La maison aux neuf serrures (The House with Nine Locks)
Auteur : Philip Gray
Traduit de l’anglais par Élodie Leplat
Éditions : Sonatine (18 Septembre 2025)
ISBN : 978-2383992158
484 pages
Quatrième de couverture
Bruxelles, février 1952. Un incendie se déclare
dans un entrepôt. On y retrouve le corps d'un veilleur de nuit. Simple accident
? Envoyé sur les lieux, le commandant De Smet semble en douter.
Gand, avril 1957. Après une enfance marquée par la maladie, la
jeune Adélaïs De Wolf reçoit de son oncle un curieux héritage : une maison dont
elle ignorait l'existence. Celle-ci possède neuf serrures et Adélaïs découvre
bientôt à sa grande stupéfaction la raison d'une telle protection. Alors que
son existence prend un tour totalement inattendu, elle va devoir faire face aux
investigations du commandant De Smet, un homme qui ne lâche rien, jamais.
Mon avis
Ce récit s’articule sur plusieurs temporalités, dans les
années cinquante en Belgique.
On suit Adélaïs, petite fille qui vit dans une famille qui se délite. Le père
perd pied et n’assume plus son travail d’horloger correctement, la mère ne sait
pas trop où elle en est et l’oncle fait quelques apparitions surprenantes. Ce
dernier a beaucoup d’affection pour sa nièce et il espère de grandes choses
pour elle. Il voudrait qu’elle ait confiance en elle. Elle essaie d’avoir des
amis, aimerait étudier mais l’argent manque souvent pour ne pas dire toujours….
Alors elle se construit autrement …
D’un autre côté, on découvre le commandant De Smet qui mène
une enquête délicate. C’est un homme opiniâtre qui ne lâche jamais rien. Comme
il ne résout pas son affaire, elle reste présente en lui, l’obsède. Ses
collègues voudraient qu’il passe à autre chose mais il y revient tout le temps.
C’est presque une obsession. C’est vital pour lui de réussir.
Et la maison ? C’est écrit dans le résumé de l’éditeur.
Adélaïs la reçoit en héritage de son tonton, celui qui rêve d’une grande et
belle destinée pour elle… Est-ce que cette donation va changer sa vie ? Et
si oui, pourquoi ?
Après avoir lu « Comme si nous étions des
fantômes » du même auteur, je ne m’attendais pas à un roman de ce style.
De nombreux thèmes sont abordés, l’amour et l’amitié sous toutes leurs formes,
la quête de l’indépendance et de la liberté, le remords, le mensonge, la
trahison, la jalousie, la puissance de l’argent, le regard des autres, etc.
L’histoire est remarquablement bien pensée, tout s’emboîte
et lorsqu’on arrive à la fin, on comprend les indices qui ont été semés au fil
des pages. Les personnages sont intéressants, j’ai apprécié de suivre leur
évolution. Adélaïs est très volontaire, observatrice, attachante. Je n’ai pas
toujours été d’accord avec ses choix mais je pense qu’on peut les comprendre.
Les lieux évoqués sont des villes que j’ai eu plaisir à visiter. La description
des différents endroits présentés instaure une belle atmosphère.
L’intrigue s’installe petit à petit et la tension monte, tout s’assemble à
merveille et on va de surprise en surprise.
L’écriture (merci à la traductrice) est dense (tout a son importance), fluide et prenante. Je n’ai ressenti ni temps mort, ni longueur. Le vocabulaire choisi est judicieux et c’est là que le travail d’Elodie Leplat prend tout son sens.
Un opus abouti, réussi et un auteur à suivre !

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