Écarts de conduite (The Other Couple)
Auteur : Diane Jeffrey
Traduit de l’anglais par Clovis Bessières
Éditions : Points (15 Mai 2026)
ISBN : 979-1041427765
410 pages
Quatrième de couverture
Kirsten et Nick profitent d'un week-end loin de tout
jusqu'au moment où, sur le chemin du retour, ils renversent accidentellement un
homme et le tuent. Ils devraient appeler les secours, mais ils ont trop à
perdre, et personne ne doit savoir pourquoi ils se trouvent ici. Ils prennent
alors une décision irréfléchie : dissimuler l'accident.
Amy et Greg viennent de célébrer leur dixième anniversaire de mariage. Amy
attend un bébé, et ils n'ont jamais été aussi heureux. Alors, quand Greg ne
rentre pas après une promenade avec leur chien, Amy refuse de croire que la
police ait raison en pensant qu'il est parti de son plein gré. Quelqu'un est
forcément responsable de sa disparition, et Amy ne reculera devant rien pour
obtenir justice – ou sa vengeance.
Mon avis
Si la justice est impuissante, il me reste la vengeance.
Amy et Greg vivent sur la côte du Devon. Il tient un magasin
de surf, ils sont heureux ensemble et attendent leur premier enfant. Un soir
pluvieux, il sort promener le chien et ne rentre pas. Pas de trace, ni du
maître, ni de l’animal. La police pense à une disparition volontaire, mais Amy refuse
cette idée et décide de mener l’enquête.
Kirsten et Nick sont amants. Assez discrets, leurs mari et
femme ne savent rien. Ils s’offrent des sorties ensemble, sous le prétexte du
travail. Personne ne se doute de rien, ils paient en liquide, s’inscrivent sous
un nom d’emprunt et évitent de se mettre en avant. La situation semble leur
convenir. Parfois Kirsten voudrait un peu plus car elle doit attendre que Nick
la contacte, mais elle a une petite fille et tient à maintenir l’équilibre de la
cellule familiale. Ce week-end-là, ils ont loué un gîte et ont bien profité de
leur temps libre. Malheureusement, sur le chemin du retour, ils heurtent quelqu’un.
La personne est morte. Se dénoncer c’est voir leur mariage respectif voler en
éclats. La victime ne peut pas être sauvée alors autant ne rien dire, dissimuler
le corps et continuer la route…
Ce sera leur secret, ils reprendront leur vie, comme si de
rien n’était. Pas vu, pas pris. C’est possible, ça ?
Ce roman alterne entre Kirsten (avec un narrateur) et Amy
qui dit « je ». On suit leur quotidien en parallèle. La première qui
se sent coupable tout en souhaitant préserver sa tranquillité (du moins en
apparence car dans sa tête, rien ne va plus). La seconde qui veut comprendre et
retrouver son époux et son chien. Et puis, il y a ceux qui les entourent, la
famille, les amis, les collègues. Ils remarquent le mal être, quelques
incohérences et s’interrogent. Kirsten perd pied, elle a peur et chaque fois qu’elle
pense être rassurée, quelque chose se met en travers.
De nombreuses thématiques sont abordées dans ce livre, la
culpabilité, le deuil, la colère, la vengeance, la famille, les choix voulus ou
imposés. J’ai trouvé que Diane Jeffrey maîtrisait bien tout ça. Elle nous
plonge dans les pensées des uns et des autres. On s’interroge sur leurs
décisions. Ont-ils réfléchi aux conséquences ?
Les caractères des protagonistes sont bien décrits, leurs
relations également. On voit toute l’ambiguïté des différentes situations, ce
que chacun met en place. Même si je n’ai pas toujours été d’accord avec la
façon de faire d’Amy, j’ai compris son intention. Elle est déterminée et elle agit
par amour finalement. Elle se sent peu soutenue mais elle ne lâche rien.
Le rôle de la justice est évoqué. Que faire si les preuves
manquent ? Vers qui se tourner lorsqu’on n’a pas de réponse ? Sur
quels soutiens compter ?
Diane Jeffrey a une écriture prenante (merci au traducteur),
avec du rythme. L’intervention des deux femmes permet de ne pas se lasser de
suivre toujours la même. Il y a même quelques passages en italiques qui
interpellent. C’est construit intelligemment. Les rebondissements sont assez
intéressants surtout lorsqu’ils concernent le couple adultérin. Ils sont
exaspérants de suffisance parfois (surtout lui) et j’aurais voulu qu’ils se
fassent coincer rapidement.
C’est un récit prenant, sans temps mort qui nous montre les
dégâts causés par un instant d’égarement et une mauvaise prise de conscience.

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