"Réconciliation : Réhabiliter le sexe à l'heure du post Me-too" d'Arthur Vernon

 

Réconciliation : Réhabiliter le sexe à l'heure du post Me-too 
Auteur : Arthur Vernon
Éditions : de l’Éveil (12 Mars 2026)
ISBN : 978-2374151526
290 pages

Quatrième de couverture

Un influenceur, un post, un procès.
Accusé de sexisme, il choisit de ne pas se défendre, mais d’attaquer.
Non pas les femmes, mais les certitudes.
Contre l’avis de son avocat, il transforme son audience en tribune : critique de l’invisibilisation de la misère sexuelle, apologie de la chair, aspiration à la concordance des désirs.

Mon avis

Arthur Vernon s’interroge régulièrement sur les questions de la sexualité humaine. Il en a déjà parlé dans des écrits. Pour lui, certains sujets restent encore trop tabous ne permettant pas de dialogues ni d’échanges car les gens sont parfois mal à l’aise.

Réconciliation est quelques fois dérangeant, peut-être provocateur pour certains, mais ce roman-essai pose des mots sur des interrogations souvent enfouies ou tues. Il décortique certains comportements, il définit le couple, il parle des droits et des besoins sexuels. Le titre peut « faire peur » mais le contenu est tout à fait abordable.

Pour approcher ces différents thèmes délicats, le point de départ est une situation fictive. Un homme, actif sur les réseaux sociaux, a relayé un texte jugé sexiste et haineux. Une association le poursuit et il va se retrouver au tribunal. Avant l’audience, il décide de parler, pas de se défendre, mais de présenter ses idées et quelques-unes de ses convictions.

La première partie concerne les échanges entre le prévenu et l’avocat. Le premier veut s’exprimer, expliquer le choix de la mise en ligne, dire ce qu’il pense et ce qu’il voudrait transmettre aux jurés.

« Le plus grave, à mes yeux, n’est pas d’être condamné, mais de ne pas être écouté. »

Pour lui, il faut distinguer besoin sexuel et désir sexuel, l’un étant inconscient, d’ordre biologique, l’autre plus conscient. Il pense qu’en distinguant les deux, l’incompréhension dans certaines situations, sera aplanie en partie. Il parle des réactions des hommes et des femmes face à certains événements en lien avec le sexe. Quels sont leurs souhaits les plus profonds ? Les plus secrets ?

L’avocat répond en rappelant qu’il doit rester à sa place, ne pas « basculer » dans des zones où l’écoute ne sera plus possible. Si son manifeste est indigeste, il ne sera pas entendu…

Les discussions entre les deux hommes ne sont jamais une lutte de pouvoir. Chacun apporte son éclairage sur les faits évoqués, les ressentis ciblés. Le défenseur se doit de montrer qu’il faut raison garder. Il le fait avec intelligence.

La seconde partie se situe après l’audience où un fait nouveau a changé la donne. Il ne s’agit pas de « revoir sa copie » mais d’examiner d’autres thématiques. J’ai notamment découvert que le ministère de la santé a mis en place, en 2017, une feuille de route sur « les droits sexuels ».

L’auteur pousse son raisonnement très loin, pour toucher les extrêmes. Je ne pense pas que sa volonté est de choquer, il a choisi de s’exprimer et il le fait. Il ne juge pas, il transmet son opinion. Il n’oblige personne à être d’accord ou pas. Il donne un aperçu qui peut faire réfléchir, qui bouscule aussi. On peut difficilement être indifférent.

Son écriture est claire, posée, ses propos étayés avec de nombreuses références que l’on retrouve en fin d’ouvrage. C’est une lecture qui peut entraîner de nombreux débats qui seront intéressants s’ils se font dans le respect.


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