"Le bonheur au bout du chemin" de Christelle Magnan


Le bonheur au bout du chemin
Auteur : Christelle Magnan
Éditions : Libréditions (3 juillet 2016)
ISBN : 978-2822100199
420 pages

Quatrième de couverture

Booneville, ancienne ville minière du Kentucky, est rongée par la violence et la pauvreté. Une mère et ses deux filles tentent d'y survivre à force de volonté, de courage et en utilisant... certains de leurs charmes. Elles vont connaître les épreuves les plus douloureuses comme les plus exaltantes.
Mon avis

Ne vous fiez pas à la photo de couverture pour vous faire une opinion de ce roman ! *

Nous sommes dans le Kentucky (Etats-Unis), à Booneville, une ancienne cité minière. Après des heures de gloire, cette ville est maintenant la proie de la pauvreté et de la violence. Le quotidien des habitants est difficile d’autant plus qu’il semblerait qu’une mafia bien organisée fasse régner la terreur chez les commerçants en les rackettant. Cette organisation donne l’impression d’être soutenue par certains hommes de pouvoir, politiciens ou policiers…. Que ne feraient pas certains pour un peu d’argent facile…. Alors comment lutter contre un tel fléau ?

 Jenny, Amber et leur mère Rita vivent dans une caravane. La plus âgée n’est pas vraiment un modèle pour ses deux filles et elle ne montre de l’affection qu’à Amber qui est belle, douée au lycée et malheureusement très manipulatrice… D’ailleurs, elle méprise sa sœur et ne lui montre aucun amour. C’est dans ce contexte douloureux que nous allons suivre le chemin de chacune d’elle, les choix qu’elles font, qui ne sont pas toujours les bons, et qui parfois, les projettent dans la souffrance….

Si les personnages ont parfois un aspect un peu caricatural (attention, même avec trois femmes, on n’est pas dans Cendrillon ;-) , il n’en reste pas moins qu’ils sont très intéressants à découvrir dans leur évolution. L’auteur a bien réussi à expliquer les raisons qui peuvent pousser les êtres humains à agir d’une certaine façon puis à changer. Des thèmes graves sont abordés, outre les relations familiales, il y a la dépendance à l’argent, au luxe, les ravages de la drogue, le chômage, la maladie, la corruption …..

L’écriture de Christelle Magnan est fluide, agréable et portée par une orthographe irréprochable. Elle dose bien la part de rebondissements pour ne pas trop en rajouter. L’approche psychologique des protagonistes est légère mais suffisante car le contexte quotidien est chargé. Elle présente avec doigté les difficultés des familles, la peur lorsqu’on n’a plus de travail, plus suffisamment de revenus pour se nourrir, se chauffer, et qu’on est prêts à tout pour un peu de ce qu’on croit être le bonheur…..

C’est un récit qui se lit avec facilité, on est rapidement emporté par le style vif, très visuel (on pourrait faire une adaptation en film) qui permet de se représenter chaque scène. On s’attache à Jenny qui pense toujours aux autre et qui « s’oublie » en voulant semer le bonheur autour d’elle. J’ai passé un bon moment avec ce recueil.


* NB : Peut-être un petit regret (mais ce n’est que mon ressenti) : je trouve que la photo de couverture n’est pas tout à fait en phase avec le contenu. Elle laisse imaginer une romance légère (alors que des sujets sérieux sont abordés), elle ne montre pas non plus qu’il s’agit d’un récit contemporain.

"Chanson douce" de Leïla Slimani


Chanson douce
Auteur : Leïla Slimani
Éditions : Gallimard (18 Août 2016)
ISBN : 978-2070196678
240 pages

Quatrième de couverture

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

Mon avis

L’écriture précise, au scalpel, de Leila Slimani, m’a tout de suite conquise.

Elle décrypte, elle analyse sans laisser aucune place aux sentiments du lecteur. C’est froid, glacial comme une autopsie. On assiste aux événements. On voit la toile se tisser, la folie s’installer et on reste sur le bord sans pouvoir agir … On peut se dire que certaines choses auraient (ont ?) dû mettre la puce à l’oreille des parents et qu’ils ont laissé couler, se raccrochant à leur confort, à la facilité…. Mais, on le sait bien, quand on est le nez dans le guidon, on ne voit pas ce qui nous crève les yeux….

C’est terrible parce qu’on connaît l’issue et pourtant on prend « plaisir » à la lecture, s’attachant à l’ aspect psychologique des personnages et à la façon dont tout s’est mis en place jusqu’au drame. Et on se demande si tout aurait pu être différent…. Ah le conditionnel et les si…..

"Un jeu trop mortel" de Gaylord Kemp


Un jeu trop mortel
Auteur : Gaylord Kemp
Éditions : Aconitum (16 Octobre 2018)
ISBN : 978-2-37837-044-2
160 pages

Quatrième de couverture

Nino, 14 ans, et son ami Ugo animent une chaîne YouTube consacrée aux jeux vidéo. Un jour, Charon les invite dans une maison réputée hantée pour leur faire découvrir une console révolutionnaire et son premier jeu, Daemonium. Ils sont alors confrontés à une partie à l'enjeu crucial.

Mon avis

Nino et Ugo sont de jeunes adolescents, plus préoccupés de jeux vidéo et de la chaîne YouTube qu’ils ont créée que de leur quotidien au collège. Des ados normaux en quelque sorte et c’est rassurant ;-) Il y a bien aussi les filles qui les attirent et les professeurs qu’ils aiment plus ou moins… Un quotidien bien dans la norme avec quelques veillées tardives en cachette pour jouer en ligne…

Jusqu’au jour où les deux comparses se voient proposer de tester une console révolutionnaire, exceptionnelle de réalité virtuelle…. Alors, même s’il faut faire le mur, se cacher des parents, être endormis en cours le lendemain, et vivre cette rencontre dans un lieu peu rassurant, il leur semble impossible de laisser passer une telle occasion. Equipés d’une caméra afin de faire un reportage pour leur chaîne YouTube, les deux amis partent à la découverte de ce matériel  nouveau sans savoir vraiment ce qu’ils vont trouver….. Rien ne va vraiment se dérouler comme ils le pensaient et ils vont vivre une aventure qu’ils auront des difficultés à partager car leurs camarades risquent fort de ne pas les croire.

C’est un roman tout à fait en phase par le contenu et l’écriture avec un public d’adolescents (tant filles que garçons). En outre, il va peut-être en réconcilier certains avec la lecture…. L’auteur sait adapter son vocabulaire, ses dialogues pour être agréable à lire sans pour autant gâcher son style. Il y a de l’ambiance, des rebondissements, tout ce qu’il faut pour maintenir l’attention et en plus ce n’est pas trop long !

Le fond, la forme, tout est réuni pour une lecture qui vous entraînera dans les arcanes d’un jeu trop mortel !


"Toi, lui, l’autre et moi" de Angélique Auguri


Toi, lui, l’autre et moi
Auteur : Angélique Auguri
Éditions : Les Bas-Bleus (15 Novembre 2018)
ISBN : 9782930996240
125 pages

Quatrième de couverture

Gwendoline va divorcer. C'est certain à présent. Elle a raté sa vie de couple et sa vie de famille. Il ne lui reste plus qu'à réussir sa séparation, ne serait-ce que pour ses enfants. Et tant pis si son futur-ex-mari ne l'entend pas de cette oreille. Dans cette phase instable, elle peut compter sur ses amies, mais elle a aussi besoin de se rassurer en tant que femme.

Mon avis

Il est bon de temps en temps de s’allonger sur son canapé ou de se glisser sous la couette avec une comédie « psycho-romantique » , c’est-à-dire un livre où vous aurez une bonne dose de romantisme pour vous remonter le moral et un peu de psychologie pour ne pas dire que vous lisez une bluette…. Un juste équilibre pour passer un bon moment.

Dans ce recueil, on trouve des personnages comme on peut en croiser chaque jour, certains qui nous ressemblent un peu, d’autres pas du tout. Des copines qui parlent de leurs histoires, des hommes qui vont trop vite, d’autres qui font des erreurs. Des émotions, des sentiments bien connus de tout un chacun … Le tout raconté par Gwen, Gwendoline, qui est en instance de divorce et qui doit gérer au mieux le quotidien. Elles nous démontre combien les choix  qu’elle a pu faire (choisir un métier peu en adéquation avec ses envies par exemple) peuvent laisser des traces dans le présent surtout quand on a épousé un avocat brillant….

Gwen va divorcer et il faut qu’elle se réconcilie avec elle-même, avec son statut de femme. Cela paraît simple, comme ça, sur la papier, mais lorsqu’on a des jumeaux virevoltants, un presque ex mari peu présent, c’est plutôt difficile. Nous allons suivre son organisation, sa façon d’appréhender les événements, ses peurs, ses attentes ….

D’une plume légère, avec un humour sous jacent, Angélique Auguri nous offre une tranche de vie lyonnaise animée et agréable à lire. En quelques phrases, elle campe un décor, une situation et on s’attache à Gwen en espérant le meilleur pour elle. Pour savoir comment elle va s’en sortir, une seule solution : lire le roman !

"Et bien dansons maintenant ! " de Karine Lambert


Eh bien dansons maintenant !
Auteur : Karine Lambert
Éditions : Jean Claude Lattès (Mai 2016)
ISBN : 9782709656641
282 pages

Quatrième de couverture

Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.
Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire.
Marguerite a toujours vécu dans l’ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs cœurs se réveillent. Oseront-ils l’insouciance, le désir et la joie ?

Mon avis

« On ne refuse pas la chance »

Pour son mari, Marguerite, (Maguy pour être plus distinguée avait-il dit), était une petite chose fragile, la personne « obligatoire » pour afficher un bon standing de vie et une épouse parfaite. Pas de fantaisie, pas de folie. Une vie lisse, réglée, installée où il organisait, décidait et elle, elle subissait…. Elle s’en accommodait et lorsqu’elle se retrouve veuve, son fils prend le relais. Il la surveille, « l’enferme » dans un quotidien étroit où tout est planifié, poli et prévu. « II est fils unique, il n’y a que lui pour maintenir les choses en place, comme son père l’aurait voulu. » Surtout ne pas déroger de cette ligne droite, toute tracée, qu’il faut suivre. Un chignon tiré, des vêtements sobres et l’obéissance, toujours l’obéissance…. Elle ne sait rien faire seule ou plutôt elle ne sait plus car au fil du temps, son mari triste et raide comme un parapluie, l’a privée de toutes initiatives.

Lui, c’est Marcel, il a perdu sa femme et son univers est passé de la couleur au noir et blanc… Il ne cuisine plus et se traîne dans la vie. Elle lui manque tant son aimée…. « Seul, il végète. Il a besoin d’être deux, c’est l’autre qui l’enracine. »

Une rencontre improbable les met face à face… et ils se demandent (surtout elle, qui a toujours vécue toute en retenue) s’ils peuvent oser « à leur âge ». Oser quoi ? Peut-être « vivre » tout simplement…. On va les suivre dans leurs balbutiements, leurs hésitations, leurs questionnements de personnes à qui, peut-être, la vie peut sourire à nouveau…

L’écriture de Karine Lambert est toute en tendresse et délicatesse. La nostalgie affleure dans les pages, comme un parfum un peu suranné qu’il fait bon humer. Il y a beaucoup de douceur entre Marcel et Marguerite. Il est intéressant de découvrir comment leur progéniture respective réagit face à cette nouvelle situation qui les surprend. Que font leurs parents ? Ont-ils raison ou tort ? Comment accepter qu’une personne rentre dans la vie de nos père ou mère pour vivre là où l’on avait, avant que la mort intervienne, un couple « référence » ? Que faire des souvenirs qui ne sont pas communs ? Effacer, garder une trace, une place, vivre, continuer, s’arrêter, se morfondre ?

C’est avec beaucoup de doigté que l’auteur aborde ces différents sujets. Elle le fait avec une nostalgie de l’instant qui transpire entre les lignes. Le style est comme les deux personnages principaux : beau et posé avec une pointe de fantaisie.

C’est un livre comme je les aime. Il vous emmitoufle comme deux grands bras dans un après-midi pluvieux et vous permet de voir, là-bas, derrière, au loin, le coin de ciel bleu qui ne manquera pas de revenir un jour… Et même si la fin m’a un peu laissé le cœur en vrac, me rappelant que la vie c’est aussi comme ça, je relirai ces pages car Marcel et Marguerite sont tellement « présents » dans le texte qu’ils font presque partie de ma famille…..

"Jusqu’au bout du monde" de Laurent Reese


Jusqu’au bout du monde
Auteur : Laurent Reese
Éditions : LBS Sélection ( 1 er Novembre 2018)
ISBN : 978-2378370480
224 pages

Quatrième de couverture

Trois amis disparaissent. Deux autres les recherchent. La Police s'emmêle. Et s'en mêle un tueur à gages.

Mon avis

Voilà un roman qui vous glace le sang parce que, avec les dérives humaines, on ne sait pas jusqu’où certains hommes, un peu fous, pourront aller….

Ils sont amis depuis leur adolescence et ils ont acheté une ligne de chemin de fer désaffectée, un projet commun qui leur plaît bien et qui fonctionne. Ils y consacrent du temps, cela leur donne l’occasion de se voir quotidiennement ou presque. Le train passe d’ailleurs devant chez Ben, qui vit un peu à l’écart de ses camarades, tous les jours. Or, voilà qu’un matin, pas de bruit, pas de locomotive….  S’apercevant qu’ils sont partis (du moins, c’est ce qu’il suppose) après avoir tout laissé en plan, il va déclarer leur disparition à la police, avec la sœur d’un de ses compagnons .  Mais vous savez ce que c’est, les adultes sont libres d’aller et venir et la  maréchaussée à d’autres priorités.…. D’ailleurs, ne seraient-ils pas, eux-mêmes, liés à cette affaire ? Peuvent-ils prouver qu’ils n’ont rien à voir avec cet événement ?

Ils se retrouvent tous les deux bien seuls, face à cet état de faits qui les inquiète au plus haut point, d’autant plus que les téléphone sont sur messagerie…. Que s’est-il passé ?  Devant l’inaction des services publics, les deux comparses restant se lancent dans l’enquête …. Ils vont aller de découvertes en découvertes et s’apercevront très vite que rien n’est aussi simple qu’ils l’imaginent.  Il leur faudra voyager jusqu’au bout du monde, faire des sacrifices, prendre des risques, souffrir, avoir peur, pour accepter l’indicible, l’inconcevable……

C’est avec une écriture vive, acérée, un style percutant, que Laurent Reese nous entraîne dans son univers. Celui de l’amitié, plus forte que tout, qui permet aux hommes de repousser leurs limites, de se battre pour ceux qu’ils aiment, celui également de la folie des hommes, qui au nom de recherches scientifiques, sont capables des pires dérives…..

C’est un roman comme je les aime, avec un sujet fort et des émotions diverses en filigrane. J’ai apprécié Ben, capable de tout pour retrouver ceux qui lui ont faussé compagnie. Il met toute son énergie à comprendre sans juger, à essayer de résoudre chaque problème, sans jamais baisser les bras, ni renoncer.  Le personnage du policier m’a bien plu également, il semble « borné » au départ et finalement,  il est assez intelligent pour écouter, prendre du recul et agir.

Une lecture très agréable et un auteur dont je vais suivre les publications !

"Recueil de pensées pour coachs en mal d'inspiration" de Jérémy Roussel


Recueil de pensées pour coachs en mal d'inspiration
Auteur : Jérémy Roussel
Éditions : du Volcan (23 Octobre 2014)
ISBN : 9782954683317
200 pages

Quatrième de couverture

Plus de 300 citations et de pensées sur une soixantaine de thèmes ayant tous un lien avec la fonction d'entraîner, d'éduquer ou de diriger, pour inspirer ceux qui souhaitent manager dans les domaines du sport ou du monde de l'entreprise.

Mon avis

Un ensemble de pensées puisées ça et là (quel travail de recherche !) issues du sport parfois mais pas toujours… Inspirées de tout et de tous, elles  font côtoyer dans un même livre, des gens très différents : Charles de Gaulle, Dennis Lehane, Arsène Wenger ……

Rattachées à des mots qui sont classés par ordre alphabétique, ces phrases, maximes, remarques, sont « détonantes » parfois ébouriffantes, surprenantes, amusantes…..  à lire, relire et déguster régulièrement que l’on soit coach ou pas….

J’ai beaucoup apprécié ce que dit Jean-Claude Killy en page 24, lorsqu’il donne sa définition de la vie. Il est humble, réfléchi et on retrouve vraiment l’homme modeste et travailleur qu’il est, accomplissant tout ce qu’il fait avec passion.
Un peu plus loin, j’ai bien ri en lisant : « Je savais que j’étais le meilleur, mais j’aurais dû faire profil bas. » Certains ne doutent de rien et surtout pas d’eux…. Cela m’a laissé rêveuse….Et comme je suis gentille, je ne nomme pas celui qui a dit ça ….

C’est une lecture qui m’a procuré du plaisir car les citations sont variées et permettent de découvrir pour certains de leurs auteurs, une facette de leur personnalité.  Et puis la préface de Claude Onesta est un régal.

Une petite remarque : est-ce que les femmes n’ont rien à  recommander ??? Ou alors, elles parlent trop et ce qui pourrait être mis en exergue est noyé dans le reste …. ;-)