"L'enfant du vent des îles Féroé" d'Aurélien Gautherie

 

L’enfant du vent des Féroé
Auteur : Aurélien Gautherie
Éditions : Noir sur Blanc (6 Janvier 2026)
ISBN : 978-2889831845
192 pages

Quatrième de couverture

Îles Féroé, 1902. Dès sa naissance, la petite Anna semble chétive, comme pour donner raison à sa mère, Olga, qui s’est inquiétée durant toute sa grossesse d’un problème qu’elle pressentait et que le médecin donnait pour imaginaire. Le père, Jonas, un modeste pêcheur, aime sa première-née aveuglément tandis qu’Olga est assaillie de sentiments plus ambiva­lents – elle apprécie d’autant plus l’aide que sa belle-sœur apporte sans compter au jeune ménage.
Îles Féroé, 1953 : Jonas sent que la fin est proche, mais il veut tenir quelques heures encore, afin de s’éteindre le même jour que sa fille adorée, puisque c’est ce jour-là qu’il est mort au-dedans.

Mon avis

Ce roman est un petit bijou, un de ces livres difficiles à présenter, qu’on n’a pas envie de prêter à n’importe qui de peur d’entendre : mouais, c’est tout ?

J’ai énormément apprécié la narration : objets, lieux, personnages de l’histoire, ils prennent la parole tour à tour (leur nom en titre de chapitre) et évoquent les événements, ce qu’ils ressentent et vivent (ou ont ressenti /vécu). L’écriture et le style s’adaptent à chacun avec beaucoup d’intelligence, de finesse. On a ainsi différents angles de vue sur ce qui se passe. Quelques poèmes sur les vents s’intercalent dans le récit, ils sont magnifiques et apportent une note lyrique.

C’est l’histoire de Jonas, qui, malgré les mises en garde, se marie avec Olga. Et puis, arrive la naissance d’Anna, qui est chétive, silencieuse, et cela creuse un fossé entre les époux. Chacun s’éloigne, se mure dans le silence. Ils ne communiquent plus…

Ce qui est intéressant, c’est la narration multiple, qui brasse le temps, sans jamais nous perdre. Petit à petit, tout s’éclaircit, on comprend, on cerne, les silences, les souffrances, les absences. La vie et ses obstacles, la vie et ses joies …

Et par-dessus tout, j’ai aimé l’amour de ce père, jusqu’au bout, contre vents et marées.

Contre vents et marées, oser prendre le large
Oser tourner la page, vivre est à inventer
Contre vents et marées, se frotter aux orages
La vie comme un voyage où risquer c’est aimer. (Dominique Rigaldo)

Il éprouve un amour inconditionnel pour ce petit bout de femme, il la chérit parce que lui, malgré tout ce qui est négatif et compliqué pour cette petite, il l’aime …

Ce court roman a été une parenthèse enchantée. L’écriture emplie de sensibilité m’a enchantée.


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