Les plumes de Kalliope
Auteur : Michel Divol
Éditions : Encrea (7 Septembre 2026)
ISBN : 978-2386890468
256 pages
Quatrième de couverture
Il arrive parfois qu'un être aimé disparaisse sans que
l'amour, lui, consente à s'éteindre.
Depuis la mort de sa femme Kalliope, Antonis Delakis,
ancien professeur de philosophie, habite sa maison de Nafplio comme on habite
un paysage devenu trop vaste pour une seule présence. Les livres qui l'ont
accompagné toute sa vie ne parviennent plus à répondre aux questions que le
deuil a fait naître en lui, et le silence semble chaque jour gagner un peu plus
de terrain.
Puis, un matin, une simple plume blanche apparaît sur le rebord de sa fenêtre.
À partir de cet instant commence un chemin inattendu, jalonné de rencontres
discrètes, de souvenirs retrouvés et de paroles si simples qu'elles semblent
contenir, sans jamais chercher à l'expliquer, une part du mystère de
l’existence.
Mon avis
Dès les premières lignes, il se dégage de cette lecture, une
forme de douceur tranquille, comme si l’essentiel était de prendre le temps de
laisser chaque mot, chaque phrase venir à nous.
Antonis Delakis se sent un peu perdu depuis le décès de sa
femme, il a le sentiment que rien ne le rattache au monde vivant. Il était
professeur de philosophie et aimait beaucoup lire mais il n’y trouve plus le
même intérêt, le même réconfort. Tout est trop lisse, trop triste, trop sombre,
trop « prévisible » peut-être sans elle. Et puis, un matin, une plume
blanche sur le rebord de la fenêtre. Il ne sait pas comment elle est arrivée
là, il ne sait pas pourquoi mais il la ramasse et il décide de la garder. Quelque
temps plus tard, une autre … Il s’interroge, ont-elles une signification
particulière, est-ce que c’est quelqu’un qui les dépose ? Pour lui dire
quoi ?
Se questionner l’incite à bouger un peu, à rester moins
isolé. Il fait des rencontres qui le touchent et il pense que les plumes l’emmènent
sur un chemin qu’il lui appartient de découvrir. Il apprivoise sa douleur,
apprend à lui laisser une place pour continuer d’avancer même si elle est
présente.
« On ne recommence pas à vivre le jour où la douleur
disparaît. On recommence à vivre le jour où l’on accepte qu’elle marche à nos
côtés sans lui laisser décider de la direction du chemin. »
Les plumes jalonnent son quotidien et à chaque fois, il vit
pleinement le moment qu’elles marquent. Quand elles apparaissent, il laisse son
esprit et son cœur s’ouvrir, offrant une place à d’autres possibles. Ainsi, à
travers ces expériences, il comprend mieux qui était son épouse et la grande
richesse de leurs différences. Leurs regards se complétaient, lui il analysait,
elle, elle voyait plus loin …
J’ai énormément apprécié cette lecture. Elle est apaisante,
et l’auteur partage une magnifique et profonde sagesse sans pour autant nous
faire la leçon, ni en rajouter. Il nous rappelle le bonheur de vivre, d’accueillir
une nouvelle connaissance, d’admirer un oiseau, un paysage, de profiter de l’instant
présent. Le thème du deuil est évoqué avec beaucoup d’intelligence et de
doigté, sans sombrer dans le pathos. C’est très bien dosé.
Oui, vous allez dire que tout cela on le sait. Mais la façon
dont Michel Divol aborde tout cela dans ce roman est très intéressante. Le
cheminement intérieur d’Antonis pourrait être celui de chacun de nous.
L’écriture est lumineuse, de qualité, posée et jamais
ostentatoire. Le fait que la plupart de l’histoire se déroule en Grèce apporte un
« rayonnement » au contenu. En fermant le livre, je me suis sentie
sereine, en phase avec moi-même et je sais que c’est parce que ce qu’a voulu
transmettre l’auteur m’a touchée au cœur. Merci à lui.
Une belle playlist est proposée dans les dernières pages.
NB : En lisant, j’ai pensé au très beau conte musical « Plume
d’Ange » de Claude Nougaro.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire