Reste l’océan
Auteur : Marie Pointurier
Éditions : Liana Levi (15 Janvier 2026)
ISBN : 979-1034911660
162 pages
Quatrième de couverture
Béa promène son regard sur l’océan. Elle, qui passe ses
vacances dans les Landes depuis l’adolescence, n’a jamais osé rejoindre les
surfers qui filent dans les rouleaux. Son amie lui suggère d’essayer. Essayer ?
Béa pense instinctivement qu’à quarante-cinq ans, il est trop tard. La
tentation est pourtant forte maintenant qu’au mitan de sa vie, les choses se
sont posées : ses filles sont grandes, sa carrière stable, son mari occupé. Un
irrépressible élan vital fait tomber ses hésitations. Virgile, un jeune voisin,
propose de la guider. Une fois dans l’eau, face à la beauté des éléments, une
brèche s’ouvre. Désormais, ces moments d’euphorie occupent tout son temps,
toutes ses pensées. Béa ne se coule plus dans le rythme familial ou les
contraintes professionnelles : tous ses points d’appui cèdent face à son envie
de liberté.
Mon avis
Il est là, vibrant, vivant, calme ou tumultueux, imprévisible
parfois, indomptable, mais beau et majestueux. Lui, c’est l’océan. On l’aime ou
pas. Mais on ne peut pas l’ignorer lorsqu’on vit près de lui.
Béa, quarante-cinq ans, est mère de famille, un mari, des
jumelles, un boulot prenant. Et depuis longtemps des vacances dans les Landes.
Une maison où elle est bien, où elle se ressource, avant de repartir sur Paris,
la grande ville, la pression, les collègues. Mais c’est comme ça depuis
toujours alors pas vraiment le choix.
Et puis un jour de congés, une envie irrépressible, presque
une « obligation », impossible à calmer, difficile à expliquer, les
vagues l’appellent, l’attirent. Depuis quelque temps, elle les regardait ces
jeunes qui surfaient, qui prenaient du plaisir, jouant des flots, mettant leur
corps à l’épreuve, s’épanouissant sur chaque spot. Elle est tentée. Pour une
fois elle a le souhait de s’écouter.
Elle hésite, elle sait bien ce qu’elle va entendre, les « à
ton âge ? tu crois que c’est une bonne idée ? et si tu te blesses ?
et puis tu n’es pas entraînée… » Dans un premier temps, c’est comme un
jeu, un pari, un brin de folie, un pied de nez à tous les bien-pensants. Elle
se décide : elle va prendre des cours.
Et c’est le déclic. Non seulement, elle se passionne pour ce
sport, mais elle devient totalement accro. La moindre occasion est mise à
profit. Elle surfe et se lie avec Virgile, le fils des voisins. Il a bien
grandi, son corps s’est modelé. Elle l’écoute, le suit.
Lors du retour en ville, elle nage, elle cherche à être plus
résistante pour les futures sessions de surf.
« Ne comptaient que le bassin de natation, la
projection vers l’été à venir, le besoin de s’occuper de son corps. Pas pour qu’il
soit mince ni même tonique, mais pour qu’il soit fort et qu’il soit son allié
quand l’océan la malmènerait. »
Au bureau, on s’interroge sur ces heures de sport entre midi
et deux. À la maison, son époux et ses filles se questionnent.
C’est un point de bascule au mitan de sa vie, pas seulement
une parenthèse. Elle saisit vite que revivre les bons moments de surf ne lui
suffit plus. Elle est dans l’urgence de surfer encore et encore. Quand elle est
sur sa planche, ses sens et ses muscles sont en alerte. Les sensations de son
corps dominent, l’océan lave toutes ses pensées négatives. C'est compliqué
d'expliquer une passion, de mettre des mots sur ce feu qui vous consume, qui
vous dévore de l’intérieur, qui vous emmène dans un univers où vous vous sentez,
enfin, à votre place. Pourquoi se justifier lorsqu’on sait que les autres
auront du mal à comprendre ?
Béa assume ses choix, reprend sa vie en main. Elle s’autorise
à vivre cette exaltation, à écouter son cœur, à vivre ses rêves sans se préoccuper
du regard des autres, du poids de la famille et du travail sur ses épaules. Ce
choix qui la rend heureuse a ses contreparties, elle sait ce qu’elle risque de
perdre, est-elle prête ? Que va-t-elle faire ?
C’est avec une écriture lumineuse, poétique, sensuelle, que Marie
Pointurier rédige son récit. Elle montre l’évolution de cette femme, qui se
découvre « amoureuse » d’un sport qui devient un élément
indispensable de son quotidien. Elle en a besoin comme de l’air qu’elle
respire. Le surf, l’océan la nourrissent. Les descriptions sont très fines,
immersives. Moi qui aime l’océan, « j’y étais », je le voyais, je
sentais le vent, les embruns, je l’entendais gronder …
Un premier roman magnifique !

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