"ni loup ni chien" de Kent Nerburn

 

Ni loup ni chien (Nether Wolf nor Dog)
Auteur : Kent Nerburn
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) pat Charles Pommel
Éditions du Sonneur (17 Mai 2023) 1994 aux Etats-Unis
ISBN : 978-2373852776
450 pages

Quatrième de couverture

Dan, un vieil Indien lakota, veut écrire un livre sur son histoire et celle de son peuple. Pour ce faire, il contacte l'écrivain Kent Nerburn. Tout au long de l'expédition, qui les mène des villes délabrées des réserves indiennes jusqu'au monument historique érigé en l'honneur de Sitting Bull en passant par les prairies infinies du Dakota, Dan se livre. Tantôt incité par la situation, tantôt par un lieu, un acte ou une parole, il tisse son histoire et celle de son peuple avec une verve étonnante. Empreints de spiritualité et de douleur, mais aussi d'humour, ces récits se situent à la frontière littéraire entre les mémoires, la philosophie et l'anthropologie.

Mon avis

Au milieu des années 1990, Kent Nerburn, écrivain blanc et prof d’université du Minnesota âgé d’une cinquantaine d’années, reçoit un appel d’une jeune femme qui lui dit que son grand-père souhaite le rencontrer. Il s’agit de Dan, un doyen de la tribu des lakotas. Il veut lui confier ses pensées, ses souvenirs pour comme le dit Robert Plant dans la préface « Donner voix à l’éblouissant esprit d’un peuple magnifique. »

Pour lui, leur histoire n’est pas écrite, ou alors très mal donc il compte sur Kent pour relater les événements en toute sincérité. Puisque ce dernier s’est toujours intéressé à la culture indienne, et qu’il sait être discret, il devrait être la bonne personne.

Kent dit oui. Au départ, il pense récupérer des notes, quelques photos, prendre le temps pour plusieurs entretiens avec Dan et se mettre à rédiger. Mais il n’en est rien. Dan brûle ses écrits et l’emmène dans un road trip où il finira par lui offrir un cadeau en forme de phrase : « Bienvenue sur notre Terre. »

Kent devra s’adapter, accepter les contraintes. C’est Dan qui décide s’il veut parler, se taire, rester avec Kent ou partir. Il l’oblige au calme, à se poser, à écouter un bruissement dans la nature, un souffle. Comme il veut, quand il veut. Parfois la relation se tend, mais ils finissent par se retrouver, communiquer, se comprendre.

Ce témoignage émouvant, intéressant, complet, offre un autre regard sur ce peuple. Être un indien n’est pas facile. Certains ont voulu les détruire puis d’autres les intégrer, peut-être parce que les blancs veulent les copier, pour se rapprocher de la terre et la comprendre afin de l’exploiter. Les indiens n’ont jamais été écoutés, respectés. Ils ont été tués, étouffés, sans que forcément on prenne leur vie. Mais ils sont restés droits et ont continué d’être ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes. Des sages.

L’auteur retranscrit la rencontre avec Dan mais également avec tous ceux qu’il représente. Il parle de leur périple, de leurs échanges de, leurs conversations. Derrière son écriture, on entend la voix du vieil homme, ses choix, ses revendications, ses peurs, ses combats.

Accompagné par les dessins d’Edmond Baudoin, le texte (merci au traducteur) m’a offert un autre point de vue sur le mode de vie de ces ethnies qui ont tant de choses à partager.  Magnifique !


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