"Mes vies volées à Lavilliers" de Yann Madé

 

Mes vies volées à Lavilliers
Auteur : Yann Madé (texte et dessin)
Éditions : Jarjille (1er Avril 2026)
ISBN : 978-2-493649-36-2
48 pages

Quatrième de couverture

Qu'est-ce que je pourrais avoir en commun avec Lavilliers ?
Certainement pas les voyages, même s'il n'est pas d'un pays et qu'il est d'une ville... Son monde est tellement vaste et inclassable. Toujours être où on ne nous attend pas : Saint-Etienne, Marseille ou Saint-Malo ? En commun la sidérurgie, l'amour de l'anarchie, la classe ouvrière ? La rage, l'envie d'être fort, le désir d'être tendre, une tension, un peu de dépression, de la danse, beaucoup de danses... Et une passion pour les rencontres avec l'autre.
Je suis l'autre... Mais, finalement, chacun garde sa vie à soi et n'appartient jamais à personne. Pourtant, je veux bien l’avouer ici, j'ai volé quelques vies à Lavilliers.

Mon avis

Yann Madé est né à Marseille mais il a une histoire particulière avec Saint-Etienne qu’il rejoignait avec ses potes en 4L pour des concerts dans les années 80.  Et puis, son éditeur pour ses bandes dessinées est stéphanois, alors le « pays » il connaît.

C’est sans doute pour ça qu’il a été sollicité pour faire une BD sur Lavilliers. Vous savez le chanteur stéphanois, celui qui dit « On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville Où la rue artérielle limite le décor ». Un air fredonné par de nombreux habitants qui se retrouvent dans les paroles, comme un ADN qui colle à la peau.

Alors, Yann a dit oui avec dans l’idée de montrer comment Lavilliers est intimement lié à sa vie. Leur première « rencontre » dans une médiathèque où il a vu ses disques. Comment certains titres ont influencé son quotidien, comment d’autres lui ont « parlé » parce qu’il se reconnaissait dans les paroles, ou dans le côté militant de l’artiste.

Peu importe que certaines choses aient été un peu « transformées » volontairement ou pas, par les médias ou le troubadour, l’essentiel n’est pas là. D’ailleurs l’auteur n’a pas juré de dire la vérité, toute la vérité … il a simplement offert un regard, une approche de cet homme atypique qui part d’un fait divers, d’un voyage, d’un poème pour écrire et chanter en mêlant les styles : chanson française, rock, reggae, salsa et bossa nova … Pour nous faire danser, vibrer, chanter et nous enchanter ….

Cet album, c’est le récit de la place que Lavilliers a eu dans le quotidien de Yann Madé (avec des pauses quelques fois), leurs chemins qui se croisent, se répondent …  Je sais que de nombreux stéphanois ressentiront le même écho, d’ailleurs la collection s’appelle « La Belle 42 » et parle surtout aux gens d’ici.

Les dessins sont dans un style très personnel, des cases irrégulières, des bulles qui chevauchent les limites, des couleurs pas très vives, beaucoup de visages marqués, des décors rares mais très parlants. On dirait qu’il trace avec beaucoup de force, pour « imprimer » les émotions en même temps que les images. Et puis des extraits de différents titres placés à bon escient.

C’est un roman graphique très réussi. À lire et à relire avec sur la platine, un CD de Bernard Lavilliers ….  



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