Ce soir j’ai peur
Auteur : Annie Saumont
Éditions : Julliard (5 février 2015)
ISBN : 978-2260022138
146 pages
Quatrième de couverture
Jane, étudiante en gymnastique, vit torturée par le remords
d'avoir empoisonné son amant, un homme plus âgé qu'elle. Au fil d'une existence
rythmée par l'entraînement physique et les conversations de jeunes filles, elle
ressasse en secret les raisons de son crime. Mais sa version des faits est-elle
aussi conforme à la réalité qu'elle voudrait le croire ?
Mon avis
Jane a tué son amant, c’est ce qu’elle dit. Il avait
vingt-cinq ans de plus qu’elle et elle l’a empoisonné. Personne ne le sait,
personne n’a des doutes. Elle vit dans la hantise d’être découverte. Pourquoi
a-t-elle agi ainsi ?
Étudiante en sport, à une époque où la mixité n’existe pas
(on est dans les années soixante), elle échange avec d’autres adolescentes,
mais au milieu des dialogues, ses pensées l’envahissent et deviennent
monologues. Cela donne un récit qui peut sembler confus mais c’est comme dans
la vraie vie, quand on parle avec quelqu’un en pensant à autre chose… Elle
essaie de prendre du recul sur ce qu’elle a fait mais on se demande si c’est
bien la réalité tant tout semble s’emmêler dans son esprit.
L’écriture est épurée, brute, les paragraphes très courts et
le livre peu épais (l’auteur est surtout connue pour ses talents de
nouvelliste). Ce n’est pas l’histoire qui m’a intéressée, c’est vraiment le « phrasé »,
qui fait mouche, qui sèche le lecteur. Parce que, même si ça paraît brouillon,
il n’en est rien. Annie Saumont maîtrise son texte et sait où elle nous
entraîne : dans un texte sombre qu’on ne lâche pas….

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