"Le Neutrino de Majorana" de Nils Barrellon


Le Neutrino de Majorana
Auteur : Nils Barrellon
Éditions : Jigal (17 Septembre 2019)
ISBN : 978-2377220809
290 pages

Quatrième de couverture

Au début du siècle dernier, en Italie, Ettore Majorana, jeune savant, partage sa fougue et sa passion entre les particules et Emilia, une jeune étudiante argentine. Bien des années plus tard, au CERN, 600 millions de protons se heurtent chaque seconde pour faire jaillir du vide la matière telle que nous la connaissons. L’univers, les étoiles, la terre, la mer, les arbres, les plantes, les êtres vivants.... Quand le corps de Sabrina Marco, chercheuse dans le prestigieux laboratoire, est découvert, le crâne fracassé, les questions vont très vite s’enchaîner. Qui ? Pourquoi ?

Mon avis

Deux aspects en un, passionnant !

Ettore Majorana est né en 1906. Fasciné par la physique des particules, il a réalisé un formidable travail de recherche sur les neutrinos. Il était infiniment doué. Il a disparu mystérieusement et on n’a jamais retrouvé sa trace. En partant de ces faits, Nils Barrellon a écrit un polar séduisant sur trame scientifique. Non seulement il a mélangé les genres avec intelligence mais en outre il a su les doser. Jamais ses passages évoquant Ettore et ses recherches ne sont barbants ou indigestes, et la partie enquête n’est en rien négligée, bien au contraire. Un équilibre parfait pour un récit fascinant.

C’est aux alentours de 1951 que le CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) est né. Il se situe en Suisse et le but de ce lieu est de savoir de quoi l'Univers est fait, comment il a évolué. Pour cela, les physiciens du CERN cherchent des réponses avec de puissants accélérateurs de particules. Lorsque le roman commence, une des chercheuses est retrouvée assassinée. Son corps a été déposé sur la frontière, entre la Suisse et la France… Ce sont donc deux groupes d’enquêteurs qui vont intervenir, un pour chaque pays. Ils ont des méthodes différentes, des expressions bien à eux (pas toujours comprises par les autres), des ressentis distincts par rapport aux faits… Pas simple… Il est nécessaire également qu’ils communiquent, se respectent, s’apprivoisent…. Mais chacun aime à avoir des idées ou des informations que ne possède pas le collègue « étranger », histoire d’avoir un coup d’avance…. Cette espèce de « rivalité » entre les deux entités est amusante, on sent bien que la critique peut partir vite, que le regard acerbe est inquisiteur…. Il n’y a pas vraiment de tensions mais personne ne se lâche en présence du voisin. Ils n’ont pas réellement le souhait de coopérer… Les personnalités des policiers sortent de l’ordinaire, tous ont un petit travers caché, ce qui les rend humains.

En parallèle de ces investigations menées au CERN et dans l’environnement proche, on fait connaissance avec Ettore et on le suit de sa naissance jusqu’à la fin. Ce sont des « flashs » à différentes périodes de sa vie, suffisamment renseignés que ce soit historiquement ou scientifiquement, pour nous intéresser, pas trop détaillés sur l’aspect physique quantique pour ne pas nous « gaver ». Les explications sur les neutrinos sont fascinantes et mises à notre portée. Et le caractère atypique de Majorana m’a interpellée, je voudrais lire une biographie sur lui.

Avec ce récit, Nils Barrellon a une fois encore exploité de nombreux documents avec finesse. Il a su tirer parti des informations récoltées (quel travail !) pour les agencer dans un récit sans temps mort, alliant connaissance des particules, suspense, investigations, rebondissements, sans aucun temps mort. L’écriture est incisive, les descriptions précises. Lorsqu’il décrit l’atmosphère au CERN, on constate combien les savants vivent en vase clos, parlant beaucoup du boulot et n’ayant pas (ou très peu) de vie en dehors du centre où ils passent des heures. Ce fonctionnement est particulier, pas forcément compréhensible pour les personnes extérieures et l’auteur l’aborde habilement.

En conclusion, une lecture plaisante, captivante et une histoire originale ! Et une couverture qui nous rappelle que l’homme n’est qu’une composition d’atomes….

NB : En lisant ce bouquin, j’ai noté le titre « Le grand roman de la physique quantique », l’auteur m’a donné une furieuse envie de le lire !


1 commentaire:

  1. Merci pour ce retour de lecture qui m'a fait très plaisir. Pour mieux connaître Majorana, je vous conseille En cherchant Majorana d'Etienne Klein. Très bon livre ;-)

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