Le refuge des affligés
Auteur : Céline Servat
Éditions : Taurnada (12 Février 2026)
ISBN : 978-2372581776
258 pages
Quatrième de couverture
Alors que Gabrielle, gendarme à la brigade de recherches de
Muret, enquête sur le meurtre atypique d'un SDF, Marco et son amie Manue
participent à une retraite spirituelle.
Mais rien ne se passe comme prévu dans ce coin perdu des Pyrénées, et le besoin
de se ressourcer est compromis par le meurtre de l'un des occupants des lieux…
Mon avis
Dans ce roman, j’ai retrouvé des personnages que l’auteur a
déjà présentés mais les livres peuvent se lire indépendamment.
Deux lieues s’opposent dans ce récit. La ville de Muret,
proche de Toulouse, où un homme, sans domicile fixe, a été assassiné. Une
bâtisse isolée dans les Pyrénées, près du hameau de la Henne Morte, où est
organisée une retraite spirituelle.
Pour le SDF, c’est Gabrielle Leseigneur et son équipe de
gendarmes, dont Frank Deluc (en couple avec Manue), qui mènent les
investigations. Ils ne trouvent pas grand-chose et la question est de savoir s’il
vaut mieux persévérer ou abandonner. Un
SDF, c’est un individu dont personne ne se soucie, alors à quoi bon chercher le
tueur ? Il s’agit, peut-être, d’un règlement de comptes entre laissés pour
compte et inutile de s’obstiner.
De l’autre côté, c’est Manue qui a eu l’idée du séjour. Son
pote Marco souffre de stress, voire plus certaines fois, et elle se dit que l’aide
qu’ils vont trouver au « refuge » sera bénéfique. Mais elle sait bien
que son ami n’appréciera pas ce genre d’initiative donc elle n’a pas été très
honnête avec lui et lui a parlé d’une semaine de thalasso… Lorsqu’il découvre
sa « surprise », il n’est pas content mais c’est trop tard pour faire
machine arrière. Les voilà, tous les deux, avec d’autres participants, en petit
groupe, sous la tutelle de Vazken et Eve (les organisateurs), aidés d’un peu de
personnel pour les tâches annexes (cuisine, jardin etc.)
Dans ce coin paumé, c’est presque un huis clos. Pas de
moyens de communication (le téléphone ne passe pas, pas d’internet…), des
séances pour se sentir mieux : yoga, méditation, sophrologie, lithothérapie
et bien d’autres, des repas frugaux etc. Marco a faim, ne se sent pas toujours en
phase avec ce qu’il vit. Chacun est un peu sous tension (Avoir le ventre creux n’arrange
sûrement rien…) et les relations sont parfois source de tension.
Lorsqu’une des personnes présentes dans ce lieu est
retrouvée morte, l’ambiance devient carrément délétère. Les enquêteurs du coin
viennent mais Frank, ayant très peur pour sa compagne, réussit à se glisser
parmi les visiteurs. Il est sur tous les fronts puisqu’il gère également des
investigations pour le SDF.
L’auteur a su mener son récit de main de maître. Les deux
intrigues se suivent sans problème, on ne se mélange pas. J’ai particulièrement
apprécié les descriptions de la « retraite ». C’est très réaliste, entre
les conseils des gourous, les élèves qui ne disent pas tout (et surtout pas la
vérité), les grignotages en cachette quand c’est possible (et en plus, ça
permet de voir ce qu’on vous tait), le manque ressenti quand on ne peut ni
appeler, ni « textoter »…. Chacun réagit avec ce qu’il est et là
aussi, les émotions sont bien décrites.
La construction, alternant les deux endroits, avec quelques
retours en arrière pour qu’on cerne mieux les personnalités, est intéressante
et bien faite. Le style est fluide, les dialogues éclairent sur certains faits
et donnent parfois une idée du caractère des protagonistes. Les indices
arrivent petit à petit et relancent le texte pour donner du rythme.
C’est un excellent moment de lecture et une histoire
équilibrée et maîtrisée.

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