Scarborough
Auteur : Luc Dagognet
Éditions : Bourgois (9 avril 2026)
ISBN : 978-2267060263
210 pages
Quatrième de couverture
Scarborough, c'est l'histoire d'un professeur d'anglais dont
la vie prend une étrange tournure depuis qu'il a entendu un enregistrement
musical ensorcelé. Non, pardon. En fait, c'est l'histoire d'une mélodie
entêtante, qui obsède le narrateur depuis vingt ans. Mais à ce compte-là, on
pourrait aussi dire que c'est l'histoire d'un élève inquiétant qui se promène
dans sa classe et du meurtre barbare d'un chanteur connu. Non. Retenez juste
que Scarborough, c'est avant tout une ville d'Angleterre où il faut aller faire
un tour pour éclaircir toute cette affaire. Rendez-vous là-bas.
Mon avis
C’est en 1966, que Simon and Garfunkel chantaient
Scarborough en s’accompagnant à la guitare. C’est le nom d’une ville anglaise,
située sur la Mer du Nord. Elle est connue, car au moment de l’Antiquité, les
romains y avaient construit un fort pour surveiller la côte.
Afin de pénétrer dans ce roman LVNI (livre volant non
identifié), je vous conseille d’écouter l’air du duo américain. Une fois
fredonné, vous en avez minimum pour la journée, tant ça vous revient sans arrêt
aux lèvres.
Le bandeau de présentation signale que cet écrit est drôle
et mystérieux. Mais il est bien plus que ça. Quelques-uns grimaceront en disant
qu’ils n’ont pas tous compris et la plupart arriveront le sourire éclatant, les
yeux brillants, l’esprit encore dans les rêves procurés par cette lecture.
Le narrateur a vécu une expérience inoubliable lorsqu’il était
enfant en découvrant une nouvelle dans un livre qui est tombé sous ses yeux par
hasard. Maintenant, il est enseignant et il a quarante-six ans. Des événements
surprenants débarquent dans son quotidien. Il ne sait pas comment les
interpréter, il repense à son passé, tout se mêle, s’emmêle, les questions l’envahissent,
les réponses lui échappent. Alors il repart en quête, sur une autre facette de
sa vie, dans un autre temps ou pas …. Et il nous entraîne ….
C’est un récit caméléon, un texte où la sensibilité est à
découvrir entre les lignes. Où la poésie et l’humour offrent un regard
différent, une ouverture à laquelle on ne s’attend pas …
On ne sait pas forcément où on va mais on y va, on suit le
fil d’Ariane, ces différents Scarborough en se demandant quelles surprises l’auteur
nous réserve. Ce n’est pas linéaire, on part sur une route, on avance, on fait demi-tour
ou on continue dans la même direction. Passé et présent sont là mais pas obligatoirement
dans l’ordre, ni avec des indications temporelles précises mais ce n’est pas le
plus important. Pour autant, on ne se mélange pas. Les phrases, les mots sont comme
une mélodie qui berce, amuse, envoûte, emporte sur d’autres chemins …
Scarborough, c’est la racine, le point d’ancrage, le titre,
la face visible, et après ça s’étend comme les branches d’un arbre qui se
ramifient et explorent toutes les directions possibles. Parfois ça s’emboîte, à
d’autres moments pas du tout. Mais c’est impossible à lâcher tant l’écriture
est « présence ».
Le personnage principal a une façon d’être qui le rend
attachant. J’avais le sentiment qu’il cherchait en permanence à comprendre son
fonctionnement et tout ce qu’il se passait autour de lui. Avant de renoncer et
de se laisser porter par la vie et les rencontres qu’il provoque ou qui se
présentent à lui. Et ainsi accepter tout simplement ce que la vie lui offre.
J’ai beaucoup apprécié cet opus. Luc Dagognet a un petit
côté espiègle, il joue avec nous, c’est dépaysant, atypique. On part dans un
labyrinthe sans trop savoir où cela nous emmènera et ce n’est que du plaisir !
