Moi Anaïs Berg
Auteur : Diane McEvoy
Éditions : City Edition (20 mai 2026)
ISBN : 978-2824625249
274 pages
Quatrième de couverture
Anaïs Berg est une petite amie attentionnée, une voisine
souriante et une professeure respectée. Elle mène à Liverpool une vie
tranquille.
Un jour, dans une foule, elle aperçoit une silhouette qui fait douloureusement
écho à un passé bien enfoui. Sans doute du surmenage. Puis elle a la sensation
d’être suivie. Elle se raisonne, mais sort de moins en moins de chez elle. Sa
maison. Son cocon. Où ses vêtements changent de place. Où une playlist se lance
toute seule. Cherche-t-on à la rendre folle ?
Mais quand les menaces se font directes, Anaïs comprend : quelqu’un sait, et le
piège est en train de se refermer doucement sur elle.
Mon avis
Professeure à l’Université, spécialiste des Beatles, Anaïs
vit avec Joe, avocat, depuis une dizaine d’années dans la maison qu’elle a acquise.
Ils sont heureux et tout se passe pour le mieux, même si elle se confie
rarement sur son passé. Ils ont trouvé leur rythme et leur équilibre, que
demander de plus ? Elle anime des conférences, fait des présentations sur
son sujet d’études et tout le monde souligne ses compétences et le travail qu’elle
fournit.
Voilà la Beatleweek, une convention sur le thème des Beatles
à Liverpool, où Anaïs travaille. C’est la consécration pour elle. Elle va être
décorée pour toutes ses recherches, tout ce qu’elle a découvert et partagé sur
le quatuor et pour son dernier livre. L’apothéose et comme elle le confie, elle
attend ce moment avec impatience, pour la reconnaissance, le succès et la
réussite de ses projets. C’était son but, son objectif, se faire un nom et être
considérée comme la meilleure dans son domaine. Elle le reconnaît, les astres
se sont alignés pour que tout se passe bien. Mais elle s’est donné les moyens d’arriver
à ses fins.
Ce soir-là elle parle du groupe : photos, musiques, comptes-rendus,
tout est parfait. Pendant l’exercice des questions / réponses, elle
entrevoit un regard, une silhouette qui la met mal à l’aise. Elle essaie de
passer à autre chose mais ça la hante. Pourquoi ? Est-ce que cette jeune
femme, parfaite en apparence, aurait quelque chose à cacher ? Rapidement,
je me suis interrogée, me demandant ce qu’elle pouvait bien taire, même à son
amoureux, attentif et aimant. J’étais loin d’imaginer le contenu de ce premier
roman.
Plusieurs personnages interviennent tout en disant « je ».
Diane McEvoy a été très forte, car pour chacun, elle a su ajuster son phrasé et
son vocabulaire. En s’exprimant, tous dévoilent une bonne part de leur
caractère, de leurs pensées et j’ai eu le sentiment de vraiment pénétrer dans
leur intimité, de suivre leur raisonnement. J’avais envie de fouiller le passé
de chacun pour mieux les cerner.
Le récit est bien construit avec des retournements de
situation inattendus. Cela relance totalement l’histoire et chaque fois, je me
suis questionnée sur la suite. Comment vont réagir les uns et les autres ?
Qui va prendre le dessus ? Qui ment, qui dit la vérité ? Est-ce que
je me fais manipuler ou j’ai enfin tout compris ?
Structuré en plusieurs parties, les chapitres (chacun
portant le titre de la personne qui « parle »), assez courts dans l’ensemble,
s’enchaînent sans temps mort. Je voulais savoir, je voulais comprendre et je ne
pouvais plus lâcher ma lecture. Il y a une tension permanente, un suspense
indéniable et ça m’a scotchée aux pages. L’autrice maîtrise son écriture, c’est
à la fois visuel et intime, je me suis sentie en permanence au cœur de l’action.
Elle place des piques humoristiques ou ironiques à bon escient et c’est bien
fait. Une partie de l’intrigue se tient à Liverpool, ville que connaît bien
Diane et ça rend son texte encore plus crédible (comme pour les Beatles car elle
détient un Master "The Beatles Popular Music & Society" de la
Hope University). De plus, il y a, dans les dernières pages, la playlist des
titres cités.
L’idée principale est abordée de façon originale. Diane dit
que c’est venu, sur une plage, comme ça, d’un coup. Et bien il fallait y penser !
Sa principale force est de rebondir chaque fois qu’on s’imagine avoir tout
cerné sans jamais faire retomber l’intérêt, nous donnant le souhait de lire la
suite au plus vite !
Un premier titre très réussi !






