"Entre deux rives " de Claire Favre-Taylaz et Grégoire Caux

 

Entre deux rives
Auteurs : Claire Favre-Taylaz (Illustrations), Grégoire Caux (Texte)
Éditions : Jarjille (14 Novembre 2025)
ISBN : 978-2493649256
132 pages

Quatrième de couverture

En discutant avec l'un et l'autre de ses grands-pères, Grégoire s'aperçoit qu'ils étaient tous les deux en Algérie lors de la guerre d'indépendance. En creusant un peu, il comprend qu'ils ne défendaient pas les mêmes idées. D'un côté, Jacques, jeune instituteur fraîchement débarqué de métropole. La découverte de l'Algérie française va le bouleverser. En réaction, il va prendre des positions radicales. De l'autre, Gilbert, pied-noir et gendarme. Sa situation le porte à s'engager pour la sauvegarde de l'Algérie française. Le déroulé de l'histoire permet de comprendre leurs parcours de vie et la façon dont ils évoluent avant, pendant et après la guerre d'indépendance algérienne. Ces itinéraires individuels mettent en relief un pan majeur de l'Histoire de France dans la seconde moitié du XXème siècle.

Mon avis

Grégoire Caux, le rédacteur de ce roman graphique, a réalisé que ses deux grands-pères auraient pu se rencontrer en Algérie pendant la guerre d’indépendance.

Pour mieux comprendre l’histoire familiale, comme il l’explique dans le dossier instructif et complet (avec des photos d’époque, un glossaire, une carte des principaux lieux, une bibliographie) dans les dernières pages, il les a interrogés. De ces entretiens, il a retenu l’essentiel pour donner deux points de vue sur une même période. Il a alors confié les illustrations à Claire Favre-Taylaz qu’il connaît depuis longtemps.
Il est bien conscient, et il le souligne, que les souvenirs peuvent avoir été déformés, que la mémoire joue des tours. Quand il a pu le faire, il a vérifié. Mais l’essentiel est, pour moi, le fait que deux hommes que je qualifierai de citoyens ordinaires, se sont retrouvés embarqués dans des situations qu’ils ne maîtrisaient plus. Simplement parfois parce qu’ils laissaient parler leur cœur et qu’ils pensaient faire ce qu’ils devaient. L’Histoire (avec un grand H) les a entraînés, ils n’ont pas toujours choisi ou sans envisager ce qu’allait être leur vie s’ils prenaient cette direction.

Grégoire et Claire nous offrent un roman graphique remarquable par son contenu, sa mise en forme et tout ce qu’on découvre. Bien sûr, on ne saura pas tout mais c’est déjà édifiant !

L’un était instituteur (54 élèves en classe !), l’autre gendarme. Deux mondes totalement différents, deux missions qui n’ont rien à voir, deux ressentis, deux sensibilités, deux parcours …

Au fil des pages, on constate l’évolution de l’Algérie. Le regard de ces deux hommes devient plus « pointu », leur attitude évolue également, ils comprennent les risques de certains choix.  

Les deux papis analysent leur vécu, les conséquences de ce qu’ils ont vécu, subi quelques fois.

« -Qu’est-ce que tu as senti comme changements dans cette Algérie fraîchement indépendante ?
- C’était des changements profonds. J’avais quitté un pays colonisé, écrasé par la violence et je retrouvais un pays totalement tourné vers l’avenir. »

Les dessins, des aquarelles très expressives, accompagnent le texte de bien belle manière. J’ai apprécié le choix des couleurs, et la présentation qui met en exergue ce qui a besoin d’être « souligné ». L’auteur ne s’est pas contenté d’écouter ses deux papis, il a pris le temps de se renseigner, de recouper les éléments recueillis afin de nous transmettre des informations les plus justes possibles, sans aucun jugement.

Cet album donne un aperçu de l’Algérie coloniale et de la guerre d’indépendance algérienne. Ce n’est pas rébarbatif, très instructif. J’ai envie de me pencher sur certains titres évoqués dans la bibliographie.

Cette lecture m’a beaucoup intéressée et j’ai trouvé cet ouvrage particulièrement réussi.


"Rivière tremblante" de Andrée A. Michaud

 

Rivière tremblante
Auteur : Andrée A. Michaud
Éditions : Rivages (19 Septembre 2018)
ISBN : 978-2743644833
370 pages

Quatrième de couverture

Août 1979. Michael, douze ans, disparaît dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s'apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là encore, c'est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Marnie, qui n'a jamais oublié le traumatisme de l'été 79, commence une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l'incompréhension. 

Mon avis

Marnie porte sur ses épaules l’histoire de son ami Michael, son complice de jeux et d’aventures lorsqu’ils étaient enfants. Il a disparu, en 1979, alors qu’ils étaient ensemble, en train de jouer comme deux gamins insouciants, et elle n’a jamais oublié. Elle s’est éloignée de la région, a tout mis en place pour avancer dans sa vie mais ce fait reste gravé et présent en elle. À la mort de son père, elle revient sur les lieux, en 2009.

En 2006, la fille de Bill n’est pas allée à son cours de danse et on n’a jamais retrouvé sa trace. Lui aussi, ne peut pas oublier. Son couple a été détruit et Il reste hanté par ce qu’il aurait dû ou pu faire pour éviter tout ça.

2009, Marnie et Bill ne se connaissent pas et n’ont aucune raison de se croiser. Chacun vit un impossible deuil, comme souvent lorsqu’il n’y a ni corps ni explications. Les événements s’invitent régulièrement dans leur mémoire. Ils revivent, analysent, essayant de comprendre, de voir ce qu’ils ont raté.

On alterne leur quotidien, le passé, le présent. On ressent leur douleur, leurs angoisses, ils sont brisés de l’intérieur.

Je ne connaissais pas cette autrice canadienne et je suis heureuse de cette découverte. Son écriture, émaillée de mots et d’expressions de son pays : tabarnak, tuque, pantoute etc est très belle, poétique. Elle campe une atmosphère, un décor accompagné d’une nature parfois hostile avec tout ce qui est nécessaire à leur perception : les sons, la météo, les odeurs et les ressentis. C’est très immersif et on frissonne avec les personnages.

Peut-on continuer sa route sans savoir la vérité ? Peut-on accepter de ne jamais avoir de réponse ? À quoi ressemble les journées de ceux qui restent face à l’absence ? La plaie peut-elle se refermer, cicatriser ?

Ce n’est pas un roman avec une enquête policière, des investigations, des rebondissements. Même si on croise des policiers, ce n’est ni leur rôle, ni leurs actions qui sont mis en avant. Andrée A. Michaud creuse au plus profond de chaque individu. Elle retranscrit les émotions, les interrogations, le cheminement de chacun vers, peut-être, une forme de pardon afin d’être libéré de ce poids qui les étouffe et modifie leur destinée

Le style m’a envoûtée, c’est un récit qui s’installe doucement, qui vous prend dans ses rets, une certaine désespérance habite le texte mais sans pour autant tomber dans le pathos. C’est simplement la vie de ceux qui ont été blessés et qui souffrent encore…


"Ils n’ont rien vu" d'Andrea Mara (No One Saw a Thing)

 

Ils n’ont rien vu (No One Saw a Thing)
Auteur : Andrea Mara
Traduit de l’anglais (Irlandais) par Anna Durand
Éditions : Mera (15 octobre 2024)
ISBN : 978-2487149137
390 pages

Quatrième de couverture

Imaginez : vous êtes sur le quai du métro londonien, à l’heure de pointe. Vos petites filles sont devant vous et montent dans le wagon qui vient d’arriver. Mais alors que vous tentez de les rejoindre en traversant la foule, les portes se referment. Le métro s’éloigne, vous laissant seule sur le quai. Vous atteignez l’arrêt suivant, persuadée que vos enfants ont été prises en charge par la sécurité. Quand vous arrivez, on ne vous rend pas vos deux filles, mais seulement votre cadette : celle de deux ans, à peine capable de parler. Votre fille aînée s’est-elle perdue ?? A-t-elle été enlevée par un inconnu ?? Le coupable est-il plus proche de vous que vous ne l’imaginez ??

Mon avis

Aaron vit avec son épouse, Sive et leurs trois enfants en Irlande, à Dublin. Il est avocat, elle est journaliste. Lorsqu’il était plus jeune, il vivait à Londres, en colocation.

Ce week-end-là, ils se rendent, en famille, à Londres pour passer du temps avec les anciens colocataires. Sive est venue mais elle connaît mal les « codes » de ce groupe. Ils ont toujours l’air en compétition, comme si chacun devait prouver qu’il est le meilleur. En plus, avec les trois bambins, ce n’est pas simple pour elle. Mais elle est là, presque prête à devenir amie avec les femmes de la bande.

Alors qu’elle doit prendre le métro avec ses filles et son bébé, un drame survient. Les deux sœurs montent dans le wagon et les portes se referment, elle n’a pas eu le temps de les rejoindre ! Elle alerte le personnel et pense retrouver Faye (6 ans) et Béa (2 ans) à l’arrêt suivant. Sauf que seule Béa est présente. Son aînée a disparu, et personne ne semble avoir remarqué quoi que ce soit.

C’est l’horreur ! S’est-elle égarée, a-t-elle été kidnappée ? Que s’est-il réellement passé ? Les images des caméras de surveillance seront-elles exploitables ? Commencent des heures, des jours d’attente pour les parents de Faye.

Avec d’habiles retours en arrière, l’auteur nous éclaire sur le passé (sur quelques jours ou plus loin). On cerne les relations entre les copains et rapidement, on comprend que les non-dits, et peut-être même les mensonges, sont assez nombreux. Qu’entre ce qui est raconté et ce qui a été vécu, il y a parfois un gouffre …

Le début du roman m’a paru long, je sais qu’il fallait le temps d’installer le contexte (avant et après), les lieux, les personnages etc… mais il me manquait ce petit quelque chose qui fait qu’on a envie, en permanence, de tourner les pages.

Ensuite, tout s’est accéléré, suspense, fausses pistes, intervention des uns et des autres, tout pouvait être vrai ou faux en permanence et je voulais connaître la vérité.

L’écriture est fluide (merci à la traductrice), ça se lit facilement. Il y a bien de temps en temps, des mots en trop ou en moins mais ça ne m’a pas gênée.

L’auteur maîtrise son récit, elle sait où elle veut nous emmener et elle y arrive !

C’est une lecture plaisante que je ne regrette pas.

NB : un plan du métro et une liste des principaux personnages dans les premières pages, excellente idée !


"De pierre et d'os" de Jean-Paul Krassinky

 

De pierre et d’os
Auteur : Jean-Paul Krassinsky (textes et aquarelles)
Éditions : Dupuis / Collection : Aire Libre (11 Avril 2025)
ISBN : 979-1034767069
212 pages

Quatrième de couverture

Lors d'une nuit de tempête, Uqsuralik, une jeune Inuk, est séparée des siens. Isolée sur une banquise hostile, elle tente de survive en compagnie de ses chiens.
Elle est heureusement recueillie par une famille et intègre leur campement d'hiver. Si ses talents de chasseuse lui permettent d'être rapidement valorisée au sein du groupe, les agissements du patriarche la contraignent à s'éloigner et fuir cet homme dangereux. Elle retrouve alors la famille de son oncle. Entourée de bienveillance, elle va essayer de soigner son corps et son âme des traumatismes de son passé.

Mon avis

Adapté du roman éponyme de Bérengère Cournut (que je n’ai pas lu, paru en 2019), ce roman graphique est splendide. Les illustrations sont des aquarelles représentant des inuits et leur environnement : la banquise, une nature régulièrement hostile où il faut trouver de quoi s’abriter, se nourrir …

L’auteur a travaillé pendant quatre ans dont trois uniquement sur les dessins pour réaliser cet album. Ne pas surcharger les phylactères mais respecter l’essentiel du texte n’a pas dû être facile. Pourtant on ressent bien toutes les étapes de la vie et toutes les émotions d’Uqsuralik, une jeune Inuk, qui a été séparée de sa famille par un incident météorologique.

Les paysages et les éléments naturels tiennent une grande place mais le surnaturel également. Certaines doubles pages sont consacrées à des chants et j’ai beaucoup aimé celui du vent et de l’orage.

Les vignettes ne sont pas régulières, elles s’étirent et s’étalent plus ou moins selon l’importance de ce qu’elles transmettent : la violence, la douceur ou la « communion » du moment.

Les inuits ont tendance à tous s’habiller de façon identique mais on repère les personnages avec quelques traits caractéristiques même quand ils vieillissent. J’ai lu que Krassinsky a choisi de mettre des gros sourcils à Uqsuralik pour qu’on la reconnaisse à tous les âges (on la suit sur plusieurs années).

Ce n’est pas une histoire facile, les conditions de vie sont terribles et Uqsuralik, au gré de ses pérégrinations, n’est pas forcément accueillie avec mansuétude (elle est vue comme une bouche de plus à nourrir). Les relations humaines sont rustiques le plus souvent mais j’ai beaucoup aimé la complicité établie avec la vieille femme, Sauniq.

Cette lecture bouleverse parce que, souvent, quand on imagine la vie des inuits, on ne voit que les aspects positifs, sans penser à la rudesse des journées et des rapports humains. Pour la beauté des « tableaux » et l’émotion qui s’en dégage, c’est une magnifique découverte.



Le convoi de l’eau de Akira Yoshimura (水の葬列)

 

Le convoi de l’eau (水の葬列)
Auteur : Akira Yoshimura
Traduit du japonais par Yutaka Makino
Éditions : Actes Sud (19 Janvier 2009)
ISBN : 978-2-330-02812-1
180 pages

Quatrième de couverture

Un homme étrange s'est engagé au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue et difficilement accessible, se révèlent les contours d'un hameau. Les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux.
Au cours du terrible chantier, alors que la dynamite éventre la montagne et ébranle les maisons, le destin du narrateur entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l'exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau.
Des images de toute beauté, inoubliables.

Mon avis

Un tout petit livre, dans ce format si agréable de chez Actes Sud et à la couverture superbe : une photographie qui ressemble à un tableau …

D’entrée, j’ai été surprise par le « nous ». Le narrateur s’efface derrière ce pronom et utilise peu le « je ». Il dit d’ailleurs qu’il est venu sur ce chantier du barrage pour « guérir » après une période d’incarcération. « Le hameau qui avait bien voulu soigner ma blessure était en train de disparaître de cette vallée »

Petit à petit, au long du livre, il se «détachera » du groupe, se remettra à exister par lui-même et emploiera à nouveau le « je » jusqu’à l’utiliser couramment
On retrouve bien là, l’attitude des détenus, qui ont des difficultés à garder une identité propre car le rythme est imposé au groupe, par le groupe.

Le chantier d’un barrage n’est pas un chantier ordinaire, c’est un endroit à hauts risques où « La mort est une réalité prise en compte dès le début. »
On y vit tous ensemble, loin de sa famille, loin de la ville.

À côté du chantier un village, l’observation réciproque est finement écrite ainsi que les relations entre les deux entités.

L’eau, le vert, les os, la mort sont très présents mais jamais d’une façon lourde.

L’écriture est très asiatique, légère, poétique. Je la comparerai à une dentelle créée petit à petit, à points comptés sans se presser.

L’eau monte, inexorablement, mais pas l’angoisse … Comme souvent dans les contrées asiatiques, les hommes acceptent la vie, la mort avec « philosophie » continuant leur route …

Notre narrateur s’est réconcilié avec lui-même mais il ne nous laissera jamais entrevoir que ce qu’il a décidé de partager. Le reste, même son nom, nous ne le saurons pas et je l’imagine en train de continuer sa route, se retournant vers moi, un sourire (à peine esquissé) énigmatique aux lèvres …

 


"La jeune fille et la mer" de David Vann (The Sea Maiden)

 

La jeune fille et la mer (The Sea Maiden)
Auteur : David Vann
Traduit de l’américain par Laura Derajinski
Éditions : Gallmeister (5 Novembre 2025)
ISBN : ‎ 978-2351783603
288 pages

Quatrième de couverture

À vingt et un ans, Aica est prête à tout pour échapper à sa vie misérable et quitter la petite île des Philippines où elle a grandi. Quand débarque Bob, un Américain quinquagénaire qui vit sur son voilier, Aica décide de partir avec lui. Mais si Bob se présente comme un célibataire naïf et débonnaire en quête de compagnie, tout le monde sait bien qu’aux Philippines les riches étrangers entre deux âges ne cherchent qu’une chose auprès des jeunes fi lles locales. Naviguant entre espoir et cynisme, Aica veut malgré tout tenter sa chance et rejoint Bob sur son bateau.

Mon avis

David Vann est un auteur dont on dit qu’il est torturé. Ses obsessions nourrissent ses romans et je rajouterai qu’il vaut mieux s’abstenir de le lire si on n’a pas le moral …

Dans « La jeune fille et la mer », il aborde le thème du tourisme sexuel. Pourquoi certaines femmes en arrivent-elles à de telles extrémités ?

Aica a vingt et un ans, elle habite sur une petite île des Philippines et vit avec sa famille dans des conditions précaires. Elle veut partir, rencontrer un riche étranger afin d’avoir un meilleur quotidien. Elle est bien consciente qu’il sera nécessaire d’utiliser son corps, sa seule arme pour séduire….

Elle ne rêve pas que pour elle. Elle rêve également pour sa famille, ils ont besoin d’un frigo, d’un bateau, d’améliorer leur habitat … Elle ne peut pas dater ce rêve mais elle a le sentiment que, depuis toujours, il est au fond d’elle et qu’elle ne pense qu’à ça, tout le temps.

Alors, quand Bob et son voilier apparaissent, elle est en effervescence, la voilà l’occasion qu’elle attend. Bien sûr, il est un peu âgé mais elle le sent, c’est le bon moment pour elle. Et lui, avide de chair fraîche ne met pas longtemps à se décider… Est-ce le bon choix pour Aica ? En a-t-elle d’autres ? Est-ce mieux d’essayer, et tant pis pour les risques, pour ne pas avoir de regrets ?

L’embarcation est bien aménagée mais c’est petit et l’espace autour c’est la mer… Difficile de s’isoler, d’être seul-e un moment pour se reprendre et respirer …. Ce qui rapproche Aica et Bob ? Le sexe et j’écris « le sexe » pas « l’amour » …

Est-ce qu’on peut bâtir une relation durable en se basant uniquement sur ça ? Pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir que ça va être compliqué … Que vont-ils faire ?

Avec son écriture sombre (merci à la traductrice), l’auteur nous plonge dans un récit noir, terrible, qui fait froid dans le dos. Pas d’optimisme, les événements graves s’enchaînent …. Aica passe de la naïveté à une certaine forme de ruse pour essayer d’obtenir la liberté. Elle a appris bien vite …

Ce titre m’a moyennement plu. J’ai trouvé les invraisemblances un peu trop grosses et, même pour parler de tourisme sexuel, toutes les scènes intimes ne sont pas nécessaires. J’aurais souhaité que soit plus creusé le côté psychologique des personnages. On passe parfois rapidement d’une situation à une autre et ce n’est pas très réaliste. Dommage.

Malgré ces « bémols », je reconnais que l’auteur sait installer une tension dans le texte, ça noue le ventre, on cherche une lueur d’espoir, en se disant que si Aica prend la bonne décision, il y aura du mieux …

Davi Vann habite maintenant aux Philippines, j’espère que ce qu’il présente n’est pas une généralité là-bas ….

"Viral" de Kathy Reichs (Virals)

 

Viral (Virals)
Auteur : Kathy Reichs
Traduit de par Marie-France Girod
Éditions Oh ! Editions (18 Novembre 2010)
ISBN : 978-2361070106
410 pages

Quatrième de couverture

A 14 ans, Victoria Brennan, nièce de la célèbre anthropologue judiciaire Temperance Brennan, vit avec son scientifique de père sur une île isolée au large de Charleston, sur la côte de Caroline du Sud. Quand elle n'est pas à Charleston pour suivre les cours du collège huppé qu'elle déteste, Victoria, dite Tory, est livrée à elle-même et à ses passions : la science, la mer, sa bande de trois copains, et surtout... les chiens-loups. Car près du centre de recherches où travaille son père, une petite meute de chiens-loups vit en liberté depuis toujours. Tory est la seule à pouvoir les approcher. Elle est donc la seule à se rendre compte que le plus jeune de la meute, Cooper, a disparu. C'est en le cherchant qu'elle trouve une plaque d'identification militaire datant de la guerre du Vietnam, près d'un tas d'os. Tory n'est pas la nièce de Temperance Brennan pour rien : elle sait que ces restes sont humains. Et pourtant, à son retour avec la police, il n'y a plus rien... Un thriller haletant qui enthousiasmera tous les fans de BONES. À lire de 13 à 99 ans et au-delà...

Mon avis

«À lire de 13 à 99 ans et au-delà … » est il écrit en quatrième de couverture.
À lire un jour de pluie, pendant les vacances …
A lire pour se détendre sans chercher plus loin qu’un bon moment …

Le prologue et l’épilogue entourent quatre parties rythmées par les recherches d’un groupe d’adolescents entêtés et dynamiques …

Du mystère, un peu de surnaturel, des bons, des méchants, un méchant pas si méchant qu’il en a l’air, de l’amitié, des dialogues trépidants, des actions qui s’enchaînent, parfois des ficelles un peu grosses mais globalement un livre agréable.

Une lecture à la portée de tous, pas d’étude psychologique approfondie des personnages, pas de détails très poussés sur l’intrigue elle-même mais inutile de bouder son plaisir, on avance vite dans cette lecture et on a envie de comprendre le « pourquoi du comment »….

Je ne connais pas « Bones » la série télévisée évoquée mais je reconnais que ce roman, très visuel dans l’action et très « parlant » pourrait être facilement adapté pour le petit écran.

L’écriture est simple, familière, à l’image des jeunes héros que nous côtoyons, facile à aborder. Les différents personnages sont bien définis, la trame « se suit" bien, tout est donc réuni pour qu’en compagnie de ce roman, on ne voit pas le temps passer