"Le château de la solitude" de Luc Dagognet


Le château de la solitude
Auteur : Luc Dagognet
Éditions : Do (21 Août 2026)
ISBN : 979-1095434702
290 pages

Quatrième de couverture

Toutes les relations amoureuses semblent vouées au désastre dans cette ville du Plessis-Robinson, dominée par la silhouette menaçante du châ­teau de la Solitude. Un orthophoniste erre dans les parcs, une ser­veuse rentre chez elle en pleine nuit, un cuisinier fume dans l’arrière-cour d’une cantine- seuls, parfois blessés, pleins de leurs souvenirs. Et puis le petit Jacques, écolier, les doigts toujours recouverts de pan­sements, croise un soir Alexandra, une lycéenne de dix-sept ans. Un gouf­fre les sépare : l’âge, les passions, l’expérience. L’enfant la regarde pourtant comme si tout était encore possible. Alors, pièce après pièce, il va rencon­trer son histoire. Et le château veille, seul au milieu de son bois.

Mon avis

C’est un roman inexplicable, mêlant réalité et imaginaire dans une atmosphère nimbée de mystères.  Il y a ce château, celui de la Solitude, des tourments secrets, des non-dits, des peurs et des aventures … Il y a des personnages qui ont tous une histoire, un passé qui les encombre, des interrogations qui les hantent …

On rencontre le petit Jacques, un écolier un peu isolé, souvent moqué, voire harcelé avec violence, mais il ne dit rien, se tait et souffre en silence. Il n’arrive pas à communiquer, il est trop mur pour son âge et ne se sent pas bien avec ceux de sa classe. Le cuisinier de l’école semble le comprendre lorsqu’il passe avec son plateau à la cantine mais ce n’est pas suffisant pour exprimer ce qui le hante. Et puis, il croise Alexandra, une lycéenne. Peu lui importe la différence d’âge, de statut, il a le souhait de parler avec elle. Est-ce qu’il est plus à l’aise avec des personnes plus âgées que lui ? Est-ce qu’il pense que ce sera moins compliqué ? Il ne se pose pas de questions. Il veut discuter avec cette jeune fille qui l’émeut. Un peu amoureux ? Il ne met pas de mot sur son état affectif, il le montre ou plutôt essaie de le montrer par des actes, des mots. Il est pur ce petit Jacques et ne voit pas le mal, encore moins ce qui est défendu ou mal vu. Pourtant ils sont nombreux à le mettre en garde …

On croise aussi un âne qui panse les maux, qui est présence évanescente. Il est là quand il le faut, simplement pour soutenir, accompagner, soulager …

D’autres passeront dans ce récit, avec plus ou moins d’impact sur le lecteur mais tous auront une raison d’être….

C’est un roman d’émotions. Celles qu’on ressent en lisant, celles qu’on découvre à travers l’histoire de chacun. On traverse les époques, les mondes, les univers réel ou inventé …

Le château de Plessis-Robinson existe vraiment, on a d’ailleurs quelques photos dans le livre. Il a brûlé et s’appelle château de la Solitude (et le bois autour également). Il a probablement fasciné l’auteur qui a choisi de le mettre au cœur de son nouveau titre. Ce bâtiment est un lieu énigmatique, qui observe, se tait mais n’en pense sûrement pas moins ….

C’est un roman qui mélange les genres, un peu fantastique, très mélancolique. On peut y vivre dans les rêves en passant dans une armoire, en donnant physiquement un peu de soi pour marchander un « accord »…

La couverture est belle, significative, on a envie de mettre notre main sur celle de Jacques, d’enlever les pansements, de lui dire des mots choisis qui parleront à son cœur, qui l’aideront à grandir et à accepter ….

Entrer dans cette histoire, c’est dire oui à l’inconnu, à l’inattendu, à ce qui bouleverse et bouscule, à ce qu’on ne peut pas expliquer mais qui parle à la tête et au cœur car l’écriture envoûtante berce les esprits et leur offre une ouverture sur des écrits d’un autre style …  C’est, je crois, la grande force de Luc Dagognet.


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