"Vous n'aurez pas ma haine" de Antoine Leiris


Vous n’aurez pas ma haine
Auteur : Antoine Leiris
Éditions : Fayard (30 Mars 2016)
ISBN : 9782213701295
144 pages

Quatrième de couverture

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.

Mon avis

Ce texte est un coup de cœur, douloureux certes mais un coup de cœur. Antoine Leiris est un homme admirable qui choisit de ne pas cultiver de rancœur, de ne pas perdre de l’énergie en haïssant ceux qui lui ont enlevé sa femme. Il prend l’option de vivre, de continuer de jouer avec son fils, d’avancer jour après jour.

Comme Aurélie Silvestre dans « Nos 14 Novembre », ici, il démontre que la vie peut être plus forte que la haine. Par ses mots, il nous bouleverse, il nous touche, il nous offre « une leçon de vie ».

Finalement ces personnes fortes et dignes, qui passent outre la rancœur, sont des hommes et des femmes qui nous éclairent de leur aura et nous donnent à réfléchir….

"La voleuse de livres" de Markus Zusak (The Book Thief)


La voleuse de livres (The Book Thief)
Auteur : Markus Zusak
Traduit de l'anglais (Australie) par Marie-France Girod
Éditions : Oh ! Editions (19 Mars 2008)
ISBN : 978-2266171045
640 pages

Quatrième de couverture

1939, en Allemagne nazie. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d’adoption en dehors de Munich. Sur la route, la Mort rend visite au frère de Liesel et la remarque. Durant l’enterrement de son frère, la vie de Liesel va basculer alors qu’elle trouve un objet singulier, partiellement caché sous la neige. C’est le Manuel du fossoyeur, tombé ici par hasard, et qui changera sa vie…

Mon avis

« UNE DEFINITION ABSENTE DU DICTIONNAIRE Ne pas s’en aller : un acte d’amour et de confiance, que les enfants savent traduire.»
« Tu ne dois pas vouloir être comme les Noirs, les Juifs ou les gens qui … ne sont pas nous.»
« Dans le silence de la nuit, le livre s’ouvrit – un coup de vent. »
« Les mots allaient venir et, lorsqu’ils arriveraient, Liesel les prendrait dans sa main, comme les nuages, et elle en exprimerait la substance, comme la pluie. »

Ce livre est un coup de poing, il coupe le souffle … dès le début, j’ai eu le sentiment qu’il me happait (lui –le livre- pas son écriture, ce qui est différent pour moi), qu’il m’englobait, qu’il me « tenait ». Pas dans le sens où l’histoire est intéressante et que vous ne voulez plus la laisser. Non, même pas cela. Je n’ai jamais ressenti une chose pareille avec un autre roman auparavant. Difficile d’expliquer. Ces mots courts, ces commentaires, ces définitions, ces synonymes, ces dessins, ces phrases « coup de poing » : « Peut-on voler le bonheur ? Ou est-ce une supercherie humaine de plus ? », cette ambiance et ce sentiment d’être emportée par le livre comme si je ne choisissais plus, comme si lui décidait. Ma première impression, au bout de quelques pages, c’est que j’étais engloutie, submergée…
Les mots, les phrases, les définitions, les dessins, les commentaires, les chapitres hachés, courts ou longs, la présentation particulière, le déroulement inhabituel …. prenaient « mon air », m’envahissaient et je restais le souffle coupé, pantelante d’émotions, de sensations…

La construction du livre est originale. On voit l’Histoire d’une autre façon. C’est très bien pensé mais cela, d’autres auraient pu le faire, alors qu’est ce qui rend ce livre « différent » ?
Peut-être le fait que l’on s’attache à la Mort, comme à un personnage agréable, sympathique alors que la Mort, normalement, on la préfère « loin »…

Le chapitre « La bibliothèque du Maire » est un régal de mots, de sensations, de silences …
La relation de Liesel aux livres et sa relation avec la femme du Maire m’ont fascinée…Mais là je sais pourquoi … les livres, les mots tiennent une telle place dans ma vie !! Un mot peut me transporter de joie comme un mot peut me détruire. Ils ont tant d’emprise sur moi. J’essaie de les apprivoiser, de ne pas leur donner plus d’importance qu’ils ne le méritent… Je ne peux pas, ils sont là, comme
« vivants »…

C’est peut-être finalement ça qui fait la différence, qui fait que ce livre est indicible, indéfinissable …. Le livre parle de mort, de morts - la Mort vous parle- et malgré tout …. tout cela est terriblement vivant entre vos mains, dans votre esprit ….


"Les variations Bradshaw" de Rachel Cusk (The Bradshaw Variations)



Les variations Bradshaw (The Bradshaw Variations)
Auteur : Rachel Cusk
Traduit de l'anglais par Céline Leroy
Éditions : L’Olivier (4 Février 2010)
ISBN : 978-2879296531
290 pages

Quatrième de couverture
  
Chez les Bradshaw, depuis peu, les rôles sont inversés. Thomas a abandonné un métier lucratif pour rester à la maison. Il joue du piano, lit, prend (enfin) son temps. Tonie, sa femme, vient d'accepter un poste à l'université. Elle est ambitieuse, passionnée et... insatisfaite. Les Variations Bradshaw raconte une année de leur vie. Une année de crise, et de révélations.

Mon avis

A la manière d’une partition musicale, ce livre commence lentement, andante, pas à pas pour nous amener à découvrir les membres des diverses « tribus » Bradshaw, leurs situations, leurs choix, leurs relations ….

« Elle ne peut le posséder que comme un musicien maîtrise son instrument …. »
« Le seul bémol … »

Beaucoup de rapports à la musique pour découvrir le vécu des différents couples …

Couples où l’on se retrouve face à une certaine routine, et pour nous face à un rythme lent, pas du tout accrocheur, avec l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose et que les pages se trainent entre nos mains

Et puis, comme sous la férule d’un chef d’orchestre, les mots se mettent à jouer, à devenir musicaux, attachants, mettant en scène un passage allegro puis fortissimo : la rencontre de Thomas et de son professeur de musique ou le chapitre qui commence par la phrase : « Qu’est ce que l’art ? » …
  
On est alors embarqué sur les mots, le rythme est soutenu, enfin il se passe quelque chose d’intéressant et puis …. On retrouve les couples, leurs questions, leur routine, leurs cachotteries, leur besoin de changer sans bouleverser pour autant …. et cette impression d’ennui …

Ce livre porte bien son nom … variations …. Cela m’amène à penser que cette façon d’écrire a sans doute été voulue, pour plusieurs raisons :
- la vie d’un couple est loin d’être linéaire, il y a des hauts et des bas.
- le vocabulaire musical est souvent présent.
- la construction du livre peut ressembler à un morceau de musique.

J’ai apprécié « la musique » qui bougeait mais bien moins celle qui était plus monotone et, malheureusement, beaucoup plus présente …

« Voilà le sermon, la leçon à retenir : les faits survivent aux émotions, et le savoir est plus puissant que l’amour. Le nombre de choses est infini, mais l’amour n’est qu’un espace à capacité limité.»

"Les règles d’usage" de Joyce Maynard (The usual rules)


Les règles d’usage (The usual rules)
Auteur : Joyce Maynard
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle D. Philippe
Éditions : Philippe Rey (Septembre 2016)
ISBN : 978-2-84876-535-8
480 pages

Quatrième de couverture

Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. 

Mon avis

Du jour au lendemain, Wendy, treize ans, est face à l’horreur. Sa mère a disparu dans les attentats contre les tours le 11 Septembre à New-York. Avec son beau-père et son demi frère, ses sentiments oscillent entre désespoir, lueur fugitive d’espérance (et si Maman avait perdu la mémoire suite au choc et était dans un hôpital ?), résignation, colère …. Comme tout un chacun, face à la perte d’un être cher, elle voudrait dormir puis se réveiller et que tout soit comme avant….. Que faire ? Rester ici avec ce chagrin qui l’étouffe ? Ou partir vers ce père biologique qu’elle connaît peu et qui vit en Californie ? Il semble tellement différent de son quotidien, un peu comme un adolescent attardé sans contrainte…. Alors Wendy part, elle fuit sa souffrance pour aller vers un ailleurs inconnu….Son séjour là-bas sera celui du passage à l’âge presqu’adulte, celui de la résilience, de la découverte de ce qu’elle est, de ce qu’elle veut…..

Splendidement écrit, d’une plume légère et délicate, parfaitement traduit, ce roman vous porte et vous emporte… Il n’est pas larmoyant, il est vivant malgré la mort qui frappe dans les premières pages. On y voit Wendy qui réalise qu’elle n’a pas changé en apparence alors qu’elle n’a plus de Maman, on l’écoute nous murmurer ses souvenirs avec celle qui l’aura accompagnée pendant les treize premières années de sa vie. Elle se remémore des scènes, des écrits, des conversations, des disputes, des moments magiques, tout ce qui jalonne une vie…..

« On continue à respirer qu’on le veuille ou non. Personne n’est là pour t’expliquer comment c’est supposé marcher. Les règles d’usage ne s’appliquent plus. »
Les règles d’usage, c’est qu’une Maman doit rentrer après le travail, elle doit revenir au foyer familial où on l’attend…. Sauf que ce n’est pas le cas alors tout est bouleversé….et les règles ne sont plus les mêmes…. Il faut trouver d’autres « codes », d’autres façons de vivre….

A l’autre bout des Etats-Unis, Wendy va faire différentes rencontres qui la feront grandir. Entre autres, celle d’un libraire qui lui conseille des lectures. J’ai apprécié cet apport qui nous offre d’autres horizons par l’intermédiaire de ces opus dont la jeune fille parle un peu.

Explorant avec finesse et doigté divers thèmes comme les rapports familiaux , l’adolescence et sa complexité, la mort, et toutes les situations difficiles qui en découlent, l’auteur nous offre un recueil poignant mais pas larmoyant dans lequel je me suis retrouvée pour plusieurs aspects (la mère de Wendy achète les cadeaux de Noël dès que le précédent est terminé, je fais pareil) et j’ai découvert qu’une phrase particulière faisait écho en moi, me mettant les larmes aux yeux :
« Quand on a un enfant, il se passe un phénomène bizarre, lui avait dit un jour sa mère. Le truc dont j'avais le plus peur, c'était la mort. Mais une fois que je t'ai eue, ce n'était plus pareil. Le pire, ce serait qu'il t'arrive quelque chose. »

Un roman magnifiquement écrit sur le chemin d'une jeune fille vers l'âge adulte et vers les choix qu'il faut faire, le tout empreint d’une tendresse infinie.

"Le cinquième témoin " de Michael Connelly (The Fifth Witness)


Le cinquième témoin  (The Fifth Witness)
Auteur : Michael Connelly
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin
Éditions : Calmann-Lévy (2 mai 2013)
ISBN : 978-2702141540
478 pages

Quatrième de couverture

Abandonnée par son mari, Lisa Trammel n’a soudain plus assez d’argent pour payer ses mensualités d’emprunt immobilier, et la Westland National Bank menace de saisir sa maison. Affolée, elle engage l’avocat Mickey Haller, mais elle est si révoltée par l’épidémie de saisies liée à la crise des subprimes qu’elle manifeste souvent et violemment devant la banque au point de s’en voir interdire l’accès par la justice.
Malheureusement pour Haller qui espérait gagner du temps en faisant traîner la procédure, le dossier se corse quand sa cliente est soudain accusée du meurtre de Mitchell Bondurant, un cadre dirigeant de la Westland retrouvé mort dans le parking de son agence.

Mon avis

Retrouver l’écriture de Michael Connelly est toujours un plaisir pour moi, cela ne peut pas vraiment être mauvais. J’ai un faible pour ses histoires, ses héros. Bon, je l’avoue, je préfère Harry Bosh à son demi-frère Mickey Haller, mais je commence à m’habituer au second et il deviendra peut-être, lui, aussi, au fil du temps, « un vieux pote ».

Lorsqu’on est avec Haller, on sait que ce sera moins noir, que le personnage sera moins torturé et l’ensemble sans doute plus détendant. Par contre, on est plus dans le roman judiciaire que dans le policier. L’essentiel de l’intrigue tourne autour de la justice américaine et de son cinquième amendement entre autres et une grande part de l’intérêt réside dans la façon dont on va être amené au procès puis le suivi des échanges lors de celui-ci.

Cette fois-ci, le romancier prend son temps pour installer décor, ambiance et personnages. Nous ne sombrons pas tête première, yeux ébahis dans les débats entre la défense et l’accusation ainsi que l’écoute des témoins. Non, l’auteur situe son intrigue dans cette crise économique des subprimes qui a provoqué de gros problèmes financiers aux Etats-Unis entre 2007 et 2011. En quelques mots, un subprime est un prêt immobilier concédé par une banque pour un client dont personne n’aurait imaginé qu’il puisse acheter. Mais ce sont des prêts à taux variable et la garantie est le logement lui-même…Vous avez compris… D’ailleurs Mickey Haller va expliquer ce dont il retourne à sa fille (une jeune adolescente) et c’est parfait pour le lecteur : idées claires, vocabulaire simple et adapté, j’ai tout compris de ce problème. Ce qui m’a permis « d’épouser » la colère et le désarroi de Lisa Trammel.
Bien que cette femme nous échappe un peu, on se surprend à la plaindre. Parfois, on s’interroge…. Qui est-elle vraiment ? N’est-elle pas en train de manipuler les médias, le lecteur, son défenseur ? C’est un personnage intéressant car il est difficile de la cerner et cette ambivalence a un certain « charme ».

Une fois le « paysage » mis en place avec cette atmosphère typiquement américaine, on peut assister au procès et (re)découvrir cette justice qui commence à nous être familière malgré sa complexité. Les uns et les autres vont se succéder à la barre avec les pauses inévitables, les discussions, les « coups en douce », les retournements de situation, les surprises concoctées par les uns ou les autres. Et là, je trouve que l’auteur est très fort. Ce n’est pas rébarbatif, ni lassant mais captivant. Les dialogues sont décortiqués, expliquant les événements, analysant les faits et gestes, reprenant ce qui peut être considéré comme acquis pour mettre le doute et éventuellement retourner les certitudes. C’est comme un grand jeu de logique dans lequel le lecteur essaie de repérer la vérité, de se faire son opinion.

Bien sûr, tout va s’accélérer sur la fin et si je peux me permettre de faire un petit reproche à Monsieur Connelly, c’est qu’il ne faudrait pas qu’il tombe dans le roman manquant de profondeur. Je comprends très bien qu’Harry Bosh est un homme où l’esprit prend parfois le dessus sur l’action tant il est torturé et se pose des questions mais il ne faudrait pas que Mickey Haller soit carrément l’opposé et oublie de se questionner, d’aller plus loin (en dehors de son boulot où il se donne à fond) à moins que ce soit volontaire. Mickey « bouffé » par son boulot passe à côté de tout le reste car il ne touche plus terre ??

Toujours est-il que cet opus est un bon roman, captivant par le sujet traité dont il donne une bonne approche mais aussi pour nous montrer comment les différentes interprétations d’une même situation peuvent amener des conclusions différentes….

"La ferme du bout du monde" de Sarah Vaughan (The Farm at the Edge of the World)


La ferme du bout du monde (The Farm at the Edge of the World)
Auteur : Sarah Vaughan
Traduction de l'anglais (Royaume-Uni) par Alice Delarbre
Éditions : Préludes (Avril 2017)
ISBN : 9782253107866
450 pages

Quatrième de couverture

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Mon avis

Une belle saga familiale

Elle abrité six générations mais nous n’en verrons que trois dans ce roman. Elle ? C’est « Skylark », la maison, la demeure ancestrale qui attire comme un aimant et qui parfois repousse les visiteurs. Elle en sait plus que tous, elle a tout vu, tout entendu , elle est la gardienne des souvenirs, des racines….

En 2014, on y retrouve la grand-mère, sa fille, son fils et la petite fille. Cette dernière au bord de l’implosion a quitté Londres et son travail d’infirmière qui ne la laisse plus souffler. De plus, son couple bat de l’aile… Alors, elle vient se poser, comme l’alouette (Skylark) dans les champs, au bord  de l’eau…. Elle va ainsi prendre conscience de quelques réalités qu’elle avait occultées….

En parallèle, la seconde guerre mondiale avec Maggie, la grand-mère qui est une jeune fille. Alternant les deux périodes, l’auteur nous entraîne sur les chemins tortueux des secrets de famille, des difficultés du monde rural, des liens indéfectibles qui se créent entre les êtres.
Portée par une écriture douce, tendre et poétique, retraçant une atmosphère où les Cornouailles sont omniprésentes, cette saga familiale se laisse lire sans interruption tant elle est prenante.

J’ai beaucoup apprécié ce roman simple, mais si vivant, où le décor me faisait rêver et où les protagonistes avaient à cœur d’être vrais.

"Ceux qui te manquent" de Nuala Ellwood (My sister's bones)


Ceux qui te mentent  (My sister's bones)
Auteur: Nuala Ellwood
Traduit de l'anglais par Claire Desserrey
Éditions: Michel Lafon (08/02/2017)
ISBN: 978-2749934044
366 pages

Quatrième de couverture

Kate est reporter de guerre et souffre de stress posttraumatique. À cause, entre autres, d'un enfant qu'elle n'a pas pu sauver à Alep. Quand elle rentre à Herne Bay pour les obsèques de sa mère, Kate se souvient de cet endroit où tout allait bien jusqu'à la mort de David, son petit frère. Un accident, dira-t-on. Ensuite plus rien n'a jamais été pareil. Leur père est devenu violent. Leur mère a perdu la raison. Puis sa sœur, Sally, a sombré elle aussi, malgré l'aide de son mari, Paul.


Mon avis

Ce roman commence doucement et installe les faits et les personnages pendant une bonne moitié. Et puis dans les deuxième et troisième parties, tout s’accélère, et on se retrouve collé au canapé, les mains moites et le cœur battant. A ce moment-là, impossible de lâcher le livre.

Kate est grand reporter, elle risque sa vie dans des endroits dangereux, comme la Syrie, loin de sa famille avec laquelle elle a peu de liens. Sa mère vient de mourir et elle revient dans la maison où elle a habité avec sa sœur et ses parents…Les souvenirs ressurgissent….. Ceux de son passé d’enfant, mais aussi ceux de son vécu de journaliste… Tout se mélange parfois comme si des fils invisibles reliaient les différents moments difficiles qu’elle a vécus….une toile d’araignée se met en place et on se demande comment elle va survivre à ce stress post traumatique qui l’empoisonne de plus en plus, qui la déstabilise et provoque beaucoup de questions chez son beau-frère, sa sœur, et même la police qu’elle interpelle…… Elle semble malade, perdue, ne sachant plus où est la vérité….

Et puis, on bascule, on change de narrateur, tout en retrouvant les mêmes lieux, les mêmes personnages et petit à petit l’indicible se fait jour. Les doutes qu’on avait pu entrevoir, l’espace d’une fraction de seconde, avant de les repousser, apparaissent, prenant de plus en plus de place…..A partir de cet instant, le sous-titre : « thriller psychologique » prend tout son sens…..

Avec son écriture au scalpel, quasi chirurgicale, posant des mots terribles sur des situations qui le sont tout autant, l’auteur nous entraîne dans les tréfonds de l’âme humaine. Le style est vif, (bravo à la traductrice) ne laisse que peu de répit au lecteur…. Tout ce qu’il lit lui colle à la peau, le prenant en otage, spectateur invisible et impuissant des différents drames qui se nouent sous ses yeux……

Ce recueil est excellent et Nuala Ellwood a su mettre en place une construction qui en surprendra plus d’un !