"Chronicles - Tome 1 : L’éveil" de Dario Alcide


Chronicles - Tome 1 : L’éveil
Auteur : Dario Alcide
Éditions : Farence Corp. (10 juin 2019)
ISBN : 978-2956540557
330 pages

Quatrième de couverture
Venus est une orpheline, violente et solitaire, soldat d’élite pour la société la plus secrète qui soit : la LOTUS. Ce matin du 1er janvier 2001, alors qu’elle se souvient avoir reçu un tir mortel, elle ouvre les yeux dans la demeure dévastée de sa dernière cible et découvre qu’elle est un Vampire. Perdue entre sa nouvelle nature qu’elle rejette en bloc, les immortels prêts à tout pour la supprimer, le FBI dont le seul souhait est de la mettre derrière les barreaux et la LOTUS qui semble avoir des plans bien particuliers pour elle, Venus va devoir se battre pour survivre.

L’avis de Franck

Autant vous l’avouer tout de suite, les romans de vampires ne sont pas dans mes priorités de lecteur. De plus, la couverture de cet ouvrage ne m’engageait pas à aller plus loin : le visage de trois quarts d’une jeune fille, pleine page, avec une expression de colère agrémentée d’une bouche sanguinolente dans laquelle perce des dents de vampire… Je n’étais pas franchement convaincu …
Le thème, l’histoire d’une vampire, me faisait redouter une intrigue à la sauce américaine avec chemise à jabot, cercueil, crucifix, gousse d’ail et pieu planté dans le cœur. Ce qui m’a fait tiquer, c’est la présence du FBI et l’époque (année 2001) sur le résumé de l’histoire et ça, ça me faisait diablement envie !

J’ai commencé le roman, mes doutes se sont de suite envolées et la lecture a été plaisante.
C’est avant tout une histoire d’espionnage, de société secrète, de rivalités, de recherche d’identité. Vénus, le personnage principal, se retrouve prise dans tout ce maelstrom.

Le style d’écriture est très agréable. L’intrigue se dévoile par étapes, au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire et des propres découvertes du personnage principal.
De plus, le changement de point de vue tout au long du récit, permet d’en savoir un peu plus sur Vénus et ses problèmes personnels sans pour autant gâcher l’ensemble et cela apporte de la diversité au récit en le rendant moins linéaire. En effet, les motivations des uns et des autres sont présentées: le FBI, Némésis, Cassius, Rose, Icare… et cela nous éclaire sur les soucis de cette pauvre jeune fille. Que lui est-il arrivé ? Et bien, elle est morte en mission et elle est ressuscitée ! C’est ainsi qu’elle réalise qu’elle a intégré un statut de vampire (d’où le titre : « L’éveil »).

Tout est bien construit, cohérent avec toutes les informations que l’on a et au final, ce livre fut une agréable surprise. Il m’a permis de me faire un avis différent et de revoir mon opinion sur ce style de récits.

"Une vie pour cible" de Sylvain Faurax


Une vie pour cible
Auteur : Sylvain Faurax
Éditions : du Volcan (8 octobre 2019)
ISBN : 979-1097339159
192 pages

Quatrième de couverture

Enzo, un ancien flic, officie comme instructeur dans un club de tir du nord de Paris. Il se prend d'amitié pour Aurelle, une jolie jeune femme "pleine d'épines", brisée par un passé douloureux. Ces deux êtres abimés se choisissent bien vite pour réinventer une famille de circonstances. La tour Boucry où Enzo vit au plus près des nuages et le jardin partagé dans lequel Aurelle cherche quelques respirations forment un huis clos tout à la fois oppressant et rassurant pour ce duo à la dérive. C'est alors qu'un certain Norédine s'insère dans leur existence, menaçant le bien commun comme une promesse de crépuscule.

Mon avis

Apprécier le silence, c’est aussi une façon de se tourner vers l’extérieur. *

Dans le dernier roman de Sylvain Faurax, les protagonistes sont des personnes de peu de mots, mais leurs silences sont chargés de sens. Tous ont des personnalités en délicatesse avec la vie, il faut les apprivoiser avant de vouloir en faire des amis ou des ennemis…. Chacun vit un peu en marge sans être totalement marginal.

Enzo est un ancien policier, qui traine sa vie dans un club de tir et dans son quartier. Il a rencontré Aurelle qui cultive un jardin partagé pour oublier ses souffrances en les enfouissant avec des graines d’espérance dans la terre. Elle est belle, mystérieuse, farouche, sauvage, secrète… Alban est un geek, pirater des données informatiques, rien de plus aisé pour lui…. Il aime Aurelle mais peine à entrer dans son intimité car elle se protège des autres. Sans doute est-elle habitée par une angoisse, une peur inexprimable… Ses trois là se croisent, se côtoient, cahin, caha…. Et puis Norédine apparaît, s’engouffre dans leurs échanges… Enzo, avec son instinct de flic, ne le « sent » pas…. Qu’en est-il ? faut-il se méfier ? Cache-t-il quelque chose ? Va-t-il déstabiliser le fragile équilibre du trio ?

C’est à mots choisis que l’auteur évoque la complexité des relations humaines, les questionnements des hommes et des femmes qui se « cherchent », la soif de justice de certains en colère contre l’inaction des officiels…. Lorsque des événements nous révoltent, comment agir ? Peut-on faire justice nous-mêmes ? A quel prix, en prenant quels risques ? Et puis est-ce une vraie justice ?
J’ai aimé cette histoire, le parallèle entre la vie, la mort et les plantations, la façon d’aborder chaque thème avec pudeur, discrétion, doigté. L’écriture de Sylvain Faurax est posée, équilibrée, chaque terme est à sa juste place, et tout est dosé, il n’y a jamais trop ni trop de peu de phrases pour nous parler du quotidien de ceux qu’il a choisis de nous présenter…..

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"Les parcelles du bonheur" de Victoria Connelly (Love in an English Garden)


Les parcelles du bonheur (Love in an English Garden)
Auteur : Victoria Connelly
Traduit de l’anglais par Elisabeth Bataille
Éditions : Amazon Crossing (21 janvier 2020)
ISBN : 978-2496700282
390 pages

Quatrième de couverture

La famille Jacobs vit à Orley Court depuis des générations. Mais lorsque le mari de Vanessa Jacobs meurt et qu’elle hérite de la propriété, elle s’aperçoit que leurs finances sont au plus mal. Pour pouvoir continuer à vivre dans leur demeure bien-aimée, ses filles et elle sont dans l’obligation d’en céder une partie – ce qui n’est pas du goût de la belle-mère de Vanessa, qui réside elle aussi à Orley. De nouveaux habitants s’installent donc au domaine : Laurence Sturridge et son père, Marcus.

Mon avis

« Les parcelles du bonheur » est un roman qui se lit sans prise de tête, avec plaisir. L’écriture est fluide, agréable et les protagonistes, bien que parfois un peu caricaturaux, sont bien décrits. C’est une histoire très féminine, puisqu’au départ une mère, ses deux filles et la belle-mère de la première, vivent dans une immense propriété. Une demeure de famille qu’elles apprécient mais qu’elles peinent à entretenir depuis la mort du mari, père et fils de toute cette gent féminine.

Vendre une partie de l’habitation est un crève-cœur mais sans doute une bonne solution pour faire face financièrement. Cela signifie d’accepter des inconnus, d’être un peu bousculés dans ses habitudes, mais cela peut également offrir de belles rencontres… C’est toute cette « cohabitation » et les conséquences qu’elle entraîne qui sont finement analysées dans ce recueil. Chacun reçoit les « intrus » différemment. Les ignorer, leur parler, devenir proches, être sur ses gardes ? Il y a tant de façons d’agir, de ressentir les événements…. Ce qui est intéressant, c’est de voir que, finalement, personne ne reste neutre et que chacune des femmes va évoluer….

J’ai apprécié cette lecture, tout en nuances délicates, présentant avec intelligence des problèmes de notre société : le veuvage, les points de vue selon les générations, la réinsertion, les maux des réseaux sociaux et bien d’autres thèmes encore….




"On va déguster" de François-Régis Gaudry & Richard Boutin

On va déguster
Auteurs : François-Régis Gaudry & Richard Boutin
Éditions : Marabout (25 novembre 2015)
ISBN : 978-2501109499
340 pages

Quatrième de couverture

On va déguster, c’est la grand-messe gastronomique du dimanche matin, sur France Inter.
On va déguster, c’est désormais la bible culinaire qui mitonne les recettes cultes de l’émission et passe sur le grill tout ce qui vous chatouille les synapses et les papilles.
Faut-il saler l’eau du pot-au-feu ?
Comment Auguste Escoffier a-t-il inventé la pêche Melba  ?
Que collectionne un cassanuxiphile ?

Mon avis

Ce livre est un régal, pour les yeux puis pour les papilles pour peu que vous testiez quelques-unes des recettes présentées. Attention, ce n’est pas un livre de cuisine. Il est grand, lourd, beau et il vaut mieux le déguster ailleurs qu’à côté des plats qui risqueraient de le tacher.

On y trouve des détails sur certains aliments, des conseils (pour dessiner sur la mousse du café par exemple), un tour du monde en vingt cuvées, la route des vanilles, la présentation de quelques villes (avec de bonnes adresses), des portraits d’hommes ou de femmes qui ont tous apporté quelque chose à la cuisine, et forcément des recettes.

C’est un recueil richement illustré, une vraie encyclopédie à découvrir dans l’ordre ou dans le désordre par petits bouts ou d’un coup… les photographies (merci Richard Boutin) sont bien choisies, mises en valeur par le texte (merci François-Régis Gaudry, même si d’autres personnes ont également écrit dans cet opus). Mise en page, police de caractères, tout est soigné.

On ne peut pas se lasser d’un tel bouquin, il faut l’offrir ou se l’offrir…..

"Ondes de choc" de Jack O'Connell (Wireless)


Ondes de choc (Wireless)
Auteur : Jack O'Connell
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé
Éditions : Rivages (13 Novembre 2019)
ISBN : 978-2743649005
530 pages

Quatrième de couverture

Speer est rempli de haine vis-à-vis de tous ceux qu'il appelle les "mutants" : vieillards, clochards et autres migrants qui viennent profaner la cathédrale de Quinsigamond, avec la bénédiction de ce marxiste de père Todorov. Speer se sent investi d'une mission : brûler les hérétiques et les anarchistes, entre autres les fondus de radio qui se réunissent au Wireless, haut lieu de la vie nocturne. Lorsque le corps du prêtre est retrouvé calciné dans son église, l'inspectrice Hannah Shaw entreprend de traquer le tueur fanatique. Elle va infiltrer le monde des radios pirates, où opèrent les mystérieux Frères Zébédée...

Mon avis

Une fois encore, Jack O’Connell place son intrigue dans la ville de Quinsigamond qu’il a créée de toutes pièces. C’est un lieu désenchanté, où la violence est omniprésente. Il y a peu de travail, l’ère postindustrielle a été terrible de désillusions. Personne n’est vraiment net, ni honnête, même les politiques semblent jouer un double-jeu. Pénétrer dans cet univers, c’est accepter d’entrer en eaux troubles et d’être déstabilisé.

Un prêtre (en lien avec une radio) vient d’être violemment assassiné et celui qui l’a tué veut « nettoyer » le coin de ceux dont il juge qu’ils n’ont pas leur place parmi les vivants. On se retrouve ici dans le milieu des émissions radiophoniques, avec des personnes qui parfois s’incrustent et font des interventions non prévues, « volant » ainsi l’antenne. C’est là qu’intervient l'inspecteur Hannah Shaw pour mener l’enquête. Il va falloir qu’elle s’infiltre dans le monde de la radio et qu’elle la joue fine pour arriver à ses fins.

Un espace-temps réduit (quelques jours), des lieux fixes (la ville et Wireless, un endroit presque « hors du temps »), des personnages troublants, angoissants, une écriture sèche, incisive et vous plongez dans ce roman. C’est sombre, sec, terrible. Le phrasé ne vous laisse aucun répit et les événements imprévisibles se succèdent.

Ce recueil n’a pas été une lecture facile pour moi. Le style est presque trop épuré, du coup, j’ai eu l’impression de ne pas avoir de répit et j’ai dû m’accrocher continuellement pour ne pas perdre le fil, comme si tout cela manquait de fluidité. Pourtant, je reconnais le talent de Jack O'Connell, qui sait très bien s’y prendre pour décrire une atmosphère anxiogène, des relations tendues, des événements graves et le mal-être de ceux qui ne savent plus où ils en sont…. Il m’a peut-être manqué une infime lueur d’espoir pour totalement apprécier cet opus….


NB : J’ai déjà lu cet auteur avec « Et le verbe s'est fait chair » et je me souviens très bien de l’histoire qui m’avait fait frissonner, me mettant très mal à l’aise. Je pense que, peut-être cet écrivain n’est pas fait pour moi. Je n’arrive pas réellement à avoir du plaisir lorsque je le lis.

"La tyrannie du vide" d' Aden V. Alastair


La Tyrannie du vide
Auteur : Aden V. Alastair
Éditions : CreateSpace Independent Publishing Platform (4 Octobre 2013)
ISBN : 978-1492855019
305 pages

Quatrième de couverture

Deux enquêtes, deux parcours initiatiques parallèles, deux êtres solitaires que rien, à priori, ne destinait à se rencontrer. Caitlyn McKnight, journaliste écossaise, se lance sur les traces d’un professeur d’histoire disparu dans des circonstances énigmatiques. Rafael Castillo, fils d’un magnat du pétrole originaire du Venezuela, recherche la vérité au sujet de la mort présumée accidentelle de ses parents. Quel rôle joue une mystérieuse fondation consacrée à la protection de l’environnement dans ces événements ? Des catacombes parisiennes aux paradis perdus de l’Amérique latine, la trame de La Tyrannie du vide est un voyage dans un univers sombre et troublant hanté par les ombres de Dante, Milton, Goethe, Rimbaud, Baudelaire…

Mon avis

On se dit souvent que notre vie est à « un tournant », qu’il faut faire des choix, les bons de préférence… Il sera beaucoup question de chemins dans ce roman. Prendre la bonne route au bon moment ou s’accommoder des erreurs, en tirer les leçons qui aideront à progresser, à  moins se tromper (ou à gérer les situations difficiles).

A travers les quêtes de Caitlyn et de Rafael, marchant chacun de leur côté avant de se croiser, nous explorerons le besoin de comprendre enfoui en chaque être humain. Cet éternel combat intérieur entre la facilité et la révolte (oui mais laquelle ? il est primordial de ne pas se tromper de cause), entre la routine et le risque, entre le yin et le yang (parce que la dualité peut (et doit ?) être complémentarité…). L’interaction de ces deux forces créant le mouvement, la vie….

Caitlyn et Rafael, une femme, un homme, deux tempérants opposés mais peut-être pas tant que ça, deux solitaires, ne subissant par leur solitude mais en faisant un atout. Elle est écossaise, il vient d’Amérique du Sud, la pluie pour l’un, le soleil pour l’autre…
Deux êtres forts, épris d’absolu, mais humains, donc se retrouvant de façon régulière face aux doutes, aux peurs, aux questions…prêts à abandonner mais repartant de plus belle….
«Je suis allée trop loin pour renoncer… » dit Caitlyn

L’auteur mêle habilement des références littéraires de qualité : entre autres « L’Enfer » de Dante  qu’il semble apprécier, connaître sur le bout des ongles et qu’il exploite avec doigté, intégrant des mots, mais aussi des images liés à la réflexion d’un des protagonistes. Chaque chapitre porte en exergue une citation qui donne à réfléchir sur le devenir de notre planète.
Mais ce n’est pas tout, Monsieur Alastair offre également au lecteur, une excellente approche des arts martiaux et de la pensée japonaise en parlant du Budoka. Ou comment gérer son corps et son mental pour en tirer le meilleur. Pour moi qui suis néophyte dans ce domaine, j’ai trouvé la façon de l’aborder très intéressante car bien intégrée au roman donc pas rébarbative.

Aden V. Alastair aime beaucoup que les personnages de ses romans voyagent, construisant ainsi leur destinée. Que ce soit dans la lumière ou dans l’ombre, Caitlyn et Rafael n’échapperont pas à ce processus qui permet au lecteur d’accompagner les deux protagonistes dans leurs recherches. Dans le contenu de cet opus, l’écrivain britannique, de langue française, réfléchit une fois encore à la crise écologique, le développement durable et la place des hommes dans leur rapport à la nature. Mais étant donné que cela est parfaitement lié à l’intrigue, on parle d’un roman….Pourtant, la réalité n’est pas loin de ce qu’il exprime, beaucoup plus près que ce qu’on pense.

J’ai vraiment apprécié ce livre. D’abord parce qu’il est bien écrit (même si j’ai été surprise du non emploi du passé simple pour « raconter » mais on s’habitue vite.) Ensuite parce qu’à partir d’une « aventure », des questions importantes sont approchées et cela permet de pousser la réflexion plus loin, puis parce que les personnes qui peuplent cet écrit sont le plus souvent, très crédibles, attachantes pour certaines sans qu’elles soient trop invasives.
De plus, le rythme est soutenu, on passe d’un lieu à l’autre sans problèmes. Entre les passages plus mouvementés, l’homme et la femme se « posent », prennent le temps, se hasardant à réfléchir à leur passé, mais parallèlement aussi à leur vie « ici et maintenant »…nous renvoyant certaines de leurs interrogations, très actuelles, en pleine face dont : « Et moi, qu’aurais-je fait pour que la planète aille mieux ? »

Quant au titre, je dirai, pour faire court, qu’avant de remplir notre vie de tout un tas de choses, il faut aussi « cultiver notre jardin personnel » en nourrissant notre esprit…

"La théorie des ombres" de Aden V. Alastair


La théorie des ombres
Auteur: Aden V. Alastair
Éditions: Ex-Aequo (14 Février 2013) (éditeur militant)
ISBN: 9782359623987
300 pages


Quatrième de couverture

Rome, 1600. Le philosophe et poète Giordano Bruno est condamné pour hérésie par l'Inquisition et brûlé vif. Boston, de nos jours. Un objet qui aurait appartenu à des alchimistes célèbres tels que John Dee et Isaac Newton est dérobé au musée de Boston. Les cambrioleurs portent un tatouage représentant l'emblème d'Ahnenerbe, organisation consacrée à la recherche archéologique et anthropologique fondée par Himmler. Memphis Thorndahl, agent spécial du FBI, mène l'enquête. 


Mon avis


Voilà un excellent livre alliant avec intelligence de nombreuses références (historiques, scientifiques, philosophiques…) et ce qu’il faut d’action et d’ésotérisme pour entraîner le lecteur sans qu’il ait l’impression d’assister à un cours magistral dans l’amphithéâtre d’une université….

Lorsque je me suis aperçue, dès les premières pages, qu’une partie des écrits serait consacrée à la connaissance, j’ai eu peur que ces apports prennent le pas sur l’intrigue, l’étouffent et qu’elle en devienne difficile à suivre… Mais pas dut tout, Aden V. Alastair a sur trouver le bon tempo, ce qui est souvent délicat dans ce genre de roman.

Nous alternerons les chapitres dans le présent en visitant différents endroits où se situent les événements, et le passé sur plusieurs époques. Si cela s’avère nécessaire à la compréhension, le lieu et la date sont indiqués.
Les personnages sont décrits avec rigueur, bien introduits au fur et à mesure dans l’intrigue qui se construit ainsi sous nos yeux. En démarrant d’une quête qui pourrait sembler banale et qui aurait pu nous faire penser à d’autres opus du même genre, l’auteur a introduit une véritable réflexion sur quelques sujets en lien avec l’homme et sa recherche de l’absolu dans plusieurs domaines…

C’est le genre d’ouvrage qui permet d’aller plus loin qu’une lecture simple. Il faudrait presque le lire avec un petit carnet à portée de main pour noter les noms qu’on rencontre, qu’ils soient communs (vous savez vous ce qu’est un ouroboros ? ) ou propres (Carl Gustav Jung…), pas seulement pour les lister mais surtout pour se renseigner après lecture sur ce qui a été mentionné. C’est ce qui me plaît beaucoup dans ce genre de thriller. Au-delà des protagonistes, de ce qui les anime, les relie, j’apprends, je découvre et surtout j’ai le souhait d’approfondir ce que j’entrevois en marge de l’histoire elle-même. Je prends le temps de rechercher si ce que souligne l’auteur comme des faits réels l’est vraiment. Souvent, cela me prend du temps mais au bout du compte, je ressors satisfaite d’une telle lecture car mon cerveau a engrangé de nouvelles notions (même si le pauvre ne retiendra pas tout !) et le bonheur de la lecture m’a ainsi offert de belles découvertes.

Il serait d’ailleurs intéressant de savoir comment s’est construit ce roman dans l’esprit de l’auteur. Avait-il le souhait de transmettre différentes notions qu’il a orchestrées et reliées entre elles ? A-t-il fait des recherches en ce sens ? Ou avait-il des personnages, un point de départ et la suite s’est imposée petit à petit ?
Quoiqu’il en soit, l’écriture d’Aden V. Alastair est très visuelle et son livre ferait un excellent film, les scènes d’action alternant avec des passages plus « intellectuels ». De plus, le vocabulaire est idéalement choisi, recherché lorsqu’il le faut pour donner de la profondeur et de la qualité au propos, plus léger lorsqu’il s’agit de dialogues.
L’auteur n’est pas tombé dans certains clichés et les individus ont de temps à autre une part sombre qui n’est pas dévoilée immédiatement. Les personnages sont d’ailleurs assez diversifiés et on peut pratiquement considérer qu’aucun d’eux ne domine en prenant plus de place que les autres. Il n’y a pas de vieux flic acariâtre et bourru mais il y a une fille belle et sympathique… Il reste quelques zones d’ombre pour la curieuse que je suis mais je reconnais que ce ne sont pas des éléments indispensables à la compréhension globale du livre.

Il y aura forcément des esprits chagrins qui diront que certains faits sont excessifs, que quelques aspects de ce livre peuvent rappeler d’autres thrillers historiques ou ésotériques ou philosophiques ou … mais attention, une des grandes qualités de cet ouvrage c’est qu’il est un peu tout cela, sans pour autant survoler les points traités et donc il vaut le détour !!