"Margo – Tome 1 : Second souffle" de Thomas Martinetti

 

Margo – Tome 1 : Second souffle
Auteur : Thomas Martinetti
Éditions : Independently published (7 novembre 2020)
ISBN : 979-8555967237
364 pages

Quatrième de couverture

Dans son village de l’arrière-pays niçois, tout le monde adore Margo. Mais Margo a un secret. Pour commencer, ce n’est pas son vrai nom. Depuis qu’on a usurpé son identité et volé sa vie, elle a dû subtiliser celle d’une autre. Aujourd'hui, Margo a peut-être une chance de redevenir Émeline, en confrontant celle qui lui a tout pris un an plus tôt.

Mon avis

Margo vit dans l’arrière-pays niçois, elle est appréciée de tous et semble heureuse. Aujourd’hui, un ami lui a préparé un anniversaire surprise. Cela ne semble pas la motiver… Pourquoi ne se sent-elle pas heureuse de cette fête ? Tout simplement parce que la date n’est pas la bonne. Margo n’est pas Margo. Dans une autre vie, celle d’avant, elle était Émeline et puis un jour son quotidien a basculé dans le cauchemar.

Émeline avait un petit ami, une activité professionnelle qui lui plaisait et tout pour être heureuse. En demandant des papiers officiels, elle a réalisé qu’elle était victime d’une usurpation d’identité. Devant les difficultés pour rétablir la vérité, après avoir galéré, elle a retourné la situation. Elle a tout abandonné pour se créer une nouvelle vie ailleurs avec un nouveau nom. Elle est devenue une autre, plus droite, plus forte. Cette situation est-elle viable, peut-elle durer ? Quid de la famille, des amis d’avant ? Et ceux de maintenant ? Comment se protéger ?

Dans ce roman, à la couverture magnifique, l’auteur explore la vie d’Émeline / Margo mais aussi celle de l’usurpatrice, pour qu’on comprenne les raisons de son acte. Cela permet d’alterner différents points de vue, de voir comment chaque protagoniste a réagi face aux situations décrites.

Je m’attendais à une histoire assez simple, mais Thomas Martinetti a su étoffer son récit avec, entre autres, une problématique intéressante dont je ne parlerai pas pour ne pas dévoiler le contenu de ce livre. Il lie le passé de personnages qui semblent, dans un premier temps, secondaires, avec les événements du présent et c’est très bien pensé. J’ai trouvé que ça apportait un réel plus dans l’intrigue générale.

J’ai également apprécié les titres musicaux glissés ça et là, une vraie play list intéressante. En outre, de nombreux chapitres se déroulent en Norvège, un pays qui me plaît. C’était bien de retrouver l’atmosphère de ce coin du monde !

Le texte a du rythme, les rebondissements maintiennent l’intérêt du lecteur et on ne s’ennuie pas. La fin est ouverte, parce qu’il y aura un tome deux. J’espère que l’auteur n’en fera pas plus car il risquerait de tomber dans le style « course poursuite » qui lasserait le lecteur. Ce serait dommage car son écriture est fluide, aboutie, son phrasé et son vocabulaire sont de qualité.

J’ai eu du plaisir à cette lecture et j’attends avec impatience la suite !


"Avant d'aller dormir" de S. J. Watson (Before I Go to Sleep)

 

Avant d’aller dormir (Before I Go to Sleep)
Auteur : S. J. Watson
Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides
Éditions : Sonatine (5 Mai 2011)
ISBN : 978-2355840654
420 pages

Quatrième de couverture

À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer.

Mon avis

Alors que je me mets devant le clavier pour écrire mon avis, je sens déjà que ce ne sera pas facile.

Impression en demi-teinte pour ce livre dont j’attendais sans doute trop.

J’aurais presque envie de « lister » les points positifs et négatifs de cet ouvrage pour voir de quel côté la balance se mettrait à pencher.

Ce qui est certain, c’est qu’on rentre vite dans l’histoire, dans le contexte. On a de la compassion pour cette femme qui se réveille chaque matin en pensant qu’elle est plus jeune, en ne se souvenant de rien…

C’est assez récurrent mais prenant malgré tout car les journées sont différentes par leur contenu : rencontres, découvertes diverses etc..

Soudain, son médecin lui conseille d’écrire chaque soir « avant d’aller dormir » le contenu de sa journée, pour garder une trace, savoir ce qu’il s’est passé la veille, l’avant-veille etc et ainsi mieux se connaître et se souvenir de ceux qu’elle côtoie.

Bonne idée, le journal intime étant d’ailleurs bien écrit (heureusement la pauvre malheureuse était écrivain donc elle avait un style correct).

À partir de ce moment-là, le roman oscille entre la relecture du journal intime et le présent.

Présent qui lui pose question étant donné que des flashes de son passé apparaissent, pas toujours entiers et qu’elle ne sait plus ce qui est du domaine de la réalité passée ou de l’extrapolation. Elle ne sait plus à qui faire confiance, qui croire, ce qu’elle note dans son cahier, est-ce fruit de son imagination ou quotidien retranscrit ? L’errance mentale de cette femme est bien retranscrite et l’angoisse monte au fil des pages. Le lecteur est balloté, inquiet, se demandant ce qu’il va advenir de cette situation peu ordinaire. Lui non plus ne sait plus si ce qu’il lit est vérité ou pas.

Mais … Il y a un mais ….

Quelques longueurs à mon sens, il me semble que le roman aurait pu être allégé d’une cinquantaine de pages (et augmenté d’autant si le souhait de l’auteur ou de l’éditeur avait été tel). Disons que S.J.Watson pouvait encore broder, faire apparaître d’autres rappels du passé, d’autres réminiscences … Ce qui fait que l’on a le désir profond d’avancer (pour savoir comment Chris va s’en sorti)r alors qu’on stagne avec elle, (ce qui est voulu, je vous l’accorde…).

Ajoutez à cela quelques incohérences qui m’ont dérangée (des contradictions notamment) et je mets donc un bémol à ce qui aurait pu être un excellent roman. 

Il n’en reste pas moins que, pour une première œuvre, l’auteur s’en sort très bien, abordant avec une écriture incise et précise, des phrases courtes qui créent une ambiance étouffante, le thème, pourtant rebattu de l’amnésie.

Tout cela fait froid dans le dos et comme c’est le but recherché, ne soyons pas trop sévère et passons un peu plus vite sur les « longueurs » ….


"L'avenir nous appartient" de Tamara McKinley (All my tomorrow)

 

L'avenir nous appartient (All my tomorrow)
La saga du bord de mer – Tome 6
Auteur : Tamara McKinley
Traduit de l’anglais (Angleterre) par Danièle Momont
Éditions : L’Archipel (5 Novembre 2020)
ISBN : 978-2809839630
400 pages

Quatrième de couverture

Londres, 1942. Pour fuir les bombardements autant qu'un mari violent, la jeune Ruby Clark est contrainte de quitter la ville. Direction Cliffehaven, sur la côte sud-est de l'Angleterre. Sur place, Ruby tente de se reconstruire et d'oublier l'épisode traumatisant qu'elle a vécu. Par chance, elle trouve vite un emploi d'ouvrière dans une usine d'armement et une chambre chez l'habitant. Mais le couple qui l'héberge n'a rien d'hospitalier, et Ruby craint de vivre un nouveau calvaire.

Mon avis

Ce livre est le sixième de la série « La saga du bord de mer » mais, comme les précédents, il peut être lu indépendamment. Malgré tout, lorsqu’on connaît une partie des personnages, on a plaisir à suivre leur vie, leur évolution et à revisiter à leurs côtés des événements historiques. En effet, l’auteur inscrit son récit sur un fond avec des faits réels, ayant existé. Cela donne de la crédibilité au vécu de ceux que nous suivons sans surcharger le texte. Tout est habilement mêlé. Pour intéresser encore plus, si besoin, le lecteur, on retrouve des protagonistes connus, familiers, attachants et afin d’avancer sans lasser, de nouveaux individus apparaissent et établissent des liens avec ceux que nous connaissons déjà. Chacun aura alors son lot de de soucis, de problèmes mais également de bons moments, d’humour, d’échanges et de partages. Les textes de Tamara McKinley sont toujours porteurs de belles valeurs d’entraide, de soutien, de respect sans pour autant tomber dans la mièvrerie.

Dans ce recueil, nous sommes en 1942, la guerre fait rage. Ruby, aidée par sa mère, quitte Londres et un mari hyper violent.  Elle atterrit, après bien des déboires, dans la pension du bord de mer. Cette maison est tenue par Peggy Riley, une femme volontaire, altruiste, qui croit en la vie, en l’homme au sens large du terme. Elle « s’oublie » souvent pour se mettre au service des autres. Elle accueille de nombreuses locataires, qui ont chacune, une raison d’être là. La bonne humeur règne et tout le monde fait de son mieux pour que tout se passe bien.

Par les yeux de Ruby, sa nouvelle pensionnaire, on découvre la vie des ouvrières, les tensions entre les nouvelles et les plus anciennes, les hommes qui se croient tout permis et tout puissants. Et puis la fraîcheur des jeunes militaires, pas forcément très matures, mais dévoués, prêts à se battre tout en gardant les yeux ouverts, des fois qu’une belle jeune fille croise leur regard….
Ron Riley, le beau-père de Peggy, est également très présent dans ce livre. Il a son franc parler, il est parfois « brut de décoffrage » mais il gagne à être connu car il a un cœur grand comme ça.

L’écriture est limpide, agréable. La traductrice fait un travail remarquable et ça compte énormément pour celui ou celle qui lit car c’est fluide. Le style est vif, il y a de la vie dans les romans de l’auteur. On ne peut pas vraiment parler de rebondissements mais de faits qui s’enchaînent et qui déclenchent certaines conséquences comme dans la « vraie vie ». C’est sans doute pour cela qu’on s’imprègne très rapidement de l’ambiance, et qu’on apprécie d’accompagner sur plusieurs années, les personnes qui nous sont présentées.

Comme les précédents, j’ai beaucoup apprécié cet opus. Tamara McKinley m’accroche dès les premières lignes et reste scotchée aux pages qui défile sous mes yeux.

 


"La nouvelle eau et autres récits" de Valérie Jacq

 

La nouvelle eau et autres récits
Auteur : Valérie Jacq
Éditions : L’Harmattan (29 Septembre 2020)
ISBN : 978-2-343-21182-4
106 pages

Quatrième de couverture

Des personnages attrapés au vol, vivants, réels ou imaginaires. Des histoires pour rire, pour rêver ou regretter... La magie n'est jamais loin. Des mondes parallèles qui cernent le nôtre et parfois s'y mêlent en un pied de nez ou un coup du sort. La mort aussi est là, nous apaise ou nous menace, dessine les contours de nos existences ; même pas peur ! Un immeuble caractériel, un sorcier gourmand, des philosophes polissons, de la volaille diplomatique... et l'amour, lorsqu'il dure même après la fin de l'histoire.

Mon avis

Onze nouvelles, onze histoires d’une belle écriture, avec un style accessible à tous. Les lieux sont variés, les époques également et les personnages sont tous à découvrir. Chaque récit a un point d’ancrage, un petit quelque chose de particulier comme un immeuble, un animal, un humain ou autre. Partant de chaque idée, des ramifications entraînent le lecteur dans le récit. Ce n’est pas très long (normal, on parle de nouvelles) mais bien renseigné pour qu’on pénètre dans l’atmosphère sans problème et qu’on s’intéresse immédiatement aux faits.

Il n’est pas aisé, en quelques pages, de captiver le lecteur et de maintenir son attention. Parfois l’auteur réussit quelques chroniques et rate complètement les autres ou alors il reste dans une « veine » qu’il connaît bien afin d’« assurer » sans prendre de risque.

Valérie Jacq a su dans ses textes, se renouveler, mettant en scènes des protagonistes qu’on a plaisir à découvrir. Le propos peut être léger ou plus grave, abordant en filigrane des sujets de société comme la filiation, le suicide, les études, le travail, le partage… Il y a comme une petite morale que l’on peut tirer de chaque narration mais ce n’est jamais sur un ton de « donneuse de leçons ».

J’ai particulièrement apprécié le fait que l’auteur raconte bien. On peut lire mais on pourrait écouter, retransmettre ce qu’on a découvert à l’infini comme si « La nouvelle eau et autres récits » s’inscrivait dans ce qu’on offre aux générations futures, un peu comme le patrimoine familial afin d’apprendre, de comprendre, de progresser et de vivre mieux ensemble.

J’ai souri devant cet immeuble avec une fuite d’eau qui change le cours de la vie des hommes. J’ai ri devant la disparition des pintades, j’ai serré les poings en constatant ce que faisait le magicien. J’ai tremblé en lisant « Sauver sa peau ». J’ai été ému par Abdou, et pas seulement parce que c’est le prénom d’un de mes élèves mais parce qu’on peut avoir des rêves et s’accomplir autrement…. Chacune des onze histoires a su me « parler » d’une façon ou d’une autre, me procurant de nombreuses émotions. Le phrasé et le vocabulaire sont soignés, le contenu à découvrir.

Le fond, la forme et une jolie couverture pour compléter le tout !


"veuf" de Jean-Louis Fournier

 

Veuf
Auteur: Jean-Louis Fournier
Éditions: Stock (5 Décembre 2011)
ISBN:9782234070899
160 pages

Quatrième de couverture

Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.

Mon avis

On pensera qu’il a tort d’étaler sa vie privée qui n’est pas susceptible de nous intéresser…

On pensera qu’il a raison de partager parce que cela nous aide alors qu’on est dans la même situation …

On pensera que, quand même, il pourrait se passer de certains détails…

On pensera « Est-ce qu’il allait mieux lorsqu’il a eu fini d’écrire ce livre ? »

On pensera « Et moi ? Quel besoin, j’ai eu de lire ça ?... »

On pensera « Il en restera quoi ? »

Etc etc….

Il ne m’a pas déplu de partager l’intimité de Jean Louis Fournier pendant quelques pages. C’était un peu comme s’il se confiait à moi et qu’ainsi je l’aidais…

J’ai apprécié les textes courts, ciblés, sur des faits de tous les jours, passés ou présents.

J’ai eu l’impression que petit à petit, Jean-Louis Fournier se sentait plus solide et que je pouvais alors lui lâcher la main, ce que j’ai fait à la page 157 puisqu’il était prêt à survivre….


"Carnet d'Islande" de Véronique et Aurélien Brusini

 

Carnet d’Islande
Auteurs: Véronique et Aurélien Brusini
Un hiver aux confins du cercle arctique
Éditions: Les deux encres (1 erDécembre 2008)
ISBN: 978 2 35168 101 5
96 pages

Quatrième de couverture

Ce carnet photo[graphique] où crayons et stylet s’invitent sur la même page est le fruit d’une plongée au « pays de glace » par Aurélien et Véronique Brusini, arpenteurs du monde.

Ils nous dévoilent le visage méconnu de l’Islande, au cœur de la nuit polaire, à travers leur univers sensible et didactique, né de rencontres, d’impressions et de récits de sagas fondatrices. On y découvre les racines vikings du peuple islandais, un volcanisme unique au monde, une géothermie intense et maîtrisée, le plus grand glacier d’Europe, un art de l’élevage pour la préservation du cheptel ancestral, une tradition pour la pêche baleinière en suspens...

Mon avis

Photographies originales et hautes en couleur, textes d’écrivains connus ou pas trop, aquarelles, mots des auteurs … une mise en forme sortant de l’ordinaire, jouant sur les nuances, les angles de prises de vue, les tailles et polices de caractères, ce recueil est un véritable carnet de rêves, de poésies, d’émotions devinées….

On sent le soin apporté à choisir chaque représentation (photographies ou peintures), chaque mot placé là où il peut servir l’image et la sublimer… Il y a aussi les pages sans textes car la lumière sur les paysages et ce qu’elle nous offre se suffisent à eux-mêmes.

La graphie a une place prépondérante et donne une dimension différente à ce qu certains n'auraient vu que comme un album photos...

C’est un livre à feuilleter, découvrir, redécouvrir tant les montages peuvent être porteurs d’un sens qui nous échappent au premier abord….

Un opus, qui vous donne des envies de voyage, de photos, de sac à dos, de rencontres….


"Les lisières" d'Olivier Adam


Les lisières
Auteur : Olivier Adam
Éditions : Flammarion ; Noyelles édition (18 août 2012)
ISBN : 978-208128374
460 pages

Quatrième de couverture

Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents « pour une fois », son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place. Dans ce roman ample et percutant, Olivier Adam embrasse dans un même souffle le destin d'un homme et le portrait d'une certaine France, à la périphérie d'elle-même.

Mon avis

Il a fallu que je me préserve, que je ne lui permette pas de s’incruster, de s’insinuer en moi, il a été nécessaire que je le laisse là, au bord, à la lisière…

Il était presqu’attachant ce Paul (tiens encore Paul comme dans « Des vents contraires »…) surtout dans le début du livre. Il est là, il se remet en question comme beaucoup d’entre nous lorsqu’on arrive à ce qu’on croit être à mi parcours de notre existence… Il parle de la vie, de notre vie, on retrouve les interrogations de toute une société. L’écriture est lumineuse, éclairée par le tumulte de l’Océan tout proche… Cet Océan omniprésent, comme un personnage à part entière, si bien décrit, si « vivant » pour moi qui l’aime, le respire par tous les pores de la peau….

«J’affirmais à qui voulait l’entendre que c’était tout le contraire, qu’au bord de la mer je reprenais possession. »

Et puis, par moments, on a l’impression qu’il en fait trop, qu’il se complaît dans cet état de faits, qu’il attire la misère, qu’il fait l’éponge sans se protéger comme si en absorbant toutes les difficultés des autres, il allait oublier les siennes…

Alors, là, on ressent presque l’envie de lui dire « Stop, éloigne-toi de tout ce marasme qui te détruit, qui va nous démolir avec toi car en l’écrivant, à ton tour, tu le déposes sur nos épaules car nous te lisons …» On serait à deux doigts de l’abandonner…..

Et parallèlement, on ressent le besoin de ne pas l’oublier, de rester près de lui jusqu’à ce qu’il s’en sorte. Peut-être pour voir s’il va faire les bonnes rencontres, celles qui redonnent envie et force, celles qui vous poussent à avancer. Peut-être pour se dire que ce n’est pas possible, que demain est un autre jour ……

Je ne sais pas s’il y un peu, beaucoup, énormément d’Olivier Adam dans ce Paul Steiner, romancier… Peu importe sans doute…

« Moi qui me réfugiais dans l’écriture pour vivre… »

Ce qui est certain, c’est qu’il y a beaucoup de l’Homme, des hommes et des femmes qui peuplent notre quotidien, qu’on ne voit pas toujours très nettement parce que ça nous dérange … et que faire l’autruche est plus simple ….

Roman d’une société qui ne va pas très bien, qui souffre, qui se tait, tombe, se relève, ne sait plus pour qui voter, à qui faire confiance …. Bien sûr, tout cela est survolé, le but n’était pas de faire une analyse sociologique….

« Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables. »

Est-ce qu’Adam aurait pu raccourcir ou allonger à l’envi son roman ?… Quel était le bon dosage pour ne pas lasser, pour ne pas entrainer le lecteur dans le pessimisme ou la nostalgie ?

Je pense que, suivant l’état moral de la personne qui découvre cet opus, elle adaptera son rythme de lecture pour le savourer en se l’appropriant comme il lui conviendra, d’une seule traite ou de façon homéopathique.

Même si quelquefois j’ai ressenti des longueurs, la magie de l’écriture d’Olivier Adam a encore opéré sur moi. Tout simplement car je « ressens » ce qu’il veut transmettre te que son style me « parle » comme une poésie tout en musicalité….