"Flitop" de David de Thuin

 

Flitop
Auteur : David de Thuin
Éditions : Jarjille (14 Novembre 2025)
ISBN : 978-2493649386
68 pages

Quatrième de couverture

Que faire lorsque vos légumes sont attaqués par toute sorte de bestioles et que votre éthique personnelle vous interdit d'utiliser les moyens qui s'imposent ?

Mon avis

Cette bande dessinée, constituée de trois histoires, met Flitop en scène. Comme les autres personnages, il a un style un peu animal, naïf, avec un tracé tout arrondi et de belles couleurs. Il est confronté à différentes problématiques qu’il essaie de résoudre avec bonhomie et gentillesse. Il le dit lui-même :

« Je vais discuter et on trouvera un arrangement. »

Il est face à des « envahisseurs ». D’abord dans son potager où de jolies petites bêtes se sont installées dans ses légumes. Comment va-t-il manger si tout est squatté et abîmé ?
Puis la maréchaussée veut qu’il coupe un arbre dont les racines débordent un peu sur le trottoir.

Il est bien ennuyé mais reste assez maître de lui et essaie de ne pas s’énerver…. Et puis il rencontre des « envahisseurs » arrivés en soucoupe et qui semblent avoir de bonnes idées …

Les péripéties que subit Flitop sont intéressantes et peuvent donner lieu à des discussions avec le jeune lecteur qui les découvre, en lui demandant comment il aurait réagi face à des situations semblables et en dialoguant sur les thèmes évoqués entre « les lignes » (partage, respect, etc).

Les vignettes ne sont pas toutes de la même taille en fonction de l’importance du contenu. Les dessins sont à la fois simples et suffisamment complets pour qu’on visualise bien le lieu où ça se déroule. Pour les onomatopées, les couleurs sont épurées pour se concentrer sur le son.

Les bulles sont bien remplies d’où l’intérêt de lire avec l’enfant s’il débute pour qu’il garde le plaisir de suivre Flitop et ses compagnons.

Si l’enfant lit seul, il s’attachera au contenu et rira devant les mini conflits, les mines humoristiques, les petits détails amusants. S’il lit avec un adulte, ce dernier découvrira des passages plus « matures » avec des phrases qui résonneront en lui, comme autant de réflexions bien actuelles, qui le feront sourire dans ce contexte.

« Vous n’allez quand même pas brutaliser une femme enceinte ! ? » « Je respecte toute forme de vie. »

Tout cela donne un bel ensemble tant sur le fond que la forme.

J’ai trouvé cet album très réussi avec des aventures divertissantes et bien pensées. Il a un petit côté original qui plaira à beaucoup ! Pour ma part, j’ai vraiment aimé !

"Le bonheur à l’école Journal d’une instit" de Dominique Deconinck

 

Le bonheur à l’école
Journal d’une instit
Auteur : Dominique Deconinck
Éditions : Le livre de Poche (20 Août 2014)
ISBN : 978-2253194781
216 pages

Quatrième de couverture

Déposant son enfant à l’école, quel parent n’a pas imaginé se glisser dans la salle de classe une fois que la cloche a sonné ? C’est ce à quoi nous invite Dominique Deconinck, institutrice passionnée à l’enthousiasme communicatif. Avec finesse et humanité, elle raconte son quotidien, ce qu’elle voit et ce qu’elle entend : les leçons, les jeux, les confidences, le découragement ou le chagrin, les miracles de la confiance…

Mon avis

Professeur des écoles, instituteur -trice ou remplaçant-e, tous ont le même but : transmettre des connaissances aux élèves. La plupart ont également le souhait de leur faire aimer l’école et de vivre les apprentissages dans la bonne humeur.

L’auteur de ce petit livre partage son quotidien, les réflexions amusantes de ces CE1, les rendez-vous de parents où il faut faire preuve de beaucoup de délicatesse pour faire passer certains messages. Elle montre qu’il faut sans cesse se renouveler, trouver des outils adaptés à chacun, des idées pour maintenir l’attention, donner envie d’apprendre et de découvrir.

J’ai retrouvé un quotidien que je connais. Être présente et donner un coup de main lorsqu’une collègue est absente, se renouveler sans cesse, ne pas perdre l’enthousiasme et le dynamisme nécessaires chaque jour.

C’est bien écrit, avec beaucoup d’humour. De plus Dominique Deconinck est positive. Elle voit plutôt le bon côté des choses et c’est agréable !


"Un martini blanc sans glaçon" d'Angélique Lhérault

 

Un martini blanc sans glaçon
Auteur : Angélique Lhérault
Éditions : Librinova (24 Novembre 2025)
ISBN : 9791040592327
264 pages

Quatrième de couverture

Depuis que Sacha a quitté la France pour s'installer à New York, tout lui sourit. Elle est devenue une autrice à succès, s'est mariée à un brillant éditeur, et a fondé une famille. Mais ces derniers temps, son inspiration galopante s'est tarie. Peut-être est-ce à cause de son mari, qui semble étrangement distant ces derniers temps ? Lors d'une de ces soirées mondaines dont elle a horreur, elle croise la route de Joshua, un musicien qui lui demande d'écrire sa biographie. Ce projet les rapproche dangereusement l'un de l'autre, tandis qu'un fantôme du passé revient hanter la romancière, menaçant de faire éclater au grand jour tous ses secrets...

Mon avis

Sacha est française mais c’est à New-York qu’elle a réussi. Elle est autrice, en couple avec Logan, maman d’une jeune adolescente. Tout lui sourit sauf que depuis quelque temps, elle souffre du syndrome de la page blanche. De plus, son époux lui paraît bizarre. Heureusement, elle a des amies sur qui elle peut compter et qui sont toujours là pour elle.

Elle n’aime pas les galas de charité, les soirées sophistiquées mais de temps en temps, elle est bien obligée d’y aller. Ce soir-là, elle rencontre un chanteur connu qui lui demande de rédiger sa biographie. L’occasion de retrouver le plaisir d’écrire ? C’est ce qu’elle souhaite. Comme en plus, cet homme est intéressant, elle a tout à y gagner. Il est nécessaire qu’ils se rencontrent souvent et un lien se noue ….

Tout pourrait continuer tranquillement sauf que Sacha aperçoit quelqu’un qu’elle ne veut pas voir. Cela la déstabilise complètement. Est-ce bien la personne à laquelle elle pense ? Si oui, pourquoi est-elle ici ? Elle garde tout ça pour elle souhaitant se tromper…. Mais elle a peur d’un effet boomerang … Quand on ne dit pas tout, on prend des risques ….

À partir de là, le récit va rentrer dans une phase plus mystérieuse. Sacha se retrouve face à des coïncidences peu plaisantes et elle n’est pas à l’aise. Elle ne sait plus à qui se confier, d’autant plus que son compagnon est fuyant. Avec sa fille, c’est parfois compliqué, comme souvent avec les ados. Tous ces événements la mettent sous pression.

En commençant ce roman, après avoir vu la couverture et lu le résumé, je m’attendais à une lecture facile pour le train ou la salle d’attente du médecin, une bluette avec un peu de suspense et quelques faits bizarres pour accrocher le lecteur mais un ensemble plutôt léger. Il n’en est rien !

Plusieurs thèmes sont abordés : l’amitié, l’amour, le poids du passé, le mensonge, la manipulation, la perversité, la jalousie…

L’idée de départ est plutôt bonne mais quelques petites choses m’ont dérangée. Quelques invraisemblances que je ne détailler pas pour éviter de dévoiler quoi que ce soit. Les concordances de temps ne sont pas toujours correctes, voire carrément hasardeuses et ça donne un style peu équilibré. Heureusement, les dialogues vifs sont bien construits et apportent du rythme. Certains protagonistes ne sont pas clairs et on peut s’interroger sur le fait que personne ne se rende compte de rien mais bon … .

J’ai malgré tout passé un moment assez plaisant car l’intrigue a été bien pensée, même s’il y a quelques imperfections. Je suis certaine que Angélique Lhérault va se bonifier.


"Des nouvelles du Celsa" de Collectif d'auteurs

 

Des nouvelles du Celsa
Auteurs : Collectif
Éditions : Kyklos (31 Octobre 2011)
ISBN : ‎ 978-2918406211
412 pages

Quatrième de couverture

Le Celsa, emmené par sa directrice Véronique Richard, a coutume de donner de ses nouvelles, plutôt belles si l’on en juge par la pertinence des étudiants sortis de ses rangs. Prenant à la lettre l’un des plus beaux outils de la communication : l’écrit, l’école organise depuis 2007 un concours annuel qui distingue trois textes d’exception choisis parmi 120 manuscrits. Le talent vaut toujours plus, en témoignent les sept promenades majuscules écrites par des auteurs-joueurs, honorant en mot compte triple un sigle, Celsa, qui signe ici un esprit alliant fantaisie et rigueur. On n’en attendait pas moins de l’enseignement d’une Grande École à la Sorbonne qui a offert ses ailes de noblesse à la créativité.

Mon avis

LIRENFETE :                                                       Numéro spécial de Novembre 2011

Un reportage de notre nouvelle recrue : Cassiopée

« Kyklos * », ce nom ne vous dit rien ?

Et pourtant …. si vous avez les yeux sur cette rubrique c’est que vous lisez …. Alors, pour vos futures lectures, n’hésitez pas ! Sortez des sentiers battus et retrouvez cette maison connue dans le monde de l’édition pour sa voix dissonante et son habitude de la prise de risque.

Auteurs méconnus, mal connus, peu connus, sujets qui dérangent, ou vus sous un autre angle, thèmes qui poussent le lecteur à la réflexion, à l’introspection, ne font pas peur à cette jeune entreprise qui fêtera ses trois ans en Janvier 2012.

Les responsables des éditions Kyklos vont à la recherche de textes porteurs d’un message, (quitte à faire traduire les écrits), pour donner la parole à ceux qui pourraient parfois être censurés ailleurs. Grâce à Fabrice Berthet ** et Virginie Carbuccia **, ils pourront s’exprimer et être écoutés, lus ….

La maison Kyklos choisit des sujets qui perdurent dans le temps, qui donnent aux lecteurs une représentation de la société qui ne leur est pas forcément familière, une approche et une vision différentes, qui transmettent des informations pour les obliger à réfléchir par eux-mêmes ou pour rebondir sur d’autres sujets et aller, de cette façon, plus loin qu’une lecture linéaire.

Les livres choisis sortent parfois en faible tirage et attendent le bouche à oreille pour être découverts mais ainsi, la fondatrice, le directeur éditorial et leur équipe se sentent libres dans leurs choix et proposent un catalogue divers, varié, éclectique, enrichissant, surprenant, « dissonant » …

Les couvertures, toutes identiques, sont là pour rappeler que seul le contenu est important (entretien du 29 Janvier 2011 entre Virginie Carbuccia et Dominique Bouchard) avec un logo qui montre que la lecture n’est pas figée, ni dans le temps, ni dans l’espace ….

Le contenu, la qualité, sont privilégiés sur l’apparence et la quantité. Les lecteurs le comprennent et les auteurs aussi.

Cette fois-ci, c’est à de jeunes étudiantes de l’école du CELSA (Centre d’Etudes Littéraires et Scientifiques et Appliquées), qui dépend de la Sorbonne, que la possibilité d’être publiées a été offerte.

Le CELSA, très connu au sein des grandes écoles, pour être le « top » en matière de communication, propose un concours de nouvelles chaque année (depuis 2007) à plus de cent vingt étudiants. Un jury composé d’auteurs, éditeurs, universitaires, journalistes, libraires récompensent annuellement les trois meilleurs textes.

C’est ainsi que sept jeunes filles ont eu le bonheur de voir leurs écrits édités et regroupés en un même livre sous le titre : « Des nouvelles du Celsa ».

Dans cet opus, sont rassemblées les sept nouvelles les plus marquantes écrites entre 2007 et 2011. Jean-Bernard Pouy, bien connu pour ses livres, a même "postfacé" le recueil.

Cinq des sept jeunes auteurs ont accepté de parler du projet (leurs interviews sont disponibles sur youtube, NDLR). Les questions étaient les mêmes : parler de la nouvelle en quelques mots, donner des indications sur la structure et l’écriture, préciser sa source d’inspiration et  partager son ressenti en apprenant la publication sous forme de livre.

Ces jeunes filles s’expriment avec beaucoup d’humilité et les réponses sont variées.

Certaines ont été inspirées par une « tranche de vie» d’histoire personnelle (souvent rattachée au vécu familial) ou par un fait divers, d’autres ont laissé parler leur imaginaire à travers un lieu qui leur est cher. Elles expliquent que l’approche de la nouvelle a été parfois structurée, méthodique, (en trois parties, très « scolaires »), de façon plus originale « en cercles » ; appliquée, pensée, réfléchie ; avec une trame, des parties bien distinctes, ou composée « au fil de l’eau » ….

Mais toutes soulignent le bonheur d’avoir écrit d’abord pour soi, avant d’apprendre que leur « travail » allait être partagé, diffusé …. puis publié ….. et enfin mis entre les mains de lecteurs inconnus ….

Ces nouvelles, panachées dans leur contenu, leur écriture, leur approche de l’écrit, ont malgré tout un dénominateur commun : un élément extérieur va entraîner le(s) protagoniste(s) dans une direction à laquelle il(s) n’avai(en)t pas pensé. Etait-ce une consigne de départ pour le travail d’écriture de ces demoiselles ou les événements se sont-ils imposés d’eux-mêmes ?

Abordant des problèmes de société (solitude, influence des jeux vidéo, vie dans les grandes villes …) ces textes sont écrits avec finesse, doigté. Ces écrivains en herbe manient avec dextérité la langue française, le vocabulaire, la syntaxe et transmettent ainsi des émotions, toute une palette de sentiments et des scènes très visuelles qui viendront toucher le lecteur et l’obliger à se poser des questions … Leurs écrits ont la fraîcheur de la jeunesse et leur expression n’est pas « formatée » …. Elles ont une vingtaine d’années chacune et si elles restent fidèles à elles-mêmes, c’est avec grand plaisir que nous les relirons.

Souhaitons aux éditions Kyklos de rester, comme leur joli nom grec l’indique, dans la spirale de la réussite, en découvrant encore et encore des talents cachés pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs présents et à venir ….

                                                                               Cassiopée

                                                                               Lectrice régulière et journaliste occasionnelle

N.B. : Le lecteur pourra s’interroger sur le fait que seules des étudiantes ont été sélectionnées pour l’élaboration de cet ouvrage. Aussi la rédaction s’engage-t-elle à se renseigner sur ce fait auprès de l’éditeur et à transmettre la réponse dans un prochain reportage. Peut-être les hommes sont-ils moins nombreux à participer à ce concours ?

La rédaction de « Lirenfête » précise que sa journaliste, Cassiopée, remercie les différents partenaires ayant permis la lecture de cette œuvre.

  • * Kyklos, dont le siège social est à Paris, est une jeune maison d’éditions qui n’a pas, volontairement, créé de rubrique « collections » pour ne pas cataloguer les auteurs et éviter ainsi de leur coller une « étiquette », c’est une maison qui choisit ses titres minutieusement.
  • ** Fabrice Berthet est le directeur éditorial des éditions Kyklos, Virignie Carbuccia en est la fondatrice (NDRL)
  • *** Grande école rattachée à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV), le CELSA mène des recherches et dispense des formations professionnalisantes de haut niveau en journalisme, communication, marketing, publicité et ressources humaines.

"Les chaussures italiennes" de Henning Mankell (Italienska skor)

 

Les chaussures italiennes (Italienska skor)
Auteur : Henning Mankell
Traduit du suédois par Anna Gibson
Éditions : Seuil (22 Octobre 2009)
ISBN :
978-2020944656
352 pages


Quatrième de couverture

À soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.

Mon avis

Henning Mankell, habitué des romans policiers, aborde ici un genre tout à fait différent et il le fait avec brio. Un médecin, reclus sur son île, suite à une bavure médicale, est tout à coup dérangé par son amour de jeunesse qu'il avait lâchement abandonnée trente sept ans auparavant sans explication.

À travers cette "nouvelle" rencontre, une superbe réflexion sur la solitude, le poids du passé, le pardon, le mensonge... 

L'écriture est sobre et profonde, l'ambiance est habilement retranscrite. Un excellent moment de lecture.


"Frappe chirurgicale" de Sébastien Bouchery

Frappe chirurgicale
Auteur : Sébastien Bouchery
Éditions du Caïman (21 Octobre 2025)
ISBN : 978-2493739285
420 pages

Quatrième de couverture

Paris, 1981. Louis Verneuil, chirurgien à l’hôpital Saint-Antoine et accessoirement, vétéran d’Indochine, n’aspire qu’à une chose : la paix. Misanthrope et solitaire, il fait pourtant l’erreur un soir de céder aux charmes d’une jeune serveuse, elle-même dans le viseur d’un voyou à la solde de la famille Marzi qui a la mainmise sur la capitale. Une série de réactions en chaîne se met en place et Verneuil devient une cible. Une proie sauvage que personne n’aurait dû sortir de sa tanière...

Mon avis

La boxe est évoquée dans ce roman et moi j’ai pris un uppercut littéraire, une claque. Quatre-cent-vingt pages de tension, d’espoir, de ventre noué, de mains moites et de waouh.

1981, Louis Verneuil, chirurgien, vit seul dans un appartement à Paris. Quand il a du temps, il retape une maison en banlieue. Pas n’importe laquelle, il l’a choisie par besoin, sans doute pour guérir une de ses blessures. Parce que l’homme a souffert. Il a connu l’Indochine et a vu et vécu des choses horribles. De cette période, il a gardé une solide amitié avec un camarade, peut-être une des seules personnes avec qui il est resté en contact. Après, d’autres événements graves l’ont marqué mais, en taiseux, il en parle peu. C’est donc un solitaire, bosseur et discret, qui ne recherche pas la compagnie. Ce qu’il veut ?  Qu’on le laisse tranquille !

Un soir, en sortant du boulot, il s’arrête au Saint-Loup pour boire un scotch, ou plusieurs, une façon comme une autre de se délester du fardeau de la journée. Une jeune femme, Nelly, l’aborde, mais il n’a pas envie, ni de parler, ni de l’écouter, encore moins d’un « et plus si affinité »… Et puis, il le voit bien, elle est trop jeune pour lui. Pourtant, ils finissent par se faire du bien mais il est très clair :  ce sera sans avenir. Pas de chance, pendant les heures où elle est serveuse, elle a tapé dans l’œil de Togo, un petit voyou. Il lui a fait des avances qu’elle a repoussées. Vexé - son orgueil en a pris un coup - il entend bien lui faire payer ce qu’il considère comme une humiliation. Dont acte. Verneuil n’apprécie pas que le malfrat se soit vengé et il souhaite calmer ses ardeurs pour que Nelly ne se sente pas en danger et renoue avec une vie quotidienne apaisée.

Il ne sait pas où il a mis ses poings et ses pieds, le doc. Il se retrouve entraîné plus loin que ce qu’il pensait car, derrière Togo et ses acolytes, se cachent des individus sans foi ni loi, la gangrène des quartiers …. Que faire ? Se mettre en retrait et oublier ? Essayer de dialoguer ? S’attaquer à plus fort que soi ?

Entre le 10 et le 23 Mars 1981, plusieurs vies basculent. Des chapitres courts, de l’action, des rebondissements, des scènes qu’on déroule comme un vieux film en noir et blanc, une écriture qui fait mouche, sans fioriture et je suis restée scotchée aux pages. Vous prenez les faits bruts, parfois violents, en pleine face. Pas de répit pour le lecteur. Pas de temps mort. Je lisais en apnée, prête à en découdre, à aider tant j’étais dedans.

Le rythme est trépidant, Les personnages sont bien campés et les scènes très visuelles (normal, l’auteur est également scénariste). Il est intéressant de voir comment chacun analyse et ressent les différentes situations. Verneuil et le commissaire Lebreton sont deux protagonistes fascinants. Chacun est à la limite de ce qui est autorisé. Volontaires, impliqués, intuitifs, intelligents (avec la tête et le cœur), tiraillés pour cerner la limite entre le bien et le mal, ils sont attachants.

J’avais lu Gangway du même auteur. Avec Frappe chirurgicale, il s’est lancé dans un nouveau style et il a réussi avec brio, j’ai énormément aimé. Dans les dernières pages, il explique la genèse de cet opus et ce qui l’a inspiré, ça complète bien la lecture.  

NB : Monsieur Bouchery, la fin m’a brisé le cœur !

 

"Jade" de Michel Rodrigue & Bob de Groot

 

Clifton - Tome 18 : Jade
Auteurs : Michel Rodrigue (dessin) & Bob de Groot (scénario)
Éditions : Le Lombard (1er Mars 2003)
ISBN : 978-2803616695
52 pages

Quatrième de couverture

Clifton, colonel dans les Services secrets de Sa gracieuse Majesté, détective amateur et chef scout, reprend du service… Alors qu’il comptait les accompagner au Pays de Galle, Héron Mélomane (alias le colonel Clifton) est forcé d’emmener ses louveteaux dans le Devonshire. Le motif de ce changement de direction : un pli déposé dans sa boîte à lettres spécifiant que la seconde guerre mondiale n’est pas finie et signé AKC 666 !

Mon avis

Dans cet album, dessiné par Michel Rodrigue (j’aime beaucoup ce qu’il fait), les jeunes scouts doivent partir en camp avec Clifton. Mais un courrier déposé par une main inconnue dans sa boîte aux lettres l’oblige à revoir ses plans.

Il s’organise et se retrouve embarqué dans une nouvelle enquête. C’est là qu’il fera connaissance de Jade qui intégrera son univers pour d’autres aventures.

J’ai bien aimé le fait que l’histoire soit basée sur un fait historique (réel ou pas mais relié à des événements existants), ça met un peu de piment. De plus, des personnages anciens réapparaissent et sont parfaitement intégrés à ce tome.

Il y a énormément d’actions, un peu comme dans les films de James Bond, ça canarde dans tous les sens, parfois un peu trop ! Ils sont même des accessoires bien pratiques ! Malgré la présence des « méchants » bien armés et rusés, Clifton ayant plus d’un tour dans son sac, il s’en sort toujours (et puis Jade l’aide bien).

Une lecture agréable !