Les grues volent vers le Sud de Lisa Ridzén (Tranorna flyger söderut)

 

Les grues volent vers le Sud (Tranorna flyger söderut)
Auteur : Lisa Ridzén
Traduit du suédois par Catherine Renaud
Éditions : La Peuplade (7 Mai 2026)
ISBN : 978-2925416890
434 pages

Quatrième de couverture

Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions.

Mon avis

Je savais bien que c’était un roman, que Bo n’existait pas « pour de vrai ». Alors, il n’y avait aucune raison de s’attacher, encore moins de pleurer en serrant mon mouchoir très fort dans la main…. Et pourtant, j’ai fini en larmes …

Bo, c’est un vieil homme de quatre-vingt-neuf ans. Son corps le trahit, il n’a plus le même rendement, la même force. Parfois, c’est sa tête aussi, il oublie. Mais il est encore chez lui avec Sixten, son chien. Les aides à domicile passent tous les jours, notent quelques remarques dans le cahier de liaison (ce qui rend le texte très réaliste). Sa préférée, c’est Ingrid, elle le comprend à demi-mots. Régulièrement, il appelle Ture, son ami de toujours. Diminué lui aussi, alors ils ne se voient pas mais se parlent et échangent.

Il se sait fatigué, amoindri mais il voudrait encore décider, choisir ce qui est bon pour lui ou pas. Mais tout le monde semble savoir mieux que lui.

« J’ai envie de me lever, de taper du poing sur la table et de dire que je fais ce que je veux, bon sang. Que je suis le capitaine de mon pauvre navire.
Mais je ne le fais pas. Parce que je ne suis pas le capitaine. Je ne suis qu’un balluchon attaché à un bateau en pleine tempête. »

Ce qui le maintient en vie malgré sa santé vacillante ? Son chien, une présence, une chaleur presque humaine. Il faut le sortir, c’est un animal qui a besoin de longues promenades et les jambes de Bo ne suivent plus…. Ce serait mieux de le confier à une famille, son fils le lui dit souvent mais il refuse de l’entendre, il veut garder Sixten près de lui, ils ont besoin l’un de l’autre….

Que peut-il faire ? Refuser. Il le dit, c’est la seule chose qui est encore possible pour lui, refuser de manger, de se doucher, de parler….. Mais est-ce la solution ? Bo pense, réfléchit, revient sur sa vie, laisse les souvenirs affluer en lui … Il reconnaît qu’il est maladroit avec son fils (et le contraire aussi). Ces deux-là n’ont pas su se dire les choses mais il n’est peut-être pas trop tard …

Je me suis sentie proche de Bo, comme si je pouvais l’accompagner. L’autrice a réussi à le rendre « palpable », tout ce qui fait son quotidien est saisissant de réalisme. Les soins, l’aide obligatoire pour certaines tâches, ce qui paraît humiliant mais l’impossibilité de faire autrement ….. Et comment garder sa dignité ….

Ce livre évoque le temps qui passe, les relations familiales, l’amitié, les non-dits, la difficulté pour communiquer, les choix qu’on fait, le deuil (face à la mort ou lorsque la personne aimée n’est plus la même ou lorsqu’on doit renoncer et accepter que rien ne soit plus comme avant), la place des aidants (ceux de l’extérieur et les proches).

C’est un premier titre et le ton est très juste, pas larmoyant malgré la tristesse qui nous étreint. Lisa Ridzén parle de la vie et de la mort qui en fait partie. Elle le fait avec une délicatesse infinie, sans en rajouter. Le vocabulaire est précis (merci à la traductrice, Catherine Renaud), posé et retransmet avec doigté toutes les émotions ressenties et elles sont nombreuses.


"Clifton - Tome 5: Atout ... coeur" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 5 : Atout … cœur
Auteurs : Turk & De Groot
Édition : Le Lombard (25 Janvier 1981)
ISBN : 978-2803603183
50 pages

Quatrième de couverture

Des magnats de la haute finance tombent comme des mouches. Les uns après les autres, ils sont inexplicablement terrassés par une crise cardiaque et le masque d'une peur atroce déforme le visage de chacun ! Comment ? Pourquoi ? Voilà autant d'épineuses questions auxquelles Scotland Yard a laissé à Harold Clifton le soin de répondre...

Mon avis

Scotland Yard a besoin du colonel Clifton pour déjouer les meurtres de grands magnats financiers. Crise cardiaque pour chacun, ça ne pardonne pas. Il faut donc un super détective pour mener l’enquête.

Toujours aussi ronchon, notamment avec sa gouvernante, miss Partridge, Harold Clifton est missionné pour résoudre l’affaire. Il se prépare au mieux et décide d’appâter les truands. Ce qui est risqué, isn't it ?

Mais mon colonel préféré est doué et il réfléchit avant d’agir (le plus souvent). Un scénario plein d’actions, des dialogues bien pensés. Des dessins réussis et bien colorés.

Une lecture agréable !


"Clifton -Tome 6 : Une panthère pour le colonel" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 6 : Une panthère pour le colonel
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (3 Août 2001)
ISBN : 9-8036-1823-0
48 pages

Quatrième de couverture

 Le Sheik Barhey a peur d'un attentat contre son auguste personne et il a demandé à l'Intelligence Service de lui fournir une escorte. Il doit se rendre en Suisse pour vérifier ses tirelires ! Après avoir examiné le dossier de tous les agents, il a décidé que seul le Colonel Clifton serait apte à le protéger. Voilà notre ami obligé de côtoyer ce monde doré où l'argent occupe une place centrale et très convoitée...

Mon avis

Première publication dans les années 80, cet album n’est pas le meilleur de la série.

Les dessins sont comme je les aime, mais le scénario manque de profondeur.

Pourtant, ça part dans tous les sens. Clifton est embauché pour protéger le Sheik Barhey, un gros riche, qui pense que l’argent achète tout. Notre colonel préféré doit collaborer avec une femme, ce n’est pas ce qu’il préfère, on le sait.

Il y a de l’action, des rebondissements mais rien d’extraordinaire.

L’humour british est présent mais pas exceptionnel.

Cela reste plaisant à lire et j’ai souri plusieurs fois.


"Clifton - Tome 8: Week-end à tuer" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 8 : Week-end à tuer
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (8 Avril 2002)
ISBN : 978-2803604302
48 pages

Quatrième de couverture

Une certaine Agatha (Christie ?), auteur de polars, veut prendre Clifton pour modèle de son prochain roman. Le Colonel en est évidemment flatté et il est justement appelé à élucider une sombre affaire de trafic de pièces de voiture. Mais Agatha se révèle être hélas un peu trop envahissante !

Mon avis

« Eh bien, si un jour l’humour se vend et qu’il vous vienne à l’idée de vous défaire du vôtre, vous ne serez pas millionnaire. »

Agatha, une dame âgée mais nerveuse et pleine d’entrain, veut suivre le colonel Clifton pendant quelques jours. Elle est écrivain et veut s’inspirer de lui pour un personnage de détective. Invité chez des connaissances, il y va avec elle. Elle se révèle perspicace et attentive !

Dans la famille où ils débarquent, les secrets et les non-dits sont nombreux. Personne n’est vraiment « clair », chacun a une face cachée, plus ou moins obscure.

J’ai trouvé le scénario bien travaillé, intéressant, avec de belles pointes d’humour. On observe le contexte, le milieu, chaque personnage avant que l’enquête à proprement parler, commence et ça rend l’approche différente.

Les dessins sont toujours doux, arrondis.

Une belle lecture !


"Clifton - Tome 9 : Kidnapping" de Turk & De Groot

 

Clifton -Tome 9 : Kidnapping
Auteurs : Turk & De Groot
Éditions : Le Lombard (10 Février 1999)
ISBN : 978-2803614202
48 pages

Quatrième de couverture

Juillet, le mois des grands camps scouts. Notre Héron Mélomane totem d'Harold Wilberforce Clifton a rassemblé sa troupe et ils ont pris la route. Au camp, Clifton distribue les tâches à chacun. Mais les événements se précipitent : Paon, de corvée bois, est enlevé dans la pénombre de la forêt par des gangsters. Avec la rançon, le chef des bandits, un cinglé, projette de compléter sa collection de vases chinois de la dynastie Ming... Dans les troupes scoutes, c'est l'émoi, et le départ d'un jeu de piste pour le moins inhabituel !

Mon avis

Héron mélomane, notre cher détective Clifton est un chef scout investi. Le mois de Juillet est là et il emmène avec lui sa troupe pour camper. Départ en camion, tout le monde est prêt ! Paon, un jeune héritier, arrive en voiture, accompagné de son chauffeur. Ce dernier rappelle à Clifton combien ce garçon est « précieux ». Les recommandations d’usage habituelles : il ne doit rien lui arriver !

Le colonel est au courant, il sera vigilant…. Malgré tout Paon est kidnappé et il devient urgent de le retrouver. Comment faire ? Les scouts sont toujours prêts mais aussi très astucieux. C’est une de leur principale force.

Entre celui qui a été enlevé et ceux qui le recherchent, un jeu de piste et de déductions, se met en place.

Ce n’est pas le meilleur scénario mais ça reste plaisant à lire. Clifton se fait traiter de grand dadais en culottes courtes et il n’est pas content ! Moi, ça m’a fait rire.

L’humour est là mais moins « so british » que d’habitude sauf au début avec la fidèle gouvernante.

Les dessins sont parfaits, les personnages et les décors hauts en couleurs !


"Les griffes du mensonge" de James Patterson et Michael Ledwidge (Now You See Her)

 

Les griffes du mensonge (Now You See Her)
Auteurs : James Patterson et Michael Ledwidge
Traduit de l’américain par Mélanie Carpe
Éditions : Archipel (6 février 2013)
ISBN : 978-2809810028
400 pages

Quatrième de couverture

Nina Bloom est une brillante avocate new-yorkaise qui élève seule sa fille de 16 ans.
Lorsqu'un homme est injustement accusé d'être un tueur en série et risque la condamnation à mort, Nina n'a d'autre choix que de replonger dans un passé auquel elle avait soigneusement tourné le dos...Dix-huit ans auparavant, ivre, elle a percuté un homme avec son véhicule. Le policier qui arrive sur les lieux lui propose de l'aider en la laissant fuir et en faisant disparaître le corps de celui qu'il dit être un dealer. Ce policier, nommé Peter, elle l'épouse. Mais alors qu'elle est enceinte, elle découvre que Peter est un ripou impliqué dans des affaires de drogue et de meurtres. Elle quitte alors Key West sans laisser de traces et change d'identité.
Aujourd'hui, son passé la rattrape. Et Peter, qui a retrouvé sa trace, est bien déterminé à la réduire au silence. Définitivement...


Mon avis


Il y a des livres qui vous prennent dans leurs rets et que vous ne lâchez plus même si vous reconnaissez que le trait est parfois un peu forcé, les situations un peu exagérées …. Mais à regarder certains faits divers, la vie n’est pas toujours « un long fleuve tranquille… »

La vie nous entraîne parfois sur des chemins de traverse que l’on n’avait pas imaginés un seul instant. Jane ne pensait pas, en s’offrant quelques jours de vacances avec ses amis, dont son petit copain, qu’elle resterait sur place et se retrouverait seule. Un concours de circonstances, des enchaînements imprévisibles, des rencontres inattendues et la situation lui échappe. Sa vie prend alors un autre cours, qui lui semble intéressant finalement…

Il n’est jamais simple de parler d’un roman policier, sans trop en dire, tout en donnant envie au futur lecteur de le découvrir si l’on pense qu’il vaut le détour.

James Patterson (et sa traductrice) ont un style fluide, alerte, très « vivant «  avec de nombreux dialogues apportant du rythme au récit. Il n’y a pas pléthore de personnages et on repère très vite qui est qui: les bons, les méchants…. C’est de temps à autre un peu caricatural, dans le sens où il est possible, pour peu qu’on soit un habitué de ce genre de lecture, voir venir certaines choses. Mais l’auteur est très habile et on s’en rend à peine compte tant on est pris dans l’intrigue. Car là réside la force de cet opus, les événements défilent à une allure folle, pas de temps mort, pas le temps de s’appesantir sur la psychologie des différents individus ou de se demander pourquoi certains agissent comme ça et pas autrement.

On s’attache aux pas de Jane, qui veut s’en sortir, lorsqu’elle réalise son erreur. Une femme droite, battante, une lionne ou une tigresse pour sa fille qu’elle veut protéger, faire grandir au mieux, en lui gardant un bon équilibre. Est-ce bon de ne pas dire la vérité pour épargner les autres? Ne finit-elle pas, un jour, par jaillir en pleine lumière ? Que se passe-t-il dans ce cas ?
Se taire encore ? Déformer ce qui a été vécu, arranger le passé ou l’assumer ?

C’est à ça que va être confrontée Jane. Arrivera un moment où elle ne pourra plus fuir son passé. Quels seront ses choix ? Affronter ses fantômes ? Fuir plus loin encore et toujours ?
Elle n’est pas seule, elle a une fille… Que vaut-il mieux pour cette dernière ?
Peut-elle anticiper les réactions de son enfant, limiter les dégâts ?

Une histoire efficace, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Un très bon moment de lecture !


"Le premier vrai mensonge" de Marina Mander

 

Le premier vrai mensonge
Auteur : Marina Mander
Éditions : Presses de la Cité (22 août 2013)
ISBN : 9 782258 098343
210 pages

Quatrième de couverture

Italie, de nos jours. Agé d’une dizaine d’années, Luca vit seul avec sa mère et son chat Blu. Son père s’est "dissipé dans le brouillard" juste après sa naissance. Un matin, sa mère ne se réveille pas. Affolé à l’idée qu’on puisse l’envoyer dans un orphelinat, le petit garçon décide de taire sa mort et de continuer à mener une vie en apparence normale. Pendant de longs jours, Luca se lève, se lave, donne à manger au chat, va à l’école, fait ses devoirs et prépare ses repas. C’est son premier vrai mensonge. Son histoire est si bien ficelée qu’il finit par se convaincre qu’il n’est pas orphelin. Mais dans l’appartement, le cadavre est bien là pour témoigner de la réalité.

Mon avis

Assise dans mon canapé, de plus en plus recroquevillée, j’ai senti le froid descendre en moi au fur et à mesure que j’accompagnais Luca dans la situation inextricable où il se trouvait.
Impossible de tendre la main à un être de papier et pourtant je le sentais si vivant et si seul sous mes yeux….
C’est lui, ce jeune garçon d’une dizaine d’années qui avec son franc parler d’enfants, ses réflexions profondes exprimées dans un langage simple, va nous toucher, nous émouvoir.

« Peut-être que maman est morte d’un mal de cœur, parce que nous n’avons pas su l’aimer assez, ni moi ni les autres. »


Comme tous les jeunes, il est plein de ressources ; faisant preuve parfois d’un brin d’humour, donnant ainsi un peu de légèreté à un sujet grave

« Le dimanche, les célibataires se lèvent tard parce qu’ils n’ont rien à faire, alors je me tourne de l’autre côté et je me rendors. »


Sa lutte, ses peurs, ses angoisses, ses questions vont devenir les nôtres parce que l’auteur a su avec simplicité et doigté, sans misérabilisme et voyeurisme nous transmettre la détresse de cet enfant.
C’est un roman qui se lit d’une traite, comme si Luca avait glissé sa main dans la nôtre et qu’il nous était interdit de l’abandonner tant qu’il ne sera pas en sécurité…