Justice indienne (Winter Counts)
Auteur : David Heska Wanbli Weiden
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par
Éditions : Gallmeister ( 7 Janvier 2021)
ISBN : 978-2351782323
420 pages
Quatrième de couverture
Sur la réserve indienne de Rosebud, dans le Dakota du Sud,
le système légal américain refuse d'enquêter sur la plupart des crimes, et la
police tribale dispose de peu de moyens. Aussi les pires abus restent-ils
souvent impunis. C'est là qu'intervient Virgil Wounded Horse, justicier
autoproclamé qui loue ses gros bras pour quelques billets. En réalité, il prend
ses missions à coeur et distille une violence réfléchie pour venger les plus
défavorisés. Lorsqu'une nouvelle drogue frappe la communauté et sa propre
famille, Virgil en fait une affaire personnelle. Accompagné de son ex-petite
amie, il part sur la piste des responsables de ce trafic ravageur. Tiraillé
entre traditions amérindiennes et modernité, il devra accepter la sagesse de
ses ancêtres pour parvenir à ses fins.
Mon avis
David Heska Wanbli Weiden,
l’auteur, est membre d’un des sept clans qui forment la tribu Lakota.
« Justice indienne » est son premier roman.
L’histoire est racontée par Virgil Wounded Horse, qui élève
seul son neveu Nathan, suite au décès de sa sœur. Ils vivent dans une réserve
du Dakota Sud. Il est régulièrement sollicité pour pallier au manque de la
justice car les habitants de ce coin sont bien souvent laissés de côté, ils ne
sont pas une priorité des autorités. De plus, la police tribale n’a pas le
droit d’intervenir sur certains faits, par exemple les meurtres ou les viols,
il faut alors appeler les « officiels » du gouvernement.
De nombreux sujets sont abordés dans ce récit. Le rapport à
la terre (qui reste la propriété du gouvernement), à la nourriture (changer les
menus, manger autre chose, moderniser l’alimentation), la scolarité (sur place
ou plus loin, et pour quelles études ?), l’introduction de la drogue, de
l’alcool, pour rendre les indiens dépendants, les soins médicaux, les
traditions (quelle place leur donner ?), les lois imposées etc….
« En fait, on s’est tous fait coloniser comme des
bêtes. Avant l’arrivée des Blancs, on n’avait pas de lois. Pas besoin. Pas
besoin de boulots non plus, parce qu’on chassait notre nourriture ! »
Au-delà de l’intrigue, la description de la vie est très
précise, mettant en exergue toutes les difficultés quotidiennes pour ceux qui
sont tiraillés entre tradition et modernité, en colère parce qu’on ne les
respecte pas… C’est aussi une approche politique.
« Peut-être pouvais-je faire un recours pour qu’on
nous rende notre dignité, scellée dans une enveloppe officielle, les péchés du
passé effacés comme par magie, disparus comme le bison. »
Virgil se voit confier une mission, en parallèle son neveu a
des problèmes… Il se doit d’agir car c’est son peuple qu’il doit défendre. Pourtant,
contrairement à d’autres, il n’est pas resté attaché aux traditions, il les a
mises à distance, les pow-wow, les huttes de sudation etc … il s’en
préoccupe peu.
« J’avais oublié depuis si longtemps ce que
signifiait être indien. »
« Quand je baissai les yeux, je vis que les
étoiles-toutes sans exception-se trouvaient maintenant dans mes mains, elles
éclairaient mes veines, mes muscles, mes os.
Je restai là, seul avec mes ancêtres, et les écoutai. »
Pour réussir, il doit choisir ses priorités, guérir et
protéger la communauté. Rien ne lui est épargné, des gangs font régner la
terreur, comment les stopper sans mettre qui que ce soit en danger ?
Certains passages, réalistes, sont violents…
Parmi les personnages, il y a Marie, une jeune femme proche
de Virgil. Ses parents font tout pour qu’elle puisse poursuivre des études en
dehors de la réserve, elle ne sait pas quelle décision prendre.
Nathan, lui, comme beaucoup d’adolescents, se cherche, il a envie de se
rebeller, de vivre sa vie.
Cette lecture a été très plaisante, j’ai apprécié
l’atmosphère mise en place, les paysages, la précision des rites indiens (à la
fin du livre, on sait que ce qui a été présenté, c’est ce qui peut être
partagé, le reste est secret). Il y a du rythme, de l’action, certains
individus évoluent bien (je pense à Tommy), d’autres déçoivent…
Je vais regarder si cet écrivain a rédigé d’autres
titres !







