"Le Dit du Mistral" d'Olivier Mak-Bouchard

 

Le Dit du Mistral
Auteur : Olivier Mak-Bouchard
Éditions : du Tripode (20 Août 2020)
ISBN : 978-2370552396
362 pages

Quatrième de couverture

Après une nuit de violent orage, un homme voit toquer à la porte de sa maison de campagne Monsieur Sécaillat, le vieux paysan d'à-côté. Qu'est-ce qui a pu pousser ce voisin secret, bourru, généralement si avare de paroles, à venir jusqu'à lui ? L'homme lui apporte la réponse en le conduisant dans leur champ mitoyen : emporté par la pluie violente et la terre gorgée d'eau, un pan entier d'un ancien mur de pierres sèches s'est éboulé. Or, au milieu des décombres et de la glaise, surgissent par endroits de mystérieux éclats de poterie. Intrigués par leur découverte, les deux hommes vont décider de mener une fouille clandestine, sans se douter que cette décision va chambouler leur vie.

Mon avis

La maison d’éditions du Tripode donne la parole à des voix singulières. Et ce terme de « singulier » correspond bien à ce premier roman de l’auteur. Il n’y croyait pas et l’avait laissé au fond d’un carton, jusqu’à ce que des événements personnels, le pousse à le ressortir, et le terminer…
Issu de cette terre du Lubéron qu’il met à l’honneur, il ne pouvait pas parler d’autre chose. Il est viscéralement attaché à ces lieux, à l’esprit du pays, à ses légendes et a choisi de rédiger (c’est lui qui le dit) un récit délicat et complexe.

La première partie raconte l’histoire de deux voisins. Suite à la chute d’un mur, il découvre des morceaux de poterie antique. Décidant de rien dire aux autorités, ils font les fouilles eux-mêmes sans imaginer où tout cela va les entraîner. C’est assez classique, on les voit avancer, douter, se cacher, discuter, prendre des décisions plus ou moins bonnes. J’ai trouvé l’écriture très belle, visuelle et poétique.

Arrive la seconde partie. Olivier Mak-Bouchard a choisi de faire intervenir le merveilleux et les légendes, peut-être pour rendre hommage à son coin de pays porté par des croyances, des superstitions, des personnages imaginaires. Il faut alors accepter de quitter le rationnel et s’évader dans un autre domaine. Je rajouterai que je pense qu’il faut « être prêt » et que suivant le moment où on lit ce recueil, on apprécie ou on écarquille les yeux en se disant « mais qu’est-ce qui lui a pris ? » Cela tombait bien, lorsque je l’ai lu, j’avais envie de fantaisie, de rêve….

À ce moment-là se mêlent réalité et fiction dans une langue pure, où le folklore a une belle place. Je me suis laissée emporter. Je n’ai pas voulu analyser, j’ai juste souhaité profiter de cet univers atypique.

J’ai apprécié l’atmosphère, les allusions (titres de chapitres, petites phrases, recettes ou autres) mettant en exergue la Provence. L’idée est originale et je ne regrette pas ma lecture.


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