"Brille, tant que tu vis !" de Alice Quinn


Brille, tant que tu vis !
Auteur : Alice Quinn
Éditions : Bookelis Hachette (24 Novembre 2018)
ISBN : 979-10-227-8171-8
234 pages

Quatrième de couverture

Anita est en colère. Elle se sent flouée. Elle en veut au monde entier. Quand elle apprend sa maladie, elle refuse d’être le jouet du destin et décide de devancer la mort pour en garder le contrôle. Pourtant, la voilà obligée de différer son suicide, car son fils a besoin d’elle à Noirmoutier.

Mais la vie, pleine de surprises, joue des tours aux plus méthodiques et se ligue contre elle pour la faire changer d’avis

Mon avis

Ravie, la lectrice
Dans son canapé douillet
Bercée par les mots

Il s’expriment à tour de rôle.
Lui, il a tout de l’ours mal léché, un peu sauvage. Il a souffert et cache une blessure sous une carapace et des dehors parfois acariâtres.
Elle, c’est une solitaire, divorcée, un fils unique qui n’a pas trop le temps….  Elle a l’impression d’être abandonnée, de lutter en solitaire lorsqu’elle a des problèmes.
Et ni l’un, ni l’autre ne souhaitent rencontrer quelqu’un, être bousculés dans cette vie qui ne convient pas vraiment mais dont ils s’accommodent…

J’aime l’idée que finalement, même lorsqu’on veut tout maîtriser, la vie nous joue des tours, des bons, des mauvais …

Dans son dernier roman, Alice Quinn, nous plonge dans un décor sympathique, à Noirmoutier, sur le week end du 14 Juillet lorsque tout le monde fait la fête sauf ceux qui ont le moral dans les chaussettes (quoique les chaussettes en été ;-)
Ses personnages sont des gens ordinaires,  attachants, on souhaite très rapidement le meilleur pour eux … encore faudrait-il qu’ils l’acceptent … en oubliant leurs peurs, leurs réticences …

C’est tout un cheminement de vie, parfois teinté d’humour, parfois plus grave, que l’auteur nous présente. Son récit est ancré dans la réalité : une société « speed », la maladie, la peur du bonheur aussi…. Et en filigrane, comme toujours, les valeurs qui, portées par des hommes et des femmes, aident les autres . L’amitié, l’écoute, la présence …. Ne croyez pas, pour autant, qu’Alice nous fait la leçon, pas du tout. Avec son style pétillant, son écriture pleine de délicatesse et de tendresse pour ceux qu’elle évoque, elle nous propose un agréable moment de lecture qui plus est, jalonné de beaux haïkus ….

"Elles sont parties pour le Nord" de Patrick Lecomte


Elles sont parties pour le Nord
Auteur : Patrick Lecomte
Éditions : Préludes (9 Mars 2016)
ISBN : 978-2253107781
290 pages

Quatrième de couverture

Wilma, onze ans, se réveille par un matin d hiver glacial dans la cabane qu’elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord canadien. De retour d une expédition en ville, il lui rapporte un cadeau : un livre finement illustré, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. C est là, dans ces pages, qu’elle rencontre Akka, l’oie sauvage. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille.

Mon avis

« Il faut sauver les grues blanches, non parce que nous avons besoin d’elles, mais parce que nous avons besoin des qualités humaines qui serviront à les sauver et nous permettront de nous sauver nous-mêmes. »

C’est un roman en quatre parties, quatre saisons d’une vie. Celle de Wilma, onze ans en 1917 qui habite dans la forêt avec son père trappeur, dans le Grand Nord canadien. Il lui a appris à lire et il lui offre « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède ». Fascinée par le récit des oies sauvages, elle va consacrer sa vie à la sauvegarde des grues blanches d’Amérique dont le statut est menacé. On va voir Wilma grandir, devenir femme, chercher sa voie, agir avec passion.

C’est avec une écriture profonde et délicate que Patrick Lecomte nous fait voyager, dans le temps et dans l’espace. On part de 1917 et on arrive à la seconde guerre mondiale, le contexte historique est évoqué, en toile de fond, sans grands détails car l’essentiel du propos n’est pas là.

L’accent est surtout mis sur le combat de Wilma, sur sa relation avec les animaux et sur la migration des grues. C’est également une ode à la nature avec de belles descriptions de paysages, d’émotions ressenties lorsqu’on est en phase avec son environnement.

"Temps mort" de Guillaume Perrotte


Temps mort
Auteur : Guillaume Perrotte
Éditions : Fleur Sauvage (16 Octobre 2018)
ISBN : 978-2378370398
204 pages

Quatrième de couverture

Gorges du Verdon. La miss météo Claire Feyder prépare son nouveau rôle de chroniqueuse littéraire. Une soirée charmante a lieu chez les propriétaires du gîte, mais le temps se gâte de manière gravissime, faisant accuser Claire de prévisions meurtrières.

Mon avis

Claire a décidé de prendre un virage. C’est terminé la fonction de miss météo, elle va devenir chroniqueuse littéraire. Elle a même trouvé une chaîne qui l’accueille et un créneau horaire. Il lui reste un peu de temps avant sa première émission et écoutant les conseils de son amie Corinne, elle va dans les Gorges du Verdon. Un coin tranquille, un cabanon un peu loin de tout et une pile de livres, surtout des thrillers. De quoi se forger une opinion, histoire de ne pas passer pour quelqu’un qui ne sait pas de quoi elle parle lors de son baptême du feu en mode « Bernard Pivot »…..

Il y a une fête chez les propriétaires de son logement et elle est conviée. Pas trop envie mais au bout de trois jours le nez dans les polars, pourquoi ne pas s’offrir une petite récréation ? Là voilà donc qui rejoint la ferme un peu plus loin et surtout la fête qui s’y déroule avec de nombreux et sympathiques invités, dont un qui serait parfait pour « un petit quatre heures » ……  Elle est accueillie par un : « Et moi qui vous faisais confiance ! » très dubitatif. En effet, lors de son dernier bulletin, elle n’avait pas prévu, donc encore moins annoncé, le fait que le temps risquait carrément de changer…. Et les gouttes semblent s’annoncer assorties de grosses bourrasques…..

On s’accommode d’un ciel gris, d’une bonne averse et d’une chute de neige …. On supporte difficilement une tempête, une coulée de boue, surtout lorsque les dégâts sont importants et que les météorologues n’ont pas anticipé …. Claire va être pris à partie, on la tient pour responsable vu qu’elle n’a rien vu venir…. Tant qu’on en reste aux paroles, ce n’est pas sympathique mais bon…. La pauvre jeune femme va vite se rendre compte qu’elle ne maîtrise plus rien dans son quotidien depuis « qu’elle a failli à sa mission ». Sous nos yeux ébahis, elle va vivre une lente descente aux enfers … Elle va tout faire pour se sortir de cette situation délicate, inextricable. On souffre avec elle et pour elle jusqu’à une dernière page surprenante. On s’aperçoit qu’il en faut peu pour que certains hommes basculent dans la folie ….

L’auteur a une écriture prompte, un style vif, les événements s’enchaînent sans temps mort. Il retranscrit très bien les différentes étapes de ce qui se passe pour Claire. On visualise parfaitement ce qu’il nous décrit et parfois brrrr….. C’est une lecture prenante dans la mesure où on se demande vraiment comment tout cela va se terminer …. Alors prévoyez un peu de temps si vous commencez ce livre !

"La petite fille du phare" de Christophe Ferré


La petite fille du phare
Auteur : Christophe Ferré
Éditions : L’Archipel (3 Octobre 2018)
ISBN : 978-2809825107
450 pages

Quatrième de couverture

Le temps d'une soirée dans un pub tout proche de leur, Morgane et Elouan ont laissé la garde de leur fille de 10 jours, Gaela, à son frère adolescent. Mais au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, s'ajoute la violence du soupçon de la gendarmerie. Les pistes se multiplient mais l'enquête n'avance pas.

Mon avis

Il ne se passe jamais rien dans ce petit coin de Bretagne et s’il arrive que les relations soient un peu houleuses avec les voisins, cela reste supportable. Alors, Morgane et Elouan ont laissé Gaela, leur petite fille à la garde du grand frère, pendant qu’ils faisaient un petit tour au pub. Bien sûr, ce n’est pas vraiment prudent mais le bébé dort et le téléphone portable est là en cas de problème. Au retour de leur soirée, le berceau est vide …. C’est l’horreur pour les jeunes parents.  Aucune trace, pas un indice, rien, le vide….  Que s’est-il passé ? Pourquoi ?

L’enquête que mène la police est délicate. Les gens sont taiseux, à commencer par les parents qui semblent avoir une vie secrète chacun de leur côté. Les rumeurs courent, certains disent avoir vu quelque chose puis se rétractent, d’autres ne parlent pas tout de suite, se taisent de peur de représailles, nuisant ainsi aux recherches …. Morgane, la mère, est parfois confuse, « pas nette »…. Le père, quant à lui, n’a pas l’air clair non plus. Le couple était-il vraiment heureux ou cache-t-il quelque chose  ?

C’est avec des chapitres très courts, de seulement quelques pages, des phrases souvent brèves et une écriture concise que l’auteur nous emmène sur la lande bretonne, près de la côte de granit rose. Le décor est beau, énigmatique, épuré et charmeur et tient une grande place. On se laisse pénétrer de l’atmosphère de mystère qu’installe Christophe Ferré. Les protagonistes sont tous plus troublants les uns que les autres, les fausses pistes se multiplient (peut-être un peu trop, ce qui peut donner l’impression de quelques longueurs qui « cassent » le rythme). Une journaliste qui a les yeux et les oreilles partout, fait des révélations sur son blog personnel et elle semble au courant de nombreuses informations avant même que les personnes concernées le sachent, cela déstabilise tout le monde. La mère, Morgane, qui est très rapidement en première ligne, essaie de se défendre mais dit-elle toute la vérité ? Le climat est tendu, la confiance n’est plus de mise même entre amis…. On s’aperçoit vite que face à un drame d’une telle ampleur, les réactions sont très différentes d’un individu à l’autre. Certains se taisent, d’autres ont besoin de se confier, de parler, d’autres encore veulent agir ou parfois se cacher. Le dialogue n’est pas aisé non plus lorsque vous vous sentez observé, épié, surveillé.  Les pages se tournent, le lecteur subodore une future révélation mais rien ne filtre jusqu’au rebondissement des dernières pages qui est très bien mis en place, original.

J’ai apprécié que l’auteur  ait mis une carte dans les premières pages, cela nous aide à situer les différents lieux (il aurait pu mettre des photos tant ce coin est beau !). L’ambiance feutrée, faite de défiance est bien retranscrite, l’approche psychologique des uns et des autres est intéressante. Seul petit bémol, il y a quelques invraisemblances qui peuvent déranger.  Cela reste, malgré tout, une lecture agréable, d’autant que la fin est bluffante.

NB : La couverture est magnifique !!

"Méditations heureuses sous un cerisier du Japon" de Frank Andriat


Méditations heureuses sous un cerisier du Japon
Auteur : Frank Andriat
Éditions : Marabout (26 Septembre 2018)
ISBN : 9782501134316
225 pages

Quatrième de couverture

Le jour où Lorena le quitte, l'univers de Grégoire s'effondre. Pour se reconstruire, il va devoir trouver un sens aux gestes de. Au fil d'expériences qui le conduisent vers lui-même, il apprend que l'harmonie résulte d'un fragile équilibre entre l'ombre et la lumière. Un cerisier du Japon sera son plus grand maître spirituel.

Mon avis

Qu’est-ce qui vous rend heureux ?

Frank Andriat ne prétend pas apporter de réponse à cette question, il partage par l’intermédiaire de Grégoire, son personnage, un cheminement vers un mieux être. Dans une société où le stress est omniprésent, où il faut toujours anticiper et aller vite, il nous rappelle qu’apprivoiser le présent et accepter l’impermanence du vivant, est essentiel.

On le sait, pourtant, lâcher notre armure, arrêter d’analyser, ne pas vouloir tout contrôler et réconcilier son corps et son esprit sont d’excellents principes pour avoir une vie plus harmonieuse. Combien sommes-nous à y penser, à le faire ? Prendre le temps…..Installer entre nous et les événements une saine distance pour qu’ils aient le moins de prise possible…. Bien sûr, tout cela se travaille. Grégoire, le protagoniste qui nous parle dans ce recueil, s’applique sur les conseils de son psy à « se poser », avant d’arriver à faire seul….. Faut-il toucher le fond pour reprendre goût au quotidien ? Non, pas la peine d’en arriver là. Mais ne pas oublier que quelques minutes à soi, dans le calme, chaque jour,  offrent un répit. Au début, on se force, puis petit à petit, le besoin se met en place….

L’écriture est délicate, sereine, pleine de tendresse pour évoquer le quotidien de Grégoire, ses « progrès ». Le ton n’est jamais moralisateur, ni empreint de condescendance envers ses pauvres personnes qui  vivent dans la tension permanente.

Je pense que pas mal de personnes, de plus en plus même, prennent conscience de subir leur vie et d’oublier de la vivre La faute au boulot, aux sollicitations multiples,  à ce désir de tout gérer au mieux. Ce livre propose une parenthèse, une pause de lecture et les idées émises ne demandent qu’à être partager…..ce que je fais.

J’ai pris cette lecture comme un cadeau et en conclusion, je vous cite une phrase qui m’a bien plu :
« La vie ne peut se réveiller que si vous lui laissez suffisamment d’espace pour s’épanouir. »

"Les oiseaux" de Julien Roux

 

Les oiseaux
Auteur: Julien Roux
Éditions les Fourmis rouges (20 Novembre 2014)
ISBN : 978-2-36902-033-2
40 pages

Quatrième de couverture

« Un œuf. Il est presque là. Il apparaît, il est oiseau. Son nid est doux. Son nid est chaud. Il est oiseau. » Certains savent voler, d'autres non. Certains ont un bec très long, d'autres très court. Différents les uns des autres, tous sont pourtant oiseaux. Suivons-les…

Mon avis

Passant beaucoup de mon temps libre à regarder les oiseaux avec mes jumelles, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers cet album. L'objet livre est beau, assez grand avec une couverture qui tient bien en mains, les pages sont assez épaisses et les dessins colorés simples et vivant sont très parlants. Ils sont la plupart du temps sur une page double, accompagnés de quelques mots en écriture cursive. On fait un petit inventaire des oiseaux qui vivent en bande, en couple, le nuit, en haut, dans l'eau , qui partent loin pour survivre.... Dans les dernières pages, les dessins deviennent plus petits et plus nombreux, comme si les oiseaux prenaient le dessus sur celui qui écrit pour montrer toute leur diversité et offrir leurs plumes colorées, vivaces et amusantes à notre regard ébahi.... Et puis, il y a également le plaisir des mots...Du PodoceDe Biddulph au Bagadais casqué en pensant par les Manakin orange ou le marabout chevelu... Soyez les bienvenus chez les oiseaux !!!!!


"Et si c'était bien réel..." de Laëtitia Pary


Et si c’était bien réel….
Auteur : Laëtitia Pary
Éditions : Books on Demand (3 Septembre 2018)
ISBN : 978-2322160587
102 pages


Quatrième de couverture

Comment peut-on s'imaginer à 15 ans, que les vacances tant attendues vont se transformer en véritable cauchemar ? C'est pourtant ce qu'a vécu Laëtitia, cet été de 1999, en se rendant chez ses grands-parents maternels.

Mon avis

C’est un récit tout en finesse, émotion et délicatesse que nous transmet Laëtitia Pary. Elle a eu besoin d’écrire, comme un exutoire à toutes les questions qui la rongeaient. Pour autant, elle ne fait pas étalage de sa vie et on ne sombre pas dans le pathos. Non, elle pose des faits, certains joyeux, d’autres très douloureux et elle chemine avec nous. On saisit très vite qu’elle a besoin de comprendre, pour accepter, se sentir libérée d’un poids qui est trop lourd et ainsi continuer à avancer dans sa vie sereinement. Alors, on lui tient la main, de quinze à trente quatre ans….

L’écriture est fluide, on y suit les événements mais également les ressentis de l’auteur et de certains de ses proches. Mettre des mots sur ce qu’elle a vécu l’a certainement aidée mais, sans employer le terme d’expérience, son histoire peut aider d’autres personnes. Elle souligne qu’il faut partager, ne pas s’enfermer sur sa souffrance et sur les non-dits et elle a raison.

Un tout petit livre mais un témoignage d’une grande valeur !