"Un siècle sur le toit de l’Europe" de Didier Reynaud

 

Un siècle sur le toit de l’Europe
Auteur : Didier Reynaud
Éditions : du Joyeux Pendu (2026)
ISBN : 9782494026179
112 pages

Quatrième de couverture

1976 : L’A.S. Saint-Étienne s’incline en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern Munich. La défaite devient un mythe. L’épopée des Verts, une légende. Mais que se serait-il passé si l’ASSE avait gagné ? Voici l'histoire d'un monde où les Verts sont montés sur le toit de l'Europe.
2076 : Cent ans jour pour jour après la finale victorieuse, Noah, journaliste, se rend dans la cité forézienne pour assister aux célébrations de ce match fondateur. La ville est devenue un modèle : laboratoire écologique, capitale coopérative et le cœur battant du football européen. Chargé de trouver un angle inédit sur cette épopée, Noah s’interroge sur les raisons du succès et sur le secret d’un club entré dans l’éternité.

Mon avis

« L’épopée des Verts c’est quelque chose qui ne s’arrêtera jamais », c’est, en substance, ce que m’a dit l’auteur lorsque je l’ai rencontré, en Octobre 2026, à la fête du livre de St Etienne.

Il est né en 1987, il n’a donc aucun souvenir de cette époque… Comme beaucoup de jeunes dont les parents étaient et sont encore, fans des verts, il a été nourri avec les exploits des footballeurs qui ont mis l’ASSE (association sportive de Saint-Etienne) sur le devant de la scène. Pourquoi tant d’admirateurs ? Après avoir lu, écouté, les joueurs de ce club qui ont participé à ces rencontres de Coupe d’Europe, je pense avoir quelques éléments de réponse.

Dans ce groupe, ils ont su rester humbles (Herbin leur remettait les idées en place si besoin), ils connaissaient la valeur du travail, des entraînements répétés pour arriver à jouer presque les yeux fermés pour trouver un partenaire, et ils étaient (je n’invente rien, ils le répètent souvent) une « bonne bande de copains » ayant du plaisir évoluer ensemble. Pas d’égo surdimensionné, une bonne entente et des gammes répétées…

Alors rien d’étonnant qu’un minot (pardon Monsieur Reynaud) s’empare de leur histoire pour en faire une belle uchronie, ce qui n'avait jamais été fait et lui a donné le souhait d'en rédiger une.

Noah est journaliste, il doit écrire sur les verts pour le centenaire de la victoire du 12 mai 1976 (ah oui, dans cette histoire « on » a gagné (je suis stéphanoise d’où le « on »). Mais son boss lui commande quelque chose qui change, pas du « déjà vu lu et relu ».

« Noah le sait, à Sainté on ne joue pas au football, on le vit. »

On est donc en 2076, les transports vont vite (plus besoin de passer par Lyon, ce détour imposé, pour venir en train de Paris), Saint-Etienne est la capitale du football, tout ça grâce à Piazza, Bathenay, Larqué, Rocheteau et les autres ! Avec leur retentissant succès ils ont donné une impulsion à la cité forézienne qui est devenue, sous la plume de l’auteur, un lieu merveilleux où il fait bon vivre.

J’ai suivi Noah dans les rues que je connais, je me suis accoudée auprès de lui à chaque comptoir et je l’ai observé en train de dialoguer, de chercher comment aborder son article. Certaines des réponses qu’il reçoit sont très parlantes.

« Le foot ici défie les normes, le « supportérisme » local mériterait d’être classé au patrimoine
immatériel de l’Humanité, j’en suis convaincue ! »

Dans ce récit, j’ai apprécié de me sentir chez moi, en « terrain connu », les noms me parlaient (j’ai bien ri avec Timothée Chalamet marchant avec une canne). L’écriture est vive, avec une légère pointe d’humour. Didier Reynaud a su aborder son texte avec beaucoup d’intelligence et de doigté, il fera le bonheur des anciens qui revivront leurs souvenirs et rêveront à un autre futur et des jeunes qui auront le sourire en pensant à l’avenir et à tout ce qu’il est encore possible d’espérer. Cela se lit avec beaucoup de plaisir, qu’on aime, ou pas, les verts.

D’ailleurs il y a match ce soir, je vous laisse !

PS: Qui c'est les plus forts ? 

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