"Un grand coup de pompes" de Bruno Testa

 

Un grand coup de pompes
Auteur : Bruno Testa
Éditions du Caïman (24 Septembre 2026)
ISBN : 978-2493739810
228 pages

Quatrième de couverture

C’est l’histoire d’une « triplette épatante » : Fred (le cerveau malgré lui), Momo (le rasta hilare) et le Gros Robert (la force très tranquille qui vit encore chez sa maman). Ces trois habitués du PMU, plus familiers du RSA que du monde de l’entreprise, se voient offrir un « plan en or » par les frères Peppone, des truands marseillais : reprendre une agence de pompes funèbres en faillite. Mais attention, ici les cercueils servent surtout de paravent à un trafic d’import-export bien opaque. Entre deux verres de Jack Daniels et les vapeurs de joints, nos trois bras cassés vont devoir apprendre le métier de croque-mort tout en essayant de ne pas devenir les prochains clients de l’agence.

Mon avis

Il y a des polars qui sont noirs et d’autres jubilatoires. « Un grand coup de pompes » fait partie de la deuxième catégorie. J’ai beaucoup ri.

Ils sont trois potes qui traînent au bistrot du coin. Ils s’y retrouvent, pas très tôt car sans travail, ils ont tout leur temps. Ils ne sont pas excessivement courageux. L’un d’eux, le Gros Robert habite encore chez sa maman.  De quoi ils vivent ? Le RSA, les aides sociales, la famille au moins pour un …. Mais bon, ils sont grands, adultes, et aimeraient un peu plus d’argent, d’indépendance, de liberté, si possible sans trop se forcer.

Alors lorsque les frères Peppone proposent l’affaire du siècle, sans risque (d’après eux), au Gros Robert (qui, entre nous, leur avait rendu service…), ce dernier pense immédiatement à ses copains de galère et il les convoque pour une réunion au sommet afin de leur expliquer de quoi il s’agit.

L’idée ? Racheter (avec l’aide des frangins) une entreprise de pompes funèbres en faillite, s’en servir de couverture officielle et faire de l’import-export sans poser de questions. C’est-à-dire réceptionner des colis, les garder au chaud ou plutôt au frais (dans la chambre funéraire par exemple) et les emporter le jour indiqué vers une destination fixée. Le tout, discrètement, avec le corbillard, en évitant les excès de vitesse. Facile, non ?

Le Gros Robert se retrouve face à plusieurs étapes : convaincre les copains méfiants, persuader les propriétaires actuels de vendre, tout mettre en place et être discrets. Les clients de ce genre de commerce ne sont pas bavards et ils ne vendront pas la mèche. C’est déjà ça. Et les voilà qui s’organisent, l’air de rien, ils ont des idées, pas si bêtes, ils ont du répondant.

J’ai suivi avec beaucoup de plaisir les aventures de ces trois « bras cassés ». J’ai aimé l’écriture, très rythmée, pleine d’humour, d’allusions (je pense que je n’ai pas tout trouvé) à des acteurs, des cinéastes, des écrivains. Ces trois hommes sont follement drôles par leurs réparties, leurs remarques, leurs réflexions, leurs attitudes …. Ils pétillent et apportent la gaieté nécessaire pour garder le sourire.

J’ai eu l’impression que l’auteur ressentait de l’affection pour eux, qu’il avait envie qu’ils s’en sortent, que le meilleur soit possible. Il y a toujours un petit quelque chose de positif dans leurs galères, comme pour nous rappeler que l’espoir n’est pas un vain mot.

Bien sûr, ces trois là ont conjugué le verbe magouiller à tous les temps, mais qu’est-ce qu’ils sont attachants ! Les personnages qui gravitent autour d’eux également, pour la plupart. Bruno Testa leur donne corps avec beaucoup d’intelligence. Dans leur description, une forme de caricature est présente mais c’est empli de tendresse. Ce n’est pas moqueur, c’est simplement qu’ils sont un peu décalés et amusants. J’ai d’ailleurs imaginé qu’on pourrait les voir pour un film !

Une lecture divertissante qui, l’air de rien, parle des valeurs, de l’amitié, de la famille (celle qu’on a, celle qu’on construit) etc.

 


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