"Clifton -Tome 6 : Une panthère pour le colonel" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 6 : Une panthère pour le colonel
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (3 Août 2001)
ISBN : 9-8036-1823-0
48 pages

Quatrième de couverture

 Le Sheik Barhey a peur d'un attentat contre son auguste personne et il a demandé à l'Intelligence Service de lui fournir une escorte. Il doit se rendre en Suisse pour vérifier ses tirelires ! Après avoir examiné le dossier de tous les agents, il a décidé que seul le Colonel Clifton serait apte à le protéger. Voilà notre ami obligé de côtoyer ce monde doré où l'argent occupe une place centrale et très convoitée...

Mon avis

Première publication dans les années 80, cet album n’est pas le meilleur de la série.

Les dessins sont comme je les aime, mais le scénario manque de profondeur.

Pourtant, ça part dans tous les sens. Clifton est embauché pour protéger le Sheik Barhey, un gros riche, qui pense que l’argent achète tout. Notre colonel préféré doit collaborer avec une femme, ce n’est pas ce qu’il préfère, on le sait.

Il y a de l’action, des rebondissements mais rien d’extraordinaire.

L’humour british est présent mais pas exceptionnel.

Cela reste plaisant à lire et j’ai souri plusieurs fois.


"Clifton - Tome 8: Week-end à tuer" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 8 : Week-end à tuer
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (8 Avril 2002)
ISBN : 978-2803604302
48 pages

Quatrième de couverture

Une certaine Agatha (Christie ?), auteur de polars, veut prendre Clifton pour modèle de son prochain roman. Le Colonel en est évidemment flatté et il est justement appelé à élucider une sombre affaire de trafic de pièces de voiture. Mais Agatha se révèle être hélas un peu trop envahissante !

Mon avis

« Eh bien, si un jour l’humour se vend et qu’il vous vienne à l’idée de vous défaire du vôtre, vous ne serez pas millionnaire. »

Agatha, une dame âgée mais nerveuse et pleine d’entrain, veut suivre le colonel Clifton pendant quelques jours. Elle est écrivain et veut s’inspirer de lui pour un personnage de détective. Invité chez des connaissances, il y va avec elle. Elle se révèle perspicace et attentive !

Dans la famille où ils débarquent, les secrets et les non-dits sont nombreux. Personne n’est vraiment « clair », chacun a une face cachée, plus ou moins obscure.

J’ai trouvé le scénario bien travaillé, intéressant, avec de belles pointes d’humour. On observe le contexte, le milieu, chaque personnage avant que l’enquête à proprement parler, commence et ça rend l’approche différente.

Les dessins sont toujours doux, arrondis.

Une belle lecture !


"Clifton - Tome 9 : Kidnapping" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 9 : Kidnapping
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (10 Février 1999)
ISBN : 978-2803614202
48 pages

Quatrième de couverture

Juillet, le mois des grands camps scouts. Notre Héron Mélomane totem d'Harold Wilberforce Clifton a rassemblé sa troupe et ils ont pris la route. Au camp, Clifton distribue les tâches à chacun. Mais les événements se précipitent : Paon, de corvée bois, est enlevé dans la pénombre de la forêt par des gangsters. Avec la rançon, le chef des bandits, un cinglé, projette de compléter sa collection de vases chinois de la dynastie Ming... Dans les troupes scoutes, c'est l'émoi, et le départ d'un jeu de piste pour le moins inhabituel !

Mon avis

Héron mélomane, notre cher détective Clifton est un chef scout investi. Le mois de Juillet est là et il emmène avec lui sa troupe pour camper. Départ en camion, tout le monde est prêt ! Paon, un jeune héritier, arrive en voiture, accompagné de son chauffeur. Ce dernier rappelle à Clifton combien ce garçon est « précieux ». Les recommandations d’usage habituelles : il ne doit rien lui arriver !

Le colonel est au courant, il sera vigilant…. Malgré tout Paon est kidnappé et il devient urgent de le retrouver. Comment faire ? Les scouts sont toujours prêts mais aussi très astucieux. C’est une de leur principale force.

Entre celui qui a été enlevé et ceux qui le recherchent, un jeu de piste et de déductions, se met en place.

Ce n’est pas le meilleur scénario mais ça reste plaisant à lire. Clifton se fait traiter de grand dadais en culottes courtes et il n’est pas content ! Moi, ça m’a fait rire.

L’humour est là mais moins « so british » que d’habitude sauf au début avec la fidèle gouvernante.

Les dessins sont parfaits, les personnages et les décors hauts en couleurs !


"Les griffes du mensonge" de James Patterson et Michael Ledwidge (Now You See Her)

 

Les griffes du mensonge (Now You See Her)
Auteurs : James Patterson et Michael Ledwidge
Traduit de l’américain par Mélanie Carpe
Éditions : Archipel (6 février 2013)
ISBN : 978-2809810028
400 pages

Quatrième de couverture

Nina Bloom est une brillante avocate new-yorkaise qui élève seule sa fille de 16 ans.
Lorsqu'un homme est injustement accusé d'être un tueur en série et risque la condamnation à mort, Nina n'a d'autre choix que de replonger dans un passé auquel elle avait soigneusement tourné le dos...Dix-huit ans auparavant, ivre, elle a percuté un homme avec son véhicule. Le policier qui arrive sur les lieux lui propose de l'aider en la laissant fuir et en faisant disparaître le corps de celui qu'il dit être un dealer. Ce policier, nommé Peter, elle l'épouse. Mais alors qu'elle est enceinte, elle découvre que Peter est un ripou impliqué dans des affaires de drogue et de meurtres. Elle quitte alors Key West sans laisser de traces et change d'identité.
Aujourd'hui, son passé la rattrape. Et Peter, qui a retrouvé sa trace, est bien déterminé à la réduire au silence. Définitivement...


Mon avis


Il y a des livres qui vous prennent dans leurs rets et que vous ne lâchez plus même si vous reconnaissez que le trait est parfois un peu forcé, les situations un peu exagérées …. Mais à regarder certains faits divers, la vie n’est pas toujours « un long fleuve tranquille… »

La vie nous entraîne parfois sur des chemins de traverse que l’on n’avait pas imaginés un seul instant. Jane ne pensait pas, en s’offrant quelques jours de vacances avec ses amis, dont son petit copain, qu’elle resterait sur place et se retrouverait seule. Un concours de circonstances, des enchaînements imprévisibles, des rencontres inattendues et la situation lui échappe. Sa vie prend alors un autre cours, qui lui semble intéressant finalement…

Il n’est jamais simple de parler d’un roman policier, sans trop en dire, tout en donnant envie au futur lecteur de le découvrir si l’on pense qu’il vaut le détour.

James Patterson (et sa traductrice) ont un style fluide, alerte, très « vivant «  avec de nombreux dialogues apportant du rythme au récit. Il n’y a pas pléthore de personnages et on repère très vite qui est qui: les bons, les méchants…. C’est de temps à autre un peu caricatural, dans le sens où il est possible, pour peu qu’on soit un habitué de ce genre de lecture, voir venir certaines choses. Mais l’auteur est très habile et on s’en rend à peine compte tant on est pris dans l’intrigue. Car là réside la force de cet opus, les événements défilent à une allure folle, pas de temps mort, pas le temps de s’appesantir sur la psychologie des différents individus ou de se demander pourquoi certains agissent comme ça et pas autrement.

On s’attache aux pas de Jane, qui veut s’en sortir, lorsqu’elle réalise son erreur. Une femme droite, battante, une lionne ou une tigresse pour sa fille qu’elle veut protéger, faire grandir au mieux, en lui gardant un bon équilibre. Est-ce bon de ne pas dire la vérité pour épargner les autres? Ne finit-elle pas, un jour, par jaillir en pleine lumière ? Que se passe-t-il dans ce cas ?
Se taire encore ? Déformer ce qui a été vécu, arranger le passé ou l’assumer ?

C’est à ça que va être confrontée Jane. Arrivera un moment où elle ne pourra plus fuir son passé. Quels seront ses choix ? Affronter ses fantômes ? Fuir plus loin encore et toujours ?
Elle n’est pas seule, elle a une fille… Que vaut-il mieux pour cette dernière ?
Peut-elle anticiper les réactions de son enfant, limiter les dégâts ?

Une histoire efficace, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Un très bon moment de lecture !


"Le premier vrai mensonge" de Marina Mander

 

Le premier vrai mensonge
Auteur : Marina Mander
Éditions : Presses de la Cité (22 août 2013)
ISBN : 9 782258 098343
210 pages

Quatrième de couverture

Italie, de nos jours. Agé d’une dizaine d’années, Luca vit seul avec sa mère et son chat Blu. Son père s’est "dissipé dans le brouillard" juste après sa naissance. Un matin, sa mère ne se réveille pas. Affolé à l’idée qu’on puisse l’envoyer dans un orphelinat, le petit garçon décide de taire sa mort et de continuer à mener une vie en apparence normale. Pendant de longs jours, Luca se lève, se lave, donne à manger au chat, va à l’école, fait ses devoirs et prépare ses repas. C’est son premier vrai mensonge. Son histoire est si bien ficelée qu’il finit par se convaincre qu’il n’est pas orphelin. Mais dans l’appartement, le cadavre est bien là pour témoigner de la réalité.

Mon avis

Assise dans mon canapé, de plus en plus recroquevillée, j’ai senti le froid descendre en moi au fur et à mesure que j’accompagnais Luca dans la situation inextricable où il se trouvait.
Impossible de tendre la main à un être de papier et pourtant je le sentais si vivant et si seul sous mes yeux….
C’est lui, ce jeune garçon d’une dizaine d’années qui avec son franc parler d’enfants, ses réflexions profondes exprimées dans un langage simple, va nous toucher, nous émouvoir.

« Peut-être que maman est morte d’un mal de cœur, parce que nous n’avons pas su l’aimer assez, ni moi ni les autres. »


Comme tous les jeunes, il est plein de ressources ; faisant preuve parfois d’un brin d’humour, donnant ainsi un peu de légèreté à un sujet grave

« Le dimanche, les célibataires se lèvent tard parce qu’ils n’ont rien à faire, alors je me tourne de l’autre côté et je me rendors. »


Sa lutte, ses peurs, ses angoisses, ses questions vont devenir les nôtres parce que l’auteur a su avec simplicité et doigté, sans misérabilisme et voyeurisme nous transmettre la détresse de cet enfant.
C’est un roman qui se lit d’une traite, comme si Luca avait glissé sa main dans la nôtre et qu’il nous était interdit de l’abandonner tant qu’il ne sera pas en sécurité…


"Clifton - Tome 10: Passé composé" de Bédu & De Groot

 

Clifton - Tome 10 : Passé composé
Auteurs : Bédu & De Groot
Éditions : Le Lombard (7 Juin 1996)
ISBN : 978-2803605408
48 pages

Quatrième de couverture

Profitant du hasard d'une heureuse rencontre, le journaliste Donald Paperback, de "Clarion", sollicite auprès de Clifton une interview exclusive. Le célèbre détective y évoquera, avec l'humour typiquement british qui le caractérise, sa première enquête, menée à quinze ans au collège, pour retrouver les questions d'examen traîtreusement subtilisées...

Mon avis

Dans cet album, un journaliste interroge Clifton qui revient sur deux enquêtes dont une lorsqu’il avait quinze ans. Cela permet de le voir jeune. Pour la seconde affaire, c’est là qu’il rencontre, pour la première fois, sa future gouvernante et son goulash.

J’aime beaucoup les dessins de Bédu qui reprend les personnages derrière Turk. Le trait est arrondi, doux, les couleurs assez vives.

Les intrigues sont bien travaillées avec des dialogues qui tiennent la route. C’est un ensemble bien équilibré et plaisant à lire.

Dans cette aventure, j’ai trouvé que l’humour anglais était moins net, c’est plus « entre les lignes », même si des scènes, comme celles où Clifton se bat et se fait tancer comme un gamin, sont un régal.


"Clifton - Tome 4: Alias Lord X" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 4 : Alias Lord X
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (13 Mai 1997)
ISBN : 978-2803612956
48 pages

Quatrième de couverture

Afin de venger un ami victime d'escrocs, le respectable Colonel s'est métamorphosé en gentleman cambrioleur sous le nom de Lord X...

Mon avis

Dans cet album, il y a une première histoire sur une trentaine de pages : Alias Lord X et deux plus petites : Les émeraudes se font la malle et Roue Libre. Pour moi, le nombre de pages diminue l’intensité du scénario et c’est dommage.

Lord X, c’est Clifton, il infiltre un gang. On le retrouve teint en brun ! L’histoire rappelle « Le cerveau ».  Le scénariste se moque des anglais, ils se mettent au garde à vous dès qu’ils entendent God Save The Queen, et c’est très drôle. Il y a également pas mal d’ironie face aux astuces, gadgets etc utilisés dans l’espionnage d’un côté ou de l’autre de la « barrière ». Les dialogues sont assez étoffés.

Pour les deux autres enquêtes, c’est moins drôle mais ça reste plaisant à lire. Et puis Clifton est amusant avec ses réactions parfois décalées.

J’aime bien les dessins de De Groot. Ils sont « doux » et arrondis.

C’est une lecture détente parfaite quand on n’a pas envie de se prendre la tête !


"Clifton -Tome 11: La mémoire brisée" de Bernard Bédu et Bob de Groot

 

Clifton – Tome 11 : La mémoire brisée
Auteurs : Bernard Bédu & Bob de Groot
Éditions : Le Lombard (7 Juin 1996)
ISBN : 978-2803606122
50 pages

Quatrième de couverture

Au volant de sa MG, Clifton a heurté un piéton et le choc a rendu ce dernier amnésique. Depuis, le Colonel s'active à recoller les morceaux de cette mémoire brisée...

Mon avis

C’est toujours un plaisir de retrouver le colonel Clifton (à petites doses), son humour, son amour des chats, ses relations avec sa gouvernante.

Cette fois-ci, il va acheter de quoi nourrir ses félins et ressort très énervé du commerce car les prix sont hauts. Il démarre brusquement et dans sa rage, renverse un homme qui perd connaissance.

Après quelques jours à l’hôpital, il le recueille chez lui mais le blessé est amnésique… Qui est-il ? Que faisait-il dans le quartier ?

Un scénario bien ficelé malgré une fin un peu rapide à mon goût ! Les dessins sont toujours bien faits, colorés et en lien avec l’histoire.

Une lecture plaisante !


"Clifton - Tome 15: Mortelle saison" de Bédu

 

Clifton - Tome 15 : Mortelle saison
Auteur : Bédu
Éditions : Le Lombard (7 Juin 1996)
ISBN : 978-2803610051
48 pages

Quatrième de couverture

Quatre assassinats en quatre jours ! C'est la "Mortelle saison" pour les anciens agents des Services Secrets britanniques. Clifton a reçu carte blanche pour résoudre ce mystère...

Mon avis

Les services secrets vont mal, quatre morts en quatre jours, ça fait beaucoup !

Aucune revendication, aucune trace du ou des coupables. Et si Clifton était le prochain sur la liste ? Le bureau lui propose de mener l’enquête. D’abord réticent, comme il se doit, il se décide quand il découvre qu’il peut faire équipe avec une belle femme, Sarah Stone.

Évidemment, ça change toute l’approche, enfin pour lui… Il adore faire le « joli cœur » et se pavaner au bras d’une belle blonde ou d’une belle brune (ici brune).

Les voilà tous les deux en train de mener des investigations, d’une part pour comprendre, d’autre part pour arrêter l’hécatombe.

L’intrigue n’est pas une des plus travaillées mais les dessins sont agréables à regarder. L’humour, même un peu répétitif est toujours présent !


"Les fleurs de lotus poussent dans le désert" d'Anaïs Laurent

Les fleurs de lotus poussent dans le désert
Auteur : Anaïs Laurent
Éditions : 5 Sens (15 Mai 2026)
ISBN :  978-2889498598
184 pages

Quatrième de couverture

Un drame familial rebat les cartes de l’existence de Ji-Sun. Elle, que l’on tenait pour l’incarnation de la femme idéale coréenne ― sage, dévouée, travailleuse ― décide de tout quitter pour un voyage en solo en Jordanie. Là, ses rencontres ― nomades, voyageurs, ombres du passé ― la poussent à reconsidérer son rapport au monde. Peu à peu, une évidence s’impose : la liberté a un prix. Sera-t-elle prête à le payer ?

Mon avis

Elle s’appelle Ji-Sun, dite Kimmie, elle est coréenne. Elle a été élevée dans la pure tradition de son pays. Respect des aînés, des traditions, dévouée aux autres, obéissance à sa famille. Dans son pays, on ne choisit pas vraiment, on fait ce que les parents attendent de nous. Elle a accepté ce qu’on lui imposait, parce qu’elle a appris à être sage. Elle n’a jamais envisagé que ça puisse être différent.

« Mes parents n’auraient jamais voulu. Ils ne m’auraient pas laissée. Tu sais, on ne peut pas désobéir …. »

Et puis, arrivée à un tournant de sa vie, elle décide de vivre autre chose. Un voyage. Seule. Une destination. La Jordanie. Elle n’a pas choisi la facilité mais elle tente. Rien n’est simple pour elle. Ni de trouver sa place, ni de faire des rencontres. Il y a toujours un peu de réserve, de retenue, de peur. Comme si le poids des regards imaginaires de ses parents la bloquait, pesant sur ses épaules, jusqu’à l’empêcher de bouger. Prendre des risques ? En est-elle capable ? En a-t-elle envie ?

 Une première rencontre la déstabilise. Rester en retrait, aller de l’avant ? Elle est sans cesse entre les deux, hésitante, tentée et effrayée. Oser l’aventure, c’est pour cela qu’elle est partie, qu’elle a tout laissé derrière elle, sans se confier, sans annoncer ses intentions. En se taisant, pensait-elle occulter les éventuels dangers (que d’aucuns ne pourraient imaginer puisqu’elle « n’était pas là-bas »), ou le faisait-elle pour donner tout son sens au mot liberté ? Et finalement, que peut lui apporter le groupe ?

« Elle s’était échappée de Corée pour s’extraire du collectif, et là encore chaque décision devait être soumise au groupe. »

Ce récit montre le lent cheminement de Ji-Sun et celui des personnes qu’elle croise. Chacun est en route pour une raison précise, sans forcément le verbaliser. Quelques-uns cherchent quelque chose, d’autres se laissent porter.  C’est un texte introspectif, avec peu d’actions. On est plus dans l’analyse des ressentis, des besoins, des désirs et surtout des possibilités.

Les réflexions que se fait Ji-Sun sont intéressantes, on peut se retrouver dans quelques phrases. Elle s’ouvre petit à petit et ce qu’elle entrevoit lui fait envie. Mais c’est quelques fois difficile pour elle de laisser les « contraintes » habituelles sur le côté et de vivre sa vie. Les autres individus ont tous des questionnements.

C’est là qu’on réalise que voyager est rarement neutre, que chacun peut y trouver ce qu’il souhaite si son esprit est ouvert.

L’autrice a très bien observé les touristes, notamment dans la façon dont ils se présentent aux autres (page 137) en fonction de leur lien au voyage. De nombreux thèmes sont abordés, le couple, le choix d’avoir des enfants ou pas, les liens qu’on crée lorsqu’on fait du tourisme et leur pérennité.

Anaïs Laurent parle de tout ça avec beaucoup de finesse, de doigté. Il n’y a pas pléthore d’actions, on est plus dans l’introspection. C’est très bien fait et les personnages sont attachants.

PS ; je ne sais pas si ce que j’ai lu sur les chanteurs de K-pop est vrai, mais ce n’est pas rassurant sur le fonctionnement des imprésarios de ces groupes.

 

"RavⒶchol" de Ribos

 

Ravchol
Auteur : Ribos
Éditions : Jarjille (25 Juin 2026)
ISBN : 978-2-493649-40-9
48 pages

Quatrième de couverture

Héros ou bandit ?
"Ravachol était une de ces personnalités déconcertantes qui peuvent laisser à la postérité la réputation d'un héros ou d'un bandit, suivant l'époque et le monde où ils se meuvent" - Charles Malato.

Mon avis

Dans la collection « La Belle 42 », je demande l’anarchiste !
 Et c’est Ravchol ! Une figure historique de mon département. Cette bande dessinée nous présente sa biographie. Évidemment, on n’aura pas tous les détails, tous les tenants et les aboutissants mais l’essentiel est là. Si on ne connaît pas grand-chose de l’homme, on en apprendra assez.

L’auteur s’est documenté, ça se voit, et a réussi à faire une belle synthèse de tout ce qu’il a lu. La présentation avec des croquis clairs, sans trop de couleurs et un texte percutant, est une bonne idée pour ce style de sujet.

Avec cet album, on cerne mieux les pensées de cet homme, ce qui a porté ses actes. Pourquoi il a procédé ainsi, quelles étaient ses buts, ce qui l’a influencé. C’est d’ailleurs lui qui se présente, alors qu’il est en prison. Il n’a pas eu une vie facile, a connu la misère. La révolte s’est insérée en lui, le poussant à commettre des actes terribles. Sa colère le motivait et le consumait. Il avait besoin d’agir tout le temps, sans doute pour se sentir exister !

Les dessins sont très expressifs, les textes porteurs de sens, l’analyse de certains faits restant le ressenti de Ribos. J’ai trouvé intéressant de lire la définition réelle de l’anarchisme et ses objectifs.

C’est très plaisant de découvrir un personnage historique de cette façon. C’est nettement moins barbant qu’un article d’encyclopédie. De plus le support des illustrations est très « parlant ». En visualisant, personnellement, je retiens mieux. J’ai été scotchée par le fait que les médecins ont recherché le germe de l’anarchie ! Quant à ce qu’est devenu la tête, les bras m’en tombent !

Une lecture qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cet homme complexe, aux multiples facettes !

NB : en dernière page, le testament de Ravachol, à découvrir !



"Bienvenue à Faubourg Bienveillant" de Luc Fivet

 

Bienvenue à Faubourg Bienveillant
Auteur : Luc Fivet
Éditions : Le ver à soie (10 Juin 2026)
ISBN : 979-1092364743
164 pages

Quatrième de couverture

Isabelle et Arthur Korner, en couple depuis 25 ans, ont décidé de quitter Paris. Après avoir vécu des années en région parisienne, ils emménagent dans un petit village réputé pour sa douceur de vivre, Faubourg Bienveillant. L’atmosphère est tellement accueillante qu’ils intègrent très facilement la communauté des Faubouriens. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Peut-être auraient-ils dû lire plus attentivement les conditions générales d’utilisation...

Mon avis

Paris, le stress, le bruit, les transports chaotiques, Isabelle et Arhur Korner connaissent. Ils sont en couple depuis vingt-cinq ans et Paris n’a pas de secrets pour eux. Ils s’en accommodent, même si parfois un certain ras le bol les envahit. Et puis, un jour, en rentrant du travail, Arthur craque. Il n’en peut plus de la capitale ! Partir, vite, trouver un lieu tranquille, découvrir un autre quotidien avant l’épuisement…

Ça tombe bien, il n’y a pas très longtemps, Isabelle a lu un article sur Faubourg Bienveillant. Une petite ville à taille humaine, où l’atmosphère est chaleureuse. Quand les planètes veulent bien s’aligner, tout est merveilleux. Une maison est en vente dans ce lieu dont ils rêvent. Un jardin, plus de surface habitable, un bureau chacun, c’est l’idéal. La possibilité pour elle de se mettre en télétravail et pour lui de tenter ce qu’il a toujours eu envie de faire : devenir photographe.

C’est le sourire aux lèvres qu’ils signent (dont cent cinquante pages sur les conditions d’habitation qu’ils n’ont pas le temps de lire) et s’installent, le cœur content. Tout débute sous les meilleurs auspices. Ils sont tellement heureux, plus détendus, plus reposés… Isabelle s’inscrit dans les groupes qui lui plaisent : yoga, sport… Arthur se balade avec son appareil en bandoulière et mitraille quand il a un coup de cœur. Dans cette cité, le sourire est de mise, les pouces levés également !

Que demander de plus ?  Que ça continue encore et encore comme le dit la chanson ? Le lecteur formule ce souhait tout bas. Car il sent bien que ce bonheur trop lisse va se fendiller.  Pourtant la voisine d’en face est gentille, elle vient régulièrement, faire admirer ses préparations culinaires. Un peu trop peut-être mais ici tout est différent, on interfère avec les voisins, on se parle vraiment. On s’écoute. Quelques fois un peu moins, un des habitants a tendance à parler sans donner la parole aux autres mais bon, il n’y a que lui….

Mais petit à petit, des failles apparaissent dans ce quotidien quasi parfait. Les Faubouriens bienveillants préfèrent que tout soit comme ils le veulent, comme ils le pensent. Pas question de sortir de la « norme » qu’ils ont mise en place. Arthur et Isabelle se seraient-ils emballés trop vite ? Ils s’accrochent, car quand même la qualité de vie, cette bienveillance extrême (trop ?), ça fait du bien …

Finalement, que met-on derrière le mot « bienveillance » qu’on emploie très (trop ?) souvent à notre époque ? A-t-on tous la même définition, les mêmes attentes face à ce terme ?

Dans son nouveau roman, Luc Fivet, manie l’humour, « Elle s’assit sur le plan de travail, croisa les jambes et cambra les reins, exposant avec soin sa poitrine qui défiait les lois de la gravitation. », l’ironie, et une certaine forme de sagesse. Il pose un regard acéré sur les relations humaines, qui peuvent être superficielles ou plus sérieuses sans qu’on le réalise (je pense au voisin des Korner), il explore les regards, les paroles, les écrits, les apparences trompeuses ou pas, et surtout, par-dessus tout, la place qu’on donne à l’Autre (avec une majuscule), celui qu’on ne choisit pas, mais dont on croise la route, ce qu’on lui offre de « bienveillance » et sous quelle forme.

L’écriture vive est un régal. Il y a du rythme et tout s’enchaîne sans temps mort. Une lecture agréable et une belle découverte ! 

"Là où naissent les ouragans" de Gilles La Carbona

 

Là où naissent les ouragans
Auteur : Gilles La Carbona
Éditions : 5 sens (15 Mai 2026)
ISBN : 978-2889499236
236 pages

Quatrième de couverture

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Armand rêve d’horizons plus vastes que ceux que lui promettent les usines familiales de son beau-père. Entre une épouse issue d’une grande lignée industrielle et un avenir tout tracé, il étouffe. L’Indochine, elle, l’appelle. Là-bas, au coeur des rizières et de la jungle, il découvre une liberté nouvelle, un monde qui bouleverse ses certitudes… 

Mon avis

Octobre 1950, la guerre est terminée. Armand, militaire, est avec sa femme et son fils. Elle aime ce qui est beau, être vue et remarquée. Elle a été élevée dans une famille où peu de choses lui ont été refusées. Elle est assez sûre d’elle et de ce qu’elle veut dans la vie. Elle a même tendance à décider pour les autres. L’armée, pour son époux, c’est terminé. Il aura un poste important dans les usines de son père. Il sera tout le temps près d’elle et ce sera parfait.

Lui, il a connu la vie en garnison, l’adrénaline des combats entre hommes, les liens entre frères d’armes. Il a bien compris qu’il n’a pas vraiment le choix, que sa route est déjà tracée. Il se résigne, tout en rêvant d’autre chose au fond de lui, mais difficile de dialoguer ….

Une discussion avec un cousin lui fait entrevoir une possibilité. En Indochine, la situation est tendue et la France a besoin de personnes comme lui. Il est tiraillé entre le sentiment de « devoir » qu’il ressent pour son foyer, les siens vont se sentir délaissés, abandonnés…. Et son souhait d’agir, d’être utile, en harmonie avec ce qu’il veut réellement.

Il propose sa candidature. Et il est accepté, il partira là-bas, si loin, épouse et enfant resteront en France. Il sent que son couple, déjà fragile, va subir une nouvelle épreuve. Mais il n’hésite plus, il part malgré la colère, les reproches, l’incompréhension…

En Indochine, rien n’est pareil. L’atmosphère, les odeurs, les saveurs, les relations humaines, la vie tout simplement est totalement différente. Armand découvre cet univers surprenant, puis petit à petit, il se sent « en phase », comme à sa place car, hébergé chez l’habitant, il apprécie le lieu et ceux qui y sont.

Le récit mêle l’histoire des personnages avec celle du pays. On découvre des faits réels, habilement introduits dans les événements vécus par le militaire. L’auteur a dû se documenter avec précision pour que tout s’emboîte et tienne la route.

Loin de celle dont il partage la vie depuis plusieurs années, Armand fait le point. Il revoit ses priorités, ses décisions, il réfléchit à ses ressentis, à ce qu’il veut et à ce qu’il ne veut plus. Mais parfois, même si on pense savoir où on veut aller, des aléas modifient la trajectoire et tout ne se déroule pas comme on l’imagine …

Avec doigté, Gilles La Carbona analyse les émotions de chacun. Il note ce qu’ils peuvent penser, comme ils évoluent face à ce qu’ils vivent. On voit ce qui les anime, les motive, c’est intéressant. Le fils grandit et là aussi la question se pose : faire ce qu’attendent ses parents ou se réaliser par et pour lui-même ? Où se situe l’équilibre ?

L’écriture est de qualité, avec un vocabulaire soigné. J’ai apprécié la mentalité des femmes en Indochine. On pourrait les penser fatalistes mais c’est plutôt qu’elles acceptent leur destin, comme il est, pour ce qu’il est, avec une grande sagesse.

Cette lecture a été agréable. J’ai un tout petit regret, j’aurais préféré qu’il y ait des chapitres pour plus découper le texte mais ce n’est qu’un détail qui n’a pas entaché le plaisir de lire.

"Les Fleurs du Sel Sanary-sur-Mer-1988" de Patrick Espinet

 

Les Fleurs du Sel
Sanary-sur-Mer-1988
Auteur : Patrick Espinet
Éditions : Lire Couraut (27 Avril 2026)
ISBN : 979-1070180518
220 pages

Quatrième de couverture

Une belle journée d’été ensoleillée, des tables dressées sous les pins devant le mas pour la bouillabaisse traditionnelle du 15 août, qui réunit famille et amis. L’action se déroule en Provence, dans le Var, dans le merveilleux village de Sanary sur Mer et ses alentours. L’histoire est celle d’une famille de pêcheurs, de père en fils. Les parents Andéol et Mathilde et leurs enfants, José l’ainé, Roseline la cadette et Sylvain le petit dernier. Une famille heureuse et unie que les vicissitudes de l’existence vont confronter aux pires douleurs mais aussi à des instants d’infinie tendresse. Un bateau dangereux, un naufrage et des vies qui basculent.

Mon avis

C’est une famille où les hommes sont pêcheurs, de père en fils, avec le même bateau : La Denise. Ce n’est pas un métier facile, les rentrées d’argent sont liées aux résultats de la pêche et ne garantissent pas un revenu régulier. Il faut aller en mer quel que soit le temps pour gagner parfois presque rien… Mais dans la famille Cassone, personne ne baisse jamais les bras. La mère, la fille, le père, les fils, tous se battent au quotidien pour réussir, sans jamais montrer de mauvaise humeur, sans jamais se décourager. Le paternel est un homme droit, intègre, une force de la nature.

Tout pourrait continuer ainsi mais la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et on ne peut pas tout maîtriser. Lorsque les difficultés s’invitent à leur table, les Cassone pourraient renoncer, être défaitistes, mais ils choisissent de lutter et d’avancer. Parfois dans l’adversité, on trouve des ressources insoupçonnées, au plus profond de soi.

Dans ce roman, qui m’a fait penser à une chronique familiale, on suit les différents membres sur plusieurs années (de 1988 à 1994). On découvre les non-dits, les secrets, les sentiments de chacun, les choix, les regrets, les peurs, les succès, les jalousies, la bienveillance …

Ce récit est intéressant. Il décrit bien la vie des gens de la mer, l’ambiance dans le village, entre voisins. Différents métiers sont présentés et certains de façon très précise. Les relations entre les uns et les autres sont la plupart du temps, très humaines, chacun reste à sa place et est respectueux. Et lorsque la colère bout, si certains certaines se braquent, ils elles prennent ensuite du recul.

L’auteur est passionné de pêche et de navigation, ça se sent. Il en parle avec passion. Son écriture est fluide, plaisante, très réaliste. Les dialogues également. Ils sont vifs, très « parlants ». Les personnages deviennent rapidement des familiers, tant ils sont « palpables ». Ils sont, dans l’ensemble, attachants ; on a le souhait de « belles choses » pour eux. J’ai apprécié que les femmes ne soient pas toujours dans l’ombre, que petit à petit, elles s’affirment et expriment leur ressenti et prennent soit leur envol, soit leur indépendance.

Patrick Espinet raconte une jolie histoire, de belles valeurs sont mises en avant. Il nous rappelle combien il est important de dialoguer, de parler avec ceux qui comptent pour nous afin d’éviter les malentendus et les incompréhensions. La communication est un ciment essentiel pour l’amour sous toutes ses formes.

J’ai passé un agréable moment avec cette lecture, cela m’a donné envie de visiter les coins évoqués.

NB : La couverture est très belle !