Animal Memoriam
Auteur : Jean-François Regnier
Éditions : Librinova (12 janvier 2026)
ISBN : 979-1040599791
184 pages
Quatrième de couverture
Dans un village reculé, le père Marceau veille sur les âmes
comme on garde une mémoire fragile. Mais lorsqu'un jeune garçon lui révèle ce
qu'il n'aurait jamais dû savoir, c'est tout l'édifice de sa foi, de sa mission,
de sa vie, qui commence à vaciller. Pour un serviteur de Dieu, il est des
vérités qu'on ne peut pas porter seul, des fautes qu'on ne peut pas absoudre.
Et, un moment, peut-être, où l'homme prend le pas sur le prêtre…
Mon avis
Un titre énigmatique, une photo de première page que l’on
comprendra en lisant et une quatrième de couverture qui n’en dit pas trop (pour
une fois). Voilà de quoi intriguer le lecteur et c’est absolument réussi avec
moi !
Le Père Marceau est un curé de campagne, à l’ancienne, avec
un confessionnal muni d’une cloison où il écoute les péchés des uns et des
autres avant de leur donner l’absolution. Ils accompagnent les malades, les
mourants et leur famille, préparent les plus jeunes à la communion. Un prêtre
parfait ? Vu de l’extérieur, c’est l’image qu’il donne et c’est peut-être
suffisant pour sa hiérarchie et les villageois. Mais il reste un être humain
avec parfois des tentations. Succombe-t-il ? Est-il assez solide
mentalement pour les repousser ?
Je n’en dirai pas plus car en rajouter sur le contenu serait
déjà spolié une partie de ce qui rend ce récit « magique »,
totalement atypique, surprenant et très bien pensé. On se laisse vite prendre
tant c’est fluide et prenant. Il est important de souligner non seulement la
qualité de l’écriture mais aussi celle des réflexions portées par l’ecclésiastique.
Il s’interroge sur sa foi, ce qu’il reçoit, ce qu’il
transmet, l’utilité de la prière, des sacrements choisis ou imposés par la
tradition familiale ou autre. Être dans la « norme » d’une croyance,
adapter son comportement et ses attitudes à ce qu’on attend de vous, est-ce une
bonne chose ?
Les questions de manipulation, de culpabilité, de pardon
sont abordées avec beaucoup d’intelligence. L’auteur a une approche très fine
des relations humaines. Est-ce que la sincérité l’emporte ou quelques fois, on
dit et fait ce qu’il « faut » pour ne pas faire ressortir notre vraie
personnalité parce qu’elle ne serait pas en accord avec ce qu’on est censé
montrer ?
Est-ce que le péché, tel que le définit la religion, vous
poursuit toute la vie ? Comment enlever de son parcours une grosse faute ?
On ne peut pas l’effacer, alors vivre avec mais comment ? En parler, se
taire ?
Dans un style plutôt dépouillé, l’auteur va au plus loin de
l’intimité des pensées du prêtre (le texte est à la première personne comme s’il
se confiait à nous et cela donne encore plus de poids aux propos). Il n’en
rajoute pas, ça reste sobre et donc très profond.
J’ai trouvé ce roman très intéressant. Les différentes
situations s’enchaînent bien. L’atmosphère est bien décrite et la surprise est
au rendez-vous. Une belle découverte !

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