"Voici des ailes" de Maurice Leblanc

 

Voici des ailes
Auteur : Maurice Leblanc
Éditions : Libretto (2 Mai 2016)
ISBN : 978-2369142638
128 pages

Quatrième de couverture

Deux couples dans le vent entreprennent un petit tour de Normandie et de Bretagne à vélo, pensent d'abord avoir présumé de leurs forces..., mais décuplent celles-ci par le moyen d'un élixir imprévu : l'amour. Tous quatre s'aperçoivent rapidement que l'assortiment de départ n'était pas le bon ; l'on change donc de partenaire, non sans quelques hésitations ni cachotteries d'abord. Et l'on se met dès lors à brûler les étapes...

Mon avis

Voici des ailes a été écrit en 1898 ! Comme le dit Antoine de Caunes dans son excellente préface, c’est l’histoire d’un marivaudage à pédales.

Deux couples, les femmes étaient en pension dans le même institut, elles sont restées en contact, les maris se connaissent. Ils ont décidé de partir tous les quatre « à bicyclette », sur les chemins, lalalalala… Ils discutent, et font l’éloge de ce mode de déplacement. Ils sont loin de Paris, les habitudes changent, on se soucie moins de l’heure, on porte des vêtements plus décontractés, on se laisse un peu aller, tout est différent ...

L’expérience commune de ce voyage en vélo modifie les perceptions, un peu comme, lorsqu’on vit un temps fort (stage, centre de vacances) avec les mêmes personnes, en « vase clos ». On se rapproche des autres, la proximité n’est plus la même et … parfois, sans vraiment l’avoir prémédité, on ne prend pas la route prévue et on se retrouve à pédaler avec le mari de la copine …

Pour l’époque, l’auteur a osé proposer une situation très moderne. Au fil des pages, en découvrant la personnalité de chacun, on comprend que les deux unions étaient mal assorties et que Guillaume d'Arjols n’a rien d’un mari fidèle.

Ce court roman, un tantinet désuet est un régal, la langue est travaillée, on lit entre les lignes les sous-entendus, les peut-être, les soupirs, les regards échangés, les mots murmurés … C’est une ode à la nature, à la bicyclette, au rythme lent qu’impose le fait de pédaler, on est obligés de prendre le temps, de regarder, d’ouvrir les yeux.

Il y a une forme de retenue, de pudeur dans le texte, et en parallèle d’intimité, c’est très bien écrit et c’est une belle découverte !


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