"Les naufragés de l'île Tromelin" d'Irène Frain

 

Les naufragés de l’île Tromelin
Auteur : Irène Frain
Éditions : Michel Lafon (26 Février 2009)
ISBN : 978-2749909905
380 pages

Quatrième de couverture

En 1761, un navire français s'échoue sur un îlot perdu de l'océan Indien. Il transporte cent soixante esclaves. Pour survivre, rescapés blancs et noirs doivent cohabiter. Un officier veut construire une chaloupe. Les marins refusent de l'aider. Les esclaves acceptent. Leur dignité force le respect des Blancs. Mais au moment du départ, on ne les embarque pas. Quinze ans plus tard, quand le bruit de ce forfait a couru tous les ports, on revient les chercher. Il ne reste que sept femmes et un enfant.

Mon avis

Ayant vu récemment au théâtre « La Chute infinie des soleils », texte et mise en scène d’Elemawusi Agbedjidji, j’ai voulu approfondir l’histoire de l’île Tromelin et des naufragés oubliés sur ce petit bout de terre pendant des années.

L’île de Tromelin est entre Madagascar et Maurice, elle fait un kilomètre carré et appartient à la France (mais depuis des années Maurice revendique la souveraineté).  C’est là qu’un bateau français, avec 160 esclaves en cale a échoué en 1761.

Irène Frain a écrit un roman historique fort bien documenté. Elle nous montre le rôle de certains (le capitaine qui ne voulait pas écouter son second), les menteurs, les hypocrites, ceux qui ont essayé de faire comprendre les choses, ceux qui ont préféré faire l’autruche…

Peu importe la couleur de peau, tous se sont retrouvés logés à la même enseigne. Avec rien, et tout à construire pour espérer se nourrir, dormir et un jour repartir…

On va suivre les événements qui se sont déroulés sur l’île mais également ailleurs. Les luttes de pouvoir, les peurs, les coups de poing, les coups de sang, les mensonges, le soutien parfois, la solidarité entre certains …

J’ai aimé la force des femmes, de vraies battantes !

L'écriture est plaisante malgré quelques longueurs.

C’est très bien fait !


"Le veilleur de nuit de Palèochora" d'Alain Chanudet

 

Le veilleur de nuit de Palèochora
Auteur : Alain Chanudet
Éditions : 5 sens (15 Mars 2026)
ISBN :  ‎ 978-2889499090
252 pages

Quatrième de couverture

Claramonde, la quarantaine, est une écrivaine qui a l’habitude, à la sortie de chacun de ses ouvrages, de venir, en solitaire, décompresser et se ressourcer à Palèochora, station balnéaire au sud de la Crète. Cette année, elle va y rencontrer deux personnages qui vont chambouler le cours de sa vie. Le mystérieux et séduisant Ottavio, le veilleur de nuit de l’hôtel, de vingt ans son cadet, qui semble la connaître et lui vouer une certaine animosité. 

Mon avis

Palèochora est un lieu idyllique. Un petit village de pêcheurs transformé en station balnéaire sur une presqu'île au sud-ouest de la Crête. Une des principales sources de revenus est le tourisme.

C’est là que Claramonde, une autrice française, vient se ressourcer chaque fois qu’elle a terminé un livre. Une manière pour elle d’évacuer le stress et de reprendre pied. Par contre, elle y tient, elle vient seule. Son mari et sa fille ne l’accompagnent pas. Elle a ses habitudes et ses « rituels », elle séjourne toujours dans le même hôtel, accueilli par le vieux veilleur de nuit Yiorgos. Elle va toujours faire un tour en mer, déjeuner dans un restaurant qu’elle apprécie. Le plus souvent, elle fait tout cela sans compagnie, c’est indispensable à son équilibre.

Cette année, encore plus que les autres, elle a besoin de partir. Elle se pose des questions sur son couple et son dernier roman lui a demandé beaucoup d’énergie. Faire le point, tranquillement est plus que nécessaire. Quand elle arrive à l’hôtel, rien ne se passe comme elle l’avait imaginé. Yiorgos a pris sa retraite et le jeune qui le remplace n’est pas des plus accueillants. Elle s’installe et se dit que demain tout ira mieux. Mais ce n’est pas vraiment le cas….

Elle se lie d’amitié avec une jeune femme, Pauline, qui a une chambre à côté de la sienne. Elles discutent, échangent, se confient. Mais parfois, Claramonde ne sait plus où elle en est. Surtout que des événements bizarres la perturbent. Est-ce que quelqu’un, dans l’ombre, lui en veut et a décidé de « pourrir » ses vacances ? Est-ce que c’est le hasard ? Est-ce que c’est encore plus grave, peut-elle être agressée ?

Le décor est superbe, la mer, le soleil, la plage, mais on sent la tension, l’étau qui se resserre et l’angoisse qui va crescendo. Qui peut en vouloir à l’écrivain et pourquoi ? Elle essaie de relativiser, de prendre du recul mais c’est difficile. Elle se « découvre », comme si être là, la transformait. Un raccourci serait de penser à la crise de la quarantaine mais c’est plus profond que ça. Derrière ce récit, il y a une analyse sur les conséquences de nos actes passés, et également, ce qu’il se passe quand on reprend sa vie en mains en souhaitant être libre de ses choix.

Alain Chanudet a une belle écriture, prenante, avec des descriptions très visuelles et une approche psychologique intéressante des protagonistes. Il montre bien leurs émotions, leurs doutes, comment ils se sont construits et les raisons de leur attitude.

C’est une lecture plaisante, sans longueur.

 


"une autre vie" de Steven J. Watson (Second Life)

 

Une autre vie (Second Life)
Auteur : Steven J. Watson
Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides
Éditions ‏ : ‎ Sonatine (1er Octobre 2015)
ISBN : 978-2355842832
450 pages

Quatrième de couverture

Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu'elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d'une agression à Paris, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n'ont jamais été faciles, s'étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d'aller sur place afin d'en savoir plus sur la vie que menait Kate. Elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre. Le doute s'insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n'était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site que celle-ci utilisait.

Mon avis

Ça fait beaucoup ....

Une histoire qui démarrait d’une façon assez intéressante et puis...trop d’invraisemblances, une femme que l’on a envie de claquer tant elle est influençable, naïve, se donnant de bonnes excuses pour chavirer dans un monde délétère et de ce fait peu crédible….

L’idée de départ n’était pas mauvaise mais que de longueurs, notamment sur les sorties avec l’amant, que de choses bancales, bizarres, peu crédibles… Bref, il vaut mieux passer son chemin.

Un bémol : je comprends, malgré tout, que certains lecteurs trouvent le contenu totalement addictif mais soyons raisonnables…qu’est-ce que c’est superficiel !


"Ce soir j'ai peur" d'Annie Saumont

 

Ce soir j’ai peur
Auteur : Annie Saumont
Éditions : Julliard (5 février 2015)
ISBN : 978-2260022138
146 pages

Quatrième de couverture

Jane, étudiante en gymnastique, vit torturée par le remords d'avoir empoisonné son amant, un homme plus âgé qu'elle. Au fil d'une existence rythmée par l'entraînement physique et les conversations de jeunes filles, elle ressasse en secret les raisons de son crime. Mais sa version des faits est-elle aussi conforme à la réalité qu'elle voudrait le croire ?

Mon avis

Jane a tué son amant, c’est ce qu’elle dit. Il avait vingt-cinq ans de plus qu’elle et elle l’a empoisonné. Personne ne le sait, personne n’a des doutes. Elle vit dans la hantise d’être découverte. Pourquoi a-t-elle agi ainsi ?

Étudiante en sport, à une époque où la mixité n’existe pas (on est dans les années soixante), elle échange avec d’autres adolescentes, mais au milieu des dialogues, ses pensées l’envahissent et deviennent monologues. Cela donne un récit qui peut sembler confus mais c’est comme dans la vraie vie, quand on parle avec quelqu’un en pensant à autre chose… Elle essaie de prendre du recul sur ce qu’elle a fait mais on se demande si c’est bien la réalité tant tout semble s’emmêler dans son esprit.

L’écriture est épurée, brute, les paragraphes très courts et le livre peu épais (l’auteur est surtout connue pour ses talents de nouvelliste). Ce n’est pas l’histoire qui m’a intéressée, c’est vraiment le « phrasé », qui fait mouche, qui sèche le lecteur. Parce que, même si ça paraît brouillon, il n’en est rien. Annie Saumont maîtrise son texte et sait où elle nous entraîne : dans un texte sombre qu’on ne lâche pas….


"Les silencieuses" d'Anna McPartlin (The Silent Ones)

Les silencieuses (The Silent Ones)
Auteur : Anna McPartlin
Traduit de l’anglais (Irlande) par Valérie Le Plouhinec
Éditions : Cherche Midi (16 Avril 2026)
ISBN :  978-2749185576
410 pages

Quatrième de couverture

Par un matin glacé de janvier 1980, sur une plage battue par les vents du Kerry, on découvre le corps d'un nouveau-né abandonné au creux d'une dune. La première à arriver sur les lieux est Mary Shea, jeune garda de la police locale. Très vite, l'affaire prend une ampleur nationale : une équipe d'enquêteurs de Dublin est dépêchée sur place. Mais dans le Kerry, les secrets se taisent et les langues ne se délient pas facilement. Seule Mary, qui connaît mieux que quiconque les usages de sa ville, parvient à convaincre certaines femmes de témoigner.

Mon avis

1980, le Comté de Kerry, en Irlande, la côte battue par les vents. Les familles de pêcheurs ou avec des petits boulots vivent sur place. Les femmes effacées et disponibles à la maison, les hommes au travail ou au pub. Ils règnent en mâles, sûrs de leur supériorité et donc de leur pouvoir.

Dans la police, une jeune garda : Mary Shea. Elle a réussi à obtenir un poste. Pourtant, son père, préfet adjoint, ne voulait pas, ce n’est pas une fonction pour une femme. D’ailleurs, ses collègues doivent penser la même chose puisqu’ils la cantonnent à préparer le thé et taper les rapports d’audition ou autres. Elle, elle serre ses poings au fond de ses poches, elle arrive à l’heure, ne rechigne devant rien, et parfois glisse une remarque, histoire de rappeler qu’elle existe.

« Je répondais au téléphone, je tapais les rapports, j’endurais les moqueries, les insultes, les remarques blessantes, les mains aux fesses, et j’attendais mon moment, l’occasion de briller, de leur montrer qui j’étais et de quoi j’étais capable. »

Ce matin-là, un nourrisson est retrouvé assassiné dans les dunes. Lorsqu’elle arrive sur place, Mary est bouleversée par ce petit être. Elle veut lui rendre justice et comprendre qui a pu l’abandonner ici et pourquoi.

Ses collègues commencent l’enquête puis rapidement on leur envoie une équipe de Dublin. Mary est sollicitée pour une ou deux auditions. L’inspecteur Foley, un peu plus « ouvert » d’esprit que les autres réalisent assez vite que Mary sait faire parler les femmes, elle leur inspire confiance, les protège des mains trop directes des médecins qui les examinent avec mépris. Il décide d’en faire une adjointe mais attention, il la prévient : un faux pas ou si elle ne lui est plus « utile », il se passera d’elle.

Tous ces hommes ont une fâcheuse tendance à la conclusion hâtive, facile, et « on passe à autre chose, même s’ils doivent sortir des théories qui ne tiennent pas vraiment la route, ils sont satisfaits.

Mais la garda creuse plus loin, recoupe les témoignages, analyse, observe, réfléchit, revient en arrière puis progresse à nouveau, elle veut la vérité et ne lâche rien. Elle dénonce les dérives quand elle le peut. Elle est à la fois forte et pleine de doutes. Une belle personne qui, je le souhaite, reviendra dans d’autres romans.

Ce récit, inspiré de faits réels, est une véritable « peinture » sociale d’une Irlande encore engoncée dans les traditions, les non-dits, les silences, les « qu’en dira-t-on », les opinions tranchées. Certains individus sont misogynes, ont des œillères et refusent le droit à la différence… Pas de mère célibataire, pas d’union libre, pas d’homosexualité, pas d’amant-e …. Ou alors, on fait l’autruche, et ceux qui sont concernés doivent se cacher sous peine d’être mis au pilori. Heureusement, depuis 1980, les choses ont un peu évolué…

L’écriture (merci à la traductrice) est plaisante, addictive. En tant que femme, je me suis attachée à Mary, à ses luttes pour obtenir des réponses. L’histoire s’articule entre les enquêteurs et les habitants, les premiers agissant parfois sans aucune délicatesse, et les seconds se taisant le plus possible, peut-être dépassés par les événements.

Les dialogues, les scènes décrites, tout est très juste, je n’ai ressenti ni longueur, ni répétitions. Les investigations donnent du rythme et les hypothèses de Mary sont intéressantes, elle aime son métier et le fait bien. Et elle commence à donner un coup de pied dans la fourmilière des « bien-pensants » afin de ne plus être réduite au rôle de bonniche. Une femme audacieuse, courageuse et droite !

 

"Anonîmes" de Mehdi Tahenni

 

Anonîmes
Auteur : Mehdi Tahenni
Éditions : Preface Factory (1er Avril 2026)
ISBN : 979-1041593316
452 pages

Quatrième de couverture

Nîmes. La Féria bat son plein. Tandis que les arènes résonnent des clameurs de la foule et que le sang des taureaux imbibe le sable, un autre prédateur rôde dans les ruelles de la cité romaine. On l'appelle le Tueur de la Féria. Chaque année, il frappe pendant la grande célébration. Ses victimes portent les stigmates d'une rage méthodique. Ses messages, peints en rouge sur les monuments antiques, sont autant d'énigmes que de déclarations de guerre. Puis il disparaît jusqu'à la Féria suivante. L'enquête est confiée à Vincent Punti, policier expérimenté mais borderline, qui navigue entre le commissariat et les zones grises de la ville. Face à lui, dans le quartier de Pissevin, Farouk Fellah, figure respectée et crainte, dont le simple nom suffit à faire trembler un braqueur armé. Deux mondes, deux hommes.

Mon avis

Nîmes, ses monuments, son atmosphère, ses corridas. Les Férias, ceux qui aiment, ceux qui sont révoltés. Chaque année, au cœur de l’événement, un assassinat. Avec une anagramme en rouge peint sur les murs près de la victime. Un message ? Pour qui ? Pour quoi ? Dans quel but ? Dénoncer la violence des toréros ? Mais comment sont choisis ceux qui passent de vie à trépas ? La police a toujours le sentiment d’arriver trop tard, de ne pas comprendre, de laisser échapper des indices importants.

Vincent Punti est chargé de l’enquête. C’est un policier au passé difficile, ça lui empoisonne la vie. Il a un frère mais il se voit peu. Son épouse accepte sa nature troublée mais elle le met en garde. Lui, il donne beaucoup au boulot, s’investit jusqu’à en perdre les pédales. Quand il investigue, il n’a plus de limites, il est prêt à tout, il prend des risques, trop quelques fois. Sa collègue Caroline essaie de le tempérer.

Il n’hésite pas à se rapprocher des hommes de l’ombre, les dealers ou truands si cela peut permettre de résoudre une affaire. Mais il réalise également qu’à force d’être entre ces deux mondes, il risque de se perdre, de tout confondre, de créer des liens qui ne sont pas les bons, de ne plus connaître ses priorités.

Cet aspect de sa personnalité est très bien abordé, l’auteur montre toute l’ambivalence des situations où l’on peut être écartelé, tiraillé, perdu… Quand Vincent cerne que son frère peut, éventuellement, lui apporter des informations, il ne sait pas comment se comporter. Que faire ? leur lien est à la fois fort et fragile, car ils ont beaucoup souffert ensemble dans leur enfance.

Dans ce thriller, personne n’est tout à fait blanc ou noir. Les tempéraments des protagonistes sont décrits avec précision. Chacun a une part secrète, ne se dévoilant que par bribes et encore pas toujours. Les influences des uns et des autres, les rencontres qui modifient la perception, les choix réfléchis ou non, rien n’est anodin.

Plusieurs thèmes sont abordés. Jusqu’où peut-on aller pour ses convictions ? Quelle est la place de la famille quand ses membres ne sont pas d’accord ? Qu’en est-il de la vengeance, du pardon, est-ce qu’on doit transmettre la première aux futures générations afin qu’elles reprennent le flambeau ? Comment peut-on séparer vie personnelle et vie professionnelle ?

Mehdi Tahenni a une écriture rythmée, nerveuse, musclée. Les dialogues sont vifs, ils mettent le lecteur au cœur des faits, au plus près de ce qu’il se passe. Les scènes décrites sont très visuelles, on pourrait faire un téléfilm sans problèmes. La ville de Nîmes joue un rôle important avec ses ruelles, ses bâtiments, sa météo. Les rebondissements maintiennent notre intérêt ainsi que les informations qui arrivent régulièrement.

J’ai particulièrement apprécié le fait que rien ne soit aussi évident que je le croyais. Plusieurs fois, j’ai pensé que j’avais tout compris et puis, je repartais dans une autre direction. Une intrigue bien pensée, menée tambour battant, sans temps mort.

Un livre réussi !

"Des diables et des saints" de Jean-Baptiste Andrea

 

Des diables et des saints
Auteur : Jean-Baptiste Andrea
Éditions : Iconoclaste (14 Janvier 2021)
ISBN : 978-2378801748
362 pages

Quatrième de couverture

Qui prête attention à Joe ? Ses doigts agiles courent sur le clavier des pianos publics dans les gares. Il joue divinement Beethoven. Les voyageurs passent. Lui reste.
Il attend quelqu'un, qui descendra d'un train, un jour peut-être.
C'est une longue histoire. Elle a commencé il y a cinquante ans dans un orphelinat lugubre.

Mon avis

Jospeh est un vieux pianiste qui joue dans les gares, comme s’il attendait quelqu’un. La musique, il l’aime, l’a aimée mais il n’a pas pu le dire, le montrer lorsqu’il était plus jeune. Alors il se rattrape, encore et encore…

Cinquante ans en arrière, orphelin, il est placé dans un institut n’accueillant que des garçons. Il découvre un univers fait de brimades, de décisions arbitraires, de violence de la part des encadrants. Mais il y a aussi la solidarité entre les pensionnaires, les réunions secrètes, les essais de rébellion, de fuite …

Et puis, il y a la rencontre avec un bienfaiteur qui vient avec sa fille Rose. Mais que peut-on espérer lorsqu’on est surveillé, brisé, rabaissé en permanence ?

C’est un roman noir, puissant, avec une écriture forte sans concession, sans misérabilisme. On sait que ce genre de lieu à exister, on préférerait ignorer les sévices subis par les jeunes qui étaient accueillis…

Les personnages sont intéressants, du vieux professeur de piano aux différents copains de Jospeh, tous avec des personnalités marquées, différentes, mais réalistes. On pourrait en faire un film tellement les scènes sont vivantes et bien décrites.

L’auteur sait construire un récit prenant, captivant, sans beaucoup sortir de ce lieu maléfique. Il a un style et une écriture où chaque mot est à sa juste place.

Un excellent livre !