait faire) ce type dans les bois,
elle s’est occupée de lui, en bonne citoyenne (je pourrais même écrire :
en bonne chrétienne qui aide son prochain car la jeune femme qui lui doit son
intégrité était en mauvaise posture).
Berg comprend que vite ce qu’il s’est passé et propose un deal à MT, en échange
de son silence sur le rôle qu’elle a joué dans cette mort : douze balles.
Une pour chaque mois de l’année et une mission : de Janvier à Décembre,
éliminer chaque fois une personne. Bien sûr, il lui garantit que ce sont des
gens dangereux et mettra en place des scénarios pour qu’elle ne se fasse pas
prendre.
MT n’a pas vraiment le choix mais elle décide de mener sa
barque comme elle l’entend, sans suivre tous les conseils de Berg. Elle se
retrouve rapidement dans des situations délicates. Elle veut tout maîtriser
mais elle n’y arrive pas. Nous suivons ses aventures.
Écriture, style
Drôle, enlevé, déjanté, désopilant, le phrasé apporte le
sourire en permanence. Il y a de l’action, deux affaires à suivre en parallèle,
des rebondissements, de la fantaisie. C’est totalement amoral, mais tellement
jubilatoire ! Des chapitres courts, sans temps mort, du suspense. Un tempo
parfait qui fait que vous tournez les pages sans cesse ! Les descriptions
sont très visuelles et les dialogues bien ciblés, car personne ne manie
vraiment la langue de bois, surtout pas notre mémé justicière ! Les
différents protagonistes sont intéressants, leurs relations sont parfois
déterminantes pour la suite de l’histoire et certains ne sont pas tels qu’on
les pense et c’est très bien !
Juste pour le fun : « Quelques nouvelles
touches de l’antique harmonium choisirent cet instant pour quitter le monde et
rejoindre violes, doucemelles et autres sacqueboutes au paradis des instruments
disparus. »
Auteur
C’est son premier roman policier. D’habitude il écrit plutôt
pour la jeunesse ou rédige des scénarios. Derrière un récit qui peut sembler
loufoque, il livre un texte à la limite de la satire. Quel est le rôle de la
justice, que faire face aux représentants de la loi corrompus, etc ? Imagination
débordante mais de bon aloi !
Ressenti
J’en redemande ! Une réussite pour ceux qui apprécient la
dérision, la pointe de folie, tout qui apporte un écrit un tantinet « décalé ».
Je me suis régalée avec cette lecture ! Je voyais cette mamie, j’entendais
ses doutes, je comprenais ses réactions. Un peu de piment dans son quotidien
bien régulier, elle n’a pas résisté mais avait-elle tout mesuré ?
NB : le dernier conseil de l’éditeur, à la toute fin, a
été mon ultime éclat de rire pour ce livre !

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