Vivre sans bonheur et n’en point dépérir
Auteur : Véronique Ovaldé
Éditions : Flammarion (19 Août 2026)
ISBN : 978-2080511096
210 pages
Quatrième de couverture
"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches
dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la
chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles
préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des
animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs
continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui
peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime
?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie
pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le
recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour
sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies.
Mon avis
Dans ce beau roman, Véronique Ovaldé mêle fiction et réalité
en présentant le portrait de sa mère. Parfois, elle imagine un autre choix que
celui qui a été fait. Elle montre combien la trajectoire de chaque vie est
soumise à de mini décisions, à des bifurcations plus ou moins voulues. Il y a
ce qu'on désire, ce qu'on nous impose et ce qui s'impose.
Ce portrait de femme est celui d'autres femmes ayant vécu à
la même époque, ayant subi les mêmes traumatismes. C'est aussi une façon de
leur donner à toutes une existence autre, plus belle, plus douce.
Cette mère est une femme forte, qui malgré ce qu'elle a
subi, a réussi à être un peu celle qu'elle souhaitait. J'ai aimé l'analyse des
relations qu'elle tisse tout au long de sa vie.
L'écriture et le style plaisant, facile à aborder, en font
un livre très agréable.
L'originalité vient du fait que l'auteur se plaît à imaginer
ce qui aurait pu être, qu'elle interprète ce qu'elle pense qui a été. Cela
offre un récit vivant, vibrant et empli d'humanité. Certains trouveront dommage
de ne pas connaître la part du vrai et du faux.
Il n'est jamais facile de parler de quelqu'un de sa famille
sans juger, sans trop se positionner. L’autrice a un ton très juste et offre un
hommage poignant à sa mère.
NB : J'aurais souhaité quelques documents : photos,
lettres ou autres de la famille pour accompagner ce récit.

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