Mission Langley (The Seventh Floor)
Auteur : David McCloskey
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Johan-Frédérik Hel Guedj
Éditions : Verso (7 mai 2026)
ISBN : 978-2386432170
496 pages
Quatrième de couverture
Un russe arrive à Singapour avec une information à vendre.
Il est tué avant d’avoir pu parler. Sam Joseph, l’officier américain dépêché
pour le rendez-vous, disparaît dans la foulée. À Langley, au siège de la CIA,
on cherche un bouc émissaire. Artemis Procter, cheffe des opérations, est
désignée comme responsable de ce fiasco. Écartée. Brisée. Rayée. Des mois plus
tard, Sam réapparaît sur le pas de sa porte. Avec une révélation explosive : il
y a une taupe russe dans les plus hautes sphères de la CIA. En enquêtant,
Procter et Sam établissent une liste de suspects composée à la fois des amis
les plus proches et des ennemis les plus féroces de Procter. Pour débusquer le
traître, cette dernière devra rouvrir des années d’opérations compromises, de
loyautés troubles, de fautes jamais effacées.
Mon avis
David McCloskey est un ancien analyste de la CIA. Il a
travaillé sur la politique étrangère de la Russie et dans plusieurs antennes à
travers le Moyen-Orient. Ses deux premiers thrillers, Mission Damas et Moscou
X, sont en cours d’adaptation, ce qui ne m’étonne guère car son style est très
vif, visuel, « cinématographique ».
Ce troisième opus peut se lire indépendamment mais si on a
découvert les deux précédents, c’est encore mieux. Cela permet de voir l’évolution
des protagonistes et de cerner l’univers de l’auteur, très ancré dans les
services secrets.
C’est un récit qui fait voyager, en France, à Moscou, aux
Etats-Unis, à Singapour … On suit des hommes et des femmes, certains
travaillant pour les mêmes unités, d’autres les espionnant, en tant qu’ennemis ou
pas. C’est un milieu où il vaut mieux se méfier de tout le monde, éviter de
faire confiance, ne pas tomber amoureux-se d’un collègue (c’est d’ailleurs
fortement déconseillé), bref ne penser qu’au boulot jour et nuit et être en
permanence en hyper vigilance…
Dès le début, on voit un père avec sa famille. Il choisit de
se suicider après avoir vu des hommes débarquer d’une voiture devant chez lui.
On ne sait rien de plus. Puis on découvre Sam Joseph, en mission à Singapour où
il doit rencontrer un russe qui va lui dévoiler une information importante. Un
tour au Casino, où discrètement, la carte ouvrant la chambre est donnée. Mais la
visite n’a pas lieu et Sam disparaît. Il est emprisonné dans des conditions
horribles. Libéré des mois plus tard, mis un peu au repos avec suivi psy et
compagnie, il décide de parler à sa cheffe : Artemis Aphrodite Procter.
C’est une femme de tempérament, qui boit beaucoup, trop sans
doute, un peu grande gueule, indépendante, et méfiante. Chaque fois qu’un agent
a été injustement assassiné et qu’elle l’a vengé, elle se fait tatouer une
étoile dans le dos pour ne pas oublier. C’est dire si elle est droite et
loyale. Elle a été formée en même temps que Mac, Theo et Gus et ils sont très
amis. Ces quatre là ne sont pas très satisfaits de la nomination du nouveau
directeur de la CIA, Finn Gosford et de son bras droit : Deborah Sweet
(pas du tout copine avec Artemis).
Un bruit court, « il y a une taupe au sein de l’équipe ».
Artemis et Sam, se lancent dans leur propre enquête pour trouver le traitre. Les
risques sont nombreux, les informations ultra protégées mais ils ne lâchent
rien. Ils veulent comprendre et surtout coincer l’agent double et le neutraliser.
Mais que feront-ils s’il s’agit d’un de leurs copains ? Il est nécessaire
qu’ils avancent en prenant de nombreuses précautions car, très vite, ils savent
qu’ils sont dans le collimateur d’éléments de tout bord. Il est nécessaire qu’ils
observent, analysent, déduisent avec intelligence et discrétion …
Qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à trahir son pays, sa
famille, ses amis, ses collègues ? Comment vit-on l’attachement à ses
racines et les décisions à prendre pour satisfaire les dirigeants ? Jusqu’où
peut-on aller ?
Avec cette histoire, le lecteur pénètre au cœur des actions
de ceux qui agissent dans l’ombre. On réalise vite que pour les chefs, tous
ceux qui sont sous leurs ordres n’ont pas la même valeur à leurs yeux. Parfois,
ils sont capables de sacrifier une vie pour éviter un conflit qui se
retournerait contre eux ou contre ceux qui les commandent. Cela fait froid dans
le dos. Il y énormément d’actions, on passe d’un personnage à l’autre (je me
dis qu’une petite liste dans les premières pages avec leur lieu de rattachement
serait un plus), pas de temps mort, ça bouge, ça vibre, c’est plein de
suspense. Heureusement, il y a quelques pointes d’humour qui permettent de
souffler (un conseil : éviter les muffins au chocolat) !
L’écriture (merci au fidèle traducteur) est prenante, fluide.
Chaque événement est retranscrit avec juste ce qu’il faut de détails pour qu’on
imagine sans peine la scène. Le vocabulaire est adapté, précis, bien choisi.
Un excellent livre !

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