"La montagne vivante" de Nan Shepherd (The Living Mountain)

 

La montagne vivante (The Living Mountain)
Auteur : Nan Shepherd
Traduit de l’anglais par Marc Cholodenko
Introduction de Robert Macfarlane
Éditions : Christian Bourgois (2 mai 2024)
ISBN : 978-2267048810
210 pages

Quatrième de couverture

C’est un monde à couper le souffle que décrit Nan Shepherd de sa prose poétique et exaltée : les rivières, la neige, la faune et la flore… Elle explore les résonnances du cœur humain et du paysage, s’affronte à la grandeur souvent terrifiante de la montagne, et nous convie à contempler l’âme du monde déployée sous nos yeux. Écrit en 1940, ce chef-d’œuvre méditatif et envoûtant sur les beautés de la nature est devenu un classique incontournable du genre.

Mon avis

Ce livre a été écrit en 1940. L’auteur ayant essuyé un refus, il a été remisé dans un tiroir jusqu’en 1977 où il est sorti en peu d’exemplaires. Et puis Robert Macfarlane (un écrivain voyageur) l’a lu et l’a remis au goût du jour. Dans cette édition, il a écrit une longue introduction où il dit que ce livre l’a transformé.

« Elle m’a ouvert les yeux, m’a appris à voir ces collines si familières au lieu de me contenter de les regarder. »

Ce recueil nous invite à une sortie dans les montagnes écossaises, si chères au cœur et au corps de Nan Shepherd. Son écriture (merci au traducteur), ses mots, sa façon de s’exprimer, subliment le lieu unique qu’elle présente. Elle nous fait un cadeau car ce qu’elle décrit permet de comprendre son lien à la nature, aux éléments et comment les appréhender pour s’offrir des moments magiques en totale communion avec ce qu’on peut contempler, écouter, percevoir lorsqu’on est dans la montagne.

Oui, c’est difficile parfois de randonner, lorsqu’on monte en altitude et que le souffle est de plus en plus court mais petit à petit le corps s’habitue et le paysage en vaut la peine. Nan explique comment elle prend le temps de regarder un cours d’eau, en balayant du regard ce qui s’offre à sa vue, en écoutant le bruit des gouttes qui tombent, en vivant chaque instant, pleinement, en conscience.  Finalement, c’est un texte très actuel car c’est la source des séances de sophrologie ou de bien-être : carpe diem….

Mais ce qui fait la force de ce récit, c’est le style lumineux, poétique, portant un magnifique message d’amour pour ce lieu que Nan apprécie au-delà de tout.

« Mais souvent la montagne se donne le plus complètement quand je n’ai pas de destination, quand je ne cherche pas un endroit particulier, quand je suis sortie rien que pour être avec la montagne comme on rend visite à un ami sans autre intention qu’être avec lui. »

La montagne respire, c’est comme un être humain, elle représente une forme de vie pour Nan. D’ailleurs, tous ses sens sont en éveil lorsqu’elle est auprès d’elle.

« Former l’oreille au silence, c’est découvrir combien il est rare. »

Elle glisse hors du temps en totale harmonie avec le lieu. Elle reconnaît que vivre là-haut n’est pas toujours aisé pour ceux qui y restent à demeure. Ceux qui ont choisi d’y habiter savent que le labeur sera quotidien, lourd, long, voire épuisant mais c’est une décision réfléchie et une forme de bien-être pour eux. Leur équilibre est à ce prix et leur accueil envers ceux qui, comme Nan, les comprennent, est beau, simple et joyeux.

Ce texte est superbe, chaque recoin de la montagne est offert à notre regard par les phrases de Nan, que ce soit un paysage exceptionnel ou un aspect plus difficile, elle partage tout avec un phrasé puissant, lyrique nous permettant de voir plus loin que le premier regard…. Un livre à savourer et à relire….


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