Qui es-tu Mary ?
Auteur : Christian Pernoud
Éditions : Taurnada (10 Septembre 2026)
ISBN : 978-2372581912
254 pages
Quatrième de couverture
Automne 1973, Lake George.
Alan mène une existence paisible à l'écart du monde.
Mary surgit dans sa vie. Elle vient d'un New York gangrené par la violence.
Une histoire naît. La leur.
Mais très vite, des zones d'ombre apparaissent.
Des incohérences. Des silences.
Lorsque Mary disparaît brutalement dans d'étranges circonstances, la vie d'Alan
se transforme en cauchemar.
Qu'est-il arrivé à la femme de sa vie ?
Dès lors, il n'a plus qu'une idée en tête.
Découvrir la vérité.
Mon avis
Dans les dernières pages de cette lecture, l’auteur explique
la genèse de ce livre et si je le cite au début de ma chronique, c’est que ce
qu’il dit est plus qu’intéressant. J’ai eu l’impression que cette histoire
existait déjà, était réelle et que ce qu’il avait eu sous les yeux s’était
construit petit à petit. Il évoque des lieux où il a marché, des paysages qu’il
a contemplés, des odeurs qu’il a senties, des bruits qu’il a entendus. Tout
cela donne une forme de vérité à son texte et c’est une grande force. J’ai été
totalement conquise. C’est un récit doux, délicat. Christian Pernoud donne une
grande place au contexte.
Automne 1973, Lake George, au cœur des montagnes, en bordure
du lac éponyme. Pas très loin de New-York et pourtant totalement à l’opposé
pour des tas de raisons. Beaucoup de gens l’été, nettement moins lorsque la
saison se termine et que le froid, le vent, la pluie arrivent. C’est là que vit
Alan, dans une petite maison, héritée de sa mère décédée, au cœur des bois. Il
a des compétences en électricité et il travaille au câblage d’un parc d’attractions
qui sera implanté dans le coin. Il ne fait pas parler de lui, a peu de contacts
sauf dans le sport ou il excelle, il est même capitaine de son équipe de football
américain. Il plait aux filles, il a eu une copine quelques mois, mais ce qui l’intéresse
c’est écrire. Non pas qu’il se rêve écrivain, mais coucher des mots sur le
papier lui apporte sans doute beaucoup de bonheur, cela le nourrit.
Un soir, alors qu’il lit au café du coin, une jeune femme,
Mary, demande à partager sa table. Il aime sa tranquillité mais il dit oui et
elle s’installe. Ils échangent, discutent. En peu de temps, un lien se tisse.
Alan le solitaire s’attache à Mary dont il ignore tout. Qui est-elle vraiment ?
Elle repart, revient, il comprend qu’il ne faut pas poser de questions, même si
elles sont nombreuses à lui brûler les lèvres. Il a le souhait de construire
avec elle, quelque chose de beau, de durable, de vrai.
Et c’est tout le contraire qui lui tombe dessus. Un
cauchemar. C’est un homme bon, droit, il souffre en silence, se tait. Mary
restera-t-elle une énigme ou aura-t-il, un jour, la possibilité de comprendre ?
Le temps a passé, il revient sur son histoire et nous l’offre.
Ce roman est bouleversant. Il évoque de nombreux thèmes, les
choix de vie, ce qu’on veut être, ce qu’on peut être. Il est à la fois simple
et profond, d’une intensité inouïe avec des mots choisis qui nous mettent au cœur
des événements pour nous permettre de ressentir à fond tout ce qui est décrit. L’atmosphère
est palpable, les descriptions sont fines, elles posent le décor, très expressif.
On visualise l’évolution de la nature en fonction de la saison, des journées.
Les personnages qui évoluent là sont très présents, on les sent.
L’écriture m’a énormément touchée, Alan également, car il
est quelques fois candide, mais en vieillissant, sa force morale augmente, son
regard s’affine, c’est une belle âme. Il est Je ne pouvais plus arrêter ma
lecture.






