"Les éléments" de John Boyne (Water, Earth, Fire, Air)

 

Les éléments (Water, Earth, Fire, Air)
Auteur : John Boyne
Traduit de l’anglais (Irlande) pat Sophie Aslanides
Éditions : Jean-Claude Lattès (20 Août 2025)
ISBN : 978-2709674300
512 pages

Quatrième de couverture

D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale.

Mon avis

L’eau, la terre, le feu et l’air : quatre éléments pour quatre personnages qui évoluent dans un contexte en lien avec l’élément mis en exergue, quatre récits qui s’entremêlent (un individu cité dans une des parties devient le narrateur de la suivante) par des liens que le lecteur découvre. Tout s’emboîte à la perfection. Un large thème commun mais abordés en sous-thèmes, vus sous quatre perspectives différentes. Il y a ceux qui subissent, ceux qui agissent, ceux qui parlent, ceux qui se taisent, ceux qui combattent, ceux qui baissent les bras, ceux qui fuient, ceux qui restent …

Le point commun des principaux protagonistes est d’avoir subi un grave traumatisme. Tous sont marqués. Leur vie, leurs rapports aux autres sont impactés mais tous ne gèreront pas leur souffrance de la même façon. En fouillant leur passé, leurs pensées, leurs ressentis, l’auteur se penche sur chacun d’eux. Sans pathos, sans exagération, ils décortiquent les mécanismes qui se mettent en place pour se protéger, se venger, ou tout simplement vivre avec cette peine qui les ronge, les étouffe, leur pèse. Pas de longueur, les pages s’enchaînent sans problème.

J’ai trouvé l’écriture (merci à la traductrice) fine, détaillée mais sans emphase, avec une bonne approche psychologique pour cerner les raisons d’agir de chacun. On peut regretter que beaucoup de choses soient en lien avec leur enfance ce qui peut apporter une explication un peu restreinte mais il n’en demeure pas moins que l’analyse des faits, des répercussions, même des années plus tard, est excellente.

Il est question de culpabilité, d’ouvrir les yeux et de croire à l’indicible, de se positionner, d’avancer vers la vérité, de croire, ou pas, en la justice, d’avouer, ou pas, de se reconstruire, de faire acte de résilience. Et Bien entendu, l’écoute, la communication, le rôle des médias sont évoqués.

Il y a les blessures du corps mais également celles de l’âme et John Boyne les explore avec empathie. Cela permet de s’attacher à certains, de les rendre palpables et vivants et alors on a envie de les aider, de les soutenir. Pour d’autres, on se sent prêt à prendre son téléphone pour les dénoncer.

J’ai lu qu’à l’origine, ce roman était quatre nouvelles et finalement elles ont été regroupées pour aboutir à ce recueil puissant, bien équilibré qui laissera une trace marquante dans mon esprit.

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