Même le froid tremble
Auteur : Nicole M.Ortega
Éditions : Anne Carrière (22 août 2025)
ISBN : 978-2380823158
178 pages
Quatrième de couverture
Dans un pays qui n’aime pas les femmes, trois jeunes filles
prennent la route pour se rendre à la fête de la Vierge noire, 1 600 kilomètres
au nord de la favela où elles ont grandi. Entre Santiago du Chili et le village
d’Iquique, elles vont croiser des policiers véreux, les fantômes des victimes
de Pinochet, des routiers menaçants, une Dame blanche, des prostituées
sorcières, des voyous généreux, un serial killer, des pères en deuil et des
mères qui ne pardonneront jamais.
Mon avis
Un petit voyage au Chili, ça vous tente ?
Pas celui des décors aseptisés, avec le soleil, les costumes
traditionnelles, les fêtes locales… Non, l’envers du décor, celui d’un pays où
les gens galèrent, vivent dans des conditions précaires et se battent pour s’en
sortir.
Elles sont trois jeunes filles à se rendre à la fête de la
Vierge Noire. Un périple, 1600 kilomètres à faire. Elles n’ont pas beaucoup d’argent,
elles vivent dans une favela. Mais elles ont soif de voir autre chose, de sortir.
Celle qui raconte est moins typée, ça la sauve parfois.
« Mes copines s’exécutent, ce n’est pas la première
fois : je suis exonérée grâce à ma gueule de touriste, elles sont
contrôlées à cause de leurs traits andins, et j’ai honte, terriblement honte, j’aurai
toujours plus de droits que les autres ici, je pourrai toujours passer entre
les gouttes de l’oppression […] »
Elles font des rencontres sur leur route, plutôt des
mauvaises, elles mènent des actions, elles provoquent, se sauvent et vont plus
loin … Elles grandissent en quelques jours … Et elles ne baissent pas les yeux.
Nicole Mersey Ortega, née au Chili, vit entre Santiago et Paris
et écrit en français, elle a une part du Chili en elle et elle le revendique. Son
écriture est brute, vive, comme la jeune femme qui s’exprime dans le récit. C’est
parfois cru mais ça va avec le contexte. C’est un peu comme la photo de
couverture : nature et sans fioriture. Malgré ça, une certaine forme de
poésie ressort du contenu. Sans doute parce qu’à travers le road trip, on
ressent la vie et les tourments d’un coin du monde où la dictature a fait
beaucoup de mal, laissant des traces indélébiles de souffrance qui se
transmettent de génération en génération.

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