La ronde des manchots
Auteur : Jérôme
Sublon
Éditions du Caïman (29 Janvier 2026)
ISBN :
978-2493739766
290
pages
Quatrième de couverture
Après un accès de rage fatal, un PDG véreux se doit de dissimuler un corps pour sauver sa carrière. Pendant ce temps, les vies d'un ingénieur visionnaire trahi, d'une femme d'affaires rongée par la solitude, d'un sportif dont l'élan est brisé, d'une attachée ministérielle ambitieuse et d'un colosse rural doté d'un étrange pouvoir s'effondrent ou s'éveillent. Ce meurtre initial est la première pièce d'un domino qui met en mouvement une série de destins. Qui sont les véritables victimes dans ce jeu de dupes, et comment les chemins de ces âmes brisées ou corrompues vont-ils inéluctablement se croiser ?
Mon avis
Au début, ça commence plutôt mal, un responsable d’entreprise prend ce qu’on appelle un coup de sang. Assassin sans le faire exprès (oui, bon, il arrive qu’on ne réalise pas sa force), il se retrouve avec un cadavre sur les bras. Coup de chance, le mort semble assez isolé, vu le peu de contacts dans son téléphone. Notre PDG assume, assure et gère. Tout devrait bien se passer.
En parallèle de cet homme, nous faisons connaissance avec d’autres personnages, dont Milan qui vit dans une ferme assez isolée avec son oie, Gertrude, comme animal de compagnie. Tous ceux que l’on va découvrir et je ne vais pas détailler, ont une blessure morale ou physique, une fêlure. Ils ont été cabossés par la vie, soit parce qu’ils ont mal choisi leurs priorités en restant le nez dans le guidon, soit parce qu’un jour, quelque chose ou quelqu’un s’est mis en travers de leur chemin et leur quotidien a été bouleversé. Ils ont essayé ou pas de se relever, d’avancer, mais parfois, il est presque plus facile de se laisser couler et de renoncer.
Par la grâce du destin, ils vont se croiser. Ce sont des rencontres improbables, toutes condensées dans un même récit.
« -Vous
allez où comme ça ?
-Je suivais le vent.
-A cette
époque, il est changeant, du nord au sud, à la va comme je te
pousse.
-C’est ce qui me convient. »
Poussés par le vent, ils se sont vus, puis apprivoisés, avant de comprendre qu’ils pouvaient, peut-être, s’aider, se faire du bien, s’appuyer les uns sur les autres. Loin du tumulte, sur l’exploitation de Milan, un havre de paix ou presque, ils vont réfléchir à leurs vies, à ce qu’ils veulent pour l’avenir, à ce qui est le mieux pour eux. Ce ne sera pas toujours facile, certaines décisions sont compliquées à prendre mais petit à petit la confiance peut revenir.
« Tous nos actes ont des répercussions qui malgré tout ne dépendent pas de nous. Ne pas agir peut aussi avoir des conséquences graves. On ne sait pas. On essaie d’être juste. C’est déjà pas si mal. »
Ce récit n’est pas qu’un roman policier où plusieurs mini enquêtes s’entrelacent, il est également une ode à la vie, celle de tous les jours, avec ses hauts, ses bas, ses peurs, ses victoires même si elles sont minuscules. Les relations humaines prennent le pas sur les investigations pour nous rappeler, si besoin est, que rien n’est jamais acquis à l’homme comme le disait Aragon, il faut construire jour après jour ce qu’on désire.
Cette lecture a été remplie d’émotions diverses pour moi. Je me suis attachée à de nombreux individus et j’ai apprécié de les accompagner un bout de chemin. L’écriture est très prenante, quelques fois poignante (Page 252, Monsieur Sublon, je vous ai relu plusieurs fois). L’auteur a construit une belle histoire alors que dans les premières pages, je me demandais où il allait m’entraîner. Milan et Gertrude forment un duo atypique mais émouvant. Le hacker et sa bande nous prouvent qu’ils peuvent agir en Robin des Bois pour soutenir de bonnes causes . Faire côtoyer tant de gens si différents aurait pu être brouillon et il n’en est rien. Une belle réussite !






